SOUDES
d'être mélangées ; Texamen microscopique des sons contenant ces mélanges, la calcination et l'incinération de ces produits, faites comparativement avec pareilles opérations sur du son pur, peuvent servir à reconnaître la fraude.
En 1856, les sieurs L..., garçon boulanger, T... , charpentier, et L..., ancien loueur de voitures^ qui avaient monté à Gentilly une fabrique de fleurage, furent condamnés parle tribunal correctionnel (7* chambre) : le premier, à six mois de prison ; le second, à quatre mois; le troisième^ à trois mois; et chacun à 50 fr. d'amende, poux avoir vendu, à bas prix, aux boulangers, du fleurage qui consistait, d'après nos recherches, en un mélange de sable ou de terrCy de iciwe de bois et d'une petite quantité de /t^i//e.
Peu de temps après, la femme de L... fut condamnée pai^ le même tribunal à trois mois de prison et 50 fr. d'amende^ pour avoir vendu à un boulanger 204 kilogrammes de fleurage falsifié.
80UDB8.
Sous le nom de soudes on comprend, comme pour les ^jwtasses, les soudes du commerce et les soudes caustiques^ ^mIû chaux ou à Valcool.
1*» Soudes du commerce.
Les soudes du commerce se distinguent en soudes bi^^Ues^ naturelles ou artificielles , et en sel de soude cristallisé.
Les soudes naturelles sont des carbonates de soude impurs, résidus de l'incinération de certaines plantes venues sur les bords de la mer ou dans des terrains salés; on les extrait aussi en Egypte, en Hongrie, en Amérique, après Tévaporation spontanée de petits lacs d'eaux alcalines salées. Ces soudes naturelles portent le nom de 7iatron, et sont formées desesquicarbonate de soude, de sel marin, de sulfate de soude el de quelques centièmes de matières insolubles. Le natron est gris brun sale ; il est en masse boursouflée ; sa cassure est gris^^
SOUDES. 4SI
et grenue; il jouit d'une légère transparence; mis sur les cbarbons ardents, il devient opaque.
Les soudes naturelles portent le nom du lieu de leur extraction. Les principales espèces sont les suivantes :
La $ovde (TAHcontej connue sous le nom de barille (*]. Il y en a de trois sortes : la première , désignée sous les noms de sott(fe dAlicante douce^ barille douce, soude de première quaRté^ est d'une couleur cendrée, en masse assez bien fondue ; sa couleur est semblable à celle des scories de soufre ; la seconde, ou barille mélangée, est d'une couleur noirâtre^ remplie de boursouflures dans Tintérieur, très-dure et à cassure nette ; la troisième, nommée bourde^ contient beaucoup de sel marin et de charbons légers , qui viennent flotter à la surface de Feau dans laquelle on la dissout. Ces trois espèces ^e soude d'Alicante contiennent de 25 à 40 7o de sous-car- '^nate de soude pur.
Parmi les soudes d'Espagne, qui sont en général très-esti- ^ées dans le commerce, il y a la soude de Malaga ; la soude ^f Carthagène, ressemblant à la barille mélangée , et supé- ^^Ute à la soude bourde.
Ia soude de Ténériffe est fournie, dans l'tle de ce nom, par ^® fnesembrianthemum cristallinwn (ficoïdées). n y a trois espèces de soudes françaises : V La soude de Narbonne, ou salicor, extraite du salicomia ^niMï, plante cultivée aux environs de Narbonne. Cette ^Ude contient 14 ou 15 <*/o de carbonate de soude.
2» La sotide (f Aiguës- Mortes, ou blanquette^ fournie par le •o/icomtô europœa, le salsola tragus, Vatriplex portulacoïdes, ^ sûlsola haliy le statice limonium, de la famille des chénopo- ^^. On la prépare sur les bords de la Méditerranée, entre ^ontignan et Aigues-Mortes. Elle ne contient que de 4 à *0 •/, de carbonate de soude pur.
