‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales (volume 4)Chapitre 78 sur 190 · SR5R · texte numérisé non relu

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petits qno ceux du cassia obovata^ et non arqués comme eux ; ils contiennent quelques semences cordiformes, blanchâtres^ qui ne laissent qu'une trace peu marquée sur le milieu des gousses et sans fissure an-dessus.

D'après l'analyse de M. Lossaigne et de Feneulk^ les feuilles dQséaé seraient composées de : cathartine (matière purgative da séné), chhrophyUe^ huik volatile peu abondante, matière cf^orante jaune f matière muqueuse, albumine, acide malique, tuelque» sels,

Us follicules contiennent moins de cathartine et beaucoup plus de mucilage.

UsAOBS. — Le séné est un médicament qui parait avoir été introduit par les Arabes dans la matière médicale. C'est un pvgatif très-énergique et très-employé ; mais il a une saveur unère et désagréable, et il donne souvent des coliques. La décoction lui faisant perdre de ses propriétés, c'est sous forme d'infosé qu'on l'administre, soit en potions, soit en laveinents. On l'associe souvent à des purgatifs minoratifs. On ^ prépare une poudre, un extrait, une teinture.

FiLsincATioNS (^) . — Dans le commerce^ on est dans l'u- ^e de débiter, sous le nom de séné de la Palthe, un produit résultant du mélange des folioles des cassia aculifolia et dbovata et des feuilles du cynanchum arguel, dans les proportions de cinq du premier^ trois du second et deux du der- ^er. Le mélange se présente à l'œil sous l'aspect de folioles pins ou moins brisées, d'un vert jaunâtre. La présence des feuilles de Farguel dans le séné est une falsification qui a "^«^heureusement presque passé en habitude (») . Il serait, du

(') La douane des Etats-Unis a conflsqué, en une seule année, 2000 ïîres (te reuilles de séné, aliérées ou sophistiquées, w Ko octobre 18S8, M. le préret du Nord reçut une lettre de M. le ^^ (le Tourcoing, dans laquelle ce fonctionnaire faisait connaître à *'^<>ri(é supérieure plusieurs empoisonnements causés par un séné ®^é chez les épiciers de cette ville. Le préfet lit aussitôt droit à lu de- "^e du maire, et une Commission d*examen fut envoyée sur les

fxj^" Voici UD extrait du rapport fait par M. Fée, au nom de cette

^^«ïilssion :

^ * ^ous trouvâmes du séné chez tous les épiciers ; car la loi qui leur

^ '^^rdit la vente des drogues simples au détail leur permettant dVn ^fire au demi^gros, tous peuvent facilement éluder les dispositions

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reste, facile d'enlever les feuilles d'arguel, car ellei très-différentes de celles du séné. Elles sont opposée mes, simples, sessiles, un peu glauques, lancéolée tières, légères, vivement chagrinées sur les deux sur surtout inférieurement où elles sont pubescentes, ave ligne médiane prononcée, mais sans nervures transve bien apparentes, comme dans tous les sénés. Ces feuille une saveur amère plus prononcée que celles du séné, un arrière-goût sucré ; leur odeur est nauséeuse. Elle plus purgatives que celles qui composent le séné, et c leur présence dans ce médicament qu'il faut nécessaire attribuer les coliques et les autres accidents auxquels il i souvent lieu.

On mêle aussi quelquefois au séné les feuilles du r (coriaria myrtifolia) (^), arbrisseau qui croit en Provei

« de l'ordonnance de police du 18 pluviôse an VU, et celles de la <( 21 (terminai an XI. Ainsi devient nulle et insuffisante la prévisi a lô^islateur, et Ton voit quels 9ont les irislei résultait de cet Bi< « incomplètes, qui, louant lieu de bonnes lois^ empochent de vi « lacunes qui eii»lent dans notre lêgislalion médicO'fîharmaceuU

Le Jury médical constata que plusieurs empoisonnements avaii lieu dans cette ville; mais heureusement aucun n*avait eu de mortelles.

« Il fut facile de reconnaître, dans les sénés mélangés, des fc « de cynanque arguel et des feuilles de redoul (coriaria myrti (t tantôt offrant une quantité d'arguel hors do toute proporlioE « celle qu*on trouve communément dans les sénés, et qui, dans U a de la Pallhc, n*excède jamais un dixième; tantôt présentant d c doul en quantité variable de 5 à 15 % et même à 15 %. Cet a étaient plus brisés que ne le sont communément les sénés du « mcrce, et paraissaieut intermédiaires entre ceux de l)onne quai « le grabeau : autrement, la fraude eût été trop facilement reco: « ce qui ne ferait pas le compte des falsificateurs. Néanmoins, il c gligent parfois cette précaution, d

Les sénés saisis avaient été achetés à Lille, ce qui nécessita un site dans cette ville, tant chez les pharmaciens que chez les épi« Les premiers ne fournirent que des sénés de bonne qualité; les sei présentaient des sénés contenant au delà de 20 % de feuilles d*t brisées.

C) C'est la falsification du séné à la fois la plus ordinaire et la dangereuse. Kn 1847^ M. i/eurtn, de Lille, reçut, sous le nom de m la Palthe, du séné contenant au moins 75 % de redoul!

