‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales (volume 5)Chapitre 76 sur 109 · STRYCHNINE · texte numérisé non relu

STRYCHNINE

piquée» les exciéments des insectes et .les insectes eux-mêmes dans les trous qu'ils ont perforés.

Si on avait employé de la litharge, on pourrait s'assurer de sa présence, en traitant par Tacide nitrique les cendres de la squine et des matières qui servaient à boucher les trous : la dissolution, évaporée à siccité et reprise par Teau distillée, serait ensuite essayée par le sulfate de soude, Tiodure de potassium, Tacide sulfurique, etc.

Les pharmaciens ne doivent jamais acheter la squine en poudre.

La strychnine a été découverte, en 18I8, par Pelletier et Caventou. Cet alcaloïde existe dans beaucoup de plantes de la famille des Strychnées, àvn^ la fève de Saint- Ignace ^ {strychnos ignatia)^ dans la noix vomique (strychnos nuxvomica)^ dans le bois de couleuvre (stryclmos colubrina), dans rupas-tieuté ou tshettik des Javanais : c'est Tun des plus redoutables poisons du règne végétal.

La strychnine se présente, lorsqu'elle est pure^ sous forme de poudre blanche, formée de très-petits prismes, inaltérables à l'air ; elle est inodore, sa saveur est excessivement amère, son action sur l'économie est des plus délétères ; elle ne renferme pas d'eau de cristallisation ; elle est non fusible, non volatile; entre 5i2 et 3i5®<^. elle subit un commencement de décomposition. Elle est très^peu solubie dans l'eau, ce liquide froid en dissout i/7000; à la température de l'ébullition, i/2500 ; l'alcool anhydre ne dissout pas la strychnine, l'alcool à94o en dissout à peine; mais cet alcaloïde est soluble dans l'alcool ordinaire, dans les huiles volatiles; très-peu soluble dans l'éther, insoluble dans les j huiles grasses. Souvent la strychnine prend une couleur rouge au contact de l'acide nitrique ; cette réaction n'est pas due à Talcaloide même, mais à ce qu'il retient de la brucine. L'acide sulfurique concentré la colore d'abord en rouge brun, puis en violet.

La strychnine précipite la plupart des bases organiques alcalines ; ses sels sont neutres, cristailisables, très-amers, extré* mement vénéneux. Ils sont précipités par le tannin; les oxa-

362 STRXGBNIIfE.

lates et les tartrates ne les précipitent pas ; le perchlorore d*or les précipite en jaune-serin. D'après M. Eug. Marchand, la strychnine pure, triturée avec du peroxyde de plomb (oxyde puce) dans quelques gouttes d'acide sulfurique concentré contenant \I\W^ Asi son poids diacide nitrique, donne Heu à une belle couleur bleue passant rapidement au violet, puis au rouge et finalement au jaune-serin.

Les résultats donnés par les divers chimistes qui Font analysée sont assez variables; d'après M. Regrumlt, elle est formée de : carbone, 78, 87 ; kydrogènej 6,4é; azote, 8, 35; oxygène, 9, 44.

* UsÀGBs. — La strychsine est enpkqrée dans Tusage médical en pilules, en teinture, en dissolution dans Tacide acétique, en potion, en poudre (i).

Altérations. — La strychnine peut être mêlée de briicinej et ce mélange se colore en rouge par le contact de Tacide nitrique, mais cette coloration ne peùtlndiquer la proportion dé brucine. Suivant Rôbiquet, on peut reconnaître ce mélange, en délayant la stirychnine suspectée dans'uii peu à'eau chaude à laquelle on ajoute quelques gouttes d'acide chlorhydrique; lorsque la dissolution est opérée, on faiM)ouîlIlr et on précipite la solution bouillante à l'aide de Taiiimoniaqué : si la strychnine est pure ou presque pure, lé précipité est pulvérulent et bien détaché; si elle contient une quantité notable de brucine, le précipité prend un aspect résinoïde et adhère aux parois du vase; enfin, si la proportion de brucine est considérable, te précipité se présente sous forme d'une masse poisseuse affectant les caractères physiques d^une matière grasse. Entre ces extrêmes^ il y a quehjues points inter^ médiaires qui pourraient être étudiés (%,

La strychnine peut être altérée par la présence du phosphate de chaux. Ce sel provient de ce que l'on a décoloré les liqueurs acides contenant la strychnine avec du charbon ani-

(() En Angleterre, elle est employée, dit-on, pour donner de Taiiiertume à la bière ; ce fait n*a pas, que nous sachions, été (fémontré d'une manière irrécusable (V. 1. 1, p. 118).

(ft) D'après M. OppermAiifi; les lolulés 4e« aeU de scryotaïkifie acidifi es par racide.t&rtrique précipitent par Ub bicarbonate .alc^ips ; les sels de brucine ne précipitent pas.

• STRTGBHIIIS. 3^.3

mal non lavé. Ces liqueurs, précipitées ensuite par les alcalis, fournissent de la strychnine mêlée de phosphate de chaux. On reconnaît cette altération en carbonisant et incinérant la strychnine, et examinant le résidu.

Falsifigatioiis. — On a mêlé à la strychnine : du sulfate de chaux j de la magnésie (i\ de Y amidon^ des seh d'une trèsminime valeur.

Tous ces produits peuvent être isolés de la strychnine par Talcool ordinaire bouillant, qui dissout la strychnine et ne dissout pas les matières étrangères; par suite, on peut déterminer dans quelle quotité le mélange a été fait; d^ailleurs, les matières étrangères seront rendues apparentes par la combustion sur une feuille de platine. La strychnine pure ne laisse pas de résidu ; impure, elle en laisse un plus ou moins abondant.

On s'est servi aussi pour frauder la strychnine d'un sel so^ lubie dans Teau et dans Talcool, d^une matière grasse cristal» lisée j de sucre (Nestler),

La strychnine allongée d'un sel soluble dans Teau pourrait en être débarrassée par un simple lavage, qui dissoudrait le sel et à peine Falcaloïde.

Quant à la matière grasse, on peut s*assurer de sa présence ou de son absence^ en jetant sur un papier buvard une petite quantité de la strychnine suspectée et chauffant doucement le papier : si la strychnine a été mêlée de matière grasse, le papier se tachera, ce qui n'a pas lieu dans le cas contraire ; on peut alors, eh délayant une quantité donnée de strychnine dans de Teau et traitant pav un acide, séparer la matière grasse, qui reste indissoute, de la strychnine, qui devint soluble en passant à l'état salin.

La strychnine mêlée de sucre est facile à reconnaître : en la traitant par Teau, le sucre se dissout, la strychnine reste insoluble.

Une fraude sur la strychnine est un crime : eUe peut être k cause de la mort des malades, et celui qui s'en rend coupable commet le crime A^ homicide volontaire. En effet, supposons

(1) lÊohiquet a eu à examioer de la strychnine qui était ikidlée de 40 fc 50 */o de matières étrangères.

364 STTHAX.

qu'un médecin fasse prendre dans une officine une préparation de strychnine. Si les effets de cette dernière sont peu marqués, le médecin sera porté à en augmenter la dose ; la dose étant ainsi augmentée, supposons que, par une raison quelconque, on vienne à prendre cet alcaloïde dans une autre officine, où il sera livré pur, la dose, quoique la même, produira alors d*autres effets^ qui peuvent être tels, que le malade soit empoisonné et succombe, quoiqu'il n'ait pris que la même quantité de strychnine, ordonnée par le médecin ; seulement, dans un cas, le médicament était falsifié, et dans Vautre il ne Tétait pas.

Cette hypothèse s'est malheureusement réalisée deux fois à notre connaissance. Dans le premier cas, le malade a, dit-on, succombé ; dans le second, il y eut des accidents qui ne furent pas suivis de mort (I).

Baume produit par le styrax officinale^ qui croît en Syrie et en Arabie.

On distingue deux sortes de styrax :

Le styrax calamité ou storax^ et le styrax liquide.