3* La soude de varechs, ou soude de Normandie^ de Cher- *o«ry, est le produit de Tincinération des varechs {}), qui se
\}) La hariUe est une plante cnlliTée sur les côtes d'Espagne ; elle ^ODneles soudes d* A licante^ de Malaga, de Garibagèoe.
n Farfcft , varec ou varech est le nom vulgaire que l'on donne aux ^^cas, algues marines (ou goéfmon)^ Jetés sur le rivage. Ces plantes ser- ^Ht aussi à fumer les terres.
SOUDES
fait sur les côtes du département de la Manche. On peut dira que c'est à tort que ce produit est désigné sous le nom de soude ; il n'en contient qu'une tràs-faible proportion ; c'est plutôt une matière à potasse. Les soudes ou sels de varechs renferment environ : carbonate de soude, 0,02; chlorures de sodium et de potassium, sulfates dépotasse et de soude, iodure de potassium, de 33 à 75 ; carbonate de ehaux^ o^oysulfure de calcium, pfiosphates de chaux et de magnésie y ^ilice, charbon, etc., de 42 à 67 (i).
Les soudes brutes naturelles sont loin, d'ailleurs, d'avoir une composition constante.
î^s soudes brutes artificielles sont fabriquées, d'après le procédé de Leblanc et Dizé, en décomposant, à une température élevée, un mélange, en proportions convenables, de sulfate de soude, de carbonate de chaux (craie) et de poussier de charbon Cette soude brute contient du sel marin, du sulfate de soude, des matières étrangères insolubles (oxjfsulfur^ de calcium, carbonate de chaux, charbon, matièm argileuse^^ et sableuses).
{*) D'après M. Girariin, de Rouen, les résuluts d'analyse de qoc^ | ques échantillons de ces produits sont led suivanU:
Eau
Sulfate de potasse... .
Chlorure de potassium
Sel marin
Carlwnaie de soude.., Matières insolubles. .
lodures solubles
SOUDRS. 493
Voiet, d'afoèt M. Ungety la composition d'une soude brute, pioyeiiaiil de la fabrique de Ringkuhl, près de Cassel :
Solfale de scmde 1,
Chlonire de sodiDin 2,54
Cirboaaie de soade S3,57
Hjdraie de sonde 11, 1S
Cirboiuie de ehaoi li,90
Sulfere de calciom besique. . . 3 (,76
Soiroredefer a,i5
Silicate de magnésie i.7i
Charbon 1,59
StMe ft,et
Eau S,10
U soude brute raffinée sert à la préparation du carbonate soude cristallisé, connu aussi sous les noms de sel de wwfc, cristaux de soude. Ce sel cristallise en prismes rhom- ^ïdaux ou en pyramides quadrangulaires à sommets tronî^és, et appliqués base à base. Sa saveur est acre et alcade; il verdit fortement le sirop de violettes, et ramène au Weu le papier de tournesol rougi. Il s'effleurit à Tair, en per- <lant de Teau de cristallisation ; il éprouve la fusion aqueuse ^l la fusion ignée, sans décomposition. Il est soluble dans ^'cau, insoluble dans l'alcool. 10 grammes de carbonate sec et Posent saturés par 988'',94 d'acide sulfurique kW (Vau-
Usages. — La soude brute est, pour la plus grande partie, destinée à la préparation du sel de soude, du bicarbonate de ^ude, des borax, des laques, de la lessive caustique usuelle; * ^ fabrication des savons durs et résineux (*), des potasses
(') Pour coniracler la |iàie du savuu, ou emploie des soudes taléu, ^^M-dire dans lesquelles on a laissé à dessein beaucoup de sel marin '^^^ décomiiosé.
