‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales (volume 4)Chapitre 75 sur 190 · CI · texte numérisé non relu

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L'inspection de ce tableau fait voir que les sels du Portugal sont caractérisés par le sulfate de magnésie qu'ils contiennent en plus forte proportion. Les sels du Midi ont une grande analogie avec les précédents ; ceux do TOuest, moins purs, sont caractérisés par une teinte grise due à Targile, et par une plus forte proportion de chlorure de magnésium, qui entretient Thumidité (^).

Les sels rafûnés sont plus purs et exempts de chlorure déliquescent : presque toujours ils contiennent quelques centièmes d'eau hygroscopique. Ils se font remarquer par leur cristallisation en forme de trémies larges et légères {sels de Cambrai), moyennes ou petites; il y en a aussi en cristaux blancs, très-menus, dits sels fins (^).

Les sels raffinés se produisent sur une grande échelle dans les départements de la Meurthc, de la Moselle, du Jura, des Basses-Pyrénées (sels blancs dits de Bayonne), L'Est do la France et le Sud-Ouest emploient ces sels d'une manière presque exclusive. Ils ne contiennent pas de substances insolubles, terreuses et organiques ; d'après nos expériences, ils renferment moins de sels magnésiens que le sel marin ; ils salent davantage, et contiennent, en effet, 4 à 5 ®/o de plus de sel pur(^).

C'est dans le Nord que Ton raffine avec le plus de perfection. On donne aux cristaux des dimensions très-variables : mais comme le sel, dans ces contrées, se vend à la mesure, le fabricant fait des cristaux aussi volumineux et aussi légers que possible (*).

(1) Les sels des marais salants sonl beaucoup plus iodarés naiurellemcnl que les sels des saliues de TEst, el surlout que le sel gemme {Chatin) .

(*) Les sels lins sont généralement préférés pour Tusage de la table; aussi les nonime-l-on sels de table.

Les sels cristallisés en trémies offrent par leurs formes régulières, faciles à distinguer, une garantie contre les mélanges de diverses substances étrangères pulvérulentes.

(^) Une Commission, consultée, en 1847, par M. le préfet de police, sur remploi du sel de Bayonne dans les usages culinaires, émit un avis semblable en tous points à celui que nous avions donné Dous-mèuie, en 18i6, à la direction des salines de Bayonne.

(^) Il est à regretter que le gouvernemunt nMniorvienne pas pour rendre obligatoire la vente du sel au poids.

SBL COMMUN. 365

Od raffine à Paris les sels de table avec das seLs neufs ou arec des seb de morue, que Ton calcine préalablement pour détruire les matières organiques qui leur communiqueraient une odeur nauséabonde. Le résidu de cette calcination^ dissous dansTeau, puis évaporé, donne un sel blanc rafûné, très-pur.

UsiGES. — Les applications du sel sont très-nombreuses (^). On en fait d'abord une grande consommation, comme condiment, dans la préparation de nos aliments. En agriculture, on remploie à la nourriture des bestiaux (^), au chaulage des grains et à Famendement de certaines terres ; il est administré aux bestiaux contre les influences qui occasionnent quelques maladies, notamment la cachexie aqueuse. Il sert comme antiseptique ; on remploie à faire les salaisons de ▼iandes, de poissons , de peaux et intestins , de comestibles, ^ à préparer les feuilles de tabac. Il sert à la fabrication du

n L*exploiUtion du sel, dans 97 départements en France, comprend 71 narais salants, IS sources salées, 91 laveries de sables salés et 9 mines de sel gemme.

Eq France, la consommation moyenne du sel est répartie de la ma- ■i^ soivante :

Pour ralimcnta lion 916 millions de kilog.

— la fabrication de la soude. . . 55 »

— diverses industries 90 »

— ragricuiture 95 »

— pèche et salaisons sur mer. . 65 à 80 »

ToUl 381 à 396 »

ExporUtion 40 à 80 »

Us sels de rOnest entrent pour près de M) %dans la consommation ; W sels do Midi, pour 30 %; les sels de PEsl et de Bayonne, pour 30 Wq.

