SOM
Le son onrecoupe^ reeoupette, est la partie corticale des graines de céréales dont on débarrasse la farine par le tamisage.
Le son gras contient toujours, suivant MM. Parmentier et Herpin, 75 7o de farine.
D'après une analyse de M. Millon^ le son a la composition suivante :
Amidon, dexirioe, sucre 53
Sucre de réglisse l
Gluten 14,9
Matière grasse 3,0
Ligneux 9,7
Sels 0,6
Eau 1 3,9
Matières incrustantes et principes aromatiques. 3,4
Total 100,0
Umqi. — Le son dgt employé prûMipakmeiH à la noiurituro^det anioiaiix doioeftiqiies.
ALTtaÂTioiis.--«Le80D, les reooupette», sont quelquefius altérés par suite d'une mauvaise conservation. Yoid an memple de ce qu'on observe dans ce cas :
En mai iS44, nous fûmes chargé .par IL Cwoerdml de Vassister et de raeoompagner dans rétablissement du sieur M..., situé à Ivry, à Feffet de reconnaître la nature et Fétat dans lequel se trouvaient des reooupettes et des remoulages. Nous reconuthnes que ces reooupettes et ces remoulages étaient en tas dans les greniers, qiiiU étaient éetumffé^^ qu'ils répandaient une finie odeur de moisir enfin qm*iU étaient dété^ riorés. Selon nous, ces produits étaient dans. un élat qui ne permettait pas de les Caire entrer dans la nourriture des animaux. En effet, on sait que le développement des moisissures dans les substances alimentaires destinées aux animaux peut donner lieu à des accidents plus ou moins graves, même causer quelquefois la mort.
Des échantillons de recoupette et de remoulage ayant été pris chez le sieur H..., nous les examiaftmes comparative* ment avec des remoulages et des recoupettesde bonne qualité. On reconnut:
io Que les recoupettes prises ches M... avaient un poids spéciBque plus considérable que les recoupettes de bonne qualité. En effet, celles de M... pesaient 300 grammes le litre, tandis que les recoupettes de bonne qualité ne pesaient que 215 grammes, différence 87 grammes.
2» Que les remoulages pris chez M... présentaient des différences analogues de pesanteur. En effet, ils pesaient 396 grammes le litre, tandis que le remoulage pris chez un grènetier ne pesait que 319, différence 77 grammes.
30 Que les recherches faites sur les recoupettes et sur les remoulages de M... ont démontré que ces issues ne contenaient ni substances terreuses, ni sciure de bois.
40 L*examen de ces recoupettes et des remoulages, fait à Taide du microscope, nous a démontré que ces issues ne provenaient pas seulement du blé, mais qu'elles contenaient des traces de péricarpes qui nous ont paru appartenir à des semences de seigle, d^orge et de fèves.
FALsincATiomk — En I84O9 M, Legage^Picau a signiilé la falsification du aoD par la mt4re de bai$ blanc^ qu'on 7 ayait mélangée 4ans la pToportion de 35 à 40 Vo*
Ce fion avait été liyré au sieur G. . . , nourrîsseur à Paris» qui ayait soupçonné la fraude par la quantité moindre de lait que sa vacbe lui fournissait d^uis qu'il employait cette nouvelle livraison de recoupa.
Par un examen attentif au microscope, M. LesageJ^icofii put reconnaître des parties ligneuses blanches d'un aqpect micacé, mélangées de petites plaques couleur de rouille, qui étaient le son, et de poudre blanche qui était la farine. Les parties ligneuses blanches furent séparées par des lavages rép^és sur un tamis.
Le son dont il est parié dans cet article fut le siqet d'un rapport que nous transcrivons ici vu son impoitance et $aa utilité dans le cas où cette falsification, qui est plus commune qu'on ne le pense, serait de nouveau mise en pratique.
a Nous, etc., chargé d'examiner du son de blé dit ffvmpud lage^ saiH chez les siewrs M. et G., dans le buide recomkdtre « si ce son contient des svèstanc^s étrangères^ nous noua aoma mes fait remettre les échantillons du son à examiner» Ces < échantillons étaimit au nombre de six: quaivei avaient été « prélevés dans de grands sacs déposés au greffe; le cina quième provenait d'un grand sac qui se trouvait dans le «t même lieu, mais qui n'était qu'à moitié plein; le sixième a était dans un petit sac, dit musette^ qui se trouvaîl aussi au «r greffe.