Voici la composition de quelques-unes d'enlre elles, d'après M. Gi- ''••'*•••, de Rouen :
Eau 1,00 1,00
Carbonate de soude 83,89 16,94
Chlorure de sodium 46,90 i3,9l
Oiysulfnre de calcium 80,41 52,15
Charbon et sable 8,40 6,00
ToUux 100,00 100,00
424 SOUDK8.
factices ; au blanchissage du linge ; à la fabrication des Terres à vitres, des glaces^ de la gobeleterie, des crown*^as8, des bouteilles en verre brun verdâlre. On emploie aussi la soude à la préparation des chlorures désinfectants (liqueur de Labarraque), de l'eau seconde; au dégraissage des laines, à l'épuration des eaux sélénitcuse^. La soude de Narbonne est employée pour la fabrication du verre vert ou chambourin(^). Les soudes de varechs servent à Textraction de l'iode, de riodure de potassium et du brome.
Falsifications. — On a signalé, dans le commerce, du carbonate de soude cristallisé, falsifié par le sulfate de soude. Pour s'assurer de cette fraude^ on réduit en poudre quelques grammes de soude suspecte, et on les traite par l'acide acétique pur, jusqu'à la cessation d'effervescence, on décante et ou lave avec une autre portion d'acide ; le sel non dissous est du sulfate de soude, qui est séché et pesé, afin de connaître la proportion dans laquelle il a été môle au carbonate; car on sait que les sels de soude contiennent souvent des traces de sulfate.
La présence du sulfate de soude dans le carbonate peuL^ être constatée aussi en versant dans la solution de ce demie^Kdu nitrate de baryte ou du chlorure de baryum : il se form^ un précipité blanc, entièrement soluble dans Tacide tartriqu» si le sel est pur, et incomplètement soluble s'il contient dr sulfate.
On sassurc^ par un essai préalable, que la matière sur quelle l'acide acétique n'a pas eu d'action contenait réell ment de la soude.
Quant à l'essai des soudes, il se fait de la môme mani^ :jre que celui des potasses ( Voy. art. Potasses); seulement h quantité équivalente de soude pure est de 38',185 (>).
0) Il est livré annueltemenl au commerce ou à rindustrleTO millions (le kilogrammes de soude biule, ou leur êquivaleiii eu sels de souJo-
(*) L«; liiiage des soudes factices s'est fait jus(|u*îci à froid , |»*' la méiliode de Descroizillcs ; mais, en I8r»4, un fabricanl livra senties dans le liirayedes<|uelles il fit inlervenir Taclion de la chalC"»' Les acheteurs essayèrent ces sondes par la méihode à froid, et obli rent un titrage inférieur de tieu/* degrés à celui dont un était coove>^ * La livr.ii8on mnni.iiii ù 150 000 kilogrammes^ celte diOerencc de lî * '
SOUDKS. 425
De plus, quaod on opère sur des soudes brutes, on s'assure préalablement^ au moyen d'un acide, qu elles ne contiennent ni sulfures ni sulfites; autrement ceux-ci, saturant une portion de Facide d'épreuve, seraient calculés à tort comme matière utile. Dans le cas où les soudes en contiendraient, Welter et Gay^-Lmsac ont indiqué de les calciner avec une quantité de chlorate de potasse suffisante pour changer les sulfites et les sulfures en sulfates.
MM. Barreswil et Riess ont employé, pour déterminer la causticité des sels de soude, un procédé qui repose sur les réactions chimiques suivantes :
1^ Si Ton verse dans une dissolution de carbonate de soude un excès de chlorure de baryum, la liqueur filtrée n'est pas troublée par Tacide carbonique.
2<* Si dans une solution neutre de chlorure de baryum on verse une petite quantité d'alcali, la liqueur filtrée est troublée par Tacide carbonique.
On dose donc la baryte, éliminée du chlorure de baryum, par Talcali caustique renfermé dans le sel de soude ; on pèse 10 grammes de la soude à essayer, qu'on fait dissoudre dans l'eau; on ajoute à la dissolution 25 grammes de chlorure de fcaryum en solutiqu bien neutre, et on fait traverser la liqueur filtrée par un courant d'acide carbonique ; elle est portée à Tébullition, puis le précipité est recueilli, lavé et séché. A 1 équivalent de carbonate de baryte correspond 1 équivalent de soude caustique.