Le storax est rouge brun, d'un aspect brillant et résineux; en masses agglomérées, parsemées de larmes aroygdaloïdes; d'une odeur de vanille très-agréable ; d'une saveur aromatique et légèrement amère ; se ramollissant facilement entre

(l)En avril 1851, une malheureuse ouvrière, la dame B..., dont le mari était malade depuis longtemps, demanda, dans roflQcine de M. P..., des pilules d$ strychnine et de chiendent, La quantité de strychnine qui devait y entrer fit réfléchir le pharmacien. Celui-ci observa qu'il était impossible, à trois heures de distance, d administrer des piluUs semblables ; la femme de l'ouvrier répondit que depuis deux mois son mari prenait tous les jours de ces pilules et que le médecin avait ordonné de doubler la dose. Après tous ces pourparlers, le pharmacien exécuta la formule, mais il recommandai madame B... de ne faire prendre à son mari qu*une pilule le soir et d'attendre au lendemain pour en faire prendre une seconde ; fort heureusement le conseil fut suivi. M. P... apprit, daos la matinée, que le malade avait ressenti des etfets si énergiques après avoir pris une seule pilule, qu^on avait eu des craintes sérieuses. Des accidents survinrent, heureusement ils purent être conjurés.

suG d'acacia* 36)(

les doigts, et soluble presquejeD totalité dans Falcool rectifié. On en trouve deux variétés dans le commerce : le styrax en larmes et le styrax en pains.

Le styrax liquide a la consistance du miel, une teinte d'un gris-brunâtre, opaque; une odeur forte, désagréable, et une saveur aromatique ; il est soluble dans Falcooi chaud.

Suivant H. SimoUj le styrax liquide est composé de :

Ifuile volatile ou styrole^ résine^ styracine, acide cinna^ mique,

UsAGBs. — Le styrax est employé en pharmacie et en parfumerie. On Tadministre sous forme de pilules^ de sirop, d'onguent. II remplace quelquefois le baume de copahu dans le traitement de la blennorrhée et de la leucorrhée.

Falsifications. — Souvent, sous le nom de storax, on vend un mélange de résines ordinaires^ et de styrax liquide, au« quel on ajoute des larmes de benjoin^ de gomme-ammoniaque ou de tacamahaca.

Ce produit est facile à reconnaître à sa couleur noire, à sa consistance demi-solide, à son odeur peu suave. L'alcool ne le dissout qu'en partie et laisse toujours un résidu considérable composé de sable et d'impuretés.

On a vendu aussi, sous le nom de storax en pains^ de la sciure de bois imprégnée d'une petite quantité de styrux li^ quide pour lui donner de l'odeur (1).

SUBUmA OOB&oiZF. — ▼. OsajùmmàM (si-) ni wsmanMM,

Le suc d* acacia est solide, d'une couleur brune tirant sur celle du foie, d'une saveur acide, styptique, un peu doucefttre et mucilagineuse. Avec Teau froide, il donne une solution froide, trouble, ayant une couleur et une apparence de décoction de quinquina gris. La liqueur filtrée est rouge, rougit le tournesol, forme un précipité très-abondant avec le sulfate de fer, un précipité tenace et élastique avec la gélatine, précipite fortement Témétique et l'oxalate d'ammoniaque, pré-

(1) M. Péàroni fils dit avoir va un styrax semblable ches un dregniste de Bordeaux.

366 suc DE GIT&ONS OU DK LIMONS.

cipite ' égalémeiii |)ai* l'alcool et les carbonates alcalins. Dans le commerce, on donne ordinairement, sous le nom de suc d^acacia, celui des fruits non mûrs du prunier sauvage. n est plus dur, plus pesant, plus brun, plus acre que le premier ; il est entièrement sec et dur, d*un brun rouge, d'uiie saveur de pruneaux. Il est insoluble dans Talcool, peu soluble dans Teau» et laisse, après avoir été traité par ce liquide bouillant, une matière abondante qui a l'apparence de Talbuminc coagulée.

nue Bs ciTRovs ov Bs uxQira.

Le suc de citrons est une liqueur acide qu'on obtient, par expression, des fruits du citrus limonium qui croit en Syrie, en Perse, en Espagne, en Italie, dans le midi de la France.

Ce suc, expédié d'Italie, de Sicile, dans des tonneaux ou dans des bouteilles, est jaunâtre, d'une saveur acide, agréable, particulière.

Usàgbs. — Il est employé dans Féconomie domestique, dans Fart médical ; on s'en sert pour préparer Facide citrique, pour précipiter les laques.

ALTfiRÀTioifs. — Le suc de citrons doit être clarifié ; lorsqu'il n'a pas été convenablement débarrassé d'une subsbtance mucilagineuse qu'il contient, il fermente, moisit, et acquiert une odeur et une saveur désagréables.

Fàlsificatioits. — L» modactbtom est quelquefois affaibli par de l'eau. M. Dorfurth qui a étudié cette falsification, dit que le suc de citrons doit saturer le huitième de son poids de sous-carbonate de potasse. Diaprés Ebermayer^ 15,50 gr. de suc de citrons doivent saturer 0,8 gr. de sous-carbonate de potasse. Selon d'autres, 90 parties de suc de citrons de bonne qualité doivent saturer 10 parties de carbonate de soude sec et pur.

Lé suc de citrons est falsifié par de Y acide acétique (du vinaigre), de V acide sulfurique^ de V acide nitrique, de Y acide chlorhydriquCj de Yacide tartrique.

On reconnaît la présence de l'acide acétique (vinaigre) par la distillation, recueillant le produit distillé, qui est plus ou

suc DE* CITRONS OU DE LIMONS. 367

moins acide selou quQ. le.sgÇjjpopUapLjt plus ou moins de vinaigre.

On reconnaît la phéeeDeecde Faci^t auiftinqiie par la» aels solobles de baryte qui dûment li^u à ki foniiaâQa d'un précipité blanc de sulfate de baiTte, insoluble dans l'acide nûii'^ que. Le poids de ee précipité peut faire apprécier la quantité d'acide suUvrique ajouté. • >

La présence de l'acide hydrochlorique est déealéft par fa distilialioa. Le Ufaide qu*on obtient en distiUant le ano «de citrons pur ne se trouble pas par le nitrate d*argent ; Teau distillée obtenue est) an contraire, précipitée loivquale sac a été allongé d'aeyie chlcHrkydrique.

On reconnaît la présence de Tacide nitrique en coocentnoit le.suc et y ajoutant de la Umaillfr de enivre et de l'acide sulfurique : ily a alors dégagement de gas niti«tt^ qui bleuii le pépier mouillé de teititure de galac. '

On reconnaît la présence de Tacide tavtrique en eoncentrant le suc et y versant uneaclution concentrée de chlorure de potassium, qoî donne Heoà 1» formation de crème de tar^ tre qui se précipite quand le suc a été môle d'acide ttrtrique; ce qui n'e pas lien Bvec le sac par. La combustion de Textrait obtenu avec le snti pw et le suc elkingé d'adde tartrique^ eet encore on moyen de raoonnattre la firaude. Le anc aikngé d'acide tartrique feomit un extrait qui brûle avec Todeur car ractéristique des tartrates.

On a ditqn'on sufejstiMait an tac de citrons le àue cfai tnr/us, mais la saveur de ces 4ala sucs -eit bien^Sérente ; s\l y. iwait mélange; il fimdrak recherdkdr 8*il contient de Tacide tartriqoe en un tartrate.

MM. Bvêgy et Bimùwi'Çhophtd reoomaaaadent de verser de Tacétate de potasse dans le suc suspect. Si le auc est pur, il ne se forme pas de cristaux ; s'il est môle de verjus, il y a formation sur les parois dci vase de cristaux grenus et transparents de tartrate acide de potasse.

Le citrate de potasse, étant très-soluble, ne produit pas le même phénomène dans le suc de citrons pur.

368 suc D'HTPOGisn.

H' Les '«lies éTherbei sont fournis surtout par les parties herbacées des plantes : presque tous proviennent des feuilles et des tiges harbacées.

M. Stanislas Martin a signalé un genre de fraude qu'on leur fait subir en les remplaçant par un mâange de plusieurs ex«traitê végétaux dissous dans Teau ordinaire, colorée avec du caramel^ et aromatisée à'hydrolat de persU , de fenouil y de cerfeuil ou ^alcodat de cochléaria.

