‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales (volume 5)Chapitre 60 sur 109 · SALSEPAREILLE. 26B · texte numérisé non relu

SALSEPAREILLE. 26B

produit cristallisé qu'il désigna sous le noin de salseparine.

M. Pogginle démontra ultérieurement par diverses expériences et par celles de M. Tkubceuf^ que la pangline, la smilacine et la salseparine constituaient une seule et même substance.

Trois analyses de la salsepareille ont été publiées ; en voici les résultats :

Peuièhi analyse. — Matière cristalline^ matière colorante cristalline^ huile essentiellCy gomme^ bassorine, amidon^ albumine^ matière extractiforme^ gluten et glaïadine, tissu cellulaire et fibreux^ acide pectigtte, acide acétigue; chlorures de calcium^ de potassium^ de magnésium ; carbonate de cbauXy oxyde de fer et alumine (Batka ).

Dbuxième analyse. — Substance cristalline^ salseparine, matière colorante, matière résineuse, ligneux^ amidon, chlorure de potassium, nitrate de potasse; huile épaisse, fixe et aromatique; substance cireuse (Thubœuf).

Troisième analyse. — Résine acre et amère, 2,8; — extrait gommeuxy 5,5; — amidon^ 54,2; — fibre ligneuse, 27,8; — perte 9,7. — (Canobio).

Usages. — La salsepareille est très*usitée en médecine ; elle s'emploie en extrait, eu tisanes, en sirop, en vin ; elle fait la base de la plupart des sirops et des robs dits dépuratifs.

Falsifications. — La racine de salsepareille doit être achetée entière par le pharmacien ; il ne doit point acheter des salsepareilles coupées, car il est alors plus difficile de les reconnaître. On a falsifié la salsepareille coupée par la racine di arrête-bœuf {ononis spinosa) (1), très-facile à distinguer de la salsepareille.

On trouve dans des ouvrages anglais, que la racine de salsepareille est mêlée avec les racines de V asparagus officinalis, SL\ec\es Jeunes pousses de houblon, ^ous ne pensons pas qu*on puisse être trompé par des fraudes aussi grossières.

La salsepareille ne doit pas non plus être achetée en bottes sans un examen préalable ; nous avons vu de ces bottes qui au dehors étaient parées avec de la salsepareille de la meil-

(l)Voy. 1. 1, p. 91.

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leure qualilé, tandis que rintérieur était rempli de souches et souvent de produits tout à fait étrangers à la salsepareille.

On a quelquefois vendu de la salsepareille épuisée; sa couleur est uniforme, Tépiderme fort souvent détaché; la cou^ leur extérieure est brunâtre. Si on la mâche, elle est complètement insipide.

SAJVG-AAACMNV.

Résine extraite par incision de différentes espèces de calamus^ principalement du pterocarpus draco et santalinus^ du dracœna draco et des fruits du caiamus rotang (i). On en connaît trois sortes principales :

Le sang-dragon en baguettes ou en gros roseaux est en bâtons longs de 0°^, 33 à 0*", 35, épais comme le doigt, entourés de feuilles de licuala^ et fixés tout autour au moyen d'une lanière très-mince de tige de rotang. Il est d'un rouge brun foncé, opaque, fragile, friable, insipide et inodore ; sa poudre est d'un rouge de vermillon.

Le sang-dragon en larmes est en olives ou globales de 0», 02 à 0™, 04 d'épaisseur; il est enveloppé d'une feuille de palmier et disposé en chapelet ; toujours inodore, d'un rouge brun foncé ] poudre vermillon.

Le sang-dragon en masse est en pains d'un poids assez considérable, d'un rouge vif, contenant une assez grande quantité de débris végétaux.

Le sang-dragon a une saveur légèrement astringente 5 il est friable, à cassure nette présentant des points luisants; il croque sous la dent ; est presque complètement soluble dans l'alcool, insoluble dans l'eau, soluble dans Véther, les huiles grasses et volatiles; ces dissolutions sont rouges; placé sur des charbons ardents, il brûle en dégageant une fumée acre. Sa densité est 1,196. D'après M. Herberger, le sang-dragon est composé de : résine rouge ou draconine, 90,7; huile grasse^ 2; acide benzoïque, 2; oxalate de chaux ^ 1,60; phosphate de chaux y 3,7.

