‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales (volume 5)Chapitre 46 sur 109 · I.Sàtgr · texte numérisé non relu

I.Sàtgr

D'après H. Pfaf, voici les résultats que donnent iOOO gr. des quinquinas dont les noms suivent :

Huanuco. dit Lima —

Pitaya {Guibourt)

Rouge .

Jaune royal, Calisaya. . .

Huanaties, dit Havane

Jaune Carihagène

Loia

Quinine.

Ginobonine

Ces résultats montrent qu'il y aurait beaucoup à faire pour avoir une idée de la composition exacte des quinquinas, et que souvent on ne connaît pas la valeur de Fécorce qu'on achète pour les préparations pharmaceutiques.

Comme nous Tavonsdit plus haut;. les quinquinas que Ton doit employer de préférence pour obtenir la quinine et le sulfate de quinine sont les quinquinas jaunes^ les gris doivent être réservés pour Fextraction de la cinchonine et de son sulfate.

/ Le pharmacien doit toujours n'acheter que des quinquinas dont les caractères sont bien déterminés ; il doit laisser de côté tous ceux qui peuvent présenter le moindre doute : les quinologtates sont souvent embarrassés pour se prononcer sur les quinquinas ; à plus forte raison, les pharmaciens. • Le pharmacien ne doit jamais acheter de quinquina en poudre, à moins qu'il ne soit parfaitement sûr de l'expédition, ou qu'il ne contrôle par l'analyse la valeur des poudres qu'on lui a fournies.

(1) La quioioe est très-difficile à en eitraire; elle est unie à une matière grasse particalière qui s^oppose à sa séparation.

Un fait qui démontre comment on fVaude les poudres de quinquinas, c*est que de certaines quantités de ces dernières ont été vendues à plus bas prix que le quinquina, malgré la la main-d'œuvre employée, et la perte, minime, il est vrai, provenant des déobets.

Les principaux caractères auxquels on peut reconnaître les écorces de quinquina sont les suivants :

Quinquina jaune royal ou calisaya. — Selon quelques naturalistes, cette écorce provient du -cinchona lancifolia, qui croit dans la province de la Paz; suivant d'autres, elle proviendrait du cinchona cardifolia. Les plus gros arbres qui les produisent atteignent à la bauteur de nos marronniers d'Inde, et leur tronc a souvent de 4<" à im,55 de diamètre.

Le quinquina jaune royal se compose d*écorces petites ou grosses, plates ou roulées, avec ou sans épiderme.

Dans les petites écorces, Tépiderme est gris argenté, as- ^ sez mince, très-rugueux, marqué de distance en distance de crevasses transversales, et souventtsbargé de licbens filamen-^ teux. Cet épiderme se détacbe par plaques^ et met à découvert une écorce intérieure épaisse d'environ 2 millim. (1 ligne), d'un brun jaunâtre à Textérieur, d'un jaune fauve au dedans, d'une saveur très-amère et un peu astringente. La i cassure de cette espèce, qai se trouve presque toujours en { morceaux roulés, est un peu résineuse près de Tépiderme et i très-fibreuse du côté qui adhérait à la branche.

Dans les grosses écorces , l'épiderme est extérieurement semblable à celui des petites, mais il est épais de 5 à 9 millim. (2 à 4 lignes), plus rugueux et plus profondément crevassé. L'écorce intérieure qu'il recouvre est plus épaisse, d'une texture plus fibreuse, d'une saveur aussi amère et plus astringente. Les fibres se séparent avec une grande facilité sous la dent, et ne présentent pas la résistance que l'on trouve dans les petites écorces, dont la texture est plus serrée.

Les écorces sans épiderme varient aussi dans leur grosseur, suivant l'âge des branches ou de l'arbre dont elles proviennent.

Rarement on les voit en petites écorces entièrement dépouillées de leur épiderme. Elles sont presque toujours roulées et offrent une surface unie, d'un brun jaunâtre au dehors et moins foncé à l'intérieur. Cette sorte présente, au reste, le& n. 15

226 QoiNQuniA.

mêmes caractères que le quinqurna en petites écorees avec épiderme.