La présence d une quantité notable de sel marin (chlorure de sodium) dans le carbonate de soucie se constate par la décrépitation que le sel produit sur les charbons ardents^ ou ^n par une addition d'acide sulfurique, qui en dégage im
^'■UrDa entre les parties des contestations, d'où résulta un procès devant '® tribunal de commerce de la Seine, qui donna gain de cause au fa- .^cant de soude. De telle sorte que le chimiste, appelé aujourd'hui à '^>^r ane soude factice, doit demander préalablement au client si le ^^^dge sera exécuté à froid ou à cliaud ; Attendu, dit le tribunal, « que
* ^^usage entre vendeur et acheteur est de prendre tout le temps né- ^^essaire pour fondre la soude jusqu'à sa dissolution, afin d'en tirer la
* Vitalité do ralcali qu'elle contient, et d'arriver ainsi à un titrage
426 SOUFRK.
mélaDge de gaz acide carbonique et de gaz chlorhydriqiie ; ce dernier est rendu apparent par les fumées épaisses qa'il répand à l'approche d'une baguette de verre ou d'un papier imprégné d'ammoniaque.
2'» Soude caustique.
La soude caastique ou protoxyde de sodium se trcave à rétat d'hydrate ; dans le commerce, on en distingue deux sortes : la soude à la chaux et la soude à Valcool ou hydrate de soude dur. Cet alcali est solide, blanc^ cassant, très-caustique; exposé à Tair^ il so liquéfie d'abord^ puis plus tard s'effleurit en une poudre blanche formée de carbonate de soude. L*eau le dissout en toutes proportions; il est également soluble dans Talcool.
Usages. — La soude caustique sert aux mêmes usages que la potasse. La soude caustique liquide, dite lessive des savonniers^ est employée par les parfumeurs pour fabriquer leurs savons solides et transparents. Les pharmaciens s'en servent pour préparer le savon médicinal.
Altérations. — La soude caustique est sujette aux mêmes altérations que la potasse caustique ; nous renvoyons donc à ce qui a été dit à l'article Potasses, p. 260.
Ce métalloïde, dont la présence a été constatée dans les trois règnes de la nature, se trouve particulièrement, à Tétât natifs dans le règne minéral, dans les terrains argileux, dam les terrains marneux , salifères, crétacés , avec la chaux sulfatée; dans les terrains volcaniques, en beaux octaèdres allongés à base rhombe, translucides, sur la strontianc sulfatée; on -le trouve le plus souvent à Tétat amorphe, eo masses opaques plus ou moins volumineuses, pur ou mélangé de matières terreuses, en dépôts considérables qu'on appelle solfatares, et qui se trouvent près des ouvertures des volcans en activité, et à la proximité des cratères des volcans éteints. Le soufre qui, eu France, alimente la plupart de nos fabri-
souraic. 4i7
ques, TÎaul de Poziiiob (Pooizoles), près dû Naplas; Im solfatares ou souùières naturelles les plus importantes sont ensuite celles de Sicile (environs de TEtna), d Ancône, de Télamone en Toscane, d'Islande, de la Guadeloupe (*).
