‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales (volume 5)Chapitre 74 sur 109 · SEL · texte numérisé non relu

SEL

Dl TABBCB

de GranTille.

traces.

DIVBtB*

traces

4,00 22,tM)

traces

350 SOUDEE.

calcium^ carbonate de chaux, charbon^ matières argileuses et sableuses). Voici, d*après M. Unger, la composition d'une soude brute provenant de la febrique de Ringkuhl, près de Cassel :

Sulfate desoade 1,99

Chlorure de sodium 2,54

Carbonate de soude )8,57

Hydrate de soude i i,ii

Cartionate de cbaui 1S,M

Sulfure de caloUim basi^^e. ..... 34,76

Sulfure de fer S,4^

Silicate de magnésie 4,74

Charbon 1,59

Sable $,0«

Eau î,iO

La soude brute rafSnée sert à la préparation du carbonate de soude cristallisé, connu aussi sous les noms de sel de soude, cristaux de soude. Ce sel cristallise en prismes rhomboïdaux ou en pyramides quadrangulaires à sommets tronqués et appliqués base à base. Sa saveur est ftcre et alcaline ; il verdit fortement le sirop de violettes et ramène au bleu le papier de tournesol rougi. Il s'e£Beurit à Tair en perdant de Teau de cristallisation ; il éprouve la ftision aqueuse et la fusion ignée sans décomposition. Il est soluble dans Teau, insoluble dans Talcool. D'après Vauquelin, 10 gr. de carbonate aec et pur sont saturés par 98^^94 d'acide sulfurique à iO*.

UsAQBs. — La soude brute est pour la plus grande partie destinée à la préparation du sel de soude, à la fabrication du savon (1), au blanchissage du linge, à la fabrication des verres

(1) Pour contraoter la p&te du savon, on emploie dea soudes soUbs, c'est-à-dire dans lesquelles on a laissé à dessein beaucoup de sel marin non décomposé.

Voici la composition de quelques-unes d*entre elles, d'après M. Ci" rardin, de Rouen :

Eau 1,00 1 ,00

Carbonate de soude 33,99 16,94

Chlorure de sodium 46,90 23»9t

Oxysulf ure de calcium 20,4 1 5S, 15

Oiarbon et MMe S,40 tf,00

Totaux fOO-,<» - imj»

SODMS. 351

à vitres, des glaces, de la gobeleterie^ des erowO'f^ , des bouteilles en verre brun-verdàtre. La soude de Narbonne est employée pour la fabricatioo du verre vert ou chambou^ rin (1).

Falsivicatioiis. — On a signalé, dans le commerce, du csat^ bonate de soude eristellisé, fakifié par le sulfate de tonde. Pour s'assurer de cette fraude, on réduira en poudre quelques grammes de soude suspecte, et on les tnâtera par V acide acétique pur, jusqu'à cessation d'effervescence, on décantera et on lavera avec une autre portion d'acide ; le sel non dissous sera du sulfate de soude, qui sera sécbé et pesé afin de connaître la proportion dans laquelle il aura été mêlé au carbonate ', car on sait que les sels de soude contiennent souvent des traces de sulfate.

On s'assurera, par un essai préalable, que la matière sur laquelle l'acide acétique n'a pas eu d'action contenait réellement de la soude.

Quant à l'essai des soudes, il se fait de la même manière que celui des potasses (V. art. Potasses) \ seulement la quantité équivalente de soude pure sera de 3,185 gr.

De plus, quand on opère sur des soudes brutes, on s'assure préalablement qu'elles ne contiennent ni sulfures ni sulfites^ autrement ceux-ci, saturant une portion de l'acide d'épreuve» seraient calculés à tort comme matière utile. Dans le cas où elles en contiendraient, MM. Welter et Gay-Lussac ont indi* que de les calciner avec une quantité de chlorate de potasse suflBsante pour changer les sulfites et les sulfures en sulfates*

MM. BarreswU et Riess oiA employé, pour déterminer la causticité des sels de soude, un procédé qui repose sur les réactions chimiques suivantes :

1° Si l'on verse dans une dissolution de carbonate de soude un excès de chlorure de baryum, la liqueur filtrée n'est pas troublée par l'acide carbonique.

