‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales (volume 4)Chapitre 79 sur 190 · SERPENTAIRE DE VIRGINIE. 3R · texte numérisé non relu

SERPENTAIRE DE VIRGINIE. 3R

oor|M étrangers qai y sont mêlés, soit par suite de vétusté. Il ttot donc rejeter ce séné, qui ne pourrait être que nuisible. Dans tons les cas, quel que soit le .séné auquel on a alTaire, Is premier soin des marchands doit être d'en séparer, à la mio, les petites pierres, les bûchettes et les autres corps étrangers. Le séné, ainsi nettoyé, prend le nom de séné mondé; nuis on conçoit bien que son prix doit s^éleyer en raison dineteds la quantité des corps étrangers qu'on en sépare.

La racine de ierpeniaire de Virginie ou vipérine (ariêtolo^ ^Âia terpentariaj — aristolochiées) croît dans les forêts de la Vb^^nie, de la Caroline, de la Floride, où elle est renommée Contre la morsure des serpents à sonnettes.

Elle se présente sous la forme do filaments minces, entrelacés, nombreux, partant d'un collet noueux^ quelquefois garni des débris de la plante ; elle a une couleur grise à Tex- Wrieor, blanche à Tintérieur ; elle possède une odeur aromatique et pénétrante, qui a quelque analogie avec celle du camphre; sa saveur est amère; elle contient, d'après M. Cheallier : huile volatile, amidon, résine^ albumine, matière J^nate, amère; acides malique et phosphoriqtie combinés à la potatie, à la chaux; oxyde de fer, silice. D'après Buchhoh : ^ik volatile, 3,05; résine jaune verdâtrCy 2,85; matière ^traetiue, 1,07; extrait gommeux, 18^01; ligneux, 62,04; «tt», 14,45.

Usages. — La serpentaire sert, en médecine, comme stonuichique, emménagoguo, diurétique, et même purgative : ^est employée en décoction, en teinture; elle entre dans ''«•u générale, dans Yeau thériacale, Vorviétan, et dans des ^'snèdes vantés comme alexipharmaques.

PàisincATiONS. — Quelquefois la serpentaire de Virginie «t mêlée aux racines de Yosarum virginicum, et à celles do ^foUinsonia prœcox, Elle est aussi, dit-on, mélangée avec les racines inférieures ^^'(^toloehia hastata et iormentosa, et avec celles du spige-

La racine d'asarum virginicum est d'une couleur noire, totalement distincte de la serpentaire. Du reste, ces trois espèces de racines peuvent facilement se reconnaître à la forme, à Todeur et à la saveur; en les comparant avec la véritable racine de la serpentaire, il est impossible de s'y méprendre.

Dans son traité sur la Sophistication des substances médicamenteuses, H. Favre dit que Ton substitue à la serpentaire la racine de cabaret, qui a à peu près la même forme ; cependant^ ajoute-t-il^ il est facile do les distinguer Tune de Pautre, parce que la racine de cabaret a une couleur noire à Texte — rieur ; son odeur et sa saveur, quoique fortes, diffèrent de celles de la racine de serpentaire de Virginie.

Les sirops sont des préparations ou conserves liquides^ qa7 obtient avec Veau, les infusions, les décoctions, les érnubio^m^ les eaux distillées, le vin et le sucre, le tout amené, à V de la chaleur, au degré de consistance convenable.

Les sirops sont simples ou composés : le sirop simple n\ formé que d'eau et de sucre ; les sirops composés contienn6K:=== plusieurs substances, outre le sucre qui en fait la base.

Le mode de préparation des sirops varie ; ainsi on prépar"^ des sirops, 1*> par la solution à froid du sucre dans un liquide^^ 2** par la solution du sucre à l'aide de la chaleur; 3*» par coc^^ tion et clarification; 4<>par la solution du sucre dans desli-S^ quides obtenus par distillation.

