II
98 Nom d'engrais.
Du carbimate de chaux noirci^ si la combastion est lente, ayec un bible scintillement; si la fusion est difficile, le résidu est mamelonné, noirâtre, soluble presque en entier dans Facide chlorhydrique étendu. Les cendres sont blanches ; projetées dans Teau lorsqu'elles ont été chauffées au rouge, elles font entendre un bruit semblable à celui que produit Timmersien d*ttn fer rouge dans Teau froide (i).
Du terreau^ de la terre de marais^ de la terre arable, de la terre des Landes, la combustion est faible. On obtient un culot d'un rouge noirâtre, laissant, après le traitement acide, un abondant précipité terreux (2).
Les felsifications du noir de raffinerie par le sable et la brique pilée, sont trop grossières pour échapper à Toeil d'un observateur attentif. Il n*en est pas de même de l'addition du noir, de terres argileuses mêlées de substances organiques, puis calcinées ; elle ne pourrait se reconnaître que par une analyse quantitative.
De tout ce que nous venons de dire, il résulte que le noir de raffinerie, non ackilteré, brûle par le chlorate de potasse avec un léger scintillement, en donnant une fumée plus ou moins épaisse ; il fournit une cendre blanche, presque entièrement soluble dans les acides.
Le carbone et Tazote étant en quelque sorte la base de tous les engrais, plus ils en renferment, plus ils sont propres à produire une beUe végétation.
Dans le noir résidu de raffinerie, le principal agent nutritif de la végétation est le sang ( matière azotée ) qu'ils contiennent, et qui, mélangéau charbon, se décompose assez lentement pour permettre à la plante d'absorber et de s'assimiler les produits de sa fermentation. Le charbon, en effet, a la propriété de retarder la putréfiiction et d'absorber les gaz qn^elle développe. Il faut aussi tenir compte des composants minéraux, qui peuvent, suivant les sols et les cultures, augmenter la valeur de Tengrais.
(1) Ce mélange de noir et de chaux carbonatôe est doux au toucher, il noircit facilement les doigls; reddition d*un acide y détermine mie effervescence plus tumultueuse que de coutume.
(2) Ces dernières falsifications sont faciles à déceler par Tinspectlon â la loupe.
NOIR d'engrais. 99
Ainsi , dans le noir de raffinerie , les principes fertilisants les plus précieux sont Tazote et le phosphate de chaux. Sa valeur conunerciale sera donc fixée (piand on aura évalué sa richesse en aiote, et dosé les sels calcaires (pho^hate et carbonate de chaux) qu'il renferme.
On forme d'abord un échantillon commun, c'est--)Miire qu'on prend du noir dans plusieurs points de la masse, près de la surface, à la partie inférieure, au milieu, on mélange et on en extrait 10 à 15 gr., donton détermvae la quantité d'eau. On en incinère 1 ou 2 gr. pour déterminer la proportion- de matière minérale; puis on procède au dosage de Falote,, pour lequel on pourra employer Tun des procédés déjà indiquée àVart. Guano (T. l'' p. 411 et 412), ou mieux celui de M. Peligott qui donne rapidement des résultats exacts, et <^i est d'une pratique fort simple.
On prend un tube en fer, bouché à Tune de , ses extrémistes (1), de 0»,60 de longueur et de 0-,aiO h 0",013 de diamètre intérieur. A ce tube est adopté un bouchon dans lequel s'engage un petit tube courbé qui pl<»ige dans un flacon de lavage ou dans un tube à boules (V. piancheSy à la fin de ce volume),contenant 10 centimètres cubes de liqueur sulfurique normale. Celle-ci est composée de 1 litre d'eau et 61>'', 250 d'acide sulfurique bouilli; 10 centimètres cubes saturent S*'* 12 d'amoniaque et correspondent à 1^- , 75 d'azote.
On pèse exactement 1 gr. de l'engrais desséché dont on veut évaluer la richesse en azote. On le mêle peu à peu dans un mortier de, porcelaine sec et chaud avec de la chaux so* dée(2) . Ce mélange est introduit dans le tube, au moyen d'une feuille de cuivre pliée. Préalablement, le fond de ce tube a été garni avec quelques grammes d'acide oxalique qui, par sa décomposition ignée, doit, à la fin de l'opération, babyer les
(1) Les tubes en fer creux de M. GaMdillot conviennent parlHikensent pour cet usage.
j[2) La cbaux sodée s'obtient, soit en calcinant de Thydrate de soude concassé ou de la chaux en poudre, et pulvérisant le tout à chaud, soit en éteignant de la chaux vive avec une lessive de soude caustique, calci- 'nant le tout et le réduisant en poudre.