Le soufre a une couleur jaune citron; il est fragile, facile à pulvériser ; il acquiert une légère odeur par le &t>ttenient, et développe abrs de l'électricité négative; il est très-mauvais conducteur de Télectricité, de la chaleur : aussi celle de la main soffit-elle pour briser un canon de soufre avec brait. Sa densité est 2,087 {Leroytr et Dumas). D fond vers IO80* ou 111^; il est alors liquide, d'un jaune clair transparent, et conserve ces caractères jusqu'à ce qu'il ait acquis une température supérieure à lAO^; hil60^y il commence à s'épaisnir, devient rougefttre, et, si Ton continue à chaufifer, de 200<m à 250^^ il acquiert une telle consistance, qu'on peut retour* ner le vase dans lequel il est contenu, sans que le soufre ainsi fondu puisse couler; dans cet état, on remarque qu'il a une couleur brune ; au delà de 2b0^^, il perd cette teinte, et reprend sa liquidité. Si, lorsqu il est chauffé de 350o« à 400»^, on le jette dans l'eau, il affecte la forme d'une masse brune et pâteuse, molle, élastique, susceptible de se réduire en ûls très-minces; il ne reprend sa couleur et sa solidité qu'après on certain laps de temps. On profite de cette propriété du soufre, de rester mou pendant quelque temps, pour prendre des empreintes de médailles, qui durcissent à l'air. Le point
[') Il y a quelques années, une cumpagnie anglo-française avait conçu Tespoir d*evploUer des mfnes de soufre qui se trouvent dans la régence d« Tripoli, auK environs de Linouf, Mouilla et Brega; mais l'autorité locale s*oppo6a à cette exploitaiioa ei accorda à la compagnie une in- (lenoilé pécuniaire, qui ne pouvait êlre équivalente auv résultais qu'on avait le droit d'attendre de cette exploitation. Ce soufre ne paraît pas avoir une origine volcanique, puisquMl se trouve avtc du sulfate de soude dans un terrain salifèrc. ; il n'aurait exigé que peu de travaux atanl d*ètre expédié en France.
Od trouve dans le commerce, mais rarement, du soufre provenant de i'esploitation de quelques sulfures. Cette opération n'est économique que dans certaines localités et ne peut être proliiable que dans ies cas exceptionnels. Ainsi elle a été perfectionnée et utilement pratiquée par Darliguês, lorsque, durant la révolution de 1798, la France nu pouvait plus tirer le soufre de la Sicile.
d'ébuUition du soufre n'est pas encore bien eiactement déterminé : il est à 31 G^" (Dumas), vers 400^ (BerzéUus), k 420« {Baudrimont), à 400<> ( Thénard). Il se contracte considérablement en se solidifiant. Le soufre en ébullition se transforme en une vapeur jaune orangé ou d'un brun rougeftire, qui se maintient à cette température; plusieurs métaux peuvent brûler dans ce gaz comme dans l'oxygène. La densité de la vapeur de soufre est 6,617 (Dumas). Le soufre est insoluble dans Teau, soluble dans les huiles fixes et volatiles; ralcool et l'éther en dissolvent très-peu.
Le soufre chauffé au contact de Pair et, à plus forte raison, du gaz oxygèiie, prend feu à IbO^ environ, et brûle avec une flamme bleue, en répandant des vapeurs d*acide sulfureux, contenant des traces d'acide sulfurique, et parfois des acides hyposulfurique et hyposulfureux.
Dans le conunerce^ le soufre se trouve sous trois états : brut ou en masses, en canons^ en fleurs ou en poudre obtenue par sublimation.
On prépare aussi, en pharmacie, du soufre très-divisé, par voie de précipitation, et connu sous le nom de magistère de soufre ou soufre précipité. Il est jaune grisâtre, odorant, et contient en combinaison une certaine quantité d'hydrogène sulfuré. Vu au microscope, il se présente sous la forme de petits globules opaques qui n'ont aucune apparence i^ristalline.
Usages. — Le soufre est très-employé dans les arts(«). On s'en sort pour fabriquer les acides sulfurique, sulfureux; le sulfure de carbone ; les poudres de guerre, de chasse, de mine ; le cinabre ; le caoutchouc volcanisé ; pour sceller le fer dans la pierre ; pour faire différents luts et mastics (mastic de fonte) ; pour prendre des empreintes do médailles, de cachets ; pour la confection des allumettes, des mèches soufirées;
(i) Le soufre élant la base de la fabrication de Pacide sulfurique, qui est d'un emploi si important dans lesaru [Voy. 1. 1, p.ii), on peut dire que la consommation de ce métalloïde donne la mesure de IVlat ou de rîmporlance de la chimie industrielle cht'Z les peupli'S.
En France, la consommation du soufre, qui était, en 1820, de 6 790000 kilogrammes, a atteint, en 1846, le chiffre presque quadruple de M millions de kilogrammes.
