‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales (volume 4)Chapitre 80 sur 190 · ROTATION · texte numérisé non relu

ROTATION

5S» à droite.

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fécule, sucre... i fécule. . } ^^ '*

PERTB après rioTcrilon.

VOLUMB de f trop d« Mort

Les sirops livrés au commerce par quelques conGscurs sont J^nfectionnés avec ceux qui ont servi à cuire les fruits pour confire, et avec les débris dC office (^). Ces sirops sont im-

P) Les sirops ainsi mélangés se sont vendus à si bas prix à Paris, t*oaeoa fourni les départements dans un rayon de plus de 80 kilo-

'•^^Ues.

Us débris d*oflBce sont des candis brisés ou salis, des pastilles inven-

^'^^Ueset qui contiennent des aromates, des acides, des matières colo* '■^nles.

S94 SIROP DE OOMNR.

purs et impropres aux usages auxquels on les fait Mrrir ; sont glucoses.

SIROP DB OAPIIiLAXRBt

Ce sirop est préparé avec Tinfusion de capillaire et lesoere blanc, d'après la formule suivante :

Capillaire du Canada «100 grtBiiMt(t).

Eau.. 1600 —

Sucre. 1100 —

Usages. — Le sirop do capillaire est considéré comme excellent béchique, fort employé par les personnes attem de rhumes et de catarrhes.

FalsificatioxNS. — On substitue souvent au sirop de capiT! laire du sirop de sucre, préparé avec du sucre plus ou m pur (»).

Le sirop do capillaire préparé avec du sirop très-blanc peu coloré lui-môme ; additionné de quelques gouttes d' moniaque, il prend une coloration jâun<? d'or foncé ^ ce n'a pas lieu avec le sirop de sucre seul ; Tacétate de pero de fer, en agissant sur le tannin, le fait passer au vert.

Le sirop de capillaire fait avec du sirop de sucre glu< noircit lorsqu'on lo traite par la potasse, à Taide de lachalc

Le goût du sirop préparc avec le capillaire peut aussi fi reconnaître aux pe)'sonnes exercées s'il renferme cette s stance médicamenteuse.

8XROP DB OOMMB.

Le sirop de gomme est un sirop médicamenteux qui, a termes de Tarrôt de la Cour de cassation du 7 février 18^ î»

(<) Le Codex prescrit 193 grammes de capillaire pour 8 kilognn de siro|) de cupillaire.

(*) En 185ii. la dame R... fut condamnée, pardéfaat, à trois moii " prison, 50 fr. d'amende et aux frais, pour vcnie de sirop de capUlai^ conten:<nl beaucoup de jçlucose ei très-ptMi de capillaire.

ftlIOP DE GOMIIB. 905

constitue une préparatvm pkarmaauiique qui nepeui te faire P^ etmformémeni â la fermuk établie par le Codex ; finfrae- ^ionàeetle règle rentre dam les prévisions de t arrêt du règlement du Parlement de Paris du Î3 juillet 1748, lequel pro- ^^^^neeune peine excédant la compétence du tribunal de simple Po/ice(t).

Ce sirop, d'après le texte de l'arrêt do 7 février 1851 (•), <loit donc être préparé d'après la formule soirante :

Gomme arabiqae blanche. . . . 500 grammes.

Eau froide 500 —

Sirop simple iOOO —

Et nul ne peut la modifier. — Ce sirop est blanc et cons^Tve loajours un aspect opalin ; sa saveur est douce et mucilagineuse; sa densité, considérable : il a beaucoup de viscosité et coule lentement.

Usages. — Le sirop de gomme est employé contre un très- ^rand nombre de maladies, et particulièrement comme émollient, adoucissant, calmanl; il convient dans les inflammations, les irritations , les épuisements. On le donne surtout clans les maladies de poitrine. C'est, disent Mérat et Delens^ ^ remède populaire et domestique des rhumes j des catarrhes^ *' de toutes les espèces de toux avec sécheresse, fatigues, etc.

Falsifications. — Le sirop de gomme étant un médica- "^ent, aux termes de Tarrôt précité, ne devrait être préparé 9ue par les pharmaciens ; mais il n'en est rien : le sirop de

^ (*) Cet arrôl, fui rendu par cassalion, pour cause d'incompéteDce,

^^ jugemenl du tribunal de simple police de Paris, du 17 octobre

^^, lequel, statuant au fond, leuvoya le sieur V..., dislillateur, de la

'^*«rsuiie dirigée contre lui, en vertu de rarticle475, n» 6, du Code pé-

^'> pour falsification de sirop de gomme.

