SIROP DE GR0SH1LLBS
aû saccbftrimètre. Voici oe qoe dit H. Sùubeiràn à ce sujet :
i Lorsqu'on opère sur des sirops acides, la méthode etn- « ployée pour Fanalyse d*un mélange de sirop de sucre et de « glucose n*est plus applicable : car on opère sur un liquide « rignfermant, i»du sucre de fécule qui dévie à droite la lumière « polarisée; 99 du sucre de canne interverti sous Tinfluence « de Facide, et qui dévie à gauche cette mém^ lumière ; <x 3p enfin, du sucre de canne qui n^a pas encore été changé» et a qui dévie à droite le rayon de lumière polarisée.
« Il devient, dès lors, diflScile de dire dans quelles propor-* a lions le mélange a été fait ; et Ton ne peut même faire usage, Q en pareil cas , de la potasse, qui colore le sucre interverti a comme celui de fécule. 11 faut ou précipiter le sirop sus- <x pectépar Talcool, qui dénote la présence de la dextrine; ou « intervertir le sirop, et mesurer sa rotation dans le tube de G 0^,m II doit marquer alors de 19® à SO® à gauche, s*il a été a fait avec du sucre de canne ; et avoir une rotation plus fuble < à gauche, et même une rotation à droite, s'il est entré dans a la composition^ , du sirop de fécule. Avec le sirop de fécule a marquant 100^ à droite, qui se trouve aujourd'hui dans le et commerce de Paris, Tintervention du sirop , étendu de 9 a volumes d*ean et de i volume d'acide chlorhydrique, fierait, a pour les sirops acides, toujours moins cuits que les autres <x sirops, s'ils ont été faits avec
. Sucre pur. . , 17o,70 à gauche.
J/iO sirop de fécule 7^70 »
3/10 » ^,34 k droite.
3/ld n I6,ft »
<4/fte » M,a
se reconnattre au trouble qu'il produit avec une solution aqueuse de gélatine. Ce trouble eet dû à ce que la gélatine en alunissant au tannin dn vin donne lieu a« tonnoM de gélatine insoluble. ' Oft no«8 a fait oonnattre aussi que oertaineA personne» ont vendu du sirop de groseilles fabriqué avec 60 de sirop de sueref 80 de eirop de tknàe ; le tout coloré par les fiewrt de coqiMUcoi et acidulé par Vadde tartrique.
336 SIEOP DE GROSEILLES.
a Hais les résultats fournis par cette expérience ne sont a vrais que lorsqu'on n'a pas dans le mélange un sirop de a fécule ayant une rotation différente , comme cela arrive a avec un produit nouvellement introduit d^ns Je commerce, a connu sous le nom de sirop de blé, et qui a donné 474^ à a droite, au saccharimètre, et 170'' à droite, après Taction de a l'acide cblorhydrique.
a Une autre difficulté se présente également lorsque le « sirop acide a été fait avec des jus de fruits, parce que ceuxa ci contiennent naturellement du sucre tournant à gauche. a Mais heureusement» l'influen/ce de ce sucre naturel est trèstt faible ) parce que les sucs de fruits n'en contiennent que a très-peu. Leur densité ne s'élève jamais à plus de 8 ou iO», a ce qui, en supposant qu'elle fût due en entier au sucre de a fruits, ne correspondrait^qu'à une déviation à gauche de 5 (t à 6^; et comme, d'ailleurs, ces sucs n'entrent guère dans a dans les sirops que pour le tiers du volume, il en résuite <i qu'ils ne peuvent causer qu'une différence qui ne s'élève « pas à 2"".
« L'acide tartrique , qui a un pouvoir de rotation sur la a droite, ainsi que celui du sucre de fécule, peut bien conduire a à des résultats erronés, quand il se trouve dans les sirops « acides. Hais on peut négliger son effet, en raison de la petite « quantité d'acide tartrique qui entre dans les sirops ; et cet a effet est d'ailleurs nul dans les méthodes, qui conduisent à « connaître le volume de sirop de sucre de canne qui fait « partie du mélange. »
Quant à l'addition d'une matière colorante étrangère, elle se reconnaît à l'aide des alcalis : le sirop qui contient la matière colorante de la groseille vire, par les alcalis, à la couleur vei^te ou à la couleur vert-brunàtre ; les sirops de groseilles colorés par des matières étrangères ne changent pas de couleur, ou en acquièrent une violacée.
Si le sirop a été préparé à l'aide de l'acide tartrique , on peut le reconnaître en l'additionnant d'une certaine quantité de chlorure de potassium, agitant, laissant en repos ^ il y <i) dans ce cas, formation d'un dép6t cristallin de crème de tartre (bitartrate de potasse).
SIROP DK GUIMAUVE. 337
BISLOV »B OVIMAimB.
