‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales (volume 5)Chapitre 67 sur 109 · M CO · texte numérisé non relu

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Il résulte des faits consignés dans ce taUean, qu'on aura affaire à un séné falsifié, toutes les fois qu'une partie du produit suspect traitée par dix parties d'eau distillée bouillante donnera un infusé peu coloré, amer ou astringent et fournissant : un résidu sec, vert, non mucilagineux ; un précipité blanc par la gélatine, rémétique; un précipité bleu, vert ou gris, par le sulfate de fer, par le deutochlorure de mercure ; un précipité noirâtre instantané, par le chlorure d'or ; un précipité jaunfttre, passant au noir par le nitrate d'argent.

Outre les falsifications que nous venons de faire connaître, il arrive parfois que l'on mélaîbge au séné, sui?ant Necioux, les feuilles du baguenaudier (colutea arbùrescens^ — Légumineuses). Les feuilles du baguenaudier sont exactement ovales, douces au toucher, non rétrécies à la base, obtuses, un peu échancrées au sommet, sans pointe. Ces feuilles sont plus vertes, plus minces que celles du séné; leur saveur est amère et fort désagréable.

/ Le séné est aussi falsifié par les feuilles de ï airelle ponctuée {vaccinium vitis idœa) (i). Les feuilles de l'airelle ponctuée ressemblent un peu à celles du buis ; elles sont ovales, épaisses, entières, obtuses, lisses et d'un vert foncé en dessus, pâles et ponctuées de petits points noirâtres en dessous; elles ont leur bord un peu replié postérieurement; ce qui cache quelques dentelures peu marquées dont elles sont munies.

Il parait également que l'on a quelquefois ajouté aux feuilles de séné celles du tephrosia apollinea (Légumineuses).

Enfin, le séné est quelquefois altéré par des taches brunes, et il est presque entièrement jaune, soit par suite des corps

(i) If. Pédroni fils a fait connaître, en 1846, que, se trouvant un jour chez un droguiste, au moment où on ouvrait une futaille de séné de Tripoli, expédiée de Marseille , il reconnut que ce séné contenait des feuilles étrangères, qu'un plus long examen lui permit de Juger être celles de Pairelle ponctuée. 100 parties de ce prétendu séné de Tripoli contenaient :

Feuilles de séné 15 parties.

Feuilles d*aîrelle 78 —

Bûchettes et débris de bois 5,50 —

Poussière et sable i,50 —

Total 400,00 — --^

SBRPBMTAIBS DE VIKGIMIB. 321

étranger» qai y sont mélét» soit par auile de la vétusté» Il finit donc rejeter ce Béné, qui ne pourrait être que miiaibia.

Daus tons les cas, quel que soit le séoé auquel on a aSure» le premier soin des marèhands dfAi être d'en séparer» à la main, les petites pierres, les bûcbette» et les autres corps étrangers. Le séné, ainsi nettoyé, prend le nom de êénémondé; mais on conçoit bien que son prix doive s'élever» en raison direete de la quantité de corps étrangers qa^on en sépare.

La racine de serpentaire de Virginie ou vipérine (œri$to* lochia serpentaria — Aristolochiées) croit dans les forêts de la Virginie, de la Caroline, de la Floride, où elle est renommée contre la morsure des serpents à sonnettes.

Elle se présente sous la forme d'un grand nombre de filaments minces, entrelacés, partant d'un collet noueux, quelquefois garni des débris de la plante ; elle a une couleur grise à Textériçur, blanche à Tintérieur ; elle possède une odeur aromatique et pénétrante, qui a quelque analogie avec celle du camphre ; sa saveur est amère ; elle contient, d'après M. Chevallier : huile volatile^ amidon, résine, albumine, mo" Hère jaune^ amère; acides malique et phosphorique combinés à la potasse, à la chatix; oxyde de fer, silice. D'après M. Buchol% : huile volatile. 3,05 ; résine jaune^ verdâtre^ 2,85 ; matière ex^ tractive, 1,07; extrait gommeux^ 18,01 ] ligneux^ 62,04; eau, 14,45.