A Paris, la consommation annuelle des sels gris et blancs dépasse, en ■^eiine, 5 millions de kilogrammes. Le sel y est frappé d'un droit d'ociroi de 6 fr. par 100 kilogrammes, en sus du droit de douane de 10 fr.

U Tille de Paris et sa banlieue consomment à elles seules plusd*tin ^^fittUme de ce qui se consomme annuellement en France.

U consommation annuelle du sel (gris et blanc) en France est évaluée à 7 kilogrammes par habitant.

(*) Oq n'emploie guère que le sel gemme pour cet usngc; des mor- ^m de 10 à 30 kilogrammes sont placés dans les éiablcs, où chaque animal, guhlé par son instinct, en dissout avec la langue les quantités *1>i lai sont nécessaires.

366 8BL GOMMUN.

sulfate de soude, de Tacide chlorhydrique, du chlore, des soudes, des savons durs, du sel ammoniac, des hjrpochlorites^ des chlorures de mercure, des luts souples à la température du rouge sombre. On l'emploie au vernissage des poteries de grès ] pour le traitement des mines argeutières^ au Pérou ; il entre dans la composition des mélanges réfrigérants des glaciers. Dans les laboratoires de chimie, on remploie comme réactif. Enûn, le sel marin entre dans la composition d'un grand nombre d'eaux minérales artiûcielles. On remploie en pédiluve, comme légèrement rubéGant.

ALTÉRATIONS. — Le cuivre, le plomb, le fer et Varêenie ont été rencontrés dans les sels provenant de certaines raffineries. Cette altération accidentelle est très-importante à constater : de déplorables événements en ont quelquefois été la suite ('). On a constaté la présence de 0,001 environ d'aeùk arsénieux dans le sel. Pour s'en assurer, on convertit en sulfate de soude le sel à essayer, et on l'introduit dans un appareil de Marsh, fonctionnant à blanc ; ou bien, Ton traite par rhydrogèue sulfuré, et on soumet aux réactions ordinaires le sulfure obtenu.

Quant au cuivre , au plomb et au fer, ils proviennent des ustensiles, chaudières et appareils servant à Textraction ou au rafûnage du sel (^;. Sa solution aqueuse prend une colo-

(^) Eu 1827, une épidémie, qui aUeignil plus de quatre cents pcrsoones dans le département de la Marne, Tut causée par la vente d'un sel de cuisine que Ton reconnut contenir des iodures et de Varsenic. Il provenait d'une ralDueric de sels de varech, où Ton préparait en même temps des sels arsenicaux. Du sel semblable fut vendu à Paris et rendit Bialade une famille entière. Ce sel détermina la boursouOure de la ftee, des douleurs de tète, une soif ardente, rinflammation des amygdales, des douleurs intolérables dans tout le trajet de Testomac et de» inl«tins, suivies d'un flux diarrhéique presque toujours sanguinolent.

En lSi3, à la Iluye, la servante d'un épicier, une tille de \iuj;t ins^ mêla de l'acide arsénieux au sel vendu par son niattre,atin du diminuer son travail domestique en éloignant les ciialands. Heureusement les suites de ce csicul, aussi stupiue q le criminel, ne furent pas mortelles. Sur les irenlc-six personnes environ, virlimes de ci»t empoisonnement, la vie d'une vieille femme seulement fut sérieusement menaci-e. Après un traitement conv»Mi:ible et rationnel, tous les Mial.ides furent guéri*.

(•) Voy., à la lin du volume, l'Ordonnance de poUce àa W février 1S53, litre ni, an 19. — Les balances dont on pent faire usage pour

9BL COMMUrt. 367

ration bleue par rammoti{a(}tie, sll y a dû cuivre, et donne,

en outre, un précipité floconneux rougeâtre, s'il y a du fer.