2o Si dans une solution neutre de chlorure de baryum on verse une petite quantité d'alcali , la liqueur filtrée est troublée par l'acide carbonique.

(1) Il est livré annuellement au commerce ou à Tindustrie 70 millions de kilog. de soude brute, ou leur équivalent en sels de soude.

362 SOUFHK.

On d06e donc la baryte élinuoée du cUonire de baryum, par Falcali caustique renfermé dans le sel de soude ; on pèse 40 grammes de la soude à essayer, qu'on fait dissoudre dans Teau ; ou ajoute à la dissolution 25 grammes de chlorure de baryum, en solution bien neutre, et on fait traverser la liqueur filtrée par un courant d'acide carbonique ; elle est portée à Tébullition, puis le précipité est recueilli, lavé et séché. A 4 équiv. de carbon. de baryte, correspond 4 équiv . de soude caustique.

^ SOIJBBS CAUSTIQUKS.

La soude caustique ou protoxyde de sodium se trouve à

rétat d'hydrate ; dans le commerce on en distingue deux

sortes : la soude à la chaux et la soude à l'alcool ou hydrate

■ de soude pur. Cet alcali est solide, blanc, cassant, très-caus-

I tique ; exposé à Tair, il se liquéfie d'abord, puis plus tard s'ef-

1 fleurit en une poudre blanche formée de carbonate de soude.

! L'eau le dissout en toutes proportions ; il est également so-

luble dans l'alcool.

UsAGBS. — La soude caustique sert aux mêmes usages que la potasse. La soude caustique liquide, dite lessive des savonniersy est employée par les parfumeurs pour fabriquer leurs savons solides et transparents. Les pharmaciens s'en servent pour préparer le savon médicinal.

Altéritions. — La soude caustique est sujette aux mêmes altérations que la potasse caustique ; nous renvoyons donc à ce qui a été dit à Fart. Potasses, p. 245.

Ce métalloïde dont la présence a été constatée dans les trois règnes de la nature se trouve particulièrement, à l'état natif, dans le règne minéral, dans les terrains argileux, dans les terrains marneux, salifères, crétacés, avec de la chaux sulfatée ; dans les terrains volcaniques, en beaux octaèdres allongés à base rhombée, translucides, sur de la strontiane sulfatée; on le trouve le plus souvent à l'état amorphe, en masses opaques plus ou moins volumineuses, pur ou mélangé

SOUFEK. 353

de matières terreuses, en dépôts considérables qu'on appeUe solfatares, et qui se trouvent près des ouvertures des volcans en activité, et à la proximité des cratères des volcants éteints. Le soufre qui en France alimente la plupart de nos fabriques vient de Pozzuolo (Pouzzoles) près de Naples ; les solfatares ou soufrières naturelles les plus importantes sont ensuite celles de Sicile (environs de FEtna), d'AncAne, de Télamone en Toscane, d'Islande, de la Guadeloupe (I).

Le soufre a une couleur jaune-citron ; il est fragile, facile à pulvériser; il acquiert une légère odeur par le frottement, et développe alors de rélectricité négative; il est très-mau* vais conducteur de Télectricité, de la chaleur : aussi celle de la main suffit-elle pour briser un canon de soufre avec bruit. Sa densité est 2,087 (Leroy er et Dumas). Il fond vers i08<^<^. ou lli^-; il est alors liquide, d'un jaune clair transparent, et conserve ces caractères jusqu'à ce qu'il ait acquis une température supérieure à ikO^,\ à 160^., il commence à s'épaissir, devient rougefttre ; et si l'on continue à chauffer de 200 à ^«'U)*»^, il acquiert une telle consistance, qu'on peut retourner le vase dans lequel il est contenu sans que le soufre ainsi fondu puisse couler; dans cet état, on remarque qu'il a une couleur brune ; audelà de 250<><', il perd sa teinte brune, et reprend sa liquidité. Si, lorsqu'il est chaufié de 350 à 400<^., on le jette dans l'eau, il affecte la forme d'une masse brune et pâteuse, molle, élastique, susceptible de se réduire en fils trèsminces ; elle ne conserve sa couleur et sa solidité qu'après un