Suivant H. Stanislas Mortifia on peut reconnaître aux caractères suivants si un sue d'herbes est préparé avec les plantes ou avec des extraits.

Les sucs d^herbes préparés avec des extraits sont presque toujours identiques dans leur saveur et leur couleur. Ils peuvent se conserver longtemps sans s'altérer ; la chaleur, le soua-earbonate de potasse, Teau de chaux, les acides acétique, sulfurique et nitrique ne leur font éprouver aucune altération physique. Évaporés }Uiqu*à sicdté, ils répandent, en se carboDdsant, une odeur de sucre brûlé.

Les sucs d'httrbes faits avec les plantes varient souvent dans leur couleur et leur saveur ; ces variations sont dues aux influences atmosphériques ; leur conservation ne va pas au delà de i4 heures : alors ils se décolorent, se troublent et contractent une odeur herbacée, caractéristique à tous les jus d'herbes ; si Ton élève davantage la température^ ils se décolorent et laissent déposer, par le refroidissement, de l'albumine et de la chlorophylle. Les addes acétique, sulfurique e^ chlorhydrique les troublent. L'eau de chaux, si les jus d'herbes contiennent de l'oseille, y forme un précipité abondant d'oxalate calcaire.

Ce suc, fourni par le cytinus hypocistum^ est en masses de 2 à 3 kilog., formées par la réunion de petits pains orbiculaires du poids de 50 gr. environ, qui sont devenus diversement anguleux en se soudant les uns aux autres, et qui se distinguent encore de la masse par leur surfiEuse propre, qui

sucGiN. 369

est grisâtre; cet extrait a la cassure noire et luisante ; sa saveur est aigrelette et astringente.

Il est presque toujours falsifié par le me de réglisse. Cette fraude se reconnaît en ce que la masse est homogène, au lieu de présenter les caractères indiqués, et que la saveur est plus ou moins douceâtre, suivant la proportion du mélange.

sooonr.

Le succin^ appelé aussi ambre jaune^ karabéj eleetrum^ est un corps combustible qui abonde en Prusse* près deKœnigsberg, sur les bords de la mer Baltique ; ou le* trouve enfoui dans le sein de la terre, ou en morceaux roulés sur les bords de la mer. Il en existe de très-beau en Sicile, près de Catane; on en a aussi trouvé, mais en petite quantité, dans des bouillères, dans des dépôts pyriteux, dans des couches argileuses et sablonneuses de plusieurs contrées de la France et de rAUemagne.

Le succin est dur, cassant, non friable. Il est susceptible d'ôtre taillé et poli. Le plus pur est transparent, d'une couleur jaune dorée, qui a quelque chose de particulier et qui sert de terme de comparaison (i). Souvent le succin est opaque et varie du blanc jaunâtre à Torangé. Celui de Sicile présente quelquefois, dans son intérieur» des insectes dont les foruaes sont parfaitement intactes. Le succin n'a ni odeur, ni saveur ^ son poids spécifique est de 1,018; il se ramollit par la chaleur, brûle avec flamme en répandant des vapeurs qui ont une odeur pénétrante -, il développe par le frottement de l'électricité résineuse.

L'eau n'a pas d'action sensible sur le sucèin, l'alcool et l'éther ne le dissolvent qu'imparfaitement, les acides faibles ne l'attaquent pas; mais il est décomposé par l'acide nitrique à l'aide de la chaleur. Les solutions alcalines, les huiles fixes, les huiles volatiles ont une certaine action dissolvante sur le succin. On a observé que sa dissolution est facilitée par la torréfaction, la fusion, ou par l'addition du camphre.

(1) En effet, on dit d^une matière jaune qui ressemble au succin qu'elle est de eoukur ambrée,

370 sucGiN.

Le succin chauffé daos une cornue fournit un acide particulier, Yaeide sucçinique; on obtient en inêroe temps, i*^ de Peau, ^ de Tacide acétique ; 5** une huile trèfr-odorante^ de couleur et de consistance variables, suivant Tépoque de l'opération; 4** une naatière jaune, solide, dont la nature n'est pas encore bien déterminée, des gaz et un charbon volumineux.

Suivant Dropiez^ la snccin eal oompoaé de : corftone, 80,59 ; hydrogène^ 6,31 ; oxygène^ 7,73 ; chaux^ i,54; alumine, 1,40; silice, 0,65 ; perte, 2,10. D'après B^rs^/titt, le succm contieiit, i"" une petite quanttté d'nrie Atflfe vokiUe d'odeur agréable ; ^ une résine jaune mAt intimement à rkaile volatile, et qui est très-soluble dans Taleool, Vétlier et les alcalis ; 3* une autre résine auMi combinée à Pimie vokn tile, seluble dans Palcool, Téther et les alcalis, peu soluble dans Talcool froid, plus soloble dans Tateool bouillant, et se précipitant par le refroidissement sous forme d'Wne poudre Manche; 4» de Yaeide sueeinique; 6^ un principe Jaune, insoluble dansTéther, les huiles fixeset volatiles, Téicôol et les alcalis : Bertelius Ta appelé bitume de succtn.

Usages. *— Les beaux morceaux de snechi servent dans la bijouterie et dans la tabletterie Vl^^ peths fragfments sont utiKsés dans la febricatioti de6 félines et pour la^ préparation de racidesûccirirque, de riittileempyreumafique, et d^une liqueur oléagmeuse acide, anciennetnent connue soûs le nom ^esprit de sueein. Le succin est au^ employé, en pharmacie, comme antispasmodique; poor> faire deâ fumigations, une tenrture et un simp;

Fàlsipicattous. — Ebermayer dit que, pour' lés ouvrages d'art, le succin a été imité avec du verre coloré; il est très-facile de reconnaître une semMabte substitution.

Il dit aussi qu'on a quelquefois mêlé le succin ave^ la gomme looch^ résine qui a été décrite, sous ce nom, par Mktrray^ et que M. Guihourt considère comme étant le copàl tendre de l'Inde, La gomme ou résine looch, d'après Ebermayer, a une couleur jaune plus ou moins foncée; elle est plus ou moins transparente, cassante, brillante dans sa cassure ; elle n'a presque point d'odeur et seulement une saveur résineuse faible; elle craque sous la dent et ne se ramollit pqiojt par laJOBtaaticatipu.

Elle s'allume au coDtact (te la flaxome et ne répand point d'odeur désagréable ; elle est peu soluble dans Teau, très-soluble dans Talcool.

Selon le même auteur, la rftpure de succin est quelquefois falsifiée avec la colophane^ Celte rftpure est ordinairement très-impure; elle est mêlée de petites pierres, de saUe, d'éclats de bois ; on en a vu qui contenait le quart de son poids de colophane divisée, reconnaissable à la manière dont elle se comportait sur les charbons ardents et avec l'alcool. 51 grammes d'un succin ainsi falsifié, mis en contact avec 125 grammes d'alcool, pendant six heures, en ayant soin d'agiter souvent, ont fourni une solution alcoolique qiii a laissé» par l'évaporation, un résidu de colophane? représentant lesixième du succin traité (environ 5 grammes).

Le mcre est un des principes immédiats le plus répandus •dans le règne végétal. Il abonde dans les tiges de graminées, comme la canne à sucre, le maïs, le sorgho; on le trouve en forte proportion dans les betteraves, les melons, les citrouilles, les patates douces, les ananas, les noix de coco, les chfttaignes, les navets, les carottes ; dans la sève des palmiers, de Térable dit à sucre, du bouleau, etc. ; d'après les recherches de M. Avequin, il existe dans nombre de fruits des tropiques (pomme de cannelle, cachimeht, mango, sapotille, orange douce, figue banane, pomme rose).

La plus grande partie du sucre s'extrait des cannes et des betteraves.

Le sucre à l'état de pureté est en masses blanches, inodores, formées par l'agrégation de petits cristaux, et produisant par le cboc; dans l'obscurité, des lueurs phosphorescentes; sa densité est de 1,563 à 1,606. Il est très-soluble dans l'eau, dans Falcool étendu ; insoluble à froid dans Falcool anhydre. Il cristallise en prismes rhomboîdaux^ plus ou moins volumineux, terminés par des sommets dièdres; à cet état, il constitue le mcre candi.

