‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales (volume 5)Chapitre 54 sur 109 · SAFRAN · texte numérisé non relu

SAFRAN

M. Vandenbtvucke^ pharmacien à Bergues (Nord), qui nous a signalé cette fraude en 1845, reçut depuis, en 1846, de plusieurs maisons de drogueries du Nord : une partie de safran contenant de 10 à 12 «'/o de fleurons teints de souci (cùlendula officinalis); une autre partie de safran renfermant 8 à 10 Wo de demi-fleurons, auxquels on avait donné une couleur rouge vineux, au moyen de la matière colorante du bois de Femambouc; ils donnent la même teinte à Tammoniaque , dans laquelle on les immerge, tandis que lé safran communique à cet alcali une couleur jaune.

M. Vandenbroucke pensa que les maisons de drogueries qui le fournissent, jouissant, à juste titre, d'une réputation de bonne foi, avaient été trompées ; et comme elles avaient tiré leurs safrans du Gâtinais, on serait porté à croire que c*est dans le Gâtinais même que se fait la fraude.

Ebermayer dit qu'on a mêlé le safran avec des fleurs de grenadier coupées longitudinalement. Nous n*avons jamais observé cette adultération.

On a signalé dans le commerce, du safran falsifié par les fletirs de chaînon des teinturiers. L'odeur de celles-ci est trèsfaible, et elles fournissent, par la macération dans Teau ou àans Falcoot, une teinture très-foncée en couleur.

Le safran est quelquefois vendu à Tétat de poudre : le pharmacien ne doit jamais acheter le safran sous cette forme.

Suivant £'^ermayer, on aurait vendu pour poudre de safran, un mélange pulvérisé, formé Aq jaune d'œufs cuits, de car-thame, d'amandes et de safran. On conçoit qu'une semblable poudre jetée dans Teau ne se comporterait pas avec ce liquide comme la poudre de safran.

Suivant M. Guibourt, le safran peut être mêlé à du plomb. Il serait facile de constater cette falsification. En jetant une

100 kilog. lorsqu'ils furent arrêtés. L'analyse fit connaître que ce pr(H duit contenait sur 100 parties : safran 25, carthame 75, le tout fortement imprégné de 15 ^Iq d^une substance grasse et enJuii ôe sulfate de chaux. Les fraudeurs furent acquittés. Le procureur du roi, à qui celte affAire avait été référée, déclara: « Qu*il n'y avait pas lieu à saisie, attendu <f que les inculpés n'avaient pas vendu ce mélange dans la ville où ils « résidaient ; » de sorte qu'ils ont pu, dès !c lendemain , aller exercer leur coupable industrie dans la ville voisine.

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certaine quantité de safran dans l'eau, le plomb, le sable et les matières analogues tombent au fond du liquide.

Le sagapénum est le suc gommo-résineux d'une ombellifère que Willdenow croit être le ferula persica. Celui qui nous est apporté des contrées orientales est en masses amorphes composées de fragments mous et adhérents, demi-transparents, rouge jaune extérieurement, brunissaqt à Tair. Nous avons souvent vu de ces masses parsemées de larmes brillantes. Le sagapénum a une consistance cireuse et cassante ; il est mêlé d'impuretés et de petits fruits plus ou moins brisés que Von reconnaît pour des akènes d'ombellifères.

L'odeur du sagapénum a quelque chose d'alliacé, elle est plus marquée que celle du galbanum et moins sensible que celle de ïassa fœtida.

Le sagapénum s'amollit sous les doigts et devient tenace; il brûle avec une flamme blanche en produisant beaucoup de fumée et laissant pour résidu un charbon léger et spongieux.

D'après Brandes, le sagapénum est formé de : résiney 50, 29 ; kuiie volatile 3, 73; gomme ei $els 32,70; mucilage {bassorinCy Pelletier), 4,48; corps étrangers y 4,3; «at4, 4,6; nitratCy sulfate et phosphate de chaux. •

Usages. — Le sagapénum entre dans plusieurs préparations pharmaceutiques ; en médecine, il sert quelquefois comaie fondant, emménagogue, etc.

Falsifications. — Cette gomme-résine est souvent falsifiée par d'autres de qualité inférieure : le sagapénum est alors en masse uniforme, c'est-à-dire que l'on remarquedans les masses ou pains l'absence des larmes caractéristiques du sagapénum. Gela tient à ce que cette substance a été mélangée avec des matièresétrangères et que pour les y bien incorporer on a fait fondre le tout ensemble afin de lui donner une consistance homogène. Ainsi l'absence de ces larmes blanches dans le sagapénum peut indiquer le mélange de gommes-résines étrangères; de plus, l'odeur et la saveur sont beaucoup plus faibles.

D'autres fois on compose, dans le commerce, une sorte de

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