‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales (volume 4)Chapitre 87 sur 190 · SIROP DB LIMOMS C( 0*ORANGES · texte numérisé non relu

SIROP DB LIMOMS C( 0*ORANGES

VuoES, — Cesirop, destiné surtout aux enfants, est le plus lonoii donné comme romitif. On Tutilise pour débarrasser r«loiDae des sécrétions muqueuses dans la poitrine, que fmbùt arale et ne rejette pas, comme le fait l'adulte.

FALSincATiONS. — Le sirop d'ipécacuanha a été falsifié.

lYons avons eu à examiner un sirop qui portait ce nom, et

fae l'analyse a fait reconnaître pour être préparé avec du

MfciY impur j et dans lequel on avait fait dissoudre de Yé-

On reconnaît cette falsification, 1^ en étendant le sirop d*eia pure, et en y faisant passer un courant d'acide sulfhydriqne ; Tantimoine, dans ce cas, est précipité à Tétat de suivre, on le recueille, et on constate sa nature ; i^ en faisant évaporer le sirop, carbonisant et incinérant, traitant les cendres obtenues par Teau régale, faisant évaporer pour chasser Texcès d'acide ; puis, après addition d'acide tartrique^ on fait bouillir» on filtre et on introduit dans Tapparcil de Marsh; 3* en carbonisant le sirop à Taide de Tacide sulfuriquo, traitant le charbon obtenu par Teau et Tacide tartrique , faisant bouillir, filtrant la liqueur, et Tintroduisant dans un appareil de Marsh, fonctionnant à blanc. Si le sirop a été additionné d'émétique, on obtient alors des taches antimoniales, dont on constate les caractères chimiques.

SZllOP DB X.XMOH8 ct D'ORAHGBS.

Le sirop de limons se prépare avec le suc dépuré des liions (ciirus limonum)^ et le sucre blanc. On prépare de ^6m le «trop d'oranges.

Usages. — Les sirops de limons et d'oranges sont antisep- ^<pies, rafraîchissants ; on les prescrit, dans diverses maladies, contre les vomissements, le scorbut, les fièvres putrides.

Altérations. — On substitue quelquefois Vacide tartri-

9^ au suc de limons ou d'oranges. On reconnaît cette sub-

^tution en traitant le sirop soupçonné par une solution

toncentrée de chlorure de potassium qui, au bout de quel-

^ heures^ donne un dépôt grenu et cristallin de crème do

^^'tre, si le sirop contient de l'acide tartrique.

408 SIROP d'orgba.t.

Ébermayer dit qu'on a*quelquefois substitué le vinaign suc de limons, mais qu'on s'aperçoit de cette subslitutio Todeur acétique que répand le sirop ainsi préparé. On p rait, à Taide de la distillation, séparer une partie du vina employé.

SmOP D*0&OBAT.

Ce sirop, qui s'obtient avec une émulsion dans la prép tion de laquelle on fait entrer des amandes douces, des an des amëres, du sucre et de l'eau de fleurs d'oranger, es des sirops les plus agréables lorsqu'il est bien confectioi Il est opalin^ d'un blanc jaunâtre. La matière émulsionn^ sépare souvent du sirop par le repos ; on est forcé de ra( lorsqu'on veut s'en servir.

Le sirop d'orgeat étendu d'eau doit fournir une éoral agréable, sucrée et aromatisée. Préparé suivant la fom du Codex, il marque 34^ à l'aréomètre ; étendu de neuf son volume d'eau, il marque 43^ au lactoscope de H. Do

Usages. — Le sirop d'orgeat s'emploie le plus sou comme sirop d'agrément ; il est aussi ordonné par les pi ciens^ comme rafraîchissant et sédatif. Mérat et Dekns di que ce sirop, pris pur d la dose de 30 grammes, est un cali doux , dun effet plus certain que Popium , pour beaucou personnes; qu'il n'a point, comme f émulsion ^ Vinconvéniei peser y d'être froid, comme on dit, sur t estomac.

Falsifigations. — Le sirop d'orgeat a d'abord été fal par la soustraction d'une partie des amandes qui fournis l'émulsion qu'on doit y faire entrer, puis par l'additioi sirop de glucose^ addition qui se faisait, dans quelques i sons, ainsi que nous l'avons constaté, dans la proportio 33 de sirop de glucose pour 66 de sirop de sucre (*).

(1) En 1852, le sieur B..., distillateur, traduit devant le iribun police correctionnelle, sous la prévention d*avoir mis en vente de rops (l'orgeat et de gomme^ glucoses ou non, et présitntanl nn d notable d(' ces substances, fut condamné seulement à 10 fr. d*am<

A propos d*uiie affaire de taisiUcalion de sirop d'amandes, la de cassation a décide, par un arrêt du 14 avril 1855, que les péo]

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Le sirop d*orgeat est susceptible de s'altérer et de s'acidifier h la loDgae. On reconnatt facilement au goût cette altération.