CI Voulant agir d'une manière comparative, nous nous prête curftmes d'abord des échantillons de son, éii remonlagt <i pur; puis nous examinâmes successivement et séparément <r une portion de chacun de ces échantillons, soit à l'aide de la tf loupe, soit en nous servant du microscope.
« Nous reniarquftmes par suite de cet examen^ qui fiit fiiit a avec la plus grande attention et à plusieurs reprises, qu'il (( existait dans les six échantillons de son provenant des ma- « gasins des sieurs M. et G. des corps allongés qui n'appara tiennent pas au son, qui n'existent pas dans le son pur; « corps allongés que nous regardons comme étant de la sdure ce de bois blanc.
« Voici comment nous avons opéré sur les sons saisis cliez et les sieurs M. et G. Une forte pincée de chacun de ces pro- « duits a été placée séparément sur une feuille de papier, à a laquelle on a imprimé le mouyement de va^et -vient: les d parties les plus grossières s'amoncelèrent à la surface ; les a unes étaient d*un blanc rosé, les autres d'un jaune^paii/e, a et un grand nombre d'un blanc pâle. Ces dernières présen- « taient une forme allongée, les extrémités en étaient légèrea ment enroulées.
«c On a placé entre des lames de verre 40, 30, 50 de ces « corpuscules de teintes différentes et de volumes variables ; « puis, par capillarité, on a introduit entre ces lames de Teaii a iodée, très-légèrement aiguisée d'acide acétique. A Finstant « même tous les globules de fécule provenant du son se sont « colorés en bleu, et on a pu observer au bout de quelques « minutes les phénomènes suivants, soit en s'aidant d'une a simple loupe, soit en faisant usage du microscope : les cor- « puscules jaune-paille avaient pris à leur face opposée une « teinte bleuâtre, que l'examen microscopique démontrait « être due à un grand nombre de gnûns de fécule, enchâssés « dans la trame organique végétale. Ces corpuscules jaunea pailie composent la partie ligneuse ; le son, les corps blancsa rosés sont fbrmés par une proportion plus considérable de « fécule : aussi Teau iodée les bleuissait presque entièrement, a Quant aux corps allongés, voici ce qui se passait : ils jau- « nissaient au bout de 3 ou 4 minutes, et la teinte se fonçait ff de plus en plus, surtout vers les bords. L'examen microscoff pique faisait reconnaître que la trame ligneuse était difféa rente de celle du son, et que les extrémités filamenteuses, < déchirées, avaient le même aspect enroulé ; en outre, il a n^y avait pas de fécule se colorant en bleu, ou, si on en a apercevait, c'étaient des globules qui, provenant du son, a se trouvaient interposés entre le ligneux et la lame de <K verre. Dans ce cas, les granules, au lieu d'être bleus, pa- « raissaient noirs, en raison de Topacité du corps ligneux cona tre lequel ils étaient appliqués.
a Ces essais, faits, comme nous l'avons dit, sur les six a échantillons différents, nousportent à les considérer comme (X étant un mélange de son et de sciure de bois en quan*
d tité très-notable, mais dont nons n'oserions évaluer la a proportion, en raison de la finesse d'une partie de cette a sciure.
«( Les firagments de sciure qui sont plus visibles que « les autres peuvent offrir une largeur de i demi-millimètre, a une longueur de iO millimètres. Ces dknensions semblent a indiquer que les bois blancs qui ont fourni la sciure doi- « vent être sciés à Taide d'un instrument dont les dents ont a une largeur d'environ i millimètre, sur une profondeur « de 3 à 4 millimètres.
« La présence de la sciure de bois dans les échantillons de « son que nous avons examinés nous ayant été démonUrée, 4 nous avons cherché par divers essais à isoler le son de a la sciure de bois, afin de reconnaître dans quelles propor- « tiens le mélange avait été fait ; mais ces essais ne nous « permirent pas d'atteindre le but que nous nous propo- « sions.
a Le premier de ces essais fut fait en prenant le mélange, a le mouillant avec de l'eau, faisant une pftte, délayant cette a p&te dans l'eau et la jetant sur un tamis de soie. L'examen a du produit qui restait sur le tamis, fait à l'aide du micro- « scope, nous démontra que la portion séparée qui restait sur « le tamis était encore un mélange de son et de sciure de « bois.