I^ plomb est décelé par l'hydrogène sulfuré, le chromate de potasse, l'iodure de potassium.

FjkisincATiONS. — Le sel marin a été Tobjet de fraudes nombreuses qui, malgré toutes les mesures prises par Fautohté municipale (^), sont à peine réprimées.

peser* le sel doivent être ea bois, en étain, en fer couvert (Pun enduit vilrtsux (fer Paris] ; mais il faut éviter l*emploi de plateaux de cuivre

(*> Le 30 juillet 1S39, M. le préfet de police, dont ratienlion fut ^vei 11^ pgir de nombreuses plaintes sur la qualité des sels, rendit Por- <*®*»iance8ulvtDlei

PAÉFBCTURB DB POLICE.

Ordonfumee concernant les falsifications du sel.

* BToQfi, conseiller ri*Eial, préfet de police,

^ Considérant que, dons un but de ciipidiié, l'on fabrique et expose en veKi^ du sel marin ou de cuisine altéré par le mélange de substances ^^^^ngères; que des maladies et accidents plus ou moins graves ont été *lt.ni)||^ I rasage de sels ainsi falsifiés, et quMl importe de prendre des l^^^nres pour réprimer une fraude aussi préjudiciable à la santé pu- "*qiie;

^ Vu !• la loi des 16- Si août 1790, titre XI, art. 8;

^ t*U loi du 11 juillet 1701 ;

« 3* Les articles 819, 810, 475, g ti ; i77 et 471, g 15, du Code pénal ;

* 4* Les rapports du Conseil de salubrité;

^ En vertu des arrêtés du gouvernement des 11 messidor an VIU et

••romalre an IX,

V Oriiouiious ce qui suit :

^ Art. 1»«.— Il (»sl expressément défendu à lous fabricants, raffineurs, "^^'^rchan'ls en gros, é|)lciers et autres, faisant, dans le ressort de la ^'■^^fictnre de police, le commerce du sel niariu ou de cuisine, (Py ajou- *^t* soit des sels retirés du salpêtre ou du varech, soit des sels prove- '"^ntUe diverses opérations chimiques, soit de la poudre de pierre à ^^^tre, soit eufln toutes les autres substances étrangères au s(*l.

«Art. 1. — Les commissaires de police à Pariî», et les maires ou les

^^munissaires de police dans les communes rurales, feront, à des épo-

*l**es indéterminées, avec l'assistance des hommes de Part, des visites

^^nsles ateliers, magasins et boutiques des fabricants, marchands, dé-

***'lauis de sel, à Peffet de vérilier si celui dont ils sont détenteurs est

^^ bonne qualité et exempt de tout mélange.

* Art. S. — Le sel altéri' ou falsiOé à Paide de telle substance que co

368 SFX COMMUN.

C'est surtout à Paris que la-firaude s'exerce sur la plus vaste échelle.

On falsifie le sel avec le sulfate de chauxy le plâtre cru en

soit sera saisi, sans préjudice des poursuites à exercer contre les contrevenants, devant les tribunaux compétents, a Art. 4.— La présente ordonnance sera imprimée, publiée et alBcbée. « Les soiis-préfeis des arrondissements de Saint-Denis et de Sceaux, les maires des communes rurales du ressort de la préfecture de police, et inspecteur général des halles et marchés sont chargés d'en assurer Texéculion.

a Le Conseiller d'Etat, Préfet de police, « Signé : GISQUET. »

La Traudedii sel, qui avait cessé vers la (In de 1839, |»ar suite des mesures que Tadministration avait prises, reparut vers 1834.

En 1839, de nombreuses visites Turent Faites, par les membres du Conseil de salubrité, chez les raffineurs de sels, chez les fabricants de produits chimiques et les épiciers de Paris. Les échantillons pris cbii ces négociants furent soumis à une analyse (|ui démontra que les sels étaient mélangés de sulfate de chaux, de sulfate de potasse etd'iodure; des hommes de t*art, interrogés, déclarèrent que le mélange était de nature à porter atteinte à la santé publique.