Le ÂTop d'orgeat mêlé do sirop de glucose est reconnaissablé en ce qae, traité par la potasse, à Taide de la chaleur, il se colore en brun , ce que ne fait pas le sirop qui n'a pas été additionné de glucose ou de sirop de froment.

Le sirop de violettes s'obtient à Taide d'une infusion de fleurs de violettes (viola odorata)^ et de sucre très-blanc. Il doit avoir une belle couleur bleue sans mélange de rouge, nue odeur agréable de violette, ime saveur douce et mucilagineose. Il est sujet à fermenter, et sa couleur s'altère.

Usages. — Le sirop de violettes est employé par les chiiiiistes, comme réactif des alcalis qui le font virer à la couleur ^cite. Il est employé, en médecine, pour édulcorer les boisons, dans les cas de rhume, de catarrhe, dans les légères inflammations des voies aériennes ou digestives ; il entre dans ^'Verses préparations.

Altérations. — Le sirop de violettes s'altère quelquefois, P*» surtout dans les années humides, il entre en fermentation ; *1 Perd alors sa belle couleur bleue. Quelquefois on remarque ^^e espèce de précipitation suivie de décoloration.

Cette décoloration doit être attribuée^ suivant M. Angiilis, non à l'influence de l'oxygène de Tair (puisqu'elle a lieu pour '^n sirop contenu dans un flacon exactement rempli et bouché ^^ec soin ), mais à Tinfluence do racide acétique que la fermentation y développe. Pour faire persister la couleur bleue ^^ sirop, il suffit d'introduire dans les flacons qui le contiennent quelques fragments d'étain pur, et d'agiter do temps en ®naps, afin que l'acide acétique qui se forme puisse se porter

^ U loi du 97 mars 1851 s^appliquaient à toute f:ilsitica(ion des sul>-

^nces médicamenteuses, que celles-ci fussent soliilcs ou liquides, et

7^ On ne pouvait prétendre que par cela même qu'il s'agissait lic sub-

^^Oces liquides^ le Tait rentrait dans la vente de boissons falsifiées, on

^^Héral, contravention punie d'une amende sau> importance.

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sur le métal, l'oxyder et tenir le sirop dans un parfait étal neutralité.

FALSincATioNS. — On a substitué au sirop de violettes sirop préparé aree d'autres fleurs d'une couleur analogw celle de la violette, telles que la fieur dupieddfkhuetU^ ce de la pensée trkohre ; puis on i^outait un peu d'iWs de F rence pour lui donner l'odeur de la violette. Le sirop aii préparé est facilement reconnu : son odeur n^est pas la mên sa saveur a de Tâereté. 11 faut alors comparer le sirop si pect avec du sirop de violettes.

Selon Kbermayery on fait du sirop de violettes en se s< vant du chou rouge^ du coquelicot, de Yairelle^ et faisant vii la couleur de ces parties de plantes avec une petite quant de potasse; mais tous les sirops artificiels, préparés avec c substances, peuvent ôlre reconnus immédiatement par I alcalis, qui ne leur communiquent pas la couleur verte q prend le sirop de violettes dans les mômes circonstances ^

Nous avons vu du sirop, dit de violettes, préparé avec tournesol et Y iris; ce sirop ne prenait pas non plus la coule verte lorsqu'on le mettait en contact avec une eau alcaline, n'avait pas une couleur bleue franche; sa teinte était viola et, lorsqu'on interposait entre Tair et la lumière le flacon c le renfermait, il paraissait d'un rouge intense ; sa saveur et urineuse et désagréable.

On a préparé du sirop de violettes avec Pim, le si> de sucre et une solution d'indigo. Ce sirop est reconnaissa! en ce qu'il no verdit pas par les alcalis et en ce qu'il ne se * lorc pas en rouge violet par les acides.

C) Étuonê de rcxirôinc hou marché auquel le sirop de violelies livré à Londres, M. Fréd. Kcndall sVsl procure douze êchauiillous ce sirop, vendus à Londres el h Manchester. Aucun d'eux n'offrail caraclères cxiérieurs et les propriélés chimiques du véritable siro|» violettes. Il y en avait de verts, de pourpres, de violets, quelquesuiéuie étaient pres(|ue entièremeut décoloré.s. Deux de ces siroits, C tenient colorés en bleu, ne viraient pas au rosige par les acides, ni vert par les alcalis à chaud ; Tacide nitrique les détri.'isait. Ils ava» été (olorés, Tun avec Tindigo; l'autre, avec une dissolution sulfuri* d'indigo. Un seul échantillon contenait du sirop de chou rouge; autre^ du sirop de co(iuelicot. £n(in, sept d'entre eux n'étaient quesirop de pensées; ils verdissaient par les alcalis^ mais n'oflfraieotaufl des caractères physiques du sirop de violettes.

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