(i) Il y a quelques années, une compagnie anglo-française avait conçu respoir d^eiploiter des mines de soufre qui se trouvent dans la régence de Tripoli» aui enviroas de Linouf, Moukta et Brega; mais l'autorité locale s*opposa à cette exploitation et accorda à la compagnie une Indemnité pécuniaire, qui ne pouvait être équivalente aux résultats qu'on avait le droit d'attendre de cette exploitation. Ce soufre ne paraissait pas avoir une origine volcanique, puisqu'il se trouve avec du sulfate de soude dans un terrain salifère ; il n'aurait exigé que peu de travaux avant d'être expédié en France.

On trouve, dans le commerce , mais rarement , du soufre provenant de l'exploitation de quelques sulfures. Cette opération n'est économique qu'en certaines localités et ne peut être profitable que dans des cas exceptionnels. Ainsi elle a été perfectionnée et utilement pratiquée par DortipiMf , lorsque, durant la révolution de 17as, la France ne pouvait plus tirer le soufre de la Sicile.

certain laps de tempsi Oiî profite de cette propriété du soufre, de rester mou pendant quelque temps, pour prendre des empreintes de^ttédailles, qui durcissent à J'aîr. Le point d'ébuUitiondu soufre n* est pas encore bien exactement déterminé : il és*t à 316o{/>Mma5), vers 400° {Berzêiius),k 420* (Baur ârimmt\ à 440° (ZXéiarrf). Il se contracte considérabléinenl quand il se solidifie. Le soufre en ébullition se transforme en une vapeur j^une orangée ou d'un brun rougeâtre qui se maintiçnt à cette température > plusieurs métaux peuvent brûler dans ce gaz comme dans Toxygène. La densité de la vapeur de soufre est 6,617 {Dumas), Le soufre est insoluble dans Tea^, soluble dans les huiles fixes et volatiles ; Talcooi et Féther en dissolvent très-peu. ....

Le soufre chauffé au contact de Fair et, à plus forte raison, du gaz oxygène, prend feu à ISO^^, environ, et brûle avec une flamme bleue en répandant des vapeurs d'acide sulfureux contenant des traces d'acide sulfurique et parfois des acidçs hyposulfurique et hyposulfureux.

Dans le commerce, te soufre se trouve sous tirois états : brut ou en masses^ en canons^ en fleurs ou en poudre obtenue par sublimation. ^ .... ,

On prépare aussi, en pharmacie, du soufre très-divisé, par vQie de précipitation, et connu sous le nom de magistère de soufre on soufre précipité. Il est jaunegrisàtre, odorant, et contient en çombinaisoij une certaine quantité d'hydrogène sulfuré. Vu au microscope, il se présente sous la forme de petits globules opaques qui n'ont aucune «ppareoce cristaHîne.

Usàgbs. — Le soufre est très-employé dans les vtris (i ). On

s'en sert pour fabriquer les acides sulfurique, sulfureux ; te

..sulfure dQ carboœ ; les poudrais de guerre, de chasse, de

mine; le^cioabre^ le caoutehouc volcaoîsé; pour «celler le

fer dans la piertre; pour faire différents luts et mastics (mas-

(i)L8 soQfF» étant lalMue delà làbricaUon deJTaciaesultqriquequi est d^un emi^oi ai important dans les &ru (V. u 1» p* 41)» on peut dire que la coDsommation de ce métalloïde donne la me«ure de Tétat ou de ^importance de la cbimie industrielle chei les peuples.