Les contrevenants furent traduits devant le tribunal de simple police, sous l'inculpation de venta de comestibles nuisibles, et oondamnés à une amende qui varia de 3 à 10 francs. Plus de 1500 jugements farenC ainsi prononcés. Mais comme ces condamnations minimes n'arrèlaient pas la fraude, le ministère public prit le parti de poursuivre à Tavenir les délinquants devant le tribunal de police correctionnelle, sous la prévention non plus d'une contravention, mais d'un délit, celui de tromperie sur la nature de la marchandise vendue. Les premiers qui eurent à lutter contre les nouvelles poursuites du parquet furent les sieurs L...* salpétricTy ei S..., fabricant de produits chimiques. L... fut acquitté ; eu S..., condamné à six jours de |)rison.

Sur l'appel de ce dernier, son avocat soutint en droit <c que l'art. 4i^ du Code |)énal ne punit la tromperie des vendeurs qu'autant qa^ellt^ porte sur la nature de la chose vendue; or, disait-il, le mélange proche au prévenu, fût-il établi, altérerait la qualité des sels, n'en changerait pas la nature. C*est du sel de qualité inférieure vendK* pour du sel de bonne qualité, mais ce n'est pas une marchandise:? substituée à une autre, i» Eu fait, l'avocat de l'inculpé s'est attaché ^ démontrer la bonne foi de son client, a auquel on ne pouvait imputée: le méiangt.*, et qui avait revendu les sels dans l'état où on les lui livrés. D

Ces moyens ayant clé combattus par M. l'avocat général, la Coi rendit l'urrêl suivant :

€ Considérant que les faits établis contre S... ne constituent pas se^

poudre; les 9eb de varech, qui renferment des iodures et des

àrmnureî (•); la terre, Y argile (•), le grès en poudre ou le sa-

ilon, Vabm , le sulfate de soude (') y le chlorure de potas-

sium, les sels blancs résultant de fextraction du salpêtre {*) ;

les sels provenant des salaisons, nommés sels de morue (') ;

« lemeot la simple exposilion en Tente de sels nuisibles, comme étant « plus ou moins altérés, mais la substitution de sels destinés aux arts « au sel destiné à ralimenlation ;

« Adoptant an surplus les moUrs des premiers juges, met Tappella- « tioit au néant; ordonne que ce dont est appel sortira son plein oi cn- « lier «Set; condamne rappelant à l'amende et aux dépens. »

P^v «rdre de M. le préfet de police, les membres du Conseil de îialubrilë analysèrent plus de quatre miUe échantillons de sel.

Vers 1841, on reconnut que les sels de cuisine vendus à Paris étaient encore falsiliés. Ces sels étaient mêlés avec du pl&lrc cru et avec des sels cl^ varech; les sels blancs étaient fraudés avec des sels de varocb raffinés. Sur S0S3 échantillons prélevés dans Paris, 309 (plus de 1/10) fareui reconnus falsifiés; 8i échantillons de sel gris Pétaient avec du P^l>^ ou des sels de varech ; et ii5 échantillons de sel blanc, par des ^ ^e varech raflinés. — Il y eu avait aussi qui contenaient des traces <*«caiTre.

^^.» à la fin de ce volume, VOrdonnance de police du 28 février 1853^ ^^ tl, art. S et 11, et VInstruetkm du Conseil d'hygiène publique et de '"'''^vit^ du département de la Seine^ en date du i février 1853, g 8.

(0 Oq a trouvé, par exemple, du bromure de magnésium dans un sel ^^^U à Bruxelles, et qui provenait du marché de Liverpool.

y) lions avons trouve près de i% Wo d'argile blanche dans un sel ^ à Marseille.

w Cette falsification, quoique beaucoup plus rare, a été constalée ^^^ les déparlemenu de l'Aube et de la Côie-d'Or.