(^ Voici ce texte :

^ Lorsqu'une boisson, mise en vente et comprise dans la nomencla • ^^re des médicaments portés au Codex, est saisie comme falsifiée^ le ^ ^^bitanl doit être traduit devant le tribunal de police correctionnelle, ^ ^t non devant le tribunal de simple police. »

A^josi les personnes qui altèrent les sirops en les mêlant avec de la ^*^cose, du sirop de blé, du sirop de froment, doivent être traduites ^^Vant le tribunal de police correctionnelle, et non devant le tribunal ^^ simple police. (Voy. an. Sirop d*orgbat, note 1, p. 408.)

396 SIROP DE 60MMB.

gomme est préparé par les confiseurs, les distillateurs, les liquoristes^ les épiciers, etc., etc.^ qui, pour le rendre plus agréable au goût que ne Test le sirop préparé par les pharmaciens, retranchent une partie de la gonmie^ Faromatisent de telle sorte qu'on fait d'un sirop médicamenteux un sirop d'agrément, qui n'a plus les propriétés en vertu desquelles il est prescrit par le médecin.

Quelques fabricants préparent même des sirops de gomme qui ne renferment pas un atome de cette substance (^).

(*) En 18i9, nous fûmes chargé^ par le juge d*instruciioQ près le tribunal (Je première inslance de la Seine, d*examiner chez les sieurs L..., O... et B. G..., distillateurs, les sirops de gomme, d^orgeat, de guimauve^ de capillaire, etc., qu'ils pouvaient avoir en magasin. Cette visite fut ordonnée à la suite de celle que le jury médical avait faite dans le département de TAube. On saisit des sirops mêlés de glucose, ou ne contenant pas les substances médicamenteuses dont ils portaient le nom; ces sirops furent déclarés avoir éié fournis par des maisons de Paris. Il résulta de notre examen que ces sirops étaient : les uns, allongés de glucose; les autres, préparés avec une quantité nulle ou InsnfQsanté des substances qui servent à leur dénomination.

Les sieurs L..., O... et B... G... furent traduits, en 1850, devant le tribunal de police correctionnelle, sous la prévention de tromperie sur la nature de la marchandise vendue. Ils furent condamnés chacun i 200 fr. d'amende, à la confiscation des sicops saisis et aux dépens.

Le tribunal admit, par le texte même du jugement, que les sirops de gomme, de guimauve, de capillaire, d'orgeat, devaient être préparés d'après les formules consignées au Codex, qui sont les formules o/JCcielles.

Les pharmaciens, et tous ceux qui composent des sirops, ne doivent donc pas se permettre de moditier lu composition de ces médicaments.

Lés sieurs L...0... et B. G... interjetèrent appel de ce jugement, qui futconUrmc, sauf ce[)endant une réduction à 50 fr. de l'amende prononcée contre chacun d'eux.

En mai 1850, le sieur L..., distillateur à Paris, fut traduit devant le tribunal de simple police, sous la prévention d'avoir été détenteur de sirops de gomme ne contenant presque pas de gomme, et de plus fabriqués avec du sirop de fécule ou de glucose. Le tribunal condamna le sieur L... à 10 fr. d'amende et ordonna la confiscation des sirops saisis. Ce jugement fm conflrmé par le tribunal de police correctionnelle.

Par suite d'autres visites, vingt autres distillateurs de Paris furent cités (levant le tribunal de simple police : les uns avaient vendu du sirop de gomme sans gomme, les autres des sirops mêlés de glucose; il furent condamnés à 6 et 10 fr. d'amende et aux frais.

La même année, apK^a une visite du jury médical d'Orléans, vingt

SIBOP D£ GOMME. 397

Le sirop de gomme ne renferme souvent qu'une très-faible ^puntité de gomme et même en est complètement dépourvu.

koil droguistes, confiseurs et épiciers de celle ville, furent cités devant le tribonal correctionnel^ comme prévenus d'avoir employé de la glucose ao lieu de sucre dans la fabrication des sirops de sucre^ de gui- BaoTe, de gomme et d*orgeat, ou d*avoir fait des sirops dits et étiqueléi sirops de gomme, de guimauve, de capillaire^ et qui ne contenaient li gonme, ni gnimanve> ni capillaire. Le tribunal renvoya de la plainte tous les épiciers^ comme n'ayant point fabriqué les sirops saisis, plus deai ou trois fabricants qui se trouvaient dans une position spéciale et à regard desquels on n'établissait pas le fait de vente des sirops siisisen dehors de leurs officines; sur les dix prévenus restants, il en acquitta deux, déclara les huit autres coupables du délit de tromperie sur la nature de la marchandise, et les condamna, en vertu de l'article iS3 du Code pénal, à 50 fr. d'amende et à la confiscation des Birchtndises saisies. Les huit prévenus interjetèrent appel de ce jageaent La Cour d'Orléans rendit un arrêt contraire à celui de la Goirde cassation, renvoya deux prévenus des fins de la plainte et coninsa, pour les six autres, le jugement du tribunal correctionnel, mais en les condamnant, en outre, aux frais de première instance et d'appel, en ce qui les concerne.