Le sucre qu'on emploie varie pour sa pureté selon la nature"" des sirops à préparer ; mais, en général, les substances qu^ entrent dans leur composition doivent être de bonne qualité ^

Le pharmacien doit préparer dans son ofGcine tous les si- ^ rops qu'il délivre, autrement il manquerait à la mission qur^> lui impose le titre qu'on lui a conféré. En effet, qui lui ga^ rantira que le sirop qui lui est livré a été préparé d'après le^^ indications données dans les formulaires ? Et supposons qu'- ^ veuille s'en assurer, ne devra-t-il pas employer plus de

à obtenir des résultats incertains qu il n'en aurait mis à préparer lui-même les sirops ?

Usages. — Les sirops sont employés^ dans divers cas, comme rafraîchissants ; dans d'autres cas comme médicaments.

FALanciLTioNS. — Depuis quelques années, les confiseurs^ les distillateurs, les liquoristes, etc., ont préparé des sirops en faisant usage : 1® de sirop de fécule de pommes de terre, de tlwne; i"* de sirop de froment, sirop de blé (préparé par la nccharification de Tamidon au moyen de Tacide sulfuri- V^e) (1). Le but qu'ils se sont proposé en employant le sirop de fécule est de pouvoir obtenir des sirops à meilleur marché. Reflet, le sirop de fécule de pommes de terre leur est livré à 37 ou 38 centimes le kilogramme^ tandis que 1 kilogramme de sirop de sucre revient au moins à 1 fir. 10 ou 1 fr. 20 c, et quelquefois plus cher. On conçoit que si on môle, comme ^a s'est fait, 40 o/o de sirop de fécule au sirop de sucre, on ^^btient un sirop qui^ au lieu de revenir à 1 fr. 20 c. le kilo- S^^oune, ne revient qu'à 85 centimes environ, différence de 35 centimes^ à Taide de laquelle certaines maisons ont fait une ^Qcorrence funeste pour s'attirer des cUents qu'elles ont **ifintôt perdus, puisque le procédé qu'elles avaient employé ^tdit mis en pratique par ceux à qui elles faisaient d'abord ^currence. U en est résulté que le consommateur a été *^mpé (*); que les sirops dits d'agrément ont perdu de leur ?Mté: leur saveur, ainsi que leur propriété sucrante (^;, ^ent modifiées, ils ne sucraient point comme les sirops obtenus avec le sucre, et, dans quelques cas, ils donnaient lieu ^^Jesmaux de gorge (*).

P) On a vendu aux épiciers des sirops préparés avec 60 p. de 9irop ^ sacre et 30 p. de sirop de fécule.

W On sait qu'avec le mol bon marché on séduit, en France, non- ^iement les ouvriersi mais uiéme les personnes qui, par leur intelli- '^^et leur éducation, ne devraient pas faire ces coûteuses économies.

0^ grammes de sirop de fécule de pommes de terre sucrent à ^ffès la même quantité de liquide que 100 grammes de sirop de su- ^î il y a, en outre, une différence entre la saveur do l'eau sucrée et ^le de la glocose, qui n*a rien d*agréable.

(*) Mil. Sovbeiran et Guérard nous ont fait connaître qu*on avait os- ^'^<reniplo7er le shropds fécule dans les hOpiUux ; mais r usage de ce

u90 sitoPS.

L'introduclion de sirops de glucose dans les ôropt livr^ au commerco ayant été signalée à radministraiion, des nu sures ont été prises pour faire cesser cette fraude, et les jurji chargés des visites dans Paris et la banlieue, et dans les di vers départements, ont fait saisir des sirops glucoses; lesTai dours, traduits devant les tribunaux, ont été condaninés. Ce poursuites se sont continuées, et on doit espérer que par un répression juste et sévère on fera cesser ces fraudes, nuisibis aussi bien pour le vendeur que pour Tacheteur : pour le ven deur, en ce que la différence du prix de la glucose au sirp de sucre ne lui profite pas en raison de la concurrence ; poa Tacheteur, en ce que le sirop qu*il achète ne sucre pas, et qu*il est forcé d'employer i p. de sirop glucose^ au Uei de 1 p. de sirop de sucre pur (').

sirop a détennioé des maux de gorge, qui ont mis radmlnistnlii dsns U nécessité de le faire cesner ( Voy. le mémoire de M. SoUbtkrm Journal de pharmacie et de chimie, 3« série, l. XVIII, p. 8SS).