SOUFRl^. 420
pour le blanchiment de la soie, de la laine, de la paille, des sparleries, des intestins insufflés, des cordes de boyau dites harmoniques, de richthyocolle, etc. En pharmacie, on le fait ^trer dans la préparation d'un très-grand nombre de médicaments sulfurés, de pommades, opiats, poudres, etc. (M.
Altérations.— Le soufre livré au commerce en masses ou morceaux irréguliers pour la fabrication de Tacide sulfurique, du soufre en canon, ou du soufre sublimé (fleurs de soufre), peut Atre plus ou moins pur^ plus ou moins mélangé de matièrts terreuses (sulfate et carbonate de chaux ^ silice, alumine^ magnésie, oxyde de fer). Des soufres prélevés sur les ports de Paris et de Rouen, et que nous avons essayés, contenaient de 2 à 12^/0 de matières étrangères fiies, qu'on peut en séparer par la distillation ou par la sublimation.
Le plus ou moins de pureté du soufre est d'une assez grande importance dans les fabriques^ puisque plus le soufre que Ton brûle est pur^ plus on obtient d'acide sulfurique, et cela sans augmentation de dépense dans la main-d'œuvre.
On reconnaît l'impureté du soufre en chauffant, dans un creuset, un poids donné de cette substance. Le soufre se volatilise en laissant pour résidu les substances étrangères fixes qu'il contient. Le poids de ces matières fait connaître le degré d'impureté du soufre examiné (^).
Qn peut aussi distiller le soufre dans une cornue ; l'opération terminée, on coupe la panse de la cornue et on détache lo résidu, dont on détermine le poids.
Un bon moyen dressai consiste à doser le soufre directement. On prend 2 grammes, par exemple, du soufre à essayer, on le réduit en poudre fine, et on le dissout dans une Solution chaude de potasse ou de soude. Dans cette liqueur alcaline portée à la température de 50^ à 60", on fait arriver du chlore, jusqu'à ce que, de jaune ou brune qu'elle était,
(t) Le magistère île soufre parait èlre beaucoup plus actif que le Soufre sublimé.
(*) Nous avons vu des soufres qui laissaient dans le creuset une manière lise qu'oD ne pouvait en délacticr; dans ce cas, nous opérions sur XO grammes, en nous servant d'un creuset de porcelaine pesé d'avance: le poids du creuset, pris après Topération, faisait connaître la quantité fie matières Aies laissées par le soufre.
elle soit complètement décolorée ; la liqueur renferme alors tout le soufre k Tétat d'acide sulfurique combiné à l'alcali ; on y verse un petit excès d'acide chlorhydrique, on chauffe jusqu'à la comfilète décomposition du chlorate de potasse, et on ajoute du chlorure de barytim, qui précipite Tacide sulfurique à l'état de sulfate de baryte. On conclut du poids de ce dernier la proportion d'acide sulfurique, et par suite celle du soufre (Rivot, Beudant et Daguin),
On nous a fait connaître que des soufres transportés par eau étaient quelquefois mouillés^ pour cacher un déficit dû à renlèvement frauduldût d'tine certaine quantité de soufre.
n est très-facile de déterminer la quantité d'eau, au moyen d'une double pesée faite avant et après la dessiccation d'un certain poids de soufre porté à 100"«.
Le soufre^ selon Haknemann, Westrumb, Richter^ contient quelquefois de Varsenic. Nous n'en avons pas trouvé dans des soufres tirés de la Sicile ou de l'Afrique ; mais nous avons constaté sa présence dans du soufre acheté h Strasbourg^ que l'on disait provenir de l'exploitation des pjrriles. On conçoit qu'un soufre arsenifère ne peut être employé par les phar* maciens (»). Quelques auteurs ont avancé, il est vrai, que 1 soufre qui contenait de l'arsenic se décelait par une coUl jaune, se rapprochant plus ou moins de celle de l'orpiment ^ mais nous avons été à même de constater l'inexactitude d cette assertion, carie soufre arsenical que nous avons eu examiner n'offrait aucune différence pour sa couleur avec 1 soufre pur. Ehermayer avait déjà émis un avis semblable, ca il dit : cr Lorsque le soufre ne contient qu'une très-petite qua « tité d'arsonic, sa couleur n'en est pas altérée, et c'est le « ordinaire. »
Divers procédés ont été indiqués pour reconnaître le soufi arsenical. Hahnemann faisait fondre à un feu modéré 1 pa> tie du soufre supposé arsenical avec 2 parties de potasse pur* il pulvérisait la matière encore chaude et la faisait dissoucL dans 10 fois son poids d'eau bouillante ; la dissolution et filtrée à chaud et abandonnée à l'air libre, jusqu'à ce q^
(1) Lo soufre non arienifèro est prilêrablo aussi pour la fiibricaà.'B
(le Tacide Milfuriqiie.