Le sucre fond à 180>; vers 200 ou iiO''^ il perd de l'eau.

se colore en jaune orangé, pais en brun rougeâtre ; en maintenant suflSsamment cette température , il se transforme en un nouvel acide fortement coloré en brun, insipide, trèssoluble dans l'eau, qu'il colore en brun-sépîa très-foncé ; insoluble dans Talcool : c'est le caramel où acide caramélique qui, suivant M. Péligot , à la même composition que le sucre anhydre (c'est-à-dire tel qu'il existe à l'état de combinaison).

Quand on chaufie longtemps une dissolution de sucre, elle se colore : si la réaction a lieu au contact de l'air, le sirop brun qui s'est formé est acide ; il y a production d'acides formîque et acétique.

Les acides étendus transforment le sucre de canne en sucre incristallisable ; l'acide ne se combine pas au sucre^ mais il détermine une fixation des éléments de l'eau qui change sa constitution. L'action est plus lente ou plus rapide, selon que l'on opère à froid ou à chaud, avec les acides minéraux qui sont beaucoup plus actifs ou avec les acides végétaux qui le sont moins ; l'acide acétique agit à peine ou n'agit pas du tout.

Les alcalis se combinent au sucre de canne et donnent des combinaisons définies (sucrâtes), dans lesquelles une partie de l'eau du sucre est remplacée par une base.

Le sucre peut former avec certains sels, et particulièrement avec le chlorure de sodium , un composé bien cristallisable.

Dans le commerce, les sucres sont estimés, classés, d'après leur aspect, sous trois rapports différents :

La richesse cristalline, la nuanccj le degré d'humidité ou la proportion d'eau interposée par diverses causes.

Afin de pouvoir comparer entre eux les divers sucres répandus dans le commerce, on a établi des types ou points de comparaison invariables, échelonnés depuis les nuances les plus basses jusqu'aux plus élevées, et auxquels on rapporte les échantillons qui s'en rapprochent le plus.

On divise les sucres en 2 grandes classes : sucre indigène (sucre de betteraves), et sucre exotique^ comprenant les sucres étrangers (Jamaïque, Havane, Brésil, etc.) et les sucres des colonies françaises (Martinique, Guadeloupe, Bourbon, etc.).

Chacune de ces deux classes a ses types particuliers, por-

tant les mêmes noms, mais n'ayant pas d'autre analogie (1).

Ils sont établis de la manière suivante :

Basse quatrième : type inférieur ; ^

Quatrième ordinaire;

Bonne quairième ordinaire;

Bonne quairième ;

Belle quatrième ;

Fine quatrième: type supérieur.

Pour les provenances exotiques, la douane n'admet pas de sucres plus élevés que les types ; au-dessus de la fine quatrième, ils sont prohibés.

Les sucres inférieurs à la basse quatrième sont dits en dehors des types, et évalués suivant qu'ils s'éloignent plus ou moins de ce type inférieur.

UsÀGBs. — Les usages du sucre sont trop connus pour que nous y insistions ; les chiffres suivants donneront une idée de l'importance de cette matière et de sa fabrication.

Voici d'abord un tableau qui indique la production annuelle du sucre dans le monde entier :

Bengale , GhÎDe , Siam 1 00 raillions de kilogr.

Colonies anglaises SIO »

Colonie)} espagnoles 285 »

Colonies hollandaises 80 »

Colonies suédoises et danoises 10 »

Colonies françaises 80

France {») 60 1**^ **

Brésil 75 »

Louisiane 60 »

Russie, Allemagne, Italie et Belgique.. 38 »

Total 958

Le tableau suivant donne les chiffres de la consommation du sucre en Europe, et démoutre qu'en Angleterre elle est

(1) Ces types qui font foi, en matière de commer , sont déposés k la Bourse, à la disposition des commerçants et sous la responsabilité du syndicat des courtiers. Gomme ils sont susceptibles de s^altérer à la longue, on les renouvelle chaque année.

(%} La fabrication du sucre de betteraves en France a été, en moyenne, annuellement de 43 millions de kitog. depuis 184i, époque à laquelle il

actoellement, par tête dliabitant, 5 fois pins forte que chez noos(i);

Population . MiUioiM de kU. Kil. par lète •

Angleterre. 16,250,000 153 15 '

ÊcofiM 9,<SO,000 '40 15

Hollande 8,000,000 94 8

Irlande 8,150,000 11 t,«i8

Belgique T^OO.OOO 11,5 8

France 86,000,000 20 8,88

Espagne U,000,000 48,5 8,11

Suiêae 9,100,000 6,5 8

Portugal 8,500,000 6,11 MO

Danemark 1,000,000 5 1,50

Pologne et divers... 8,000,000 10 1,50

Prusse 15,000,000 18 1,80

Suède et Norwége.. 4,000,000 6 1,50

Italie 19,000,000 18 1

Autricbo 86,000,008 81«5' 0,90

Russie (1) 40,000,000 10 0,50

Total 917,080,000 668 8,175

y avait 382 fkbriques; les dernières campagnes ont produit plus de 60 millions de kilog. dans 288 fabriques, ainsi réparties :

Fabriqoef. . Kilog.

Aisne 19 5,188 ,1 88

Nord 141 84,871,068

Oise 8 1 ,760,105

Pas-de-Calais 69 11,981,176

Somme 18 8,111,588

Douse autres départements 17 9,158,108

Ainsi les progrès dans la fabrication ont été tels, qu*avec un nombre moindre de fabriques il y a eu une production beaucoup plus grande.

(1) Cet accroissement de la consommation anglaise provient de la baisse des prix, amenée par une réduction de droits sur les sucres : car, il y a quelques années, la consommation de l'Angleterre comparée à celle de la France était dans lei^ rapport de 2 à 1.

Dans tous les pays, Taccroissement de la consommation du sucre n'a cessé de suivre un cours régulier, en rapport avec Tamélioration dea conditions hygiéniques de ces pays. Ainsi, en France, la moyenne de l'accroissement de la consommation du sucre dans les trente dernièrea années a éié de 8,100,000 kilog.

Dans l'alimentation d'un Anglais, le sucre représente 40 jours de nour-

SUCEES.

Altérations. — Le sucre pent être accidente)teinetit altéré par la présence du fer^ de la chauXj du zinc, du plomb. On incinère une certaine quantité de sucre ; et on traite les cen* dres par Tacide nitrique étendu ; la liqueur est évaporée ' à siccité, et le résidu repris par Teau distillée donnera une li-* queur dans laquelle on recherchera, au moyen des réactilk convenables, les substances étrangères sus-nommés.

Falsifications. — Le sucre est l*objet de plusieurs falsifications ; la plus commune consiste à y mêler, en plus ou moins grande quantité, de la glucose ou sucre de fécule (1); on y a incorporé, mais plus rarement, du sucre de lait^ de la craie j du plaire, du sable, difjp^entes farines ; mais ces dernières adultérations ont été constatées surtout dans le sucre blanc râpé et dans les cassonades (2).

On découvrirait le sucre de lait à l'aide de son insolubilHé dans Talcool faible, qui dissout, au contraire, le sucre de canne ou de betterave. Pour faire cet essai, il suffit de réduire en poudre fine iO grammes de sucre suspect, de verser dessus 25 grammes d'alcool à 9xy>, d^agiter le mélange et de laisser déposer. Lorsque la matière employée est du sucre de canne ou de betterave, la liqueur est claire, tandis qu*elle est louche et dépose une poudre blanche lorsqu'elle renferme du sucre de lait. On décante alors te liquide clair, que Ton remplace par de Teau qui dissout le sucre de lait et reste sans action sur les portions du dépôt qui seraient formées, par exemple, d'ami-

ritufe par ami^a; eq HoUaode, .la «ooacwnmaUon du^ucre vepréMate 70 jours de nourriture par année dans Taliaientation de chaque habitant. En France, il ne représente que tO ou li jours de nourrilure.

(i) Non compris la Russie orientale et diverses possessions en Asie et en Amérique, dont la oonaommation peut ôire étahiéeè IS mitUons.