(') Au sujelde récbiiialiousque des fabricanls de sirop flrcnt eo ISS le ministre de ragricullure et du commerce en référa au Comité co ftultalif d*byglèno publique, qui décida :

fo Quen aucun cas les sirops médicamonteux, tels que ceux gomme, de guimauve, de capillaire, etc., ne devaient être préparés ■ d'autre:> nioyens que ceux qui sont formulés au Codex, ce qui exc> remploi de la glucose en ri'mplacomenl du sucre ;

t° Qu'il ilcvaii être permis aux fabricants île vendre, comme sirw d^agroment, tels mélanges qu'ils jugeront convenables, pourvu que dénominations sous lesquelles ils les vendront n'indiquent ni une |^ parution du Codex, plus ou moins modiUée, ni une préparation »\m que la véritable;

30 En ce qui touche particulièrement la glucose, que l* usage db doit pas être interdit, mais que, pour éviter toute confusion, les sir^ qui eu conliemlront devront porter la dénomination commune dcti^ de glucose, à laquelle on ajoutera telle ou telle autre dénomination sg cifique, pour les distinguer entre eux. Ainsi, les étiquettes et les Ctures porteraient : sirop de glucose à la merise, à la groseiUe, au Un^ à l'orgeat f etc., et, de celle manière, les fabricants n*auraienl pas à douter des poursuites t>our fuit de fraude ou de tromperie sur la naU de la chose vendue.

AI. le ministre adopta cet avis du Comité d*hygiène et le porta A connaissance des fabricants de sirops, des Conseils d'hygiène et de lubrité, des jurys médicaux et des écoles de pharmacie, par unecir^ laire en date du SO octobre 1851.

t>s prescriptions furent rendues exécutoires par une circulaire

On a indiqué divers moyens pour reconnaître la présence d(^ kghÊcmde pommes de terre et de la glucose de froment dans le sirop de sacre (*). Celui qu'on emploie le plus souvent pour les sirops de gomme, de guimauve, àe capillaire, d'orgeat, eoDsiste à traiter, dans un petit ballon, à Taide de la chaleur (lampe à alcool)^ 10 ou 15 grammes de ces sirops, par 10 grammes d'une solution de potasse préparée, en prenant : MQ. 90 grammes; potasse^ l'',3. Si le sirop est exempt de glucose et de sirop de froment, il prend, par Tébullition, une belle couleur jauue d'or. Si, au contraire, il est môle de glucose, il acquiert la couleur du café noir et répand une odeur decaramelv*).

On emploie aussi la liqueur de M. Barreswil ( Voy. art. Sucées).

Le sirop mAlé de glucose se colore en rouge, lorsqu'après l'aroir étendu de son volume d'eau on y ajoute quelques gouttes d'iodure ioduré de potassium : 1/50 do sirop de fécule ^ facilement apprécié par ce moyen. Celte coloration en 'ouge est rindice manifeste de la présence do la dextrine, lui fait toujours partie des sirops de fécule du commerce.

Ce mode de faire ne peut indiquer dans quelle proportion

^^ mélange a été fait ; il ne peut pas non plus ôtre mis en

Pï'Mique pour les sirops acides, même les plus blancs, parce

^^\e sucre de canne, interverti (^) parla présence des acides,

^ colore aussi par la potasse : on doit alors avoir recours à

' emploi du saccharimètre [Voy, art. Sucres). Nous allons

''^re connaître ici les résultats que M. Soubeiran a obtenus

^ l'aide de cet instrument.