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en Langaedoc, dont les feuilles sont fort astringentes, vénéneuses, et qui, prises intérieurement, déterminent souvent kl tcddeats les plus funestes. Les feuilles du redoul sont OTalei, lancéolé^ glabres, très-entières, larges de 0",007 ï 0-,027, longues de 0",020 à 0«,054 : elles offrent, outre la uervure du milieu, deux autres nervures très-saillantes qui partent, comme la première, du pétiole, s'écartent et se courbent vers le bord de la feuille, et se prolongent jusqu'à la pointe. Dans les plus grandes feuilles, on observe quelques autres nervures transversales qui joignent ces trois premières ; mais dans les plus petites, qui peuvent seules être confon- «Jnesavec le séné, on n'aperçoit que les trois nervures prinpales, et ce caractère suffit pour les distinguer. D'ailleurs, ^ feuilles sont plus épaisses que celles du séné, un peu cha- ^ées à la surface, non blanchâtres comme Fargueî, douées ^'one saveur astringente nonmucilagineuse, et d'une odeur ^^z marquée et un peu nauséeuse.

le séné renferme aussi très-souvent, sous le nom de gra- ^atw, les débris de feuilles de substances végétales diverses, ^ont il serait difficile de déterminer la nature et le caractère, ^t que l'on devrait rejeter, comme ne pouvant donner que '^ résultats les plus déplorables (*).

(') En 1S25, M. DuUanc ieunCf pharmacien de Paris, rapporta le fait ^ùanl : c Un malade, auquel on avait prescrll une tisane purgative, ^ acheta chez^un droguiste 15 grammes de séné connu sous le nom de ^ grabedu, I^ tisane ordonnée fut préparée et i)rise par le malade, qui ^ éprouva presque aussitôt tous les symptômes d'un empoisonnement, ^ lesquels, très-heureusement, n'eurent pas une longue durée. Ces ac- ^ cidents ayant été attribués à une mauvaise disposition du malade, ^ Il reprit, le lendemain, la même dose de tisane^ et les symptômes ^ dMntoiication reparurent plus violents que la veille. Alors le malade, ^ soupçonnant la mauvaise nature de la substance qu*on lui avait ven- ^ due pour du séué, me la fit examiner, et je ne tardai pas a acquérir ^ la preuve qu'on ne lui avait pas vendu du séné pur. »

En 1827, un nommé G... de B..., voulant se purger, fit acheter chez ^in pharmacien 30 grammes de séné, en place duquel on lui vendit du graJbeaUf dont on lit une décoction d'environ 150 grammes que G... prit Ters six heures du matin. Comme toute la décoction ne put être contenue entièrement dans le même verre, Texcédaul (30 grammes environ] fut pris par la belle-sœur du malade, qui avait elle-même préparé le purgatif. Immédiatement après avoir bu ce liquide, G... éprouva

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[• Nous donnoDs ci-contre le tableau comparatif des réactions obtenues par l'addition de certains réactifs chimiques aux infusions deséné^ de redoul, d'arguel et de grabeau, faites avec 1 p. de feuilles concassées et 10 p. d'eau distillée bouillante.

successivement des coliques, de violentes convulsions générales, et enlln un tétanos avec resserrement des mâchoires, au point de couper avec les dents une cuiller d'élain qu*on lui introduisait dans la bouche pour lui Taire avaler la potion prescrite; quatre heures après, il mourut sans avoir eu aucune déjection alvine.

D'un auire côté, la bcllc-sœur du malheureux 6..., quoique n^ayant pris qu'une minime quantité de la fatale décoction de gral>eau, éfNroura les mômes symptômes moins énergiques il est vrai, mais assez prononcés pour donner les craintes les plus sérieuses. Des blancs d*ceuf délayés dans Teau, qu'elle prit vers le soir, la mirent hors de danger. Depuis, elle a contracté un état maladif qui ne lui était point habimef avant cet accident.

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386 SBNfi.

Il résulte des faits consignés dans ce tableaa, qu'o affaire à un séné falsifié, toutes les fois que 1 p. < duit suspect traitée par 10 p. d'eau distillée bouillant nera un infusé peu coloré, amer ou astringent, et f< sant: un résidu sec, vert, non mucilagîneux ; un pi blanc par la gélatine^ Témétique ; un précipité bleu, i gris, par le sulfate de fer^ par le deutochloruro de me un précipité noirâtre instantané, par le chorure d'or; i cipité jaunâtre passant au noir, par le nitrate d'argent Outre les falsiûcations que nous venons de faire con il arrive parfois que Ton mélange au séné, suivant Ni les feuilles du baguenaudier (colulea arborescens^ — k neuses). Les feuilles du baguenaudier sont exactement < douces au toucher, non rétrécies à la base, obtuses, i échancrées au sommet, sans pointe. Ces feuilles son vertes, plus minces que celles du séné; leur saveur est et fort désagréable.

Le séné est aussi falsifié par les feuilles de Y airelle po (vaccinium vilis idœa) {}). Les feuilles de l'airelle poi ressemblent un peu à celles du buis ; elles sont ovales, ses, entières, obtuses, lisses et d'un vert foncé en d pâles et ponctuées de petits points noirâtres en dessous ont leur bord un peu replié postérieurement, ce qui quelques dentelures peu marquées dont elles sont m

Il paraît également que Ton a quelquefois ajouté aux les du séné celles du tephrosia apollinea (légumineuses)

Enfin, le séné est quelquefois altéré par des taches bi et il est souvent presque entièrement jaune, soit par sui

(*) M. Pédroni fils a fait connallre, eu 18^6, que, se trouvant o chez un droguiste au uiomeiit où Ton ouvrait une riilaillc de u Tripoli cxpcUiée de Marseille, il reconnu! ((uc ce séoé conteo; feuilles élrang(>res, qu'un plus long examen lui permit de recoo pour celles de Tairelle ponctuée. 100 p. de ce prétendu séné de 1 contenaient :

Feuilles de séné 15 parties.

Feuilles d'airelle 78 —

Bûchettes et débris de bois. . . 5,50 —

Poussière et sable 1,50 —

Total. . . . 100,00 —

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