^ ) La fraude se fit largement avec les sels de salpêtre jusqu'en 18iO

^^^%41, époque à laquelle le préfet de police ordonna de sérieuses pour-

**"^ contre les falsificateurs. Mais ces sels continuèrent ù êire vendus

'^ 'raDchise de droits aux glaciers, pour leurs mélanges réfrigérants.

^ ,(*} Voici le texte de la circulaire, en date du 29 novembre 1855,

^^^csée par M. le préfet de police aux commissaires de police du dé^

^'^menl de la Seine ;

* Messieurs, je suis informé que des traiteurs font usage de sels de

^^Qe pour des préparations culinaires.

^ ^ L'emploi des sels de morue, de varech et de salpêtre est interdit

^ charcutiers par Tordonnance de police du 10 décembre 1835. Il

J^'^Vient d'étendre cette salutaire prohibition aux traiteurs, marchands

^^^in et de bouillon, pâtissiers, gargotiers, etc., et, en général, à

^^ les marchands d*aliments cuits ei préparés.

^ Je vous invite à prévenir en conséquence ceux de ces marchands

enfin, il y a des sels qui sont par trop riches en eau La falsification du sel par le plâtre cru, ou par le sulCtfti chaux, est de beaucoup la plus fréquente, ainsi que le montrent les condanmations auxquelles ce mélange a do lieu C).

Les sels mêlés de plàtro cru^ traités par quatre pai d'eau, fournissent une solution saline, et laissent en lét le plâtre, qui peut ôtre recueilli sur un filtre, lavé, séch pesé.

On lave le sel sur un tamis : le plâtre cru, délayé i Teau, passe à travers les mailles du tamis ; on laisse dépi Teau qui a entraîné le plâtre ; on décante quand le liqi s'est éclairci; puis le plâtre est lavé, séché et pesé.

qui sont établis dans Tolre section, et à veiller à ce qulls se confori à cette injonction.

« LepréfetdepoUce^

« PlBTBI. O

(') Nous avons examiné un sel provenant du département dn Bh qui contenait 11 ^/o d'eau, sans la présence d'aucune autre subtt étrangère.

(*) A Paris, un manège fut établi pour pulvériser de la pierre à tre, vendue ensuite, dans le commerce, sous la dénomination naïf poudre à miltr au S€l.

En ISis, le sieur V... a été traduit devant le tribunal de police > reciionnollc, sous la prévention d'avoir vendu du sel marin allong pl&tre cru; le tribunal a condamné le sieur V... à 100 fr. d'amend aux dépens.

En 1850, un marciiand de sel de la banlieue, le sieur D..., fut devant le tribunal de police correctionnelle, sous la prévention de tr perie sur la nature de la marchandise par lui vendue. Il fut cons d'après l'expertise et les dires des témoins, qu'il retira de chaque de sel vendu par lui à un épicier de la commune de V..^, 5 kilogran de sel gris, qu'il remplaça par autant de iLilogrammes de plÂtre en pierre à plaire réduite en pondre.

On ne put dcicrmincr exactement dans quelles proportions le méi: avait clé fait, par la raison que le sol, toujours humide^ sur lequ( répand celle poudre, la fixe de telle sorte qu'il devient ensuite im sible de faire, par le pelleiage, un mélange exact des sels pliktrés ceux qui ne le sont pas.