Le quinquina en grosses écorees sans épiderme est quelquefois roulé comme le quinquina aTec épiderme; mais il est le plus souvent plat. Les morceaux varient en longueur de 0™,55 à0™y65, et quelquefois I mètre; Tépaisseur est de 7 à Il millim., et la largeur de 25 à 50 millim. Ces morceaux sont pesants, très-compaetes, d'une couleur jaune rouge^re à Texiérieur, d*un jaune brun au dedans. La texture en est très-fibreuse; la saveur astringente et très^amère. La pou* dre de ce quinquina est jaune pftle.

Cette sorte de quinquina jaune est odle que Ton préfère dans le commerce.

Quinquina ealisaya léger. — Le quinquina jaune anquel <m a donné ce nom est en écorees formées pour les trois quarts d'épiderme» et, pour le reste, d'une éoorce intérieure fibreuse; sa saveur est moins amère que celle du précédent* dont il possède d'ailleurs à peu près les caractères»

Cette sorte contient moitié moins de quinine que les antres.

n y a encore* parmi les quinquinas jaunes, le quinquina cartkagèney dont on distingue deux sortes : le jaune ou /tgneuXy et le brun ou non ligneux; ils sont peu estimés.

Quinquina gris de Lima. — Cette écorce, attribuée par MH. de Humboldi et Bomjdœtid, au cinckwa scrobiculatay varie de grosseur suivant les branches qui Font fournie. On la préfère de la grosseur d'une plume et n'excédant pas celle du petit doigt. Dans cette dimension, on lui donne le nom de quinquina gris de Lima en petits tuyaux. Son épiderme est d'un gris blanchâtre assez uniforme, légèrement fendillé et rarement couvert de lichens. Sa cassure est nette, compacte et résineuse; sa couleur intérieure est d'un jaune brun, sa saveur astringente et amère; son odeur rappelle faiblement celle du bois mort.

Ce quinquina vient aussi en écorees de la grosseur du pouce et au-dessus ; Tépiderme est alors plus rugueux, plus fendillé ; la cassure, nette et résineuse, devient un peu fibreuse à l'intérieur; la couleur est d'un jaune plus fauve. Sa poudre est d'une belle couleur fauve.

Quiiffium^* ^ 227

Quinquina gris de Laxa. <— Attribué par MM. de HunAMt et Bompiand au cinchona condaminea. Cette écorce, recouverte en grande partie de lichens foliacés ou filamenteux, est un peu rugueuse à Textérieur, avec de petites fissures transversales. Elle est toujours )rès-mince, très-roulée, raôme quand elle provient des bfanches d'un grand diamètre. Elle a une cassure nette. Elle présente un rayon résineux près de répiderme, et une texture fibreuse , mais très-fine à Textérieur ^ sa saveur est amère et astringente , son odeur un peu plus prononcée que celle du quinquina de Lima. On préfère cette sorte en tuyaux de la grosseur d*une plume et n'excédapt pas celle du petit doigt»

Sous le nom générique de quinquina Havane ^ on comprend ordinairement, dans le commerce, toat^ les mauvaises sor** tes de quinquinas gris.

Quinquina rouge ut/*. — Ce quinquina, attribué au cinchona oblongifolia^ est en grosses écorces plates ou demi-cylindri« ques, couvertes d'un épiderroe rugueux, fendillé comme celui du calisaya^ mais plus spongieux et quelquefois d'un gris argenté. L'écorce intérieure est, près de Fépiderme, d'un rouge vif qui diminue sensiblement d'intensité en approchant de la partie qui adhérait à la branche. La cassure, compacte et comme résineuse dans la partie convexe, devient fibreuse dans la partie concave. La saveur est très-amère et plus astrmgente que celle des autres espèces. Sa poudre est d'un brun rouge&tre.

Ce quinquina, quand il est dhine belle couleur rouge, est très-recherché à cause jde ses propriétés, qui sont analogues à celles du quinquina calisaya, quoique moins actives.