(1) Il y a huit ana environ, la mosicipâUté de Bordeaux» niae en demeure par la chambre de commerce de cette Tille, prit un arrêté sévère pour interdire le passage des barrières à la glucose, qu'on mélangeait en assez Torte proportion aux sucres blonds des colonies.

Sur une plainte formée par les négociants de la môme ville, on saisit, chez deux de leurs confrères, du sucre qui, d'après les analyses de MM. Vagonly et Aug. laurenty contenait 20 J' de glucose.

A la même époque, ce genre de fraude s'exerça largement sur la place de Nantes.

376 SUCEES.

doD ; celui-ci traité par Teaa bouillante et la teinture (f iode produira une couleur bleue (i).

Quant à la craie, au plâtre, aux farines, etc., on les décèle dans le sucre, en en dissolvant une partie dans Teau firoide ; le sucre seul est dissous ; les substances étrangères se précipitent; le dépôt se forme avec lenteur et le liquide surnageant est laiteux, dans le cas où on a affaire à des farines.

Si le sucre contient de ces matières insolubles, on détermine leur quantité en dissolvant tout le sucre dans de Talcool faible, à 6(h> par exemple, filtrant et pesant le résidu sur le filtre.

Comme c'est la glucose qu'on ajoute ordinairement au sucre, il est important de pouvoir non-seulement en constater la nature mais encore d'en déterminer la proportion. Cette recherche a été Tobjet des investigations de plusieurs chimistes, qui ont indiqué divers procédés que nous allons successivement passer en revue.

D'abord, avant de recourir aux essais chimiques, on peut consulter avec avantage les caractères physiques : un sucre rude au toucher, dur, sonore, à grains bien cristallisés et brillants, est très-probablement pur; un sucre mou, onctueux au toucher, terne et s'égrenant sous les doigts, présentant quelque chose de pâteux et prenant au contact de Tair une couleur jaunâtre, peut être soupçonné de mélange. ^ Le procédé d'essai des sucres par la potasse caustique, ' basé sur la différence d'action des alcalis sur la glucose et le sucre de canne, a été mis en pratique par MM. Pester^ Chevallier ^ Kuklmann , etc. On introduit dans une capsule de porcelaine ou dans un tube fermé par un bout, ou dans un matras de verre, un mélange d'eau (20 gr.) de potasse (0,5 gr.) et de sucre (10 gr*) ; on chauffe sur une lampe à alcool ou au bain-marie. Après une minute ou deux d'ébuHition (2), le,

(1) En J847, nous fûmes chargé d'examiner deux échantillons de sucre en poudre saisi chez le sieur G..., épicier à Paris. Ce n'était qu*un mélange de sucre avec 18 ©/o environ de Técute.

(2) M. Lassaigne a observé que la potasse caustique donne avec le sucre de canne ou de betterave plus ou moins chauffé des réactions analogues à celles qui se développent avec la glucose.

Dans l'essai des sucres et des sirops il y a donc lieu de prendre en

siKaivs. 377

SQcro mêlé de glucose prend une cdoration brune dont Tin* tensité est en raison de la proportion de glucose ajoutée; si le sucre est pur^ il ne prend qu'une couleur jaune, analogue à celle du petit-lait.

Au lieu de potasse on peut se servir de soude (i), de chaux, ou, d'après les observations de H. Coitereau fils, d'un carbonate alcalin qui produit aussi la même réaction.

Le mode d'essai de H. KrcaUz par le sulfate de cuivre et la potasse consiste à introduire dans un flacon 4 gr. de sucre, 60 gr. d'eau, 0,4 gr. de potasse à l'alcool, et 0,2 gr. de sulfate de cuivre cristallisé ; on agite pour qu'il y ait dissolution, et on laisse reposer. Si le sucre est pur, on n'a pas de précipité, même après huit jours de contact; si, au contraire» le sucre est mélangé de glucose, on obtient, après quelques heures, un précipité rouge de protoxyde de cuivre. Quand le mélange de glucose est considérable, la liqueur, qui était d'abord colorée en bleu, se trouve complètement décolorée au bout de 20 heures et ne contient plus aucune trace de cuivre en dissolution (2).

Le procédé de H. Fnmmherz ne diffère du précédent que par ce que, au lieu d'opérer à la température ordinaire, on chaufie à une température voisine de Tébullition; en peu d'instants la réduction du cuivre à l'état de protoxyde est opérée par la glucose. Le sucre pur ne produit aucun effet semblable.

H. Frommherz a reconnu que le tartrate de cuivre dissous dans une solution de potasse caustique est aussi facilement réduit à la température de iOO^ par la glucose et converti en protoxyde de cuivre.

H. Barreswil a donné à ce procédé une forme très-pratique en exécutant l'essai avec des liqueurs titrées. La liqueur d'épreuve est une dissolution alcaline de bioxyde de cuivre, composée de sulfate de cuivre, de tartrate neutre de potasse

considération Tinfluence que la chaleur a pu exercer sur ces produits, et les modifications qui ont dû en résulter.

(1) On prend une solution contenant 2 à 5 70 de cet alcali.

(2) On peut, par le procédé de M. Krantjt, reconnaître jusqu'à t Vo de sucre de fécule mélangé au sucre de canne.

378 sdCRES.

et de |M>fas9e caustique. Elle se prépare de deux manières.

1«» On hit dlssondre à chaud dans Y, de litre d'eau distJMée, 50 gr. de crème de tartre et M gr. de carbonate de soude, puis on ajoute 30 gr. de sulfate de cuivre cristallisé et pulvérisé ; après avoir porté à Tébullltion, on laisse refroidir et on ajoute en dernier lieu 40 gr. de potasse à la chaux, dissoute dans V4 de litre d^eau ; le volume d*un litre est complété et on feit bouillir de nouveau.

^ On fait dissoudre dans SOO gr . d'eau #0 grammes de sul- {Me de cuivre cristallisé, lOgr. de bilartrate de potasse et 90 •grammes de potasse caustique (i).

Ces dfssohitions sont transparentes et d*un bleu foncé ; on dM les conserver à Tabri de la lumière.

On eommé^M^ d^afootd par fiier le titre de la liqueur d*épreuve, en recherchant combien il faut d*une solution faite avec un poids connu de sueire candi pur et sec, porté à Tébâllition, après Faddition de quelques gouttes d'addesulfurique, pour déeolbrer exactement un volume déterminé de la liqueur d'épreuve.

Le titre obtenu, on en verse un volume déterminé dans une capsule de verre ou de porcelaine ; on y ajoute une quantité quelconque d'une dissolution trèsKxmcentrée de potasse caustitiue (S). Puis, au moyen d'une burette graduée, ou fait tomber goutte à goutte dans la dissolution cuivrtque chaude, le liquide sucré et acide dont on recherche la composition et qu'on a préalablement additionné d'une quantité connue d*eao.

Lorsque les deux liqueurs sont en contact, il y a dépôt de protoxyde de cuivre ; à mesure que l'opération avance, la couleur du liquide diminue d'intensité, et elle est terminée quand celui-ci est entièrement décoloré : le nombre de degrés de la burette qu'il a fallu employer donne, par une proportion, le poids du sucre contenu dans la liqueur soumise à l'essai.

Lorsque le liquide sucré contient de la glucose, on détermine cette proportion eu faisant un premier essai avec une

(1) Celle seconde maDïère de préparer la liqueur d'épreuve a été ^^' diquée par M. Poggiale pour doser le sucre de lait qui réduit, comme la glucose, le bioxyde de cuivre (V. art. Lait, p. î3).

(t) Cette addition n'a lieu que pour augmenter la densité du liquide.

SUCRES. 3t9

portion du liquide amlenée à un volume connu avant qu'il ait été sonmiff à Tactton de Tacide sulfoHque ; la glucose réduit seule la dissolution cuivriqne que le sucre ordinaire laisse intacte. On note cette quantité, puis on fait bouilKr une autre portion du liquide sucré avec Tacide sulfurique, de manière àconvertir tout le sucre et) glucose. Au moyen d'un second essai fait avec la liqueur ainsi modifiée, on a le poids total de la glucose qu'elle contient ; la diiférénce ent^e ce demiieT , et le poids fourni par le premier essai , donne la quantité de glucose et de sucre cristalli^able.