toate odeur sulfureuse fût dissipée ; il séparait alors le dépôt qni s'était formé et le faisait sécher. Si ce dernier, projeté sur des charbonsi brûlait en répandant une odeur alliacée, 00 en concluait que le soufre essayé contenait de Tarsenic.
Wesirumb prend 50 parties de soufre suspecté, 60 parties d'acide nitrique, 40 parties d'acide hydrochlorique, 90 parties d'ettt} il porte à l'ébuUition, sépare le liquide, lave le résidu avec de Teau distillée ; le liquide et Teau de lavage réunis sont concentrés par évaporalion. Une baguette de zinc ttt plongée dans ce liquide ; si le soufre essayé contient de itrsenic, le zinc se recouvre de paillettes métalliques, d'un ooir ou gris de plomb, qui se volatilisent par l'action de Iftdialear, en répandant une odeur alliacée.
D'autres auteurs traitent le soufre par Tacido chlorhydrique presque concentré.
JUcàter conseille de brûler 1 partie de soufre avec 4 ou 5 P^trties de nitrate de potasse ; le résidu, dissous dans Teau ^UstiUée, est saturé par Tacide sulfuriqueet additionné de ni- ^ate d'argent en solution. Si le soufre examiné est arsenifère^ *' se forme un précipité rouge brique d'arséniato d'argent.
Le procédé de Sichter est encore suivi, mais, au lieu d'em- Ptojer le nitrate d'argent, on se sert de l'appareil de Marsh Pour reconnaître la présence de l'arsenic. A cet effet, on sat^Ure à chaud, par Tacide sulfurique en excès, la solution du ''^idu de la déflagration ; on concentre les liquides et on les introduit dans l'appareil de Marsh.
Smy^nX Geiger eK Reimnnn, on peut reconnaître des traces
d'arsenic dans le soufre, parle procédé suivant: faire digérer
Quelque temps le soufre en poudre dans de l'ammoniaque
liquide; filtrer, traiter par l'acide chlorhydrique en excès ; un
précipité jaune indique la présence de l'arsenic.
Le moyen le plus simple consiste à prendre le soufre réduit en poudre, à le traiter par l'acide sulfurique à 66^, à faire chauffer, laisser refroidir, étendre l'acide d'eau, filtrer et
introduire dans un appareil de Marsh fonctionnant à blanc : si le soufre ne contient pas d'arsenic, il n'y a pas production de taches par la combustion du gaz hydrogène ; dans le cas ^nlraire, on en obtient un plus ou moins grand nombre. Ce dernier moyen est plus simple et plus facile à exécuter.
Le soufre provenant des pyrites, celui de Fahlun, par exemple, contient quelquefois du s^/^ttim. On reconnaît que le soufre est sélénifère, en le chauffant avec du peroxyde de manganèse dans une cornue de grès, et en dissolvant dans Feau le gaz qui s'en dégage ; on agite ensuite cette solution avec du peroxyde de manganèse : Todeur d'acide sulfureux disparaît, et le liquide répand une forte odeur de radis ou de raifort, si le soufre renferme seulement une trace de sélénium [Ebelmen).