Ce sirop se prépare avec un macéré déracine de guimauve (cdthœa officinali$)y et du sirop simple, d*après la formule suivante :
Racine de guimauve incisée lOO
Eau froide 600
Sirop de 9ucre 8200
Il contient donc 31 grammes de guimauve pour iOOO grammes de sirop ; il ne doit pas être sensiblement coloré.
UsAGRs. — Le sirop de guimauve, en raison de son mucilage, est employé dans les affections avec irritation et inflammation, il est donné comme calmant et émollient pectoral; ou en fait usage dans les rhumes, les inflammations intestinales, la fièvre, etc.
Falsifications. — Sous le prétexte que le sirop de guimauve dans lequel on fait entrer de la guimauve est sujet à s'altérer, on livre dans le commerce du sirop de sucre coloré^ ou du sirop de sucre glucose aromatisé avec une petite quantité d'eau de fleurs d'oranger, auquel on donne gratuitement le nom de sirop de guimauve. La vente d'un semblable produit est une fraude qui peut être nuisible au malade. Le sirop de guimauve bien préparé peut se conserver assez longtemps. Dans tous les cas, si on en manque, on doit le déclarer aux demandeurs, et le préparer du jour au lendemain. On a ainsi rempli son devoir , et on n'a pas trompé l'acheteur sur la nature d'une préparation destinée à l'usage
médical.
On reconnaît que le sirop de guimauve est bien préparé : 1" parla dégustation; 2» à l'aide d'une solution alcaline* Par la dégustation, on retrouve la saveur particulière de la guimauve \ la solution alcaline de potasse ou d'ammoniaque fait prendre au sirop de guimauve une couleur jaune verdâtre. Pour faire ce dernier essai, il ne faut pas que le sirop ait une couleur jaune; ce qui tient à ce qu'on a employé du sucre de qualité inférieure, ou du sirop qui avait été macéré
338 SIROP d']PÉGAGUÂ5HA.
avec certains fruits. Mais les sirops provenant du traitement des fruits^ ne doivent point entrer dans les préparations de sirops qui ont une dénomination caractéristique^ indiquant les principes qu'ils doivent contenir.
Le sirop de guimauve glucose brunit lorsqu'on le traite par la potasse, à Taide de la chaleur.
Ce sirop, fait avec Textrait alcoolique d'ipécacuanha, dissous dans de Teau distillée et additionné de sirop simple (i), est un médicament qui ne doit être préparé que par le pharmadieki.
DsAGBs. — Ce sirop, destiné surtout aux enfants, est le plus souvent donné comme vomitif. On Tutilise pour débarrasser Testomac des sécrétions muqueuses dans la poitrine, que Fenfant avale et ne rejette pas coiûme le fait Tadulte.
FALsuficATioiis. — Le sirop d'ipécacuanha a été falsifié. Nous avons eu à examiner un sirop qui portait ce nom, et que l'analyse a fait reconnaître pour être un sirop fait avec du sucre impur ^ et dans lequel on avait ^fait dissoudre de Yémétique.
On reconnaît cette falsification, !<> en étendant le sirop d^eau pure, et en y faisant passer un courant d'acide sulfhydrique : Tantimoine, dans ce cas, est précipité à Tétat de sulfure, on le recueille et on constate sa nature; S^en faisant évaporer le sirop, carbonisant et incinérant, traitant les cendres obtenues par Teau régale, faisant évaporer pour chasser Texcès d'acide : puis, après addition d'acide tartrique, on fait bouillir, on filtre et on introduit dans l'appareil de Marsh; 3<» en carbonisant le sirop à l'aide de Facide sulfurique, traitant le charbon obtenu par de'l'eau et Facide tartrique, faisant bouilr lir, filtrant la liqueur, et Fintroduisant dans un appareil de Marsh, fonctionnant à blanc. Si le sirop avait été additionné d*émétique, on obtient alors des taches antimoniales, dont on constate les caractères chimiques.
(1) 30 gi*. de sirop d'ipécacuanha contiennent 0,îO gr., d'extrait.
smor b'oroeat. 3S9
Le sirop de limom se prépare avec le auc dépuré obtenu des limons (citrus limùmm\ et le aocare blanc. On pDépare de même le sirop d* oranges.
UsAcos. — Les sirops de limons et d'oranges sont antisep* tiques^ rafraichisaaots ; on les presoril dans diverses maladies^ contre les vomissements» le scorbut, les fièvres putrides.
ALTfiiATioirs. — On substitue quelquefois Yatide tartrifue au suc dé limons ou d'oranges. On reconnatt cette sobatitotion en traitant le sirop soupçonné par une solution concentrée^ de chlorure de potassium qui, au bout de quelques faeuresj donnera un dépôt grenu et cristallin de crème de tartre ^ si le sirop contient de Tacide tartrique.
