SCAMMONÉE
scammonée d^Alep s*est vendue de 60 à G4 francs le kilog. ; celle de Smyrne, 50 francs ; la scammonée en galettes, 7 fr.
Ebermayer dit que la scammonée d^Alep est sujette à di- Terses fakîfications opérées avec de la farine^ de la cendre^ do carbonate de choux, du sable , du charborij du suc d^apoeyn. Il faut rejeter, suivant cet auteur, la scammonée qui est en morceaux denses et non friables, qui a une odeur d*MDpyreume ; qui, dissoute dans Teau, se prend en gelée par le refroidisseiiient; qui fournit des bulles de gaz acide carbonique lorsqu'on Textrait par les acides ; qui , jetée sur les charbons ardents, répand une odeur de poix, et ne fournit pas une émulsion laiteuse de couleur verdâtre.
L^odeor et la saveur peuvent encore faire distinguer la scammonée pure, de celle qui ne Test pas.
Si la scammonée contenait de la résine de gaîac , on pourrait le voir, à Faide de Thypochlorite de soude, qui communique à la solution alcoolique du mélange une coloration verte, en présence d'une petite quantité de résine de gatac.
M. Peschier a examiné une scammonée prétendue d'Alep, qui se vaadait en Suisse. Voici le résultai de son examen : elle avait une saveur fade, une odeur nauséeuse ; elle était dure, au point de résister au marteau ; elle était insoluble dans f alcool, se ramollissait dans Teau y et a paru à M. Peachier être composée de fécule ^ de gélatine, et d'une matière cdorcnte inerte. Ce produit se vendait moitié moins cber que la vraie scammonée d*Alep.
On a signalé aussi de la scammonée adultérée par de \ oxyde griS'de-plonUf, Cette fraude se découvrirait en incinérant une petite quantité de la matière suspecte ; on aura pour résidu des globules de plomb visibles à la loupe ; ou bien, les cendres traitées par Facide nitrique, évaporées à siccité, et reprises par l'eau distillée, fourniront un liquide où Ton rechercbera le plomb, à Taide des réactifs convenables (sulfate de soude, acide sulfurique^ iodure de potassium, acide sulfhydrique, etc.).
Il serait à désirer que l'on fît une nouvelle analyse de la scammonée pure ^ ses résultats seraient utiles , en ce qu ils éclaireraient sur les falsifications qu'on fait subir à cette substance.
SGILLB MÂRrriMB. MB
SCIIil-S KAaZTZMX.
La scille est la bulbe du scilla inaritima(Ksphodélée&)', elle crotten Espagoe^eD Italie, en Afrique et en Syrie.
Ces balbw sont d'une odeur et d'une saveur urès4cres et trisHNiQstiqiies, légèMmont mueilaglneuses. Les squame» es. lérieiires de cet oignon sont rouge-branâlres; celles ^ialé*rieuras sautd^unebeUe coukur Uanehe rosée : lespremièM^ sont sècbes^ les deuxièmes sont charnues, succulentes» L'em B*eKpaf8>de8 prinisipea de la soUle* mais ils sont pkis soluliles dans raioool* et le rinaigre» Lès sels de sesqoioxyde de fiar ealorent en pourpre foneé TinCusum des bulbes de soiljb Hinriânie.
D'après les analyses de IL Vogd et de M. Tilloy^ la scille contient : mttiire volatile ^ sciliitine, résine^ gmume^ tœmmi eiirate de chaax^ matière merée^ matière graae.
UsâOBs. — En médecine, on remploie comme un puissatit diurétique; pour condiattre diverses hydropisies ; oa remploie également contre Fasthme, les catarrhes chroniques ; «lie bdllte rexpeoloration.
FAiiïiiiCâTioMs. — Les bijdbes de la scille sont quelquefois falsiâées par des bulbes d'origine inconnue, désigoées sous le nom de scille française.
Eèermayer raconte qu'un négociant de Mupicb reçut de France, en lâiO, des bulbes do sciUe, à l'état frais, sous Ib nomde^eiiVe ^Ym^jaùe; qu'ayant suspecté ces' oignons, le aâgoeiant les soumit à Texamen de M. Buchner^ qui les compara avec de la scille maritime vraie. De cet examen il résulta que, tant sous le rapport chimique que soi» le rapport médical, non-seulement ils ne pouvaient être assimil&s à la scille vraie, mais encore qu'ils produisaient un effet toot difiérent de celui de la scille, qui agit comme diurétique.
