‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales (volume 5)Chapitre 25 sur 109 · NITBATfi DB SOUDE · texte numérisé non relu

NITBATfi DB SOUDE

Nitrate desoude 94^91

Chlorure de sodium 1,990

Eau 1,998

Sulfate de potasse 0,239

Nitrate de potasse 0,426

Nitrate de magnésie 0,868

Résidu et eau 0,203

Usages. — Le nitrate de soude sert, dans les arts, à la fabrication de Tacide nitrique, à celle du salpêtre et de l'acide sulfurique. Ses usages tendent à s'accroître à cause de son bon marché, et de la plus grande quantité diacide nitrique qu'il fournit (1).

Altérations. — D'après l'analyse que nous venons de citer, on voit que le nitrate de soude peut renfermer des chlorures et sulfates à même base, du chlorure de calcium^ du sulfate de chaux f des nitrates et sulfates de potasse, du nitrate de magnésie. Il en résulte que si la solution aqueuse de nitrate de soude précipite par le chlorure de baryum ou par le nitrate de baryte (â), elle contient des sulfates. Les chlorures sont décelés par le précipité qu'y forme le nitrate d'argent ; la chaux, parl'oxalate d'ammoniaque ; la magnésie, parle phosphate de soude ammoniacal ; la potasse, par le chlorure de platine.

H. Lembert a constaté la présence de Yiodek Tétai d'iodure, et surtout à'iodate de soude^ dans le nitrate de soude na* turel (3) ; la présence de ce corps est décelée en pilant et

(1) Dans les fabriques, 100 de nitrate de potasse donnent 100 d'acide nitrique à 36o, tandis que 100 de nitrate de soude produisent 115 d'acide au même degré.

(1) M. F. Parisot a rencontré des nitrates de soude renfermant 6 à 6 o/o et même 20 ^/o de sels de Varech, qui y introduisent des iodures.

Nous a^ons examiné les premiers échantillons de nitrate de soude expédiés à Paris, et pris à Tadministration des douanes ; ils ne contenaient pas d^iode.

(8) On pourra se servir de liqueurs titrées ; ainsi, en dissolvant iOf'fiZt de nitrate de baryte dans l kil. d'eau distillée, on aura un liquide dont chaque centiro. cube représentera Os^-yOl de suUate de soude cristallisé; STs^-yllO de nitrate d'argent dissous dans 1 litre d'eau distillée précipiteront tout le chlore du chlorure de sodium. On pourra aussi employer le mode d'essai indiqué par M. Pelouze, (V. art. Nitrate de potasse.)

laTant le Ditrate avec Tean distillée; le liquide ffitré el légèrement amidonné, additionné d'acide sulfureux, puis d'acide sulfurique, acquiert la coloration bleue caractéristique.

Le nitrate de soude peut aussi contenir de Varsenic. En le décomposant par Tacide sulfurique, et introduisant le liquide dans un appareil de Marsh, fonctionnant à blanc, on aura, s*il y a de Tarsenic, des taches et un anneau sur lesquels oui pourra s'assurer de la présence de ce corps. \

Les bassines de cuivre servant à la préparation du nitrate artificiel peuvent introduire un peu de ce métal. La présence en sera constatée par Fammoniaque, le cyanure jaune.

. On a ajouté au noir animal en grains, soit neuf, soit révi* vlfié, de Veau aiguisée diacide sulfurique, marquant S° à Taréomètre, dans la proportion de SO p. de ce liquide pour 100 p. de noir. Cette addition, faite dans le but d'augmenter le poids, par suite de Veau que retient le sulfate de chaux (plâtre), qui résulte de l'action de Tacide sulfurique sur le carbonate de chaux des os, constitue une véritable fraude, une tromperie sur la nature de la marchandise, et le noir, ainsi adultéré, n'est ni loyal, ni marchand.

On reconnaîtrait cette addition en faisant bouillir le noir suspect avec de l'eau distillée ; le liquide filtré donnera avec Voxalate d'ammoniaque un abondant précipité blanc ; avec le chlorure de baryum, un précipité blanc, insoluble dans racide nitrique. (Y. Charbon animal.)

voxA n'jwa&âxs ov vonLSx BLArnirsaxx.