Le sieur D... convint du fait qui lui était imputé ; il chercha à t cuser eu disant qu'il était forcé de falsifier le sel pour satisfaire aux gences du public, qui veut le payer au-dessous du cours,

Ck>nformément aux conclusions sévères de M. le procureur de h

SBL COMMUN. 371

On peut encore mettre 50 grammes, par exempte, de sel

à essayer dans un petit sachet de toile perméable ayant la

/bime d'une chausse^ et qui est préalablement desséché à

l'éture et taré, et ensuite igusté sur un bocal à très-large ou-

V'erture; on yerse dessus de l'eau distillée, de manière à dis*

soudre le sel : la dissolution saline tombe dans le bocal ; on

continue jusqu'à ce qu'il n'y ait plus apparence de stries dans

le liquide; on reprend le sachet, on le remet dans une'nou*

velle quantité d'eau distillée, de manière à dissoudre tout oe

<iu.i est soluble; puis on porte le sachet à l'étuve ; les ma-

insolubles restant dans la pointe du sachet sont ensuite

i; défalcation faite de la tare du sachet sec, on a le

Potc]s des matières insolubles.

I^our arriver à un résultat plus exacte M. Lassaigne a pro- Pcksé l'emploi d*une solution saturée de sulfate de chaux, à la ^^napérature de 20^ (*). On met dans un bocal l'échantillon de ^^1 è examiner, avec sept ou huit fois son poids de solution sa- ^^ï^ée. Tout le plâtre qui peut se trouver mêlé au sel se pré- ^* cite sous la forme d'une poudre grisâtre ou jaunAlre, qu'il ne ^*^Si^ plus que de laver, avec la môme solution, à plusieurs ^^piises, avant de le recueillir ; on le sèche ensuite à 30® ou 40® ^^ns une étuve, afln de ne pas le priver de son eau de cris- ^Uisation (■). L'expérience a prouvé que ce procédé peut ^^ï^ir à estimer soit la faible proportion du sulfate de chaux ^"^i se trouve naturellement mélangé au sel marin {Voy. P- 363), soit celle qui y a été ajoutée dans un but de falsification p).

^^blique, le tribunal condamna le sieur D... à un an do prison et *^ fr. d*amende.

O Ce moyen est fondé sur le fail connu et praliquc depuis longtemps ^Ur la purittcation de certains sels dans les arts el dans les laboraloi^ '^^^ à savoir, que l'eau saturée d'un sel au point de n'en plus dissoudre ^^Ui opérer la solution d'un autre sel,

(*) Le dosage pourrait aussi avoir lieu, après la calcination au rouge ^^^^ur dans un creuset do platine, au contact de Tair, pour détruire la '^^tiëre organique qui existe souvent dans les divers sels; dans ce der- *^ier casy il y aurait à ajouter au poids du sulfate de chaux les 0,21 de ^t^ poids en eau, pour avoir la proportion de ce sel hydraté tel qu*il ^^isiait dans le mélange.

. O Ou peut introduire dans le sel i ou 5 Vo de pl&tre à Tétat de poudre ^'"^palpable, et il est diflScilc d'en constater la présence à la simple vue.

372 SEL COMBIUN.

Pour la recherche des sels de varech (*), on mêle une pincée du sel suspect, dans une soucoupe de porcelaine, avec un peu d'eau amidonnée chlorée; si le sel est ioduré, il se manifeste, par suite de Tiode que le chlore met à nu, une colora* tion bleuâtre dont l'intensité est en rapport avec la quantité d'iode («).

On peut encore traiter le sel par Talcool, qui dissout les iodures ; le liquide alcoolique est évaporé, et le résidu dissous dans l'eau est essayé par Teau amidonnée chlorée.

Pour reconnaître les bromures, on réduit en poudre une partie du sel à essayer ; on en fait un cône qu'on place sur une soucoupe de porcelaine^ et on verse dessus une petite quantité d'eau chlorée. Ce cône prend une teinte d'autant plus jaune, que la quantité de bromure est plus forte. Le sel marin pur ne présente pas cette coloration.

L'alun i') se reconnaît par un sel soluble de baryte (nitrate ou chlorure), et par Tammoniaqùe^ qui donne lieu à un dépôt gélatineux d'alumine.