Pour exécuter l'analyse d'un mélange de sirop de sucre et ^ sirop de fécule, on se base sur les principes qui suivent.

'^^fet de police, en date du 83 décembre 1851 el du 25 juillet 18&a. f Toy., & la tin de ce volume, V Ordonnance de police en date du 28 fé- •*îer 1853, Uire I", arl. 6).

i}) Uo marchand nous disait qu'il employait le sirop de froment pour ^pêcher le sucre de Cristalliser.

(*) Une addition de 0r,5 de glucose lui fait prendre une couleur de ^n de Malaga foncé.

C) Le sacre de canne dévie les rayons de lumière polarisée, à droite, ^^WiqaMI eat pur ; à goiuche, loraqu^il a été mtfrwrti.

1® 1 volume de sirop de sucre de canne ordinaire, marquant 35^ à l'aréomètre, étendu de 9 volumes d'eau, donne au saccharimètre , à la température de 15^, dans le tube de O^^ySO de longueur, une rotation à droite de 52^;

2* 10 volumes de cette même liqueur, mélangés avec 1 volume d'acide chlorhydriquo pur et concentré, et chauffa dans un matras en verre, au bain-maric, jusqu'à la tempéra^ ture de 68^, fournissent par le refroidissement une liqneuL qui, observée au saccharimètre, dans im tube de 0",20, et i la température de 15^. donne une rotation à gauche de 21*93 ce qui est la conséquence du pouvoir d'inversion, détermin-i par M. Biot : 38° à gauche, lOO^ à droite ;

Z^ Le sirop de fécule du commerce^ traité de la même ma nière, donne au saccharimètre 100^ à droite pour la rotatio « primitive et 100^ à droite encore après la réaction de Facides 4<' La dextrine^ qui se trouve toujours dans le sirop de im cule du commerce, se comporte au saccharimètre de la mène manière que la glucose, et par conséquent n^apporte auciK trouble dans les observations.

Ceci étant bien étabU, lorsqu'on veut analyser un mélang de sirop de fécule et de sirop de sucre de canne , on le soa met au traitement indiqué ci-dessus, c'est-à-dire qu'on 1*" tend de 9 volumes d'eau", et qu^on prend sa rotation à température de 15*^ dans le tube de 0",20. Puis on ajoute 10 volumes de cette solution 1 volume d'acide chlorhyd* que concentré, on chauiïe doucement au bain-marie jusqiK la température de 68^, et Ton prend de nouveau la rot« tion à la température de 15^ dans le tube de O'^ySO.

Par Faction de Tacide, le sirop de fécule conserve son dgré ; mais le sirop de sucre de canne est interverti, de façc que 100^ à droite deviennent 38^ à gauche, lesquels ne« tralisent 38^ de sucre de fécule, et que le degré restant s compose de la totalité du sucre de fécule, moins la portioi qui se trouve masquée par le sucre interverti.

Sachant que 100 p. de sucre de canne donnent, dans le conditions .de Texpérience, 52<^ à droite, le calcul fait cor naître quelle est la proportion de ce sirop dans le mélangi La déviation qui lui appartient est donnée en multipliant pe la fraction 100/138 la perte de degrés opérée par Tinversio*

et ia proportion en yolume de sucre de canne est obtenue à son toor en multipliant le produit do la précédente opération par 100/52.

Plus simplement encore, on a la proportion en volume du sirop de sucre de canne dans le mélange, en multipliant par 1,4 la perte de degrés opérée par l'inversion. Il est bien entendu que si la rotation, après Faction de Tacide chlorhydrique, se faisait à gauche, la perte serait représentée par la rotation à droite avant l'action de Tacide, plus Texcès de rotation à gauche après cette action.

Le tableau suivant donne un exemple de ce genre de résultats :

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