Quinquina rouge pâle. — Cette sorte, que Von présente comme une variété de quinquina ronge vif, est en écor^ ces quelquefois plates, souvent roulées , d'un rouge pâle, quelquefois dures et compactes, et quelquefois ligneuses; l'épiderme est rugueux, fendillé comme celui du quinquina gris de Lima en grosses écorces ; la cassure est résineuse près de l'épiderme, et fibreuse au côlé opposé; l'intérieur se divise facilement, devient d'un rouge tellement pâle qu'il n'offre, pour ainsi dire, plus rien de la couleur qui sert de désignation à cette sorte de quinquina. La saveur de cette écorce.

astringente et amère, se rapproche de celle du quinquina de Lima.

Quinquina rouge verruqueux. — - Écorces roulées ou plates, à épiderme d*un gris rouge ou blanchâtre. Liber d*un rouge brun, chargé d'une grande quantité de verrues. Cassure fibreuse ; à la scie, coupe résineuse. Poudre d*un rouge vif. Cette sorte est très-estimée.

UsAGvs. — Les écorces de quinquina sont Irès-employées en médecine ; elles servent à préparer des poudres, des extraits, des teintures, des vins, des opiats, etc.

Falsipicàtioiis. — Les écorces de quinquina sont souvent mêlées à d'autres écorces ; c'est pour cela que le pharmacien ne doit passe procurer des quinquinas dont Tapparence puisse donner lieu même à un doute.

Les écorces qu^on a mêlées au quinquina, selon Ébermayer, sont celles du quinquina nova^ dont la décoction ne précipite pas la noix de galle , les écorces du cratœgus aria, récorce du marronnier d'Inde^ les écorces d'une espèce de^oti/^ {Buchdz). On conçoit que le pharmacien qui examinera les quinquinas qui lui sont adressés ne pourra être trompé par ces mélanges.

La poudre de quinquina rouge est quelquefois falsifiée par la poudre de santal rouge. L*essence de térébenthine ou Téther sulfurique dénotent cette fraude, à froid et instantanément si la proportion de santal est assez forte ; au bout de quelques minutes si elle est faible.

Le vrai quina rouge ne communique pas de couleur à ces deux véhicules. Le quina adultéré l^ur communique une couleur safranée qui varie d*intensité suivant la proportion de santal ajoutée.

Fréquemment lesquinquinasontétéqoti/^ d'une partie des principes qu'ils contiennent. Ebermayer dit qu'on mêle quelquefois à récorce du quinquina une écorce qui est bien celle du quinquina véritable, mais qui a déjà subi une décoction et que Ton a ensuite fait sécher. On reconnaît cette fraude à ce que la couleur de Técorce est presque la même sur les deux surfaces et que la saveur est sensiblement faible. On constate mieux cette altération par la quantité d^extrait aqueux comparée à celle obtenue d'un quinquina de bonne qualité

et dont on est certain. La décoction des quinquinas est moins colorée et elle ne se trouble pas par le refroidissement ; elle est presque transparente.

Depuis la découverte du sulfate de quinine, des fraudeurs ont eu ridée, à Paris et à l'étranger, d'extraire par les acides une grande partie des alcaloïdes contenus dans les quinquinas. Ceux-ci, soumis à une coction dans Teau acidulée, étaient ensuite lavés à grande eau ou avec une eau ammoniacale, et sécbés^ on les mettait ensuite en caisse et on les livrait au commerce.

Ces fraudes graves furent presque immédiatement signalées au public, et des indications furent données pour reconnaître les quinquinas ainsi lavés. i

i® Leur couleur est altérée et brunie (4 );

2® Leur saveur rCest plus celle du quinquina^ elle est salée ;

3* Souvent ils présentent à leur surface une efflarescence ; on distingue aussi^ à l'aide de la loupe, dans les fissures des éeorces y de petits cristaux de sulfate d'ammoniaque;

4^ Ils retiennent toujours une partie des acides employés^ soit à rétat de liberté^ soit saturés par une base.

Toutes les fois qu'on suspecte une écorce d'avoir été traitée par les acides, on la fait macérer dans l'eau, et on essaye le macératum par le chlorure de baryum ou par le nitrate d'argent, qui donne lieu à du sulfate de baryte si Ton a employé Tacide sulfurique, et à du chlorure d'argent si on a employé de Tacide chlorhydrique. Pour avoir un point de comparaison, on agit en même temps avec les mêmes réactifs sur un macératum préparé avec un quinquina de la pureté duquel on est certain.