(') La soude brute de varech, d'où on les ei irait, coatienl :

Chlorure de sodium.' 15,600

Chlorure de potassium 12,170

Sulfate de potasse 5,330

Sulfate de soude 0,SOO

Iode (àTétatd'iodure) 0,170

Brome [à Tétai de bromure) 0,016

Matières insolubles 66,5li

D'après les recherches que nous avons faites avec M. 0. Henrjr mcelles de 51. Boutigny, celle fraude du sel de cuisiue par les sel* « varech se pratique presque exclusivement à Paris. On a attribué à U^*^* celle sophistication une maladie qui se déclara, il y a quelques déjà^ à la Fère-Champenoise : sur % iOO habitants, on en compta 409 leclés de coliques et d'autres symptômes plus ou moins graves.

Nous avons vu du sel blauc destiné aux soldats; c'était du seid^ rech, réduit en peiils grains par son passage à travers un tamis '*^* ■ de cuivre, recouvert de vert-de-gris.

(i)'>Il faut éviter de meilre un excès de chlore qui détruirait la luur bloue.

{^} En Belgique, où le sel est sujet à de friïqucntes sophislîcatî^***on ajoute souvent 2 % d*aUin au sel raOiné, pour le rendre plus dur* ^' moins hygroni('Mri«|uo.

Le sulfate de soude qui est mêlé en proportion notable au sel marin le rend amer , efflorescent à Tair. Il est décelé par ie précipité blanc, insoluble dans Tacide nitrique, qu'il produit avec un sel soluble de baryte.

Le chlorure de potassium (^) dans le sel marin est décelé P^r le chlorure de platine, qui donne un précipité jaune serin de cUorure double de platine et de potassium, insoluble dans l'alcool.

I^our retrouver les sels de salpêtre (^) dans le sel de cuisine^ on mêle une certaine quantité de ce dernier avec de la limaille de cuivre et un peu d'eau ; puis on verse de l'acide sulfurique, 'o<ji:iel donne lieu à un dégagement de vapeurs nitreuses, que -^^on rend manifestes en exposant au-dessus un papier im- Pré^é de teinture de gaïac récemment préparée ; le papier P*^iid une couleur blew plus ou moins intense , suivant qu'il y ai plus ou moins de sel de salpêtre dans le mélange.

présence des sels de morue (^) se reconnaît à Todeur

O) U y a plasieurs années, H. Lassaigne a constaté^ dans quelques ^^^^^ntillons de sel vendu par des épiciers de la banlieue^ la présence ou Si ^Iq de chlorure de potassium.

(^ Les sels de salpêtre contiennent une certaine quaniilc de sels de (nitrate et chlorure), dont la présence est facilement constatée le chlomre de platine; ils sont aussi iodurés, ce que Ton reconnaît ^ ^'aîde de l'eau amidonnée chlorée. Us reufermenl environ 15 % de ^«lornre de sodium.

^Q 1850, au marchand de sel, le sieur L.. , qui avait des sels de sal-

^iredans ses magasins, a été traduit devant 1rs iribiinaux^ condamné

'^^meode et aux frais, et à la destruction des sels saisis.

(^) Pendant longtemps, les sels de morue impropres à la consomma-

'^■i hnmaine, à cause de leur mauvaise odeur, ne furent jîuère achetés

H^e parles tanneurs; mais, plus tard, on parvint à rendre à ces sels leur

^■^lé, à raid« du grillage et du raffinage. Les premiers effets de ce per-

^^Uonnement furent d^élever le prix d'une denrée jusqu*alors assez

J^** recherchée, de causer un grave préjudice au Trésor et au commerce

^^ sels acquittés, et de nuire aux tanneries qui, depuis ce moment, ne

r^^sommèrent, pour ainsi dire, que du sel ayant acquitté les droits.