En France, la consommation du soufre, qui étiùt en 1820 de 6,790,000 kil., a atteint en ISiS le chUïre, presque quadruple, de 20,000,000 kil.

soufre! 355

tic de fonte) ; pour prendre des empreintes de médailles, de cachets ; pour la confection des allumettes, des miches soufrées ; pour le blanchiment de la soie, de la laine, de la paille, des sparteries, des intestins insufflés, des cordes de boyaux dites harmoniques , de Ticblhyocoile, etc. En pharmacie, on le fait entrer dans la préparation d'un très-grand nombre de médicaments sulfurés, de pommades, opiats^ poudres, etc., etc. {{),

Altérations. ^- Le soufre livré au commerce en masses ou morceaux irréguliers pour la fabrication de Tacide sulfurique, du soufre en canon, ou du soufre sublimé (fleurs de soufre), peut être plus ou moins pur, plus ou moins mélangé de matières terreuses (sulfate et carbonate de chauXy silice^ alumine^ magnésie^ oxyde de fer). Des soufres prélevés sur les ports de Paris et de Rouen, et que nous avons essayés, contenaient de 2 à 42 7o) de matières étrangères, 'fixes qu*on peut en séparer par la distillation on par la sublimation.

Le plus ou moins de pureté du soufre est d'une assez grande importance dans les fabriques, puisque plus le soufre que Ton brûle est pur, plus on obtient d'acide sulfurique, et cela sans augmentation de dépense dans la main-d'œuvre.

On reconnaît l'impureté du soufre en chauffant, dans un creuset, un poids donné de cette substance. Le soufre se volatilise en laissant pour résidu les substances étrangères fixes qp'il contient. Le poids de ces matières ^ait connaître le degré d'impureté du soufre examiné (â).

On peut aussi distiller le soufre dans une cornue ; Topération terminée, on coupe la panse de la cornue et on détacheMe résidu, dont on détermine le poids.

On nous a fait connaître que des soufres transportés ptfr eau étaient quelquefois mouillés pour cacher un déficit dû à Tenlèvement frauduleux d'une certaine quantité de soufre.

(1) Le ma^stère de soufre parait être beaucoup plus actif que le 90a- Tre sublimé.

(i) Nous avons Vu des soufrés qui laîssaient dans le creuset une matière fixe qu'on ne pouvait en détacher ; dans ce cas, nous opérions sur 10 gr., en nous servant d'un creuset de porcelaine pesé d'avance : le poids du creuset pris après l'opération faisait connaître la quantité de matières axes laissées par le soufre.

n est trèft-fiicUe de déterminer la quantité d'eau, au moyeu d^une double pesée, faite avant et après la dessiccation du soufre à i00o«.

Le soufre, selon Hahnenumn^ Westrumb, Richtery contient quelquefois de V arsenic. Nous n'en avons pas trouvé dans des soufres tirés de la Sicile ou de l'Afrique ; mais nous avons constaté sa présence dans du soufre acheté à Strasbourg, que Ton disait provenir de l'exploitation des pyrites. On conçoit qu'un soufre arsénifëre ne peut être employé par les pharmaciens (i). Quelques auteurs ont avancé, il est vrai, que le soufre qui contenait de Tarsenic se décelait par une couleur jaune se rapprochant plus ou moins de celle de l'orpiment ; mais nous avons été à même de constater l'inexactitude de cette assertion, car le soufre arsenical que nous avons eu à examiner n'offrait aucune dififérence pour sa couleur avec le soufre pur. Ebermayer avait déjà émis un avis semblable, car il dit : a Lorsque le soufre ne contient « qu'une très-petite quantité d'arsenic, sa couleur n'en est a pas altérée, et c'est le cas ordinaire. »

Divers procédés ont été indiqués pour reconnaître le soufre arsenical. Bahnemann faisait fondre à un feu modéré 1 partie du soufre supposé arsenical avec 2 parties de potasse pure ] il pulvérisait la matière encore chaude et la faisait dissoudre dans dix fois son poids d'eau bouillante; la dissolution, encore chaude, était filtrée et séparée à l'air libre jusqu'à ce que toute odeur sulfureuse fût dissipée ; il séparait alors le dépdt qui s'était formé et le faisait sécher. Si ce dernier, projeté sur des charbons, brûlait en répandant une odeur alliacée, on en concluait que le soufre essayé contenait de l'arsenic.