a Le deuxième essai fut fait en délayant le mélange dans « Teau et coulant le tout sur un tamis de crin, lavant avec « de l'eau filtrée jusqu'à ce que l'eau, traversant les mailles du a tamis, f(!fct claire et limpide ; laissant ensuite sécher le résidu « qui se trouvait sur le tamis : mais Texamen de ce produit fit « reconnaître qu'il était composé de son et de sciure de bois ; a le produit qui avait passé à travers les mailles du tamis était (( aussi un mélange de son et de sciure de bois.
a Le troisième essai fut fait en jetant sur de Teau de petites « portions du mélange de son et de sciure : nous pûmes aussi a isoler une portion de cette sciure, mais l'autre partie se a mouillait bientôt et se mêlait avec le son.
a Nous essayâmes, en outre, de séparer le son de la sciure « en nous servant de réactifs chimiques, comme l'acide sula furique étendu, les solutions alcalines; mais nous ne pûmes.
a par ces moyeùs^ panroiir à séparar ces deai corps, et a établir les proportions du rnéboge.
a Voulant cependant démontrer au tribunal qui nous avait a chargé de Texamen du son saisi chez les sieurs M. et G., « que ce son était mêlé à de la sciure de bois, nous chera chftmes de nouveau quels étaient lee moyens à employer « pour isoler une partie de cette sciure ; remploi d'ilù tamis « de crin à mailles peu serrées nous a paru le moyen le plus « convenable. En effet, des échantillons, au nombre de six, a ayant été soumis à Faction de ce tamis, ils nous fournirent a une poudre dans laquelle on distingua facilement la sciure a de bois, sous forme de corps blancs, allongés, dont les ex- « trémités sont enroulées»
« De tout ce qui précède il résulte pour nous : lo que le son «[ que nous avons examiné, par suite du jugement rendu par a la sixième chambre, le 9 décembre isio, a été mêlé à de « la sciure de bois ; ^ que ce mélange a une moindre valeur « que le son , et qu'il peut être nuisible à la santé des ania maux qui en font usage (i). a
Le son a aussi été mêlé avec des eriblures^ avec des matières terreuses et du sable.yoid ce qui fut observé :
En 4847, nous fûmes chargé, en compagnie de deux négociants, et en vertu d'une ordonnance rendue contre le sieur P., d'examiner des remoulages livrés au sieur N., et les pièces à conviction à l'effet de donner notre avis sur la nature de cette marchandise, et de dire : 1<> si le remoulage saisi contient ou non des substances étrangères ou nuisibles ; ^ quelle est la nature de ces matières étrangères.
Nous fimes tontes les expériences convenables, qu'il serait trop long de rapporter ici , et nous conclûmes dans notre rapport :
(1) Le rapport fait, Taffaire fut pourouivie : les falsiûcateurs furent interrof^és à Taudit^iice; des Toituriers qui avaient conduit la sciure de bois dans les magasins des fraudeurs furent entendus; enfin il interTint un jugement de la 6» chambre, jugeant en police correctionnelle, le 2â juin 1S41, qui condamna : !<> les sieurs M. et B. chacun à 6 mois de prison et à 1000 fr. d*amende ; 2« le sieur M... jeune à 3 mois de prison et 200 fir. d'amende; S» enfin solidairement les sieurs M... et 6... aux frais, avec contrainte par corps pendant un an.
SOUDES. 347
a lo Qae le remoùlage yeoda i>ar le lienr P. antic^JH, a était, mêlé à des matières terreuses, à da sable, dans la piroa portion de 5 pour 100 ;
a i^ Que ce mélange popysit bien provenir de ce que Ton 0 aurait ajouté au remoulagp et après la mouture, des criblua res, des balayures de moulin;
a Z9 Que noius ne pensoos pas que ces substances terreu* a ses, qui sont en petite quantité dans ce remoulage, puissent a èive nuisibles à la santé des anin^aux ; mais nous devens a dire que les substances ajoutées ne peuvent servir à leur a alimentation.]»
Ce sable, en raison de sa pesanteur^ pouvait être séparé par le lavage et pesé.
L'incinération du son ncnrmal et de celui qui est môle de matières t^rreusies fournit des résidus dont la quantité peut servir à démontrer la fraude.
On nous a signalé un individu comme recueillant partout les criblures des moulins pour les mêler au son. Ces cribliires, qui ont peu de valeur, contiennent des débris de semences diverses, des fragments de cailloux; elles sont moulues avant d*être. mélangées; Fexamen microscopique des sons contenant ces mélanges, la caldnation et riucinération de ces produits^ faile comparativement avec du son pur, peuvent faire reconnaître la fraude.