(i) Suivant M. Guibaurt, tout le sang-dragon da commerce est fourni par les Trutts du talafMU âroeo^ des tles Moluques.

UsAGBS. — Le sang-dragon s'emploie dans la fabrication des vernis rouges.

FALSiFiGATioifS. — Daus le commerce, on vend quelquefois pour du sang-dragon, soit un mélange de résine commîmes de bol d* Arménie^ de coicotar ou à'ocre rouge^ de sarUaly de brique pilée, et de sang-dragon; soit une imitation faite avec un mucilage épais de gomme arabique ou de c^ist^r coloré au moyen du bois de Femambouc^ et évaporé en consistance telle^ qu'on puisse en former des pains assez semblables à ceux du sang-dragon.

Ces faux produits sont peu solubles dans Talcool, trèssolubles dans Teau; exposés au feu, ils dégagent une odeur très-désagréable; enfin, leur poudre est d'un rouge terne foncé.

BAXQAVMB.

On donne le nom de sangsues à plusieurs espèces d'un genre compris dans la famille des birudinées, ordre des annélides suceurs, de la classe des annélides.

Les sangsues ont le corps allongé, plane en dessous, convexe en dessus, mou, rétractile et composé d'un grand nombre d'anneaux; il existe à chaque extrémité de leur corps une <;avité dilatable et préhensile qui agit à la manière d'une ventouse et permet à l'animal d'adhérer fortement aux objets sur lesquels il applique ces organes; la bouche est placée au fond de la ventouse antérieure, dite ventouse buccale ou orale, et est armée de petites mâchoires très-comprimées et fortement dentelées, l'anus est situé à la base de la ventouse postérieure ou ventouse anale.

C'est à cause de la faculté que possèdent les sangsues de se fixer sur ia peau des animaux, d'y pratiquer des ouvertures pour sucer le sang qui s'en écoule, qu'on les emploie en médecine pour pratiquer des saignées locales. Ces animaux sont aujourd'hui l'objet d'un commerce important (i).

Les sangsues marchandes sont : la sangsue officinale ou sangsue verte {sanguisuga ou hirudo officinalis) , la sangsue grise

(i) Les masses de sangsues importées en France sont énormes, et la valeur de ces annélides est considérable ; de' plus, les sangsues qui va-

(sanguisuga ou kirudo medicvialis) . Chacuoe de ces deax espèces présente plusieurs variétés distinctes qui pourraient être classées : i» d'après leurs bandes dorsales, tantôt continues, tantôt réduites à des points ou réunies par des mouchetures transversales ; 2^ d'après la couleur, d'ailleurs très-variable de leur robe.

11 y a aussi la sangsue truite ou dragon (hirudo troctina) de Sardaigne et d'Afrique, qui, dans nos climats, souffre pendant les mois de chaleur ; elle est alors moins propre à la suc* cion et périt en grand nombre.

Toutes ces sangsues viennent des marais de la Hongrie, de la Sardaigne, de la Suisse, de la Russie, de la Valachie, de la Turquie, de la Grèce, de TÉgypte. des provinces du liaroc et de F Algérie. Les marais de TEspagne, de Vltalie, du Tyrol, de la Bohême ; un certain nombre de ceux de nos départements {Indre, Loir-et-Cher, ViennCy Deux-Sèvres, Vendée, Indre- et -Loit^e, Loire^ Inférieure^ Maine-et-Loire, Haute-Marne, etc.), qui avaient jusqu'alors pourvu à notre

latent il y a quelques années, de 18S7 à 18SS, 15 cenlimes la pièce, sont vendues aujourd'hui de 40 à ôO centimes.

11 a éié ioiporié en France :

En 1827 83634494 sangsues d*un val. oiTicieUe de 1009035 fr.

1844 15224673 456740 L*eiamen de ce tableau Ikit voir que l'importation de la sangsue en

France a été progressivement en diminuant depuis 1838. Une petite quantité de ces annélides est ensuite exportée à Tétranger.

consommation^ sont actuellement à peu près dépeuplés de ces annélides, à cause de la manière inintelligente dont la pêche des étangs et des marais a été conduite.