Ces oignons de scille française j examinés par H. Buchner, avaient une grosseur variable : ainsi quelques-uns n'étaient pas plus gros qu^un œuf de pigeon, d*autres égalaient unœuf de poule, enfin les autres étaient de grosseurs intermédiaires; ils n'avaient pas d'odeur sensible ; ils avaient une saveur désagréable^ Acre et mucilagineuse. Leur forme était un ovale- allongé, et ils étaient composés de tuniques enchâssées les
unes dans les autres ; enfin, le soc extrait de ces oignons, frais et filtré, était d'un blanc sale, trouble et mucilagineox.
On a donné le nom d'ergot, de êeigie ergo^, de seca/e carmaum, & ergot de seigle, de èlé «orme, de teigie fiotr, k la dé** généresoenoe solide et cornée du grain de plnsîeursgraoïinées ou cypéracées; il est très-nuisible dans Tusage alimen* Ittre(l).
L'ergot est une végétalkm otriongoe, légèrement angulease ; ayant un peu la forme du grain de seigle, mais beaucoup plus développée, car il est de ces ergots qui ont de un demi-cea* timètre à un œntimètre, et même plus, de longueur. Sa forme est un peu courbée sur sa longueur, quelquefois arquée, recourbée en croissant, et offrant quelque ressemblance avec Fergot d'un coq, d'où lui est venu son nom. Sa couleur est d*un violet noirâtre, marqué de plusieurs sillons; sa cassure est compacte, nette comme oeDe d'une amande» Uancfae an centre, se colorant d'une teinte vineuse près de la surfine* L'extrémité qui adhérait à la fleur est jaun&tre ; l'autre, supérieure, libre, est mince et comme crevassée. On remarque sur les ergots, des déchirures transversales; quelquefois, elles sont au nombre de deux dans le sens de la longueur; on pourmit penser que la matière intérieure, trop à Vétroil, ainrait lût éclater les parois de la pellicule externe qui la renferme ; l'odeur de l'ergot est celle des champignons, selon d'autres, celle de moisi. Il présente une saveur peu marquée d'abord* suivie d'une astriction persistante vers i'arrière-bouche.
L'analyse de l'ergot a été foite par plu«curs chimistes, au
, nombre desquels nous citeronsVatiçiie/m, Wiggersei M .Legrip.
Voici, d'après Wiggers, lacomposition dece produit, considéré
(1) On ne saurait trop prémunir les habitants des campagnes contre l'emploi de ce grain empoisonné. De nombreux exemples attestent les ftinestes eileiB de l'emploi de farines qui contiennent du seigle ergoté.
Récemment, cinq habitants de la commune de Saint-Légcr-les- Bruyères (Allier) viennent d'éprouver des accidents terribles, causés par du pain préparé avec des Oarines ergotées. Un enfant a été obligé de subir ramputation de la jambe; la mère et trois enfants étaient dans un élat^ déplorable.
SBIGLB BRGOTi, 297
p«r les botanistes comme un champignon {sclerotium clamai de de CandoUe) : huile grasse incolorey 35; extractif nitrogéné^ analogue à celui des champignons, 7,76; extractif gommeux niirogéné, avec un principe colorant rouge, 2«53; mannite^ i,5S; albumine végétale, 1,46; ergotiney i,25; stéarine cristal' lisable^ 1,05; eérine 0,76; fongine, 46,19; phosphate acide de paiassej 4,43; phosphate calcaire^ avec des traces d'oxyde de fer, 0,29; sUice^ 0,14.
Usages. — Le seigle ergoté est employé pour Tusage obstétrical depuis i 747 ; mais déjà en i 688, Camerarius avait signalé ses propriétés. Aujourd'hui, il est très-employé, quoique quelques personnes nient ou doutent de ses propriétés. C'est un excellent hémostatique; on l'administre en poudre, potion, sirop, extrait, etc.
ÂLTteATioiis. — Le seigle ergoté recueilli dans des années pluvieuses, et qui n'est pas bien desséché, perd de ses propriétés; conservé dans un air humide, il éprouve une altéra* tion putride, dégage une odeur de poisson pourri, et devient la proie d'un sarcopte semblable à celui du fromage; celui qui est trop ancien s'échaufie, et n'a plus d'action. Pour qu'il soit de bonne qualité, on doit le recueillir à la main par un temps sec, le dessécher et le conserver dans un bocal placé dans un lieu bien sec.
Falsifications. — On eût pu croire que le seigle ergoté, produit naturel que l'on récolte en France, dans les provinces du centre, dans le Lyonnais, TOrléanais (i), ne serait point susceptible de falsifications. Cependant, il est démontré qu'on a cherché à fabriquer du seigle ergoté de toute pièce, à faire passer le charbon pour du seigle ergoté (2).