La chaux sodée so conserve, pour Tusage, dans un flacon bouché à rémeri.
100 NOIR d'engaais.
gnz contenus dans Tappareil. On rince parfaitement ie mortier avec de la chaux sodée, légèrement chauffée, on achève de remplir le tube avec cette substance, puis on ajoute^ dans la partie antérieure, quelques fragments de verre pilé, dest'més à former obstacle aux projections résultant d*une combustion trop prompte de la matière.
Le tube est placé sur une grille horizontale, le bouchon de liège qui y relie le tube courbé du flacon de lavage est protégé contre Taction de la chaleur par une éponge mouiUée, disposée en anneau autour de la partie antérieure du tube. On x^hauffe d'avant en arrière, en ayant soin dé maintenir au rouge sombre la chaux sodée. L'ammoniaque se dégage môle de carbure d'hydrogène et de matières empyreumatiques. La décomposition est terminée lorsque le gaz ne se dégage plus malgré Féiévation de température. L'appareil démonté, on procède au titrage de la liqueur sulfurique normale, opération qui a déjà été faite avant la combustion. La difiérence d'intensité acidimétrique sera en raison inverse de Tammoniaque absorbée, et, par conséquent, de la quantité d'azote contenue dans Tengrais.
Ce titrage s'effectue à l'aide d'une solution de saccharate de chaux (1), contenue dans une burette graduée en centim. cubes et 1(10 de c«nt. cubes. On sature la liqueur normale acide, étendue de quatre à cinq fois son volume, et colorée en rouge par quelques gouttes de teinture de tourne- .soi, qui indique le point de saturation par son virement au bleu au moment où l'alcali prédomine. Connaissant par un essai préalable la quantité de saccharate de chaux qui salure 40 centim. cubes de l'acide normal titré neuf^ on en aoustrait celle qu*bn trouve pour Tacide qui a reçu l'ammoniaque de la substance azotée, et on a, par une simple proportion, le volume de l'acide qui a été saturé par l'ammoniaque de l'engrais.
Supposons, par exemple, que 10 centim. cubes de la liqueur normale sulfurique saturés avant l'opération, ayant absorbé 81 *~-, 5 de saccharate, 10 centim. cubes de la
(t) Cette solution s^obtient en triturant de la chaux dans une solution chaude de Bucre, et flltrant la liqueur.
NOIR d'engrais. iOl
même liqueur^ après la combustion de i gr. d'engrais desséché, exigent 60 divisions poar leur point de saturation, la difiTérence sera 21,5, on posera : 8i,5 : 10 cent, cubes :: 21,5 : j: ; ^ étant le nombre de centim. cubes d'acide cor-
respondant à Fammouiaque absorbée, d'où x =• — '
=:2^<^64; mais <;omme 10 centim. cubes d'acide normal correspondent à O^s 175 d'azote, on posera la propor« tion :
lOc cuk. . op'.,176 :: 2«-«^-, M : a:
L'engrais renferme donc 46 millièmes d'azote (1).
Pour être fixé sur la valeur commerciale du noir de raffinerie, comme engrais, il faut encore doser son phosphate de chaux. MM. Moride et Bobierre ont indiqué, à cet effet, le procédé phosphatùmétrique suivant :
On dessèche le noir à 100<^ et on eu pèse 1 gr. que l'on incinère dans un creuset de platine. On ajoute à la cendre une
(1 ) Voici d'après MM. BowHngault et Payen, le titre de Taiote et les équivalents de plusieurs engrais dont la valeur se rapproche de celle du noir résidu; le type est le famiei* de ferme' qui contient, à Tétat normal, k pour 100 d'azote ; et sec, 19 %,&, il en fout lOOOO kii. pour la fumure d*un hectare, ce qui représente 40kil. d*asole; par conséquent, un engrais quelconque aura, à poids égal, une valeur d*autant plus grande quMl en faudra une quantité moindre pour représenter 40 k. d'azole; cette quantité est dite Viquivalent de Vengrais :