Quoi qu'il en soil, dans le commerce de ces animaux on admet en général quatre choix spéciaux :

i"" Le premier choix ou les sangsues dites grosses^ qui pèsent le mille, de S kil. 875 à 5 kil. i25.

2° Le deuxième choix ou les sangsues dites grosses moyen-nés, qui doivent peser le mille de 1 k. 725 à 2 k. 250.

dP Le troisième choix comprenant les sangsues dites petites moyennes dont le mille pèse 625 à 750 gr.

à^ Le quatrième choix comprenant les petites sangsues, les sangsues dites filets, qui ne devraient pas être pèchées. Elles pèsent de 380 gr. à 450 gr. le mille.

Outre ces quatre choix, il existe une cinquième sorte de sangsue très-grosse, qui pèse de 4 k.^à i2 k. jusqu'à 12 et 16 k. le mille) cette sangsue, dite vache, est vendue séparément (1). ^

Lorsqu'on achète des sangsues, il faut donc avoir le soin d'examiner leur poids au mille. Il faut de plus s'assurer si le mille de ces annélides est formé de sangsues du même choix.

La sangsue de bonne qualité a le corps allongé et déprimé, sa peau à l'extérieur présente uu aspect velouté particulier, elle se meut dans l'eau avec une vivacité extrême en se présentant sous une forme allongée remarquable. Son élasticité est telle, qu'on peut la prendre, l'étendre, tripler même sa longueur, et s'en entourer le doigt comme on le ferait avec un ruban. Elle peut être comprimée dans toute sa longueur.

(1) On a demandé rinterdiction de la vente des sangsues vaches et des filets : des premières, parce qu* elles font des blessures trop grandes dont on arrête difficilement le sang; des seconds, parce qu'ils sont trop petits p)ur produire un effet utile qui compense le grave inconvénient de la dépopulation résultant de leur pèche. Pour atteindre ce but, TÉcole de pharnnacie et T Académie de médecine ont demandé, en tS48, au ministre de Tagriculture et du commerce, qu'il voulût bien interdire la pêche et la vente des sangsues pesant moins de 2 gram. et plus de 6 gram., et autoriser cependant la vente ou la pèche des sangsues, par exception, quand elles seront destinées à peupler des réservoirs ; mais ne l'autoriser que sur une décision du préfet, Taisant connaître la quantité de ces sangsues et leur destmation.

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Elle ne doit pas^ par une forte pression opérée de la tète à ta queue, fournir de sang; et s'il s'en échappait une minime quantité, ce qui s'observe quelquefois sur les grosses sangsues de marais, ce sang, au lieu d'être -rou^e comme celui fourni par les sangsues gorgées, ainsi qu'on le verra plus loin, est visqueux et d'un notr verdâtre.

Une sangsue de bonne qualité est reconnaissable aussi à sa marche, à la vigueur et à la rapidité de ses contractions, à la quantité de recouvrements qu'opère chaque anneau Vun sur l'autre, à la certitude de sa marche qui dépend surtout de la précision avec laquelle s'appliquent les ventouses.

En examinant le corps d'une sangsue de bonne qualité, à l'état de repos, on voit que les segments se recouvrent, de manière à faire disparaître entièrement les intervalles qui les séparent, à moins que la sangsue n'ait pris accidentellement une forme allongée. Plus elle se pelotonne sur elle-même, plus elle est vigoureuse.

Les sangsues ont la propriété de gonfler leur corps, de manière à tromper sur leur volume. Un signe de bonne qualité est Vefiilement de la partie antérieure de leur corps relativement à la partie postérieure. Un autre caractère consiste encore dans la dépression ou l'aplatissement du corps. Sous la main, au toucher, on sent également que les coutractions s'exercent avec plus ou moins de vigueur.

On conçoit bien, du reste, que la faculté de rapprocher les anneaux, que l'élasticité du corps, que la forme aplatie de l'animal ne peuvent exister que si son tube intestinal est vide ou à peu près.

Falsifications. — Après le court exposé que nous venons de faire, il est facile de prévoir que le commerce des sangsues est sujet à des fraudes assez graves (1), dont nous allons nous occuper successivement.