Usages. — La serpentaire sert, en médecine, comme stomachique, emmena gogue, diurétique et même purgative; elle est employée en décoction, en teinture; elle entre dans Veau générale, dansTecm thériacale, X orviétan^ et dans des re* mèdes vantés comme alexipharmaques.

Falsifications. — Quelquefois la serpentaire de Virginie est mêlée aux racines de Xasarum virginictan^ et à celles de la collinsania prœcox.

Elle est aussi, dit-on, mélangée avec les racines inférieures de Varistolochia hastata et tormentosa, et avec celles du ^igelia marylundica.

La racine d'asarum virginicum est d'une couleur noire, u. 31

822 saora.

toCâldmeiit distiàele de It serpentsire. D« raste, ees tnk» espèces de radiies peavent facilemeiit se reoonnakre à la formé, à Todear et à la saveor; en les oosiparanl avec la vMtsble raeine 4» la serpentaire, il est imposable de s'y méprendre. UjFtwre.dmm son traité sur la SùphtsHcaHoa deê sté^anea médieammteusei, dit que Tçn substitue à la serpentaire la ra* eine de eabmret, qui a à peu près la même forme ; cependant, ajoute-t41, il est fccîle de les distinguer Totte de Taotre, paioe que la racine de cabaret a une couleur noire à Textérieur ; son odeur et sa saveur, quoique fortes, dUèrent aussi de celles de la racine de serpentaire de Virginie.

Les sirops sont des préparations ou conserves liquides, qu^on obtient avec YeaUj les infusions, les décoctions^ les émulsionSf les eaux distillées, le vin et le sucre, le tout amené, à Faidede la chaleur, au degré de consistance convenable.

Les sirops sont simples ou composés : le sirop simple rCesi formé que d'eau et de sucre ; les sirops composés contiennent plusieurs substances outre le sucre, qui en fait la base.

Les modes de préparation des sirops varient; ainsi on prépare des sirops, 1^ par la solution à froid du sucre dans un liquide ; 2" par la solution du sucre à Taide de la chaleur ; 3"" par coction et clarification ; i"" par la solution du suc dans des liquides obtenus par distillation.

Le sucre qu'on emploie varie pour sa pureté selon la nature des sirops à préparer ; mais, en générd, les substances qui entrent dans leur composition doivent être de bonne qualité.

Le pharmacien doit préparer tous les sirops qu'il délivre dans son officine, autrement il manquerait à la mission que lui impose le titre qu'on lui a conféré. En effet, qui lui garantira que le sirop qui lui est livré a été préparé d'après les indications données dans les formulaires! et supposons qu'il veui\le s'en assurer, ne devra-t-il pas employer plus de temps pour obtenir des résultats incertains qu'il n'en aurait mis à préparer lui-môme les sirops ?

Usàgbs^ — Les sirops sont employés dans divers cas comme rafraîchissants, dans d'autres cas comme médicaments.

siRora. 323

FÀLsmcàHoifb/^ Depuis qoelqaes aooàes, les confiseurs, ' les dfstillsteurs, les liqaoristes, etc. , eiit préparé des sirops en faisant usage, i« de sirop de fknle de pomtfiei de terte, de glth' cote; T de sifiip de frûmerit, êirop de Ué (préperé par la $ac^ ckarificatim de Peùnidon ati moyen deraeide sidfQriqne)(l). Le but qulls se sont proposé en employant le premier est de pouvoir obtenir des sirops k meilleur marché. En effet, le sirop de flteule de pommes de terre leur est livré de 57 à SS centimes le kilogramme, tandis qu'un kilogramme de sirop de sucre revient au moins à i fr. tO ou i fr. 20 cent, et phis. On conçoit que si on mêle, tomme cela s^est lait, 40 p. iOO de sirop de fécule au sirop de sucre, on obtient un sirop qui, au lieu de revenir à i fr. 20'le kilog., ne revient qu'à 85 cent, environ, différence de 95 cent., à l'aide de laquelle certaines maisons ont fait une concurrence funeste pour s'attirer des dients qu*eHes ont bientôt perdus, puisque le procédé qu'elles ovment employé était mis en praitlque par ceux k qui elles fUsuient d^Aotd. concurrence. Il en est résidté que le consommateur a été trompent ); que les sirops dits d'agrément ont perdu de leur qualité : en efM, leur saveur ainsi que leur propriété sacrante (S>élnéHt modifiées, ils ne sucraient point comme les sirops obtenusavecle sucre, et, dans quelques.CBs, ils donnant Heu à des maux de gorge<4). * L'introduction de sirops de gklcose dans les sirops livrés an commerce ayant été signalée à TadmAaistration , des mesures oniété prises pour fiure cesser cette frande, et lea jurys chargés -des virites dans Péris et la banlieue, et dans les divers départements, ont fait saisir' des sirops glucoses; les ven-