V^Odustrie naissante du raflinage des sels de morue donnait de beaux

^^^fices; mais elle ne trouva bieniôt plus à Paris, oft elle prit naissance

^ ^*où elle ne sortit jamais, assez de matières premières. Ces sels iui-

J^'*'^ forent recueillis en province, réunis dans les centres importants,

*J|ls qu'Orléans, Amiens, etc., et dirigés sur la capitale. Ces moyens

action devenant encore insuffisants, on eut recours à la fraude ; on

SEL eu» " - ■ ^^îaBde, qj»»

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les demandes J»«J^,^ *•»•»'»'" ^d^ la «r-»"'^'* '"' .ôhedel-w » ■*•

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posait unoco..*^^ de sel; *»' ' . ,,e suUo. l^ «"*^Tii^««*-t

^;r;.^ "-^^^^^^ rE sii^- nst vSt— -^^

"'" '. terminé s'ous les f"*/'^' rais démol.s»»^ ^^^^^eot ^.e j* tail et '"'"'Vendu faDr'canl (1 ^«B ji ^uss» »«"f" ,. a«»"-

dans des sac. «^^f^' découverte «l 'f'/^' ' mes de ces sels, q«» " V de morue. Celte at^^j^^^^s^uan» ^.^^ „,«ttr«lt

tins il arriva ou -- ^^^ ,, b.,die«e (E^- ^^^^ coussins n^ ,^ „V.«ent certain- ma8« je morue et «e ^^^^^^ de »» ,

'' ;>.mme la ^^'••'«XeÏ.es de Paris «^,'»"„'iTsu^^•elll.n« . « ** J, ^s lieu sans les """'^^ni soumises a aucun ^^^^ acqult^'^

SSL d'oseillr. 375

far potasse caustique dégage du set sonmis à Tetamen (^). Le sel ne doit contenir cpie S % d*eâa en moyenne ; sî on Ta humecté par fraude, cette proportion peut s'élever jusqu'à 18%.. On s'en assure par la perte de poids qu'éprouve une (piantité de 50 à 100 grammes de sel, après la dessiccation diDs une étiive ; on mieux après avoir été chauiïée, presque jusqu'à décrépitation, dans un petit creuset de platine, audessus d'une lampe à alcool.

SB MZTR8. — V. IfflTBATB DB rOTAttB.

MBI» B'OSBZXAB.

Le tel d oseille j on oxalate acidulé de potasse, bioxalate de piitmey suroxalate de potasse^ sel à détacher, cristallise en piismes rhomboïdaux tronqués, d'un blanc opaque, rougissant le papier bien de tournesol. Il a une saveur très-acide^ CBifflritérable à Pair, solublo dans Feau, plus à chaud qu^à ftrid, iasohible dans l'alcool.

' Le Sri d'oseille du commerce est tantôt du bioxalate^ tan- Ut du quadroialate de potasse.

DfliAOES. — Le sel d'oseille fait la base des tablettes ou /X7Sfittespoîtr h soif. On l'emploie pour enlever les taches d'encre sur le linge, et pour blanchir les chapeaux de paille.

Falsifications. — Le sel d'oseille est quelquefois altéré twàfï Hiarirate ou par in bisulfate de potasse (^).

ièvèffe fûl eiercée sur les raffineries de sel, noumm^ut sur les vataeries de Paris.

Gomme Ta fait observer, eu 1852, M. Ern, Daguin, pour rendre les ^impropres à la consommaliou humaine, il serait prérérable de rcm« I^Mer les matières organiques, qne le feo détruit et rend presque illu- ^(ûcs, par des substances minérales renfermant de la potasse, on p4u- ^ da riode, qu^on ne peat séparer économiquement du sel, et doit la Meoce serait facile à constater.

(^)Il est éf ident que ce que nous disons ici pour les sels de morue ne 'applique qn*i ceux qui n*ont pas été calcinés ou qui, ne Payant été filapitrfiiltemeDt, eonserfent, malgré leur blancheur, un goût dés- «Irtable.

Cl Nous avons va du sel d'oseille qui renfermait 40 % de bisolfaia de pousse.

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