(1) En 1847, les sieurs L... et V... faisant le commerce des sangsues furent traduits devant la 7^ chambre, pour vente do sangsues qui étaient, au dire d'experts, mélangées ÔQbàtardes'ei à* ofSkcmd^es gorgées de sang. Le tribunal, condamna les sieurs L... et V....à un mois de prison et chaaun à 2& fr. d'amende; à payer au sieur M..., à titre dédommages et intérêts, savoir: 500 fr. pour réparation de la tromperie sur la

io Les sangsues sont de bonne qualité ; mais les choix sont mêlés,

St" Les sangsues sont gorgées de sang dans une proportion de 48 à 50 Vo> ^fin de leur donner un rolume et un poids plus considérables.

3"* Les sangsues après avoir servi sont soumises à Topera* tidn du dégorgetnenty pour être ensuite revendues.

Ât"" Les sangsues sont mélangées à des hirudinées d'un autre genre, dites sangsues bâtardes (1).

S"" Les sangsues sont mélangées à des sangsues malades. L'inspection seule et la balance font reconnaître la première fraude.

La mauvaise qualité des sangsues peut dépendre, lorsque Tespèce est bonne, de leur état de plénitude qui tient à deux causes : à ce qu'elles ont été gorgées de sang depuis qu'elles sont sorties du marais, ou à ce qu'elles se sont nourries récemment dans le marais.

nature de la marchandise vendue, et 100 fir. pour dénonciation calomnieuse; flxa à un an la durée de la contrainte par corps; ordonna Tin* sertiou du jugement dans quatre journaux, un journal judiciaire, un journal de médecine et deux autres au choix du sienr M... et aux frais de L... et Y... Ceux-ci interjetèrent appel de ce jugement, qui fut confirmé, seulement avec élévation de peines. En effet, la cour d'appel condamna les sieurs L... et V... chacun à une amende de 750 fr. et à une année de prison; solidairement et par corps à payer à.M.. .j à titre de dommages-intérêts, la somme de 6000 fr. pour délit de tromperie, et celle de 2S0O fr. pour dénonciation calomnieuse et fixa à deux années la durée de la ^contrainte par corps pour l'exécution des, condamnations pécuniaires prononcées, tant dans l'intérêt de rËtat que de celui des parties civiles.

En 184S,le8 sieurs B... et G..., marchands de sangsues, furent traduits devant le tribunal corrrectionnel (7» chambre) pour vente de sangsues qui, d'après le rapport des experts, étaient gorgées dans une proportion de 89 o/o et généralement pour le quart de leur poids au moins. Sur les conclusions du ministère public, le tribunal condamna les sieurs B. .. et 6. .. chacun à 4 mois de prison et lOOO fr. d'amende, tous deux solidairement aux dépens.

(1) A Paris, les sangsues bâtardes sont également nomm^CB sangsues noires; tandis que dans le Levant et à Marseille la dénomination de sangsues noires est réservée aux espèces ojdicinales ou médicinales, par contraste sans doute avec les sangsues dragons dont les teintes sont plus claires.

Vauqmelin est le premier qai ait signalé le gorgemmit des sangsues dans le but de les grossir (i).

La sangsue gorgée a le corps moins allongé que la sangsue vide ; elle a de la tendance à se présenter sous la forme d'une olive; elle est souvent, lorsqu'elle est placée dans Teau, engourdie et comme somnolente (2) ; Faspect velouté de sa peau n^est pas lejoiême que celui de la sangsue non gorgée ; quand on la presse entre les doigts, on aperçoit un reflet rougefttre (5). Cet annélide ne s'allonge pas entre les doigts ; et quand on le presse, de la tète à la queue, on voit bieniét que le sang dont il a été gorgé s'accumule vers l'extrémité; alors, si on le presse fortement, le sang en est expulsé, quelquefois sous forme de jet (4). Ce sang est rouge et ne peut

(1) Par cette manœuvre, on convertit les sangsues dites /Uels, qui se vendent au kilog.,en petites sangsues qui se vendent au cent; les petites sangsues, qui se vendent 75 Tr., en sangsues moyennes qui se vendent 130 Tr. ; enfin les sangsues moyennes en sangsues grosses qui se vendent SSO fr.

