SIROP DE GOMME
ment, qui n^a plus les propriétés pour lesquelles H est ordonné («)•
(1) En 1849» nous fûmes chargé, parle juge dMnstructionprès le tribunal de première iii8tance<de la Seine* d'examiner chei les sieurs L...» 0.». et B. G..., distillateurs, les sirops de gomme, d'oigeat, de guimauve, deçàpUlure, etc., qu^lls ponwent avoir en magasin. Cette visite lut ordonnée par suite de celle que le jury médical avait faite dans le département de TAube. Oo saisit des sirops môle» de glucose, ou ne contenant pas les substances médicamenteuses dont ils portaient le nom; ces siraps furent déclarés avoir été fournis par des maisons de Paris. U résulta de notre examen que les sirops étaient les uns allongés 4e glucose, les autres contenant une quantité nulle ou insuffisante des substances ser* vant à leur dénomination.
Lessieon L..., 0... et B. G... furent traduits, en 1860, devant le tribunal de police oorrectiOBneUe, sous la prévention de tromperie sur la nature de to marchandise vendue. Ils furent condamnés chacun à 200 fr. d'amende, à la confiscation des sirops saisis et aux dépens.
Le tribunal admit, par le texte même du jugement, que les sirops de gOioune, de guimauve, de capillaire, d'orgeat, devaient être préparés diaprés les formules consignées au Codex, qui sont les formules ^/jleiêlUt.
Les pharmaciens et tous ceux qui préparent des sirops na doivent donc pas se permettre de modifier la composition de cei médicaments.
Lee sieurs L..« et B«G... interjetèrent appel de ce jugement, qui ftit confirmé, sauf cependant une réduction à to fV. de fam^de prononcée contre chacun d'eux.
En mai 1850, le sieur L..., distillateur à Paris, fut traduit devant le tribunal de simple police, sous la prévention d*avoir été détenteur de sirops de gomme qui ne contenaient presque pas de gomme, et de plus ftbriqués avec du sirop de fécule ou de glucose. Le tribunal condamna le sieur L... à 10 /r, d^amende et ordonna la confiscation des boissons saisies. Ce jugement fui confirmé par le tribunal de' police correctionnelle.
Par smte d^autres visites, 20 autres distillateur de Paris furent cités devant le tribunal de simple police : les uns avaient vendu du sirop de gomme sans gomme, les aittres des sirops mêlés de glucose; ils forant condamnés à 6 et 10 fr. d'amende et aux frais.
La même année, après une visite du jury médical d'Orléans, 28 droguistes, confiseurs et épiciers de cette ville furent cités devant le tribunal correctionnei, comme prévenus d'avoir employé delà glucoseaa lieu de sncredans la febrication des sirops de sucre, de guimauve, de gomme et d'orgeat, ou d'avoir f^i des sirops ditaet étiquetés siropsde gomme, de guimauve, de capillaire, et qui ne contenaient ni gOQune, ni guimauve, ni capillaire. Le tribunal renvoya de la plainte tousle»épicier8,comme n'ayant "point fabriqué les sirops saisis, plus i ou 3 fabricants qui se trouvaient dans une position spéciale et à Kégard desquels, par exemple, on n'éta-
330 smw PB GomÊft.
Le MTop de goirnne a été a44itiaDué d« glucone (f ). Oa a indiqué» pour reconnattre ces falsifications, l'emploi, !<> de la potasse, à Taide de la chaleur (2); 2» remploi de Talcool. On
blissait pas le fkii de Tente des sirops «saisis en debors de leon offioioee; et sur les IS prévenos âistanU, il en aoqoitta l, déelal» les 8 autres coupables du délit de tromperie sur U nature de la maiebandiea» et lestx>Ddamna, en vertu de rarilole 4 il du Gode pénal» à SO fr. d*aaMnda et à la confiscation des marehandises saisies* Les i prévenus . kiterjesftrent appel de ce {ugement. La coar d'Oriéans reaadii un anéi oon* traire à celui de la cour de cassaHon, renvoya i prévenus des fins de la plainte et confirma pour les S autres le jugement du tribunal correctionnel, mais en les condamnant, en outre» aox frais de première instance et d*appel, en ce qui les concerne.