Le noir ou résidu de raffinerie est une masse noire, bleuâtre, dense, légèrement odorante. Il provient du noir d'os (neuf ou revivifié), employé, conjointement avec le sang^ pour clarifier le sucre brut dans les raffineries. On emploie pour 100 p. de sucre brut, 3 à 4 p. de noir en poudre, et on ajoute deux litres de sang à 8"» de Taréomètre.

La boue de noir résuhant de l'opération même de la clari* ,£cation est lavée à l'aide d'un courant de vapeur pour enlever le sirop qu'elle retient en vertu de sa porosité, puis on

92 NOIR d'engrais.

la jette sur un filtre, et si elle n'a plus de sayeur sucrée, on la soumet à la presse.

Jusqu'en 1820, Tindustrie ne tirait aucun parti de cette matière qui encombrait les environs des villes (Marseille, Nantes, le Havre, Paris, etc.), où se trouvent des raffineries de sucre.

A peu près à la même époque, M. Payen à Paris, M. F. Favre à Nantes, reconnurent, par l'expérience, que ce résidu pouvait être employé avantageusement comme engrais.

A la suite d'essais répétés, à Nantes, par HH. Rissel et Jolltn, et confirmés, à Paris, sous les auspices de MM. 5an- î

terre et Mallet^ les monceaux de noir dont les raffineurs ne savaient que faire furent bientôt accaparés par la spéculation, et, à partir de 1825, le noir de raffinerie fut employé comme un engrais très-puissant, principalement dans les départements de rOuest (1).

Déterré des fosses où il était accumulé, le noir de raffinerie expédié jsur les divers marchés français fut d'abord vendu 2 fr. rhectolitre; et son prix, s'élevant progressivement, atteignit enfin le chifi're de 12 et 14 fr., auquel le noir pur est encore vendu aujourd'hui.

La quantité de cette substance, extraite de provenances diverses, et consommée annuellement en France, peut être évalué à 12 millions de kilog. ou 126515 hectolitres (2).

Les chiffres suivants expriment les quantités de résidus de raffinerie expédiés, en France, de 1839 à 1845, par les sources

de production les plus importantes :

Années. Russie. Aatriche. Villes anséatiq.

1839 169,879 kil. » 3,609,538 kil.

1840 3,122,446 483,370 kil. 3,641,834

(1) L'emploi du noir de raffinerie prit môme une telle extension , que la production devint insuffisante. Aussi d'habiles manufacturiers ont^iU cherché à fabriquer un engrais semblable ou fort analogue {Noirs atiimaliiét).

(9) Le poids moyen de rhectolitre de noir résidu de raffinerie, humide, est de 95 kil.

NOIR d'engrais. 93

Dans les noirs envoyés par les villes anséatiqoes, les résidus de raffinerie de Prusse figurent pour une notable proportion, car ils sont en majeure partie expédiés en transit par Ham-bourg et la Hollande.

' Nantes et quelques villes de la Normandie, Caen notamment, sont les entrepôts les plus importants où sont dirigés les résidus de raffinerie (1).

Indépendamment de leur provenance et de leur composi-r tion chimique, les noirs résidus de raffinerie peuvent être classés, d*uue manière générale, en trois catégories bien distinctes : les noirs gros grain^ les noirs grain^ les noirs fins»

Les noirs gros grain se présentent presque toujours en fragments irréguliers» d'un volume quelquefois égal à celui d^une petite aveline. Leur couleur est terne. Us contiennent fort peu de matière organique, et proviennent généralement des fabriques de Russie et de F Amérique du Nord.

Les noirs grain, les plus usités dans la raffinerie, sont secs, rugueux comme le sable, et très-noirs (2). La presque totalité de cette sorte de noir arrivant à Nantes est vendue et consommée en Bretagne, en Normandie, et dans le département de la Mayenne. Les noirs grain ont une grande densité: rhectolitre pèse de 95 à 100 kilogrammes. 41s conviennent particulièrement pour les céréales.

Les noirs fins provenant de la clarification- sont chaînés, par conséquent, des principes coagulables du sang et d'une minime quantité de sucre, que le lavage le plus parfait ne

(1) Voici les quantités de ooir importées à Nantes dans une période de sept années.

Aan^i.

Prof enuces étruigéret.

ProT. frinfalMS.

Toid.

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