Westrumb prenait 50 parties de soufre suspecté, 60 parties d'acide nitrique, 40 parties d'acide hydrochlorique, 90 parties d'eau ; portait àTébullition, séparait le liquide, lavait le résidu avec de l'eau distillée ; le liquide et l'eau de lavage réunis étaient concentrés par évaporation.

On plonge dans ce liquide une baguette de zinc bien nette : si le soufre essayé contient de l'arsenic, le zinc se recouvre

(1) Le soufre non arsénifère est préférable aussi pour la fobrication de l*acide suifùrique.

de paillettes métalliques, d'un noir ou gris de plomb, qui se volatilisent, par l'action de la chaleur, en répandant une odeur alliacée.

D'autres auteurs traitent le soufre par l'acide chlorhydri* que presque concentré.

Richter conseille de brûler i partie de soufre avec quatre ou cinq fois son poids de nitrate de potasse; le résidu, dissous dans Teau distillée, est saturé par Tacide sulfurique et additionné de nitrate d'argent en solution. Si le soufre examiné est arsénifère, il se forme un précipité rouge-brique d'arséniate d'argent.

Le procédé de Richter est encore suivi, mais au lieu d'employer le nitrate d'argent on se sert de l'appareil de Marsh pour reconnaître la présence de l'arsenic. A cet effet, on sature à chaud, par l'acide sulfurique en excès, la solution du résidu de la déflagration ; on concentre les liquides et on les introduit dans Tapparei! de Marsh.

Suivant MM. Geiger et Reimann^ on peut reconnaître des traces d'arsenic dans le soufre, par le procédé suivant : faire digérer quelque temps le soufre en poudre dans de l'ammoniaque liquide ; filtrer, traiter par l'acide chlorhydrique en excès ; un précipité jaune indique la présence de l'arsenic.

Le moyen le plus simple consiste à prendre le'soufre réduit en poudre ; à le traiter par l'acide sulfurique à 66° à faire chauffer, laisser refroidir, étendre l'acide d'eau, filtrer et introduire dans un appareil de Marsh fonctionnant à blanc : si le soufre ne contient pas d'arsenic, il n'y a pas production de taches par la combustion du gaz hydrogène; dans le cas contraire, on en obtient un plus ou moins grand nombre. Ce dernier moyen est plus simple et plus facile à exécuter.

Le soufre provenant des pyrites, celui de Fahlun, par exemple, contient quelquefois du sélénium. On reconnaît, d'après M. Ebelmen^ que le soufre est sélénifère, en le calcinant avec du peroxyde de manganèse dans une cornue de grès, et en dissolvant dans l'eau le gaz qui s'en dégage; on agite ensuite cette solution avec du peroxyde de manganèse : l'odeur d'acide sulfureux disparaît et le liquide ré- f pand une forte odeur de radis ou de raifort, si le soufre renfermait seulement une trace de sélénium.

358 souïRE*.

La fleur de soufre employée dans les préparations pharmaceutiques doit être débarrassée de Vacide sulfurique et du sulfate S ammoniaque qu'elle contient. L'acide sulfurique proTÎent de Faction de Fair humide sur Tacide sulfureux resté adhérent aux particules soufrées pendant la sublimation du soufre. La fleur de soufre du commerce rougit fortement la teinture de tournesol. Pour les besoins de la pharmacie, on lui enlève cet acide sulfurique par un lavage à Teau distillée chaude, continué jusqu'à ce que le liquide ne précipite plus par le chlorure de baryum.

On reconnaît que le soufre contient du sulfate d'ammoniaque en faisant évaporer la première eau de lavage et traitant parla potasse, qui met en liberté l'ammoniaque, dont on constate la présence soit par l'odeur, soit par les acides.