Ebermayer dit qu on a quelquefois substitué le vinaigre au suc de limons, mais qu'on s'aperçoit de cette substitution^ à i Todeur acétique que répand le sirop ainsi préparé. On pour- I rait, à l'aide de la distillation, séparer une partie du vinaigre i employé.
Ce sirop, qui s^obtient avec une émulsion dans la prépara-* tion de laquelle on fait entrer des amandes douces, des amandes amères^ du sucre et de l'eau de fleuris d^oranger, es( un des sirops les: plus agréables lorsqu'il est ^bien confectionné, n est opalin, d'un blanc jaunâtre. La matière émulsionnée se sépare souvent du sirop par le repos; on est forcé de l'agiter lorsqu*on veut s'en servir.
Le sirop d'orgeat étendu d'eau doit fournir une émulsion agréable, sucrée et aromatisée.
UsAGBS. — Le sirop d'orgeat s'emploie le plus souvent comme sirop d'agrément; il est aussi ordonné par les praticiens, comme rafraîchissant et sédatif. Mérat et Delens disent que ce sirop ^ pris pur à la dose de 50 grammes^ est un calmant douXy d'un effet plus certain que topium^ pour beaucoup de personnes; qu'il n^a points comme l'émutsion^ Fincaiwénieni de peser ^ â!ètre froid , comme on le dit, sur V estomac.
340 SIBOP DE YIOLBTTES.
FALSincATioKS. — ^Le sirop d*orgeat a d*abord été falsifié par la soastraclîon d'une partie des amandes qui fournissent Pémulsîon qu'on doit y faire entrer ; puis par l'addition du sirop de glucùse^ addition qui se faisait, dans quelques maisons, ainsi que nous l'avons constaté, dans la proportion de 35 de sirop de glucose pour 66 de sirop de sucre.
Le sirop d'orgeat est susceptible de s'altérer et de s'aeidi^ fierklh longue. On reconnaît facilement au goût cette altération.
Le sirop d'orgeat méié de sirop de glucose est reoonnaisaaMe ea ce que, traité par la potasse, à Taide de la chaleur, il se cobre m brun, ce que ne fait pas le sirop qui n'a pas été additionné de glucose ou de sirop de froment.
Le sirop de violettes s'obtient à l'aide d'une infusion de fleurs de violettes {viola odorata) , et de sucre très-blanc. Il doit avoir une belle couleur bleue, une odeur agréable de violette, une saveur douce et mucUagineuse ; il est sujet à fermenter, et sa couleur s'altère.
Usages. — Le sirop de violettes est employé par les chimistes comme réactif; il est employé, en médecine, pour édulcorer les boissons, dans les cas de rhume, de catarrhe, dans les légères inflammations des voies aériennes ou digestives; il entre dans diverses préparations.
Altérations. — Le sirop de violettes s'altère quelquefois, et, surtout dans les années humides, il entre en fermentation ; il perd alors sa belle couleur bleue. Quelquefois on remarque une espèce de précipitation suivie de décoloration.
On a substitué au sirop de violettes du sirop préparé avec d'autres fleurs d'une couleur analogue à celle de la violette, telles que la fleur du pied d'alouette, celle de la pensée tricolore ; puis on ajoutait un peu d'tri s de Florence pour lui donner l'odeur de la violette. Le sirop ainsi préparé sera facilement reconnu : son odeur n'est pas la même, sa saveur a de Fàcreté. Il faut alors comparer le sirop suspect avec du vrai sirop de violettes.
Selon EbermayeTj on a fait du sirop de violettes en se ser-
SON. 34 i
vant do choux range, du coguelieot^ de Y airelle, et biaxoX virer la couleur de ces parties de plantes avec œie petite quantité de potasse. Mais tous les sirops artificiels préparés avec ces substances peuvent être reconnus immédiatement par les alcalis, qui ne leur communiquent pas la couleur verte que prend le sirop de violette dans les mêmes circonstances.
Nous avons vu du sirop dit de violettes préparé avec le tournesol et Y iris; ce sirop ne prenait pas non plus la couleur verte lorsqu'on le mettait en contact avec une eau alcaline. Il n*a pas une couleur bleue franche, sa teinte est violàtre, et lorsqu'on interpose le flacon qui le renferme entre Fair et la lumière, il parait d'un rouge intense ; sa saveur est urineuae et désagréable.
On a préparé du sirop de violettes avec Yiris, du sirop de sucre et une solution d'indigo. Ce sirop serait reconnaissable en ce qu'il ne verdirait pas par les alcalis, qu'il ne se colorerait pas en rouge violet par les acides.
On a fait du sirop de violettes avec deTim germanica seul, ou mêlé de i/5 de violettes et aromatisé avec la poudre d'i'm de Florence. On a employé aussi, dans le même but, Valcœa atropurpurea (?). Cette plante, très-commune dans les jardins, donne une teinture d'un rouge vineux; ce qui porte à douter de la sophistication.