(1) On a vendu aux épiciers des sirops préparés avec SO p. de sirop de sucre, et 80 p. de sirop de fécule.

(S) Od sait qu'avec le mot h^n mamM on séduit, sa Franœ, no»seulement les wlTriers, mais même les personnes qui, par leur inlelligeoce et leur éâuoaUen, m devraient pas filtre ces fûtnuét économies.

(S) 400 gr. de sirop de fécule de posMMS de terre suoreot à p#ti pris la même quantité de liquide que lOSgr. de sirop de sucre , st il y a en* coredîflSreDCS dans la saveur de l^eaa sociéo à la gtaads», saveur qui n'a rien d*agréable.

(lyilll. SonMreii ^(Mrarâ nous ont ftût connaître qu'on avait essayé d'employer le riropâefêtuU dans les hôpitaux ; mais Pusage de ce

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deurs, traduits devant les tribunaux, ont été condamnés. Gels poursuites se continuent* et on doit espérer que par une ré-' pression juste et sévère on fera cesser ces fraudes, nuisibles aussi bien pour le vendeur que pour Tadieteur : pour le vendeur, en ce que la différence du prix de la glucose au sirop de sucre ne lui profite pps en raison de la concurrence ; pour Tacbeteur, en ce que le siropqu*il achète nesucre pas, et qu^il e0t forcé d'employer deux parties de sirop glucose, au lieu d'une partie de sirop de sucre pur.

On a indiqué divers moyens pour reconnattre la présence du glucoeedefiommes de terres et du glucose de froment dans le sirop de sucre (i). Celui qu'on emploie le plus souvent pour les sirops de gomme, de guimauve^ de capillaire^ d'orgeat^ consiste à traiter, dans un petit ballon, à Taide de la chaleur (kuQpe à alcool), 10 ou i5^ de ces sirops, par 10^ d'une sor Uition de potasse préparée, en prenant : eau 90^ , potasse i ^'«5. Si le sirop est exempt de glucose et de sirop de froment, il prend, par l'ébullition, une belle couleur jaune d'or. Sip au contraire, il e^ mêlé da glucose, il acquiert une couleur café, et une odeur de caramel (2).

Ce mode de faire ne peut point indiquer dans quelle proportion le mélange a été fait, il ne peut pas non plus être mis en pratique pour les sirops acides, même les plus blancs, parce que le sucre de canne interverti (3) par la présence des acides se colore aussi par la potasse ; on doit alors avoir recours à l'emploi du saocharimètoe { Voyez art. Sucre). Nous allons faire connaître ici les résultats jque M. Soubeirm a obtenus à l'aide de cet instrum^t

Pour exécuter l'analyse d'un mélange de sirop de sucre et de sirop de fécule, on se base sur ce que :

sirop a déterminé des maux de gorge, qui ont mis Tadmiaistiatioa daas la nécesssité de le faire cesser (Voy. le mémoire de M. Sovàmran, Journal de Pharmacie et de Chimie^ ^^ série, t. xvm, p. 3J8).

(1) Un marchand nous disait qu'il employait le sirop de fhnnent pour empêcher le sucre de cristalliser.

(S) Une addition de 0cr,6 de glucose lui fait prendre une couleur de vin de Malaga foncé.

(3) Le sucre de canne dévie les rayons de lumière polarisée, h droite, lorsqu'il est pur; à gauche, loi-squ'il a été inierverti.

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