Sous le nom de soudes on comprend, comme pour les po* tasses, les soudes du commerce et les soudes caustiques^ à la chaux ou à C alcool.
\** SouDBS Dt comnacB.
Les soudes du commerce se distinguent en soudes bruieg^ naturelles ou artificielles^ et en sel de soude cristallisé.
Les soudes naturelles sont des carbonates de sou^e impursf résidus de Fincinération de certaines plantes venues jiur les bords de la mer ou dans des terrains salés ; on les extrait aussi en Egypte, en Hongrie, en Amérique, après Tévaporation spontanée de petits lacs d'eaux alcalines salées. Ces soudes
348 SOUDES.
naturelles portent le nom de natran^ et sont formées de sesqnicarbonate de sonde, de sel marin, de sulfate de soude et de quelques centièmes de matières insolubles. Le natron est gris-brun sale , il est en masse comme boursouflée, sa cassure est grise et grenue , il jouit d^une légère transparence ; mis sur les charbons ardents, il devient opaque.
Les soudes naturelles portent le nom du lieu de leur extraction. Les principales espèces sont les suivantes :
La ioude (TAlicante^ connue sous le nom de barille (i). H y en a de trois sortes : la première, désignée sous les noms de toude (TAlicante douce^ barille douce, soude de première qualité^ est d'une couleur cendrée, en masse assez bien fondue^ sa couleur est semblable à celle des scories de soufre ; la seconde, ou barille mélangée^ est d'une couleur noirâtre, remplie de boursouflures dans Fintérieur, très-dure et à cassure nette ; la troisième, nommée bourde^ contient beaucoup de sel marin et de charbons légers, qui viennent flotter à la surface de ' Teau dans laquelle on la dissout. Ces trois espèces de soude
/ d*Alicante contiennent de 25 à 40 7o de sous-carbonate de soude pur.
Parmi les soudes d'Espagne, qui sont en général très-es«
/ timées dans le commerce, il y a la soude de Malaga; la soude
i de Carthagène, ressemblant à la barille mélangée, et supé-
' rieure à la bourde.
La soude de Ténériffe, dans l'Ile de oe nom, est fournie par le mesambrianthemum cristallinum (Ficoïdées).
n y a trois espèces de soudes françaises : i^ la soude de Narborme ou salicor^ extraite du salicomia œmua^ plante cul-
\ tivée aux environs de Narbonne. Cette soude contient 14 à
/ 1 5 7o de carbonate de soude .
^ La soude d* Aigues^-Mortes ou blanquette^ foiunie par le salicomia europœa^ le salsola tragus^ Yatriplex portulacoides^ le salsola kali^ le statice linumium, de la famille des Chénopodées. On la prépare sur les bords de la Méditerranée, entre
/ Frontignan et Aigues-Hortes. Elle ne contient que de 4 à
' 40 \ de carbonate de soude pur.
(1) La barille est une plante cultivée sur les cdtes d'Espagne , qui donne les soudes d*Alicante» de Malaga, de Gaithagène.
SODDBS*
5« La ioyde de varechs ou soude de Normandiey de Cher^ bourg ^ est le prodait de rincinération des varechs (fucus, algues marines appelées vulgairement goèmon^^q/Â se fiiil sur les côles du département de la Manche. On peut dire que c*est à tort que ce produit est désigné sous le nom de soude; elle n'en contient qu'une très-faible proportion, c'est plutôt une matière à potasse. Les soudes ou sels de varechs renferment environ : carbonaiede soude ^ 0,02; chlorures de sodium et de potassium^ sulfates de potasse et de soude^ iodure de potassium j 33 à 75; carbonate de chaux , oxysulfure de calcium, phosphates de chaux et de magnésie^ silice y charbofiy etc., 42 à 67 (4).
Les soudes brutes naturelles sont loin d'ailleurs d'avoir une composition constante.
Les soudes brutes artificielles sont fabriquées, d'après le procédé de Leblanc^ en décomposant, à une température élevée, un mélange, en proportions convenables^ de sulfate de soude, de carbonate de chaux (craie) et de poussier de charbon. Cette soude brute contient du sel marin, du sulfate de soude, des matières étrangères insolubles {oxysulfure de
(1) D'après M. Gtrardin, de Rouen, les résultats d'analyse de quel^ ques échantillons de ces produits sont les suivants :
is
Eau
Sulfate de potasse.
Chlorure de potassium
Sel marin
Carbonate de soude.. .
Matières insolubles. . .
I<idure8 solubles
^■iOBB