Cet arrêt de la Cour d'Orléans portait : « Le Codex pharmaceutique et

< les formules qu'il contient ne sont obligatoires que pour les pharma-

< dens. En conséquence, les distillateurs ou confiseurs qui vendent des

< sirops, dans la préparation desquels n'entre pas la quantité des prin-

< cipesémubifs ou médicamenteux déterminée par le Codex, ne peu-

< ^t étro poursuivis comme ayant trompé les acheteurs sur la nature

* de la marchandise. Il n'en est pas de même à l'égard des sirops pré- ' parés avec du sucre de fécule ou glucose, au lieu de sucre ordinaire,

* OQqui ne contiendraient pas les substances sous lesquelles ils sont ' dénommés et étiquetés; dans les divers cas, si l'acheteur n'est point ' ^^erti qu'on lui vend un sirop qui ne contient pas de sucre ordinaire,

* OQ qui Q*(>st pas composé avec la substance indiquée sur l'étiquette, il

* ^a tromperie sur la nature de la marchandise, et par conséquent

* ^lit dans le sens de l'article i23 du Code pénal. i>

^ fabrication ne constitue point le délit; mais il existe, alors qu'il y ^ ^Q rente, ou même simple exposition ou mise en vente, de la part du '^^^rlcant.

^ 1851, huit distillateurs de Paris, deux confiseurs et un pbarma-

rv^^ furent traduits devant les tribunaux et condamnés pour falsifica-

^H de sirops, par suite de saisies que firent les professeurs de l'Ecole

^ Pharmacie. Les prévenus ne furent condamnés qu'à 6 et 10 fr. d'à-

^cide et à l'effusion des sirops saisis.

I>cux autres distillateurs de Paris furent condamnés à 100 h. d'a- ^^de pour vente de sirops de gomme glucoses.

^o 185i, le sieur M. . ., distillateur, a été condamné- à 100 fr. d'à-

398 SIROP DK GOMME.

C'est le sirop le plus fréquemment additionné de glucose 0). On a indiqué^ pour reconnaître ces falsifications : 1* remploi de la potasse, aidé de la chaleur (^) ; 2« l'emploi de Talcool On introduit dans un tube 10 p. de sirop de gomme, el on ajoute 90 p. d'alcool à 33% puis on agite. La gonmu est précipitée par l'alcool à Tinstant môme; elle se dépo» sous forme de filaments qui la fixent sur les parois du tube. On peut séparer Talcool, puis layer la gomme à Taide de oi véhicule, la faire dissoudre dans l'eau et évaporer, afin d*er prendre le poids.

Mais ces moyens ne sont pas toiqours sufiOsants ; en effet voici ce que dit M. Sottbeiran : ,

a La viscosité et la propriété de précipiter par l'alcoo « étant commune au sirop de gomme et au sirop de fécule a la fraude se fait sentir ici plus que jamais. D est facile de h « reconnaître : 1* par la potasse qui, à Tébullition, colore h

meide poar avoir venda do sirop de gonme qui n'éuii qu'un mélangi

de sucre ei de sirop de fécule.

La même anuée, le tribunal corrceiioaiiel (7« Chambre) a condamné

!• Le sieur S. . . , dislillaleor, i qninze jours do prison et 50 fr. d'à mende^ pour avoir vendu dos sirops de gomme glucoses, qui ne conte naienl ni gomma ni sucre;

t« Le sieur R. . .^ dbliilateur, à un mois de prisou et 50 fr. d'amende et le sit'ur D. . ., fabricant d'eau de Sellz, k quinze jours Je piison c 60 fr. d'amende, pour avoir vendu, soui le nom de sirop dé mûrts et d sirop de gomme, des sirops dans lesquels il n>n(rait ni mûres, n {;omme, mais une assez grande quantité de glucose, et pour avoir, sud être pharmacien, préparé, vendu et débité des compositions niédicji menteuses.

En tS55, le même tribunal a condamné le sieur J.-B. D. . , conllseu à Paris ^ 50 fr. d'amende, pour mise en vente de sirop de gomme pré paré en dehors des prescriptions du Codex, impropre dès lors tu usages médicaux et constituant, aux termes de la loi du ]I7 mars tS5l une tromperie sur la quaiilé de la marchandise vendue.

Nous pourrions encore citer beaucoup d'autres exemples de condan nutious pour falsifications de sirofis.

(M Ou a préparé du sirop de gomme avec du sirop de sucre mêlé d sirop de fécule^ puis additionné d'une solution de gélatine.

D'autres ont mis en vente des sirops étiquetés sirops de gomme ght cosés, pensant vendre un produit perfectionné !

(*) Le sirop de sucre, mêlé deatrop de mi>l, se colore au^i par la po tasse, à l'aide de la chaleur.

Ebermm^er parle de sirops ainsi méiangés.

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