Le soufre lavé sert à préparer certains médicaments, les pastilles de soufre; il entre dans des émolUents. S'il n'était pas lavé, le soufre fournirait des pastilles qui attireraient rhumidité de l'air et s'altéreraient ; il pourrait coaguler lesémulsions (i).

Le magistère de soufre a été mêlé de sulfate de chaux (â), de craie {carbonate de chaux) ^ de silice^ à* alumine, de magnésie, di écailles d'huîtres porphyrisées^ enfin d'amidon.

Le soufre mêlé de sulfate de chaux, de carbonate de chaux, d'écaillés d'huttres, de silice, d'alumine, de magnésie, soumis k l'action de la chaleur dans un creuset, se volatilise en laissant pour résidu les matières fixes qui lui avaient été ajoutées* Si l'on en a pris une quantité donnée et qu'on pèse le résjdu» on connaît dans quelles proportions le mélange avait été fait; puis on recherche quelle est la nature du résidu.

Le soufre précipité mêlé d'amidon, soumis à la calcination dans un creuset, founiit des produits volatils résultant de la décomposition partielle de l'amidon, et un résidu charbonneux; on peut, à l'aide delà chaleur, dissoudre dans Teau

(1/ &>ermayer diiqu^oQ a falsifié le soufre sublimé avec de la fa/rme» Ce fait nous paraît très-douteux. l\ serait d'ailleura irès-f^ctle de reconnaître la fraude.

(2) Aux Ëtats-Unis, on a vendu , en 1847. du soufre précipité contenant 80 h 95 Vo ^^ sulfate de chaux.

SPIGÉUE. 359

une partie de Famidon, dont la présence sera décelée par Teau iodée.

Lorsqu'il a été mal lavé, le soufre précipité a une saveur saline, une odeur très-marquée d^hydrogène sulfuré.

La gpigélie anihélmirUhique ^ spigelia anthelmia (Gentianées), crott naturellement aux Antilles, au Brésil» à la Marti* nique, et dans d'autres îles du nouveau monde.

..Depuis nomlMre d'années, on fait usage, en Europe, de cette pHifîte, comme remède ai^tivermineux. Mais, d'après les observflitioQS de M. Rigout Verbert^ ce. n'est point la spigelia anthelmia, mais bien la $pigelia marylandica qui nous est expédiée d'Amérique ; pn y môle aussi le zinnia multiftcra (brésine).

Les oaraotères distînctift de ces plantes sont les suivants :

' La spigelia anthelmia est une ptente annuelle, à racines! freçârites, fibreuses, noires. Tige glabre, cylindrique, striée, pt^esqUe simple, quelquefois ramifiée à Taisèélle désfletjffs inférieures. Feuilles sessiles, opposées, aiguës ; quatre feuilles tfmplei et disposées en croix terminent les tiges etiesrtrmeâux ; elles sont souvent plus grandes que les inflérieurès. Fleurs sorfKnt du centre des feuilles supérieures, terniinales, spieiformes ; épis médiocrement ramifiés à lètfr base et un peu grêles ; les fleurs De soht pas tout k fait sessiles, mais presque ilni* latérales ; saveur ftcre.

La spigelia marylandica est une plante à racines vivaces, menues, grises, semblables à celles dé la serpentaire de Virginie ; tige droite, rude et quadrangulaire, surtout à la partie supérieure. Feuilles toujours opposées, ovales, oblongues. Fleurs terminales sessiles, disposées en épis solitaires, unilatérales ; celles-ci sont plus longues que les feuilles munies des bractées opposées ; saveur amère, astringente.

La brésine a des racines blanches-jaunâtres, grosses conmie le chiendent, rampantes et cylindriques, à division fibreuse^ à texture ligneuse ; tige cannelée, velue, à distance rougeàtre; feuilles opposées, sessiles, ovales, pointue;» ; fleurs composées,

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