Dans ce dernier cas, d^nn mélange de glucose et de sucre de canne, te procédé de M. Barremil est moins exact; de pliis, H. Lassaignê a constaté qu^il but se prémunir; dans ke genre d'essai, contre les erreurs causées par les modificatîoàs qu'une température plus ou moins élevée fait éprouver au sucre de canne, modifications telles, qu'elles peuvent rendre l'action de ce dernier sur la dissolution alcaline de biox^de de cuivre aussi prompte que celle de la glucose sur le même réactif (1).

La méthode saccharimétrique de M. Péligot^ est foniïèe d^ne part sur la différence d'action que la chaux exerce àur la glucose et le sucre de canne, et d^une autre part sur la dissolution de la chaux en proportion fixe par le sucre.

On fait dissoudre à froid iO gr. de sucre à essayer dans 75 centimètres cubes d'eau ; on ajoute à cette dissolution 10 gr. de chaux éteinte et tamisée -, on broie pendant 8 à lO minutes, puis on jette le mélange sur un filtre pour séparer la chaux dissoute : cette base ayant été employée en excès (S).

On prend avec une pipette graduée 10 cent, cubes de la dissolution de saccharate de chaux ; on les étend de 2 ^ 5 décil. d'eau ; on y verse qudques gouttes de teinture de

(1) Ainsi du sucre d'orge et de la pâte de gomme, préparés avec du sucre de canne légèrement caramélité par une élévation de température des substances qui entrent dans leur composition, ont réagi aussi yite sur la dissolution cuivriqueque la glucose pure.

(2) n est bon de verser une seconde fois sur le filtre la liqueur qui a passé, afin d'arriver à dissoudre rapidement toute la chaux que le sucre peut prendre.

tournesol ; puis on la sature exactement avec une dissolution titrée d*acîde sulfurique, contenant, par litre, 21 gr. d'acide pur, à 1 équivalent d'eau. Un litre de cette liqueur sature la quantité de chaux qui est dissoute par 50 gr. de sucre. On en remplit la burette des essais alcalimétriques : la quantité d'acide sulfurique qu'il aura fallu pour atteindre le point de saturation donnera la quantité de chaux, et, par suite, de sucre, contenue dans la dissolution de saccharate de chaux.

Lorsque ce premier essai alcallmétrique est terminé, on introduit dans une fiole à médecine une partie du liquide alcalin, qu'on chauffe pendant quelques minutes jusqu'à lOO» au bain-marie. Si cette liqueur ne contient que le saccharate de chaux produit par le sucre ordinaire, elle se trouble par l'action de la chaleur, en vertu de la propriété que possède le saccharate de chaux de se coaguler, comme l'albumine, à la température de iOO<> ; mais ce trouble disparaît par le refroidissement de la liqueur. Si le sucre contient de la glucose , la dissolution chauffée au bain-marie prend une teinte brune, et fournit un dépôt brun par son refroidissement ; si la proportion de glucose est forte, il se développe, en outre, une odeur de sucre brûlé. Un second essai alcallmétrique accuse une quantité de chaux moins considérable que le premier; cette quantité appartient tout entière au sucre ordinaire; la chaux dissoute à froid par la glucose ayant donné naissance à des sels neutres sur lesquels la liqueur normale d'acide sulfurique n'a pas d'action (1).

Le mode d'essai indiqué par M. Paym (2) repose sur

(1) Si Ton avait affaire à de la glucose pure, le premier essai alcalimétrique donnerait à peu près le môme titre alealin qu*avec le sucre ordinaire; le second essai, fait avec une portion de la liqueur cbauffée à lOOo, indiquerait la même quantité de chaux que celle qui aurait été dissoute par un égal volume d'eau pure : cette quantité très-petite sature 4 centim. cubes de la dissolution normale d'acide sulfurique par décilitre.

L'essai est le même pour les liqueurs sucrées, seulement il faut n'opérer que sur des liquides marquant 6 à S* Beaumé. En employant des dissolutions plus étendues, on risquerait de ne point dissoudre rapidement toute la chaux qu'elles peuvent prendre; d'un autre côté, des dissolutions très-concentrées deviennent trop visqueuses pour bien filtrer.

(S) Ce procédé est assez généralement adopté dansles fabriques du Nord .

SUCRKS. 331

rinsolubilité dn sucre cristallisé dans Talcool saturé de sucre pur, tandis que les substances étrangères sont solubles dans ce véhicule.

On prend iO gr. de sucre à essayer, sur un échantillon moyen ; on les introduit dans un tube de 0^,30 de longueur et de 0",0i5 de diamètre ; puis on ajoute environ 10 centim. cubes d'alcool anhydre pour enlever les 5 à 5 centièmes d^eau que les sucres bruts contiennent; ou agite, on laisse déposer et Ton décante ; puis on verse dans le tube environ 50 centim. cubes d'une liqueur d'épreuve préparée en dissolvant 50 gr. de sucre blanc sec et pulvérisé (4) dans un litre d*alcool à 0,85 additionné de 50 centim. cubes d*acide acétique à S"" ; on agite, on laisse reposer ; dès que le liquide est clair, on le décante, puis on ajoute une nouvelle quantité de liqueur d'épreuve égale à la première, on agite, on laisse reposer et on décante de nouveau : deux ou trois lavages suffisent ordinairement pour épurer le sucre cristallisé, on fait un dernier lavage avec de Talcool à 0,96 pour enlever tout le liquide saturé de sucre interposé entre les cristaux ; il ne reste plus alors qu'à recueillir le sucre sur un filtre, à le dessécher et à le peser : la difTàrence entre le poids primitif de réchantillon et le dernier poids obtenu indique Teau et les substances étrangères solubles qui accompagnaient le sucre brut ; car la liqueur d'épreuve peut dissoudre le sucre incristallisable, la mélasse, décomposer et dissoudre le sucrate de chaux, sans dissoudre du sucre cristallisable, puisqu'elle en est saturée (2).

(1) Cette quantité de sacre est celle qui sature la liqueur à la température de 120 • mais pour qu'elle reste saturée dans les changements de température, on suspend dans toute la hauteur du vase qui la renferme des chapelets de cristaux de sucre candi blanc.

(S) A Taide d'une formule empirique, on peut déterminer approximativement la quantité de sucre existant dans un sirop : S*il s*agit de sucre brut, on multiplie par 2 le degré que la solution marque à Taréoinètre de Beaumé et Von diminue le produit du dixième ; le chiffre qu'on obtient indique les centièmes , en poids , du sucre contenu dans le âlrop. SI un sirop marque 18o Beaumé» on dit : 18 X 2 = 86 — '*/io= 82, 4 de sucre pour 100 du liquide. S'il s'agit d'une solution de sucre pur, on retranche un douzième; on aurait donc pour une solution mar* quant 18" Véqualion suivante: 18 X 2 =36 — w/i, = 83 pour 100.

{Payen.)

M. Reich a proposé de mettre à profit Tacdon de Tacide sulfurique concentré sur le sirop de fécule, pour reconnaître si le sirop de sucre de canne est pur ou mélangé de sirop de fécule ou de glucose.

L'acide sulfurique concentré forme, en efét^ avec le sucre de féculCt un acide particulier, Tacide sulfosaccharique ou sulfoglucique, découvert par M. Péligot^ et qui ne précipite pas les sels de baryte. Le sucre de canne, au contraire, se charbonne par Taoîde sulfivique concentré en donnant d'autres produits ; il en est de même du sirop de sucre de canne, du socfe ineristallisable (mélange de sacre cristaHiiahhi et de sucre de finnts), ifok ne dmnent pas nos plus d*aeide soKk sacchariqne.

On afMte ^p» gouttes au sirop, concentré autant que possible au baiB<marie, de Tacide sulfurique en léger excès, en refroidissant, pour éviter un trop grand écliauffsment du mélange. Au bout d*une demi^heurede repos, on dissout le sirop acide dans Tean distillée, on filtre et Ton triture le liquide jusqu'à saturation avec le carbonate de baryte. On sépare j^ Tacide du filtre le sulfate ainsi formé et Texcédanf de carbonate ; si la liqueur filtrée et neutre précipite par lucide sulfurique étendu ^ il s'est formé de Faeide sulfosaccfaarique, preuve de la présence du sucre de fécale.

