‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales (volume 5)Chapitre 53 sur 109 · SAFRAN · texte numérisé non relu

SAFRAN

Falsifications. — D*après Ebermayer, on a souvent substitué aux feuilles de sabine, les feuilles do genévrier des Bermodes (jtmiperus Bermudicma)^ ou celles du genévrier de Virginie (juniperus Virginiana); mais les difiërences qui existent dans ces feuilles, dont les rameaux sont couverts d'une écorce jaune, brunfttre, Todeur différente de ces feuilles et de celles de Sabine font facilement découvrir cette substitution.

Le safran^ originaire de l'Asie, est formé par tes stigmates de la fleur du crocus sativus (bridées) . Depuis longtemps cultivé en Espagne et en France, le safran a été analysé par BouiHoa'Lagrange^ qui y a trouvé : extrait uni à une matière colorante^ 65; huUe volatile, en quantité non déterminée; cire végétalcy 0,50; gommer 6,50; albumine, 0,50; eau^ iù\ débris végétaux^ 10; sds à base de potasse^ de chaux et de magnésie 2,50. Ceprincipe colorant, àpfelépolyckroUe]^ Bouillon-La^ grange etFoye/,aété plus tûd obtenu pur par Henry père. La poudre de safran est d*un rouge écarlate^ elle colore la salive en jaune; elle est très-peu soluble dans Teau froide, plussoluble dans l'eau chaude, ralcool, les huiles fixes ou volatiles, moins solubledans réther.L*acidesulfuriquefait passer sa couleur au bleu, puis au lilas; l'acide citrique la colore en vert-pré; ces colorations disparaissent si Ton étend les dissolutions.

On divise le safran en trois espèces, dont void les caractères principaux :

lo Le safran du Gâtinais est en filaments longs, larges et épais; son odeur est aromatique; sa saveur légèrement amère; sa couleur est d*un beau rouge. L'extrémité des filaments est jaune pâle assez ordinairement. Il est toujours un peu hu^ mide. Cest la sorte la plus estimée.

^ Le safran du Comtat et d*Angoulême a des filets maigres et allongés, d'un rouge sombre, mêlés de nombreux fileta jaunâtres.

3« Le safran d'Espagne est peu différent de celui du Gftti-

produire ravorttoneot, et les femmes qui en ont fiut usage ont été, danA divers cas» victimes de cette tentative.

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nais ; seulement il est plus sec, plus rouge, et contient moins de filets jaunes.

Usâgis. — On emploie le safran, soit comme médicament tonique, stomachique, excitant, soit comme parfum et comme couleur, dans la pharmacie, dans Fart du confiseur, dans la teinture, et dans les usages domestiques.

ÂLTÉiÀTioiis. — Diaprés M. Delanoy^ il nous vient du Levant, sous le nom de safrœi du Levant^ de Macédoine, d" Egypte j de Perscy du sitiran qui a été imbibé d^Aui/e, pour en conserver, dit-on, la couleur. Ce safran souvent sent le rance.

Quelquefois le sah^n, ayant été mouillé^ pour lui faire acquérir du poids, a subi une fermentation. Il répand alors une odeur particulière aigre; d^autresfois, il est placé dans des lieux humides, il absorbe de Feau et fermente. Le safran doit donc être conservé dans des boites de bois sec, Thumidité empêchant de le garder pendant plusieurs années. Le pharmacien doit rejeter le safran vmI épluché^ où l'on trouve d'autres parlies que les stigmates.

Fàlsifigatioiis. — Le safran subit diverses falsifications; on connaît le safran mouillé^ le safran huilé ^ le safran privé de matière colorante j le safran allongé de carthame (ou safr*an bâtard)^ le safran mêlé avec des pétales de souci^ avec dusable^ avec des fibres de chair musculaire coloriée et desséchée.

Le safran mouillé est reconnaissable à ce qu'il tache les doigts et le papier, ce que ne fait pas le safran qui n'a pas subi ce mouillage. Le safran huilé graisse le papier dans lequel on Fenveloppe.

Le safran épuisé de matière colorante (4) a jpeu ou point d'odeur ; sa couleur a perdu son intensité; elle est d'un rouge p&le, terne, uniforme dans toute sa masse ; il teint à peine la salive en jaune. Mis en contact avec l'eau, il la colore faible-ment ; ces différences seront plus sensibles si Ton tait une expérience comparative avec du safran de bonne qualité.

Le safran mêlé de carthame peut être reconnu en l'examinant à la loupe, ou bien en le faisant macérer dans l'eau.Le sa-

(1) Lorsque nous exercions la pharmacie , un juif nous prtenta du safran qu'il disait tenir d*un propriétaire du G&tinais. Nous reconnûmes que oe n'était que du safran mélangé de safran épuisé; il fût démontré dés lors &C6 maiehaiid qu'à n'était qu'un ftandeor.

SAF&àM.

fran se présente sous forme d'un stif/mate trifide^ tuidâs <|Qe le carthame se présente sous forme tubiUée. Les fleurs de carthame sont d'une couleur rouge orange; Todeur et la sayeur sont moins fortes que celles du safran.

Le safran mêlé de pétales de souci peut se Veconnattre par les mêmes moyens; les pétales de souci se présentent sous forme de lames plates. On peut, par le triage, séparer du safrau, soit le carthame, soit les pétales de souci.Yoici, au reste, d'après HH. Winckler et Gruner, les caract^es différentiels que présentent avec le nitrate d'argent et le chlorure de fer, le safran^ le carthame et le souci, dont iO grammes ont été mis en macération dans Teau froide pendant 34 heures :

Sapih:!.

PE0PJIIÉTÉ8 PBTfflQ.

du macéré.

CARTnAMI.,

Souci,

Parfaitement clair, d'uo rouge foncé ; odeur ot saveur franches de safrau.

Assez clair,couleur jaune brunâtre ; odeur «t saveur faiblement herbacées.

Trèt-dair, eooleur janne-paille,presque inodore; saveur faiblement amère.

KITBATB D*AR6ElfT.

Pas de ebaogeneot seO' sible.

Précipité floconneux , brun , Torditrc; liqueur surnageante clairCi jaune vineux.

Précipité gris noir, volumineux ; liqueur surnageante claire, jauae Ttnoui pâle.

CHLOBUBB DE FER.

Coloratioa bruB-rooge foncé.

ColoratioD aoir brunâtre.

Précipité noir, floconlieux, peu aboodaot; liqueur surnageaaie, bran noirâtre.

Le safran mêlé de sable est agité sur un tamis de crin à mailles larges, à travers lesquelles passe le sable, que Ton recueille sur une feuille de papier.

Le safran mêlé de fibres de chair musculaire se reconnaît par un examen attentif : lorsqu'on le chaufife, les fibres de chair musculaire se contournent, se meuvent; ce que ne font jamais les stigmates du safran.

Un de nos confrères nous a fait connaitrCy que Ton avait présenté du safran mêlé de carthame, qui était sali par de Y huile , et par du sulfate de chaux ; ce prétendu safran, traité par Téther, puis par Teau, laissait déposer le sulfate de chaux, qui pouvait être séparé, puis analysé (1).

(i) Ce safran était exploité par des Espagnol»» qui en avalenivondu

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