Les quinquinas étant des médicaments actifs, et ces médicaments ayant été fraudés de manière à devenir nuisibles à la santé publique, il devrait être ordonné a que nulle écorce « de quinquina destinée à des préparations pharmaceutiques « ne puisse être vendue sans que le titre n'en ait été établi « par l'analyse chimique. » Une semblable mesure ferait cesser des manœuvres honteuses tournant au profit de l'homme qui, plus criminel que le voleur, ne craint pas de tromper

(1) Ce que t*on observe sur les quinquinas gris et rouges.

de malheureux malades qui peuvent être les victimes de sa cupidité.

Les quinquinas livrés aux pharmaciens étant souvent le sujet de doules, ils pourraient faire sur ces quinquinas plusieurs essais propres à indiquer approximativement leur qoa-lité, par les précipités que forment le& réactifs appropriés dans un maceratum fait avec les diverses sortes de quinquinas (i gr. de quinquina en poudre pour 16 gr« d'eau» laissés en contact pendant U heures) :

Voici im tableau de ces réactions :

Tàujud^

Ces essais, toutefois, ne peuvent servir que d'indication , attendu qu'il eiiste dans beaucoup de végétaux des matières susceptibles de précipiter le tannin. On doit avoir ensuite recours aux procédés proposés et modifiés par plusieurs chimistes pour reconnaître la teneur des quinquinas en alcaloïde.

La méthode indiquée par H. Thiboumery est la suivante: On prend un kilogramme de quinquina . réduit en poudre (1); on le traite par dix litres d'alcool à SS^^ acidulé par 16 grammes d'acide sulfurique à 66^. On distille les liqueurs obtenues jusqu'à réduction de moitié (à 5 litres). On décante, on passe avec expression, et on fait un nouveau traitement avec des quantités semblables d'alcool et d'acide, c'est-à-dire 10 litres et 16 grammes. On répète les opérations, on réunit les liqueurs, on ajoute 60 grammes de chaux vive en poudre et 64 grammes de charbon animal, fin et de bonne qualité. On distille le tout, jusqu'à ce qu'il ne reste que 5 litres de liqueur dans la cucurbite de l'alambic, pour séparer l'alcool de la quinine qui reste dans le bainmarie. Cette quinine, dissoute avec un petit excès d'acide sulfurique étendu, traitée par 16 grammes de noir animal purifié, fournit une liqueur qui, filtrée, donne du sulfate de quinine blanc, dont la quantité représente la valeur commerciale du quinquina*

MM. ffenry et Plisson, M. Tilloy ,' ont aussi indiqué des procédés pour essayer les quinquinas. Voici celui qui est d& à M. imoy (2) :

On prend 30 grammes d'un échantillon moyen de quinquina réduit en poudre grossière; on les traite par 375 gr* d'alcool à dO"" à une température de 40 à 50°. La chaleur est soutenue pendant une demi-heure ; on retire l'alcool, on la remplace par du nouveau, et on répète l'opération à chaud. On réunit les liqueurs, et on y verse de l'acétate ou du sousacétate de plomb en quantité suffisante pour précipiter l'a-

(1) On conçoit qu'on peut fractionner celle quantité.

(2) M. Tilluy avait reçu de l'un de nos ports 250 kilog. de quinquina cali^aya de belle apparence, dont ramerlume était bien prononcée. Ce quinquina ne lui avait pas fourni de quinine.

cide quinique et la matière colorante. On laisse en repos, puis on filtre. On ajoute alors au liquide quelques gouttes d'acide sulfurique, pour séparer le plomb de Taçétate qui pourrait être en eicès; on filtre et on distille. On trouve dans le résidu de la distillation : 1® de Tacétate ou du sulfate de quinine, selon la quantité d'acide sulfurique ajoutée ; 2° une matière grasse qui adhère au vase. On décante, et on verse dans la liqueur décantée de l'ammoniaque qui précipite la quinine. Il ne faut pas en ajouter un excès qui redissoudrait une portion de la quinine; on pourrait, dans ce cas, chasser ou saturer cet excès d'alcali.