M. Reich pense qii*un dosage pourrait être exécuté par ce procédé, qui, toutefois, exige beaucoup de soin de la part de rexpérimeutateur.

Le même chimiste a proposé remploi du bichromate de potasse. Si Ton ajoute une solution concentrée el chaude de ce sel à du sirop de sucre de canne, et que Ton porte à Tébullition, Taction est très-énergique et se continue même sans Tapplication de la chaleur, jusqu'à ce que le sirop soit coloré en vert.

Avec le sirop de sucre de fécule ou le sirop de dextrine, le bichromate ne produit aucun changement. Lorsqu'on mélange du sirop de fécule avec 4/5 ou même ij^ seulement de sirop de fécule, celui-ci empêche la réaction et le mélange ne change pas de couleur par rébullition ; des additions plus faibles n'empêchent pas entièrement la réaction ; toutefois elles

rentravent m partie, et une nuance verte plus p&le annonce alors la présence du sirop de fécule ou de dextrine.

D'un autre côté, le nitrate de cobalt serait, selon M« Meich^ un très-bon nloyen de reconnaître la falsification du sucre de canne par le sucre de fécule. Lorsqu'on ajoute un peu de potasse pure et fondue à une solution concentrée de sucre de canne pur, qu'on porte à rébullition,et qu'après avoir étendu d'eau on ajoute une solution de nitrate de cobalt, il se produit immédiatement un précipité d'un beau violet bleuâtre et qui. finit par prendre une teinte verdfttre»

Par le même traitement, une solution concentrée de sacre de fécule ne donne pas le même précipité. Si le liquide est suffisamment étendu, il reste limpide après l'addition du sel de cobalt; si la solution est coocentréet il se sépiire un prér cipité d'un brun clair et sale.

La présence d'une très-petite quantité de sucre de féoile dans le sucre de canne empâche déjà la formation du préci--> pité violacé. La combinaison potassique du sucre incristalUaable se comporte, aveq le nitrate de cobalt, comme le sucre de fécule.

Toutes les méthodes d'essai que nous venons de décrire reposent sur des réactions chimiques. Mais il y a aussi un aiitre mode d'essai fondé sur les propriétés optiques des dissolutions de sucre, dont l'observation première est due à M. Biot^ et qui constitue la saccharimétrie optique.

Un instrument particulier, inventé par M. Soleil ^ et appelé saccharimètre ou polartmètre (Voy. Planches)^ permet d'apprécier et de compenser, au moyen du mouvement donné à deux prismes de quartz, l'influence exercée sur les colorationa d'un rayon de lumière polarisée par l'interposition d'une co^ lonne de liquide tenant le sucre en dissolution. On compare le pouvoir qu'exerce sur la lumière polarisée la dissolution titrée par volume du sucre à essayer, à celui d'une dissolution au même titre de sucre absolu dont le sucre candi, parfaitement sec et pur, est le type.

Le titre normal, adopté à cet effet, est de 16,471 gr. de sucre réel par décilitre (ou 100 centim. cubes) de dissolution déterminant une déviation à droite de 100% lorsqu'on l'observe dans un tube de O^^iO de longueur. L'action des dissqlu-

384 sucaES,

lions sucrées sur la lumièrd polarisée étant toujours proportionnelle à la quantité de sucre quelles contiennent ou à répaisseur sous laquelle la lumière les traverse, ce nombre 16,474, employé comme multiplicateur de celui des degrés constatés par Tobservation, donne un produit qui exprimera la quantité de sucre pour un volume déterminé de liqueur.

Pour devenir propres à l'observation, les dissolutions sucrées doivent être soumises à quelques manipulations préalables indiquées par H. Clerget. Ou prépare 300 ou 300 cent, cubes de dissolution sucrée, en se servant de matras d*une capacité suffisante ; si la dissolution est trouble etmucilagineuse^ on la maintient dans le matras au-dessous du trait de jauge ; alors on la défèque, soit avec de la colle de poisson et de Falcool, soit avec du sous-acétate de plomb ; on agite le tout et Ton jette sur un filtre.

Si, après cette opération, on reconnaît que la liqueur est d^une teinte qui permet de juger des déviations du plan de polarisation, on la soumet immédiatement à l'observation ; si, au contraire, elle est trop colorée, on la blanchit avec du noir animal, en faisant passer la liqueur à plusieurs reprises sur le même noir.

Ainsi blanchie, la liqueur est soumise à Tobservation directe dans un tube deO"',20 de long ; puis, au moyen de Tacide chlorhydrique pur et concentré, on convertit la totalité du sucre en sucre incristallisable, ayant sur la lumière polarisée un pouvoir en sens contraire de celui qu*eierce le sucre cristallisable.

La liqueur est versée dans un matras particulier, portant deux traits de jauge indiquant des capacités de SO et de 55centim. cubes. On élève la liqueur jusqu'au premier trait, et on ajoute ensuite l'acide chlorhydrique jusqu'au second, c'est-à-dire dans le rapport de 4/10 du volume principal; on agite et, après y avoir plongé un thermomètre, on porte le matras dans un bain-marie ; on élève la température au moyen d'une lampe à alcool, jusqu'à OS», en disposant la mèche de manière à donner au chauffage la durée d'un quart d'heure environ, et l'on place aussitôt le matras dans un second vase rempli d'eau froide, afin de ramener la Uqueur à la température ambiante ; on l'introduit alors dans^un tube

spécial d'observation. Celui-ci est muni, au milieu de sa longueur, d'une tubulure yerticale dans laquelle plonge un thermomètre disposé de telle sorte que, par un mouve» ment de frottement, on fait pénétrer à volonté son réservoir jusqu'au centre même du tube, où on le soulève au-dessus du trajet du rayon, alSn de laisser passer la lumière.

Le liquide acidulé est filtré sur un entonnoir dont la douille est introduite dans la tubulure verticale du tube d'observation (i). La liqueur filtrée, limpide et incolore, qui donnait avant Tacidulation une notation directe^ c'est-à-dire une déviation à droite, donne, après l'acidulation (ou l'inversion) une notation indirecte^ c'est-à-dire une déviation à gauche»

Le nombre de degrés à gauche, augmenté de i/iO pour compenser la dilution qui résulte de l'addition de l'acide, est réuni à celui des degrés de droite constaté avant l'acidulation. On cherche alors dans une table dressée par M. Clerget^ à la colonne de la température (2) à laquelle s'est faite l'observation, le chiffre le plus rapproché de la somme des deux nombres de degrés (adroite et à gauche) ; on trouve à l'extrémité de la ligne horizontale, dans la dernière colonne de cette table, le titre en centièmes du poids de la substance.

Dans le cas où la notation avant et la notation après l'acidulation ne seraient pas de signes contraires, ce qui peut arriver si le sucre cristallisable est mêlé à une forte quantité de sucre incristallisable, on opère en prenant, non plus lasooune de ces notations, mais nécessairement leur^ différences.

Xxemple s l» Soit une liqueur donnant, avant Tacidulation, une nota* tion directe de M> > ^ degrés

£t après rinversion, à la température d*ob8ervation de 1 5««-, une notation indirecte de • < é(Bf 80

Somme M degrés.

(1) Cette filtration a pour but de retenir un chlorure de plomb triba- BÎque auquel Tezcès de sous-acétate de plomb, employé pour la défécation, adonné naissance par son action sur i*acide chlorbydrique.

(i) Cette table est construite pour un parcours de l'échelle thermométrique compris entre + 10 et + 3Ho. Il est peu probable que Ton ait des ▼ariations de température en dehors de ces Hmitef;.

386 S13LFATB DE BARYTE.

l*Soit uoeantreliqueur donnant, avant l'inversion,

la notation directe de jflji^ > 65 degrés.

Et, après l'inversion, à la température de + 20««-,

une notation de môme signe de ^ > SO

. j Différence. .... 36 degrés.

Pour la première dissolution, le titre se trouvera en cherchant dans la table quel est le chiffre de la colonne afférente à la température de 15° qui se rapprochera le plus de la somme d'inversion 95"" : ce chiffre est 95,5 et correspond au titre de 70/100 en poids.