Get arrêt de la cour d*Orléans portait : Le Code phamiaeeotique et les formules quMl eoniient ne sont obligatoires que pour les pèanna» ciens. En conséquence, les distillateurs ou confiseurs qui vendent des sirops dans la préparation desquels n*entre pas la quantité des principes éffiulsifs ou médicamenteui déterminée par le €odei ne peuvent ène pouronivis comme ayant trompé les adieteors sur la nature de la mar* obandise. n n'en est pas de même à regard des sirops préparés avec du sucre de fécule ou glucose, au lieu de sucre ordinaire, ou qui ne eon* tiendraient pas les substances sous lesquelles ils sont dénommés et étiquetés; dans les divers cas» si Tacbeteur n'est point averti qu'on lui vend un sirop qui ne contient pas de sucre ordinaire» ou qui n'est pas conpoeé avec la substanee indiquée sur l'étiquette, il y a troauperie sur la nature de la marchandise, et par conséquent délit dans le sens de rartide 423 du Gode pénal.
La fabrication ne constitue point le délit ; mais il eiiste, alors quTil y a eu vente, ou même simfte exposition ou mise en venie, de la part du fabricant.
En ISôl , S distillateurs de Paris,! confiseurs et t pbarmaôien ftirsnt traduits devant les tribunaux et condamnés pour faisifioatioa de sirops, par suite de saisies que firent les professeurs de l'Rcole de pharmacie.
Lee prévenus ne forent condamnés qu^à 6 et 10 fr. d'amende et à Tefi^sion des sirops saisis.
Deux autres distillateurs de Paris ftirent condamnés à 100 fir. d*araende pour vente de sirops glucoses.
Nous pourrions encore citer beaucoup d'autres exemples de AUsIfication des siro)>s.
(1) On a préparé du sirop de gomme avec du tUrop d9 snen môIé de iiropdêféeulê, puis additionné d'une solution de ffHméku.
D'autres ont mis en vente des sirops étiquetée itrùptdêf0mmegkioo»éit pensant vendre un produit perfectiOMié I
(t) Le sirop de suore mêlé de «trop de miH se colore aussi par la potasse è ralde de la chaleur.
Bbermayer parie de sirope ainsi mélangés.
siaop hE GOMue.. 331
introdiii|( dan^ au tabe iO p. de sirop de gomme, eX on igoute 90 p. d'fUcool à 55 degrés, puis on agite. La gomme est précipitée par Talcool à l'instant même ; elle, se dépose sous forme de filaments qui la fixent sur les parois du tube. On peut séparer Talcool, puis laver la gomme à Taide de ce vébioule^ la îaiiv dissoudre dans l'eau, et évaporer, afin d'en prendre le poids.
Mais ces moyens ne sont pas toujours suffisants ; en effet, voici ce que dit H. Soubeiran :
a La viscosité et la propriété de précipiter par Talcool «t étant communes au sirop de gomme et au sirop de fécule, a ^la fraude se fait sentir ici plus que jamais. Il est facile de la a reconnaître : i^ par la potasse qui, à Tébullition, colore le a sirop de fécule en noir, tandis que le sirop de gomme reste a blanc dans les mêmes circonstances ; ^ par Talcool. En a effet, en ajoutant à chacun des deux sirops un volume égal a au sien d'alcool à 54"*, le sirop de gomme devient très-laia teux, tandis que le sirop de fécule reste transparent, ce qui a tient à ce que la dextrine est soluble dans Talcool affaibli, a Une plus grande quantité d'alcool déterminerait une préce cipitation, mais toujours moins abondante que celle pro-* « duite dans le sirop de gomme (i).
« On peut encore avoir recoors au saccharimètre. Q « suffit de savoir que le sirop de gomme pur, marquant « S9° bouillant, a pour densité^ à la température ordinaire^ a i,52i, et qu'il contient alors en poids i partie de gomme a arabique, i partie d'eau et 8 parties de sirop, et en voa iume i partie de gomme, i partie d'eau eti 6 parties de a sirop. Or, un poids de gomme arabique, dissous dans 9 « parties d'eau, exerce au saccharimètre une rotation vers la a gauche de 28<>; la rotation de la gomme seule est donc de a 280o. Comme le sirop de gomme en contient Va de son a volume, l'effet sur i volume de sirop est de 55» à droite, a Le sirop de sucre a onê rotation de S80;, soit pour t vo- « lûmes 31S0»; lesqnéis 6 volumes, étant dans le sirop» a étendus à 6 volumes, donnent, pour la rotation de i vo^ a Iume de sirop S90<» à droite.
(1) Cette précipitation a des caractères bien différenis : le sirop de' gomme donne an précipité ftlafnentewt;\B sirop de fécule, un précipité qui se sépare au f<md du vase ei<ttti a une apparenee sirupeuse.