La quinine est recueillie, lavée à Teau tiède et traitée par Teau aiguisée d'acide sulfurique et par un peu de noir animal; elle fournit alors du sulfate de quinine très-blanc. M. TUloy dit avoir obtenu en 6 heures 0«r.,45 de sulfate de quinine, de 31 grammes de calisaya, et cependant on doit tenir compte des pertes occasionnées par le filtre et de la portion de quinine qui reste dans Veau mère.

HJM. Henry eX Plisson ajoutent à une dissolution aqueuse et acide de quinquina une infusion de noix de galle ; le précipité bien lavé est dissous dans Talcool, puis on précipite la solution par l'hydrate ou l'acétate de plomb. Le liquide décoloré est formé de quinate de plomb, de quinate de chaux, de quinine, de cinchonine, et d'une petite quantité de matière jaune qui a échappé à la décoloration. On sépare le plomb de ce liquide à l'aide de quelques gouttes d'acide sulfurique, ou d'un courant d'acide sulfhydrique, puis on filtre. On précipite ensuite Talcaloîde par une petite quantité de chaux en bouillie claire ; la quinine précipitée et recueillie est ensuite transformée très-facilement en sulfate ; elle fournit des cristaux très-brillants et très-soyeux.

En définitive, tous ces procédés d'essai reposent sur l'extraction de la quinine brute que l'on convertit ensuite, au moyen de l'eau acidulée par Tacide sulfurique, en sulfate qui est dosé après une première cristallisation et décoloration préalable par le noir animal.

On a varié la nature du corps destiné à précipiter l'extrait de quinquina^ sans, du reste, changer le principe de ce genre d'essais 3 au lieu des acétates de plomb, M. Liebig a conseillé

234 RATANHU.

le carbonate de soude en excès (i) ; le précipité obtenu est épuisé par Talcool à 36^ ; la liqueur alcoolique, décolorée par le noir animal, est concentrée à Taide de la chaleur, et mise à cristalliser, pour séparer la cinchonine; ensuite on y ajoute de Teau et on chasse tout Taleool par distillation. Tous ces procédés laissent encore à désirer. Dans ces derniers temps, H. Rabourdin a proposé un moyen de doser les alcaloïdes des quinquinas en utilisant la propriété du chloroforme de dissoudre ces corps au sein d'un liquide aqueux. On prend, par exemple, 20 gr. de quinquina jaune ou rouge (2), pulvérisé et tamisé; on les humecte avec trae certaine quantité d'eau acidulée par Tacide cfalorfaydri- : que (20 gr. d'acide pour i kilog. d*eau), et ou les tasse dans I une petite allonge. Une feuille de papier à filtrer est placée à la partie supérieure, etFon verse de l'eau acidulée pour lesMver la poudre; Técoulement des liqueurs est arrêté quand elles passent incolores et insipides (3) ; on ajoute à la liqueur passée 5 à 6 gr. de potasse caustique et 10 à 15 gr. de chloroforme, on agite pendant quelques instants et Ton abandonne au repos. Il se fait un dépôt blanchâtre, très-dense^ composé de quinine, de cinchonine et de chloroforme; il surnage un liquide rouge, transparent, qui est décanté; la solution chloroformique est lavée, recueillie dans une petite capsule ; et par Févaporation spontanée du chloroforme, les alcoloîdes restent à Tétat de pureté ; ils sont recueillis, séchés et pesés.

Mm

La racine de ratanhia est fournie par le krameria triandra (polygalées). Elle est formée d'un corps de racine quelquefois très-gros et de radicules longues et nombreuses, d*une grosr

(1) M. Calvêrt, dont le procédé rewemble à celui deM. Uebig, achève la saturation parla soude caustique, jusqu'à ce que le liquide soit légèrement alcalin au papier de tournesol.

(9) La dose est élevée & 40 gr. pour les quinquinas gris.

(3) Lorsque la poudre de quinquina est uniforonémeni et convenaUement tassée, elle ettépuisée quand on a recueilU 160 ^ S60 gr« de liqalde.

RÉGLISSB. 235

seur variant de celle d'ane plume à celle du doigt. Elle est recouverte d'une écorce rouge brunâtre, un peu fibreuse, très-astringente. Le cœur de cetteracine est ligneui, dur, d'un jaune rougeàtre pâle.

La racine de ratanhia nous arrive ordinairement du Pérou, des Antilles.