(9) n est à remarquer que la torpeur n*eiiste pas, ou à peine, dans les sangsues qui se sont gorgées au marais; ce qui tient sans doute à ce qu*on ne les observe que lorsque la digestion est déjà avancée, et à ce que le sang qu'elles y puisent est plus compatible avec leurs organes, d*abord parce quMl provient d'animaui diflférents , ensuite parce qu'étant passé immédiatement du corps de Panimal sucé à celui de la sangsue il n*a subi aucune altération à l'air.

(3) Cependant ce caractère ne se retrouve pas dans la sangsue de Turquie, qui a un système musculaire beaucoup plus épais.

(4) Tous les procédés de dégorgement peuvent être employés dans le but de constater le gorgement des sangsues. Outre celui que nous venons d'indiquer et qui est le plus simple, on peut aussi, pour arriver au même but, plonger les sangsues dans Veau tiède salée ; on peut égale-, ment les saupoudrer de sel marin, de cendres de bois, de cendres de vigne, de tartre de vin, soit pur, soit mêlé avec portion égale de sel marin, de nitrate de potasse, en les exposant sur un grillage à la vapeur de Teau chaude. On peut encore opérer le dégorgement de ces animaux en les eicitant avec du tabac, de la soude, du vinaigre, etc.

Tous ces moyens agissent en déterminant des contractions du corps de l'animal, et sont par conséquent plus fatigants que la simple pression.

M. OUivier, ayant remarqué des cicalrices produites sur le corps decertaiues sangsues par la morsure que leur avaient faite d'autres individus de leur espèce, a conseillé de pratiquer une incision au dos de cet animal, à quelque distance sur le côié de la ligne médiane, lieu qui permet

£(re confondu avec la liqueur noir verdàtre que laisse quelquefois exsuder la sangsue des marais.

Quelques marchands ont prétendu que le sang qu'on trouve dans les sangsues gorgées provenait de ce que d'autres marchands le leur donnaient pour leur permettre de supporter le long voyage qu'elles ont à faire. Cette assertion ne saurait être acceptée; car les sangsues gorgées voyagent difficilement, et Ton éprouverait des pertes bien plus considérables qu'avec les sangsues vierges qui supportent mieux le transport.

Si 1^ sang est coagulé dans le corps de Tanimal, on peut, comme Ta signalé Vauquelin y sentir, en pressant Tanimal entre les doigts, des caillots de ce liquide rouler en grumeaux.

Comment faire la distinction du sang provenant du gorgement ou du marais? On peut, au toucher, remarquer que le sang, s'il a été récemntent administré, n'occupe pas la même partie du canal intestinal que dans le cas où déjà un mois ou deux se sont écoulés depuis que l'animal s'en est nourri. Comme on le conçoit facilement, il est d'autant plus près de la partie postérieure qu'il y a plus longtemps qu'il a été avalé. Or, comme les sangsues étrangères (i) ne nous arrivent qu'après un laps de temps plus ou- moins long, s'il existe du sang dans la partie antérieure de l'animal, on a la certitude qu'il a été gorgé. Quand il existe vers la partie postérieure de l'animal, il est probable que ce sang provient du marais. Il pourrait cependant en être autrement, si l'animal avait été gardé deux, trois, mois dans des réservoirs avant d'être vendu.

L'emploi du microscope fournit un moyen de distinguer, dans certains cas, le sang introduit par gorgement, du sang

d'éviter le vaisseau dorsal et les autres organes importants. Celte incision doit pénétrer jusqu*au canal digestif, pour pouvoir faire sortir par la pression le sang que renferme Tanimal.

Il n'est, au reste, aucun moyen de dégorgement plus complet que celui qu'on peut obtenir par le procédé de M . Joseph Martin, procédé qui consiste dans le retournement au quart, au tiers de Tanimal, et qui permet de nettoyer Tintéiieur de Tannélide.

(1) Cette remarque serait moins applicable aux sangsues provenant de France. H se pourrait qu^elles continssent une quantité considérable de sang dans la partie antérieure, bien qu'elles l'eussent réellement pris avant d'être pêchées.

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