La fleur de soufre, employée dans les préparations pharmaceutiques, doit être débarrassée de V acide sulfurique et du sulfate d'ammoniaque qu'elle contient. L'acide sulfuhque provient de l'action de Tair humide sur Tacide sulfureux resté adhérent aux particules soufrées pendant la sublimation du soufre. La fleur de soufre du commerce rougit fortement la teinture de tournesol. Pour les besoins de la pharmacie, on lui enlève cet acide sulfurique par un lavage à Feau distillée chaude^ continué jusqu'à ce que l'eau de lavage ne rougisse i plus le papier bleu de tournesol et ne précipite plus parler chlorure de baryum.
On reconnaît que le soufre contient du sulfate d'ammo— niaquc, en faisant évaporer la première eau de lavage et ecK traitant par la potasse, qui met eu liberté Tammoniaque, doDK^ on constate la présence, soit par Todeur, soit par les acides^
Le soufre lavé sert à préparer les pastilles de soufre et ce»- s tains médicaments; il entre dans quelques émollients. S""^ n'était pas lavé, le soufre fournirait des pastilles qui attira raient Thumidité de Tair et s'altéreraient; il pourrait co^h gulerles émulsions(*).
Le magistère de soufre a été mêlé do sulfate de chaux ;
de craie (carbonate de chaux), de silice, d'alumine, de mag^^^ sie, d'écaillés dhuîtres porphyrisées, enfin d'amidon.
Le soufre mêlé de sulfate de chaux, de carbonate decha'^Ji, d'écaillés d'huîtres^ de silice, d'alumine, de magnésie, souzzzà
(•) Ehermayer dil qu'on a falsifie lo soufre sublimé avec de la /Su Ce fait nous paraît très-douteux. 11 sérail d'ailleurs très-facile de reconnaître la fraude.
(*) Aux Kiais-Unis, on a vendu, en 1847, du soufre prôcipilé conïe-
ntul de 80 à 95 % de sulfate de chaux.
SPIGÉLIE. 4M
à laction de la chaleur dans un creuset, se volatilise en laissant pour résidu les matières fixes qui lui avaient été ajoutées. Si Ton en a pris une certaine quantité et qu'on pèse le résidu, on voit dans quelles proportions le mélange avait été ùdt; pois on recherche quelle est la nature du résidu.
Le soufre précipité môle d'amidon, soumis à la calcination dans un creuset, fournit des produits volatils résultant de la décomposition partielle de Famidon, et un résidu charbonneux; on peut, à Taide de la chaleur, dissoudre dans Teau une partie de Tanûdon, dont la présence est décelée par Veau iodée.
Lorsqu'il a été mal lavé, le soufre précipité a une saveur saline, une odeur très-marquée d'hydrogène sulfuré.
SFXGI^XB.
lAfpigélieantkelminthique, spigelia anthelmia (gentianées), <^tt naturellement aux Antilles, au Brésil, à la Martinique^ ^ dans d'autres lies du nouveau monde.
Depuis nombre d'années, on fait usage, en Europe, de cette
plante comme vermifuge. Mais, d'après les observations de
^' Rigùut-'Verbert, ce n'est point la spigelia anthelmia, mais
^ien la spigelia marylandica qui nous est expédiée d'Améri-
^e: on y mêle aussi le zinnia multiflora (brésine).
Les caractères distinctifs de ces plantes sont les suivants : La spigelia anthelmia est une plante annuelle, à racines '^çanles, fibreuses, noires. Tige glabre, cylindrique, striée, l^Tesque simple, quelquefois ramifiée à l'aisselle des fleurs ^^férieures. Feuilles sessiles, opposées, aiguës; quatre feuilles ^flipleset disposées en croix terminent les tiges et les ra- ^^eaux ; elles sont souvent plus grandes que les inférieures, ^enrs sortant du centre des feuilles supérieures, terminales, ^ficiformes ; épis médiocrement ramifiés à leur base et un peu ^1^; les fleurs ne sont pas tout à fait sessiles, mais presque unilatérales; saveur acre.
La spigelia marylandica est une plante à racines vivaces, ^enues^ grises^ semblables à celles de la serpentaire de Yir-
T. n. 'is