Il résulte des expériences de MM. Vogel, Gmelin, PeBchier et Trommsdorf, que la racine de ratanhia est composée de : tannin^ extractif, apothème insoluble^ gomme^ fécule (en trèsfaible proportion), matière muqueuse, quelques sels, un acide mal déterminé.

Les racîi),esdu commerce sont fort inégales, et contiennent des proportions très- variables de matière astringente*

UsÀGis. — La racine de ratanhia est employée, en médecine^ comme astringente et tonique, sous forme de poudre, de tisane, d'extrait, de sirop, de teinture.

Falsifications. — D'après M. Meartiny^ de Darmstadt, on a mélangé au véritable ratanhia une torte proportion d'une racine qui n'appartient pas au genre krameria. Cette racine était dure, en morceaux dont les plus longs ne dépassaient pas 0»,i08 à 0»,I35, d'une grosseur variable de0",002.à 0">,030. L'épiderme était d'un rouge brun jaunâtre; l'écorce avait jusqu'à Ob',004 d'épaisseur : eUe est tantôt lisse, tantôt inégaie $ eUe a peu de lignes longitudinales, mais elle «st en partie crevassée cîrculairement par la dessiccation.

Dans beaucoup de racines, l'écorce' se^étachait facilement de la partie ligneuse ; dans d'autres, au contraire, elle y était fortement adhérente. La surface intérieure était d'un rooge brun grisâtre, couverte d'une infinité de rides longitudinales très-fines et ondulées. La cassure de cette écorce était tisse ; sa 'sareur était a$tringente et nullement amère. Le cœur de ces racines était moins dur que celui du ratanlûa. La couleur était d'un jaune brunâtre ressemblant à celle du bois de chèile.'

aSOOVVBTTSS.. ▼. soir. .

ateusax (baoimb dm),

La racine de réglisse (glt^cyrrhiia glabra -^ légumhieuses) est cylindrique, longue, raoqpante, jaune ^ rayonnée dirns

236 RÉGLISSB.

riatérieur par de pelits vaisseaux nombreux et serrés, remplis d'uD suc à saveur très-sucrée. Elle est un peu coriace, d'une couleur gris brun à Teitérieur et d'un^eau jaune à r intérieur.

La réglisse est cultivée en France et dans le Midi de l'Europe. On connaît, dans le commerce, 4 sortes de réglisse :

i^ La réglisse de Bayonnej en racines très-longues, ordinairement assez grosses, grises en- dessus et d'un beau jaune à rintérieur ;

â® La réglisse de Catalogne, qui diffère peu de la précédente; elle est mélangée de petites racines, de menus ;

3® La réglisse d'Alicante^ qui se distingue en deux sortes, la grise et la brune; elle est ordinairement moins grosse que les autres sortes;

4^ Laréglisse de France^ qui est vendue sous deux formes : Terte et sèche. Elle est en racines longues, unies, repliées sur elles-mêmes, d'un brun clair en dessus, d'un beau jaune à l'intérieur; elle a un goût agréable, mais moins prononcé que celui des réglisses d'Espagne.

D'après Robiquet^ la racine de réglisse est composée de : glycyrrhizine ou sucre de réglisse, fécule^ asparagine, huile résineuse, albumine, sels.

Usages. — La racine de réglisse s'emploie, en médecine, sous forme de poudre, d'extrait, de pâte et de suc Elle sert le plus souvent comme moyen d'édulcorer les tisanes.

Falsifications. — La racine de réglisse est quelquefois mélangée ou remplacée par Je glycyrrhiza echinatay racine connue sous le nom de réglisse de Russie^ dont l'écorce rude a été enlevée avant de la livrer au commerce. Celte racine est trèS'Sucrée ; mais elle n'a pas l'odeur particulière de la réglisse, et ses morceaux sont beaucoup plus gros, quoique moins pesants que ceux de la racine de réglisse vraie et de bonne qualité.

La poudre de réglisse est plus souvent l'objet de falsifications auxquelles sa forme même permet un succès plus assuré.

M. Peltier, de Doué, en a trouvé, dans le commerce, qui contenait de iS à 50 Vo de poudre de gayac. Pour découvrir cette fraude, on la traite comparativement avec de la réglisse

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