Pour la seconde dissolution, le chiffre 55 sera représenté par celui 34,8 de la colonne ouverte pour la température de 20<>, qui correspond au titre de 26/100.

BVOBM PS ULIT.

Le sueredelait, appelé aussi sel de lait, lacttne, lactose, s'obtient par révaporation du petit-lait. Il est inodore, cristalUsable en prismes réguliers à 4 pans, blancs, demi-transparents. Il craque sous la dent; il se dissout dans 5 à 6 p. d'eau froide et 2 V« P* à'ehu bouillante; il est insoluble dans Talcool concentré. L'acide nitrique le convertit en acide mucique, et Facide sulfofique étendu, en sucre de raisin. Au contact des membranes animales (membranes de Testomac), il se transforme en acide lactique ; mais il n'est pas susceptible d'éprouver directement la fermentation alcoolique.

Le sucre de lait est quelquefois falsifié avec Y alun , le sel marin. Sa solution aqueuse serait alors précipitée en blanc par le chlorure de baryum ; ^us forme gélatineuse, par l'ammoniaque ; en jaune-serin, par le chlorure de platine ; on bien le nitrate d'argent donnerait un précipité blanc, caillebotté, solubledans l'ammoniaque, insoluble dans l'acide nitrique.

MWanL — ▼. OEAIMHB Aimf AL8S. SUUTATS VAXUWUWM XT 9X POTA88X. — ▼. Aftmr.

BUIFATE SE BA&TTS.

Le sulfate de baryte ou spath pesant, pierre ou phosphore de Bologne^ est le résultat de la combinaison de la baryte avec

SULFATE DE BARYTE. 387

Tacide sulfurique dans les proportions de 65,63 de baryte et de 54,37 d'acide mlfurique (Berzelius).

Ce sel se trouve dans la nature en de très-grandes quantités dans diverses localités, au Hartz, en Hongrie , en An^eterre, en Ecosse ; à Royat, près de Clermont-Ferrand; en Normandie; à Thann; celui qui se trouve à Bologne mx Monte Paterne est formé de : sulfate de baryte^ 62 ; silice, alumine^ sulfate de chaux, oxyde de fer et eau, 38. Le spath pesant d'Allemagne renferme, en outre, 4 à 6 ^/o de sulfate de strontiane.

Ce iél est insoluble dans Feau et dans les acides nitrique et chlorlydrique, soluble dans un excès d'acide sulfurique concentré et bouillant : cette solution est précipitée par Teau. Le svlfat^ natif, lorsqu'il est chauffé brusquemîent, se brise en torceaux et éclate avec bruit ; ce phénomène est déterminé }T l'eau, qui se réduit en vapeur et tend à s'échapper, kumis à une très-haute température, il fond à Taide du talumeau, et on peut l'amener à l'état d'émail blanc opaque. <auffé avec du charbon, il est transformé en sulfure de batm; réduit en poudre, mêlé avec de la farine et de Feau, èhauffé au rouge, ce sel acquiert la propriété de luire dans ftscurité : ce qui Fa fait appeler phosphore de Bologne. 'sages. — Le sulfate de baryte est employé pour obtenir l^ryle et ses sels. En Angleterre, on s'en sert comme fond pour le minerai de cuivre. On dit qu'on en a fait usage P' empoisonner les rats. Son plus grand emploi considans le mélange avec la céruse, en substitution du carbte de plomb. Cette substitution est poussée si loin, qu'p ' esrtaines céruses qui renferment 75 et 84 7o ^^ sulfate j de^e.

8BAT10KS. — Le sulfate de baryte naturel est quelquefois

^\r dés oxydes de cuivre^ de f& et de manganèse. Mais

èe^ratîons sont faciles à reconnaître. Ainsi Foxyde de cûi-

vrdonneune teinte verdàtre ou bleuâtre; en traitant par un

aciincentré, le cuivre est dissous et sa présenceest démon-

tré^F ammoniaque, là lame de fer décapée ; Foxyde de fer

loi ^ une couleur rougefttre; à Faide d'un traitement par

Fadb(]rochlorique, on obtient des solutions qui sont pré-

cipiln noir par la noix de galle, en bleu par le cyano-

ferr^e potassium ; Foxyde de manganèse lui donne une

388 SULFATE DB CUIVllE.

couleur bruue qui peut être détruite par les acides et déoelée par les réactifs.

FjLLSiFiCATioifs. — Quoiquc le prix du sulEate de baryte soit très-minime (1), on y a mêlé du carbonate de chaux^ du sulfate de chaux, du nUfate de plomb^ du fluorure de calcium.

Le sulfate de baryte mêlé de carbonate de chaux traité par Faeide chlorbydrique étendu d'eau donne lieu à une efienresoence marquée, et on obtient une solution de chiorure de calcium qui précipite en blanc par roxalate d'anamoniaque et par le sulfate de soude. Le sullate de tiaryte exempt de carbonate de chaux ne cède rien à faeide âhlorhydrique. Le sulfate de baryte mêlé de sulfate calcaire traité à chaud par Tacide chlorbydrique étendu d'eau foumt une dissolution qui laisse précipiter, par le refroidisaement,\e sulfate de chaux dissous par Tacide.

Pour déceler le sulfate de plomb, on fait bomllir le sulfatée baryte avec une solution de carbonate de soude ou de ftasse : il se forme du carbonate de plowb et du sulfate alcalb, dont on dose Tacidc aalfuriqueau moyen d'une solution ti»« de chlorure de baryum ; le poids du sulfate de baryte obtaQ fait connaître l'équivalent en sulfate de plomb.

Si on traite par Tacide sulfurique le sulfate de iaçyle M de fluorure de calcium, il donne naissance à des vapeurs suffocantes d'acide fluorhydrique qui corrodent le verre le ;m]fate de baryte pur ne donne jamais lieu au mêmepiiinomène. ^

ftVXVATS 9S OBAUZ. - ▼. WlaTMM.

MUMêT ATM US OUXTHS.

Ce sulfate, qui porte aussi les noms de deutosulfat e dem- ^y sulfate cuivrique, sulfate de deutoxyde de cuivre, vùriol

dlch^'^' *'*'''*^'*'^' ^^P^*'^ *'«^« ^^^^^^ rf« y^^^m vihol narpnT^^^*^'*''^^'*^^™'*"'®*®°8^^P"^'^®«^Wiqu»,ttn^ lîmT ""® ^lietouleur bleue; ilaune saveur ftcreel Uypuque; exposéàl'air, il s'effleuritet serecouvred'uneoDujièitJ ^lauctie; chauffé, il éprouve la fusion aqueuse, sebourtoule en

(t) 11 ïi. lestookilog.

SULFATE DE CUIVEE. 389

perdant 56 7o à'eàu^ et se transforme en une masse blanche, pulvérulente, sans répandre d*odeur. L'eau à + i5« en dissout le quart de son poids, et la moitié à 4- iOO*. Sa solution qui est bleue précipite en blanc par le nitrate de baryte , en flocons bleu-ciel par la potasse et la soude caustique, en blanc bleuâtre par une petite quantité d*ammoniaque ; et le précipité se redissout entièrement dans un excès de cet alcali, en le colorant en beau bleu, lorsque le sel est pur : enfin Tacide sulfhydrique 7 produit un précipité noir, et le cyanoferrure de potassium un précipité rouge cramoisi.

Usàgbs. — Le sulfate de cuivre est employé dans les arts pour préparer deux couleurs, le vert de Scheeleet les cendres bleues (arsénite et carbonate de cuivre). On s*en sert dans le chaulage des blés. En médecine, il est employé à Textérieur comme léger catbérétique dans les cas d^apttthes et même de chancres. On en fait usage à Fintérieur, comme antispasmodique, fébrifuge et vomitif. On le fait entrer dans des col« lyres, injections, lotions.

AiitiLàTtoifs. — Le sulfate de cuivre peut contenir du fer. Si on le fait bouillir avec de Feau acidulée par Taci^ie nitrique,, et^ si Ton ajoute un excès d'ammoniaque de manière à redissoudre le précipité d'oxyde de cuivre, une poudre rouge due à de Toxyde ferrique restera indissoute ; et il sera facile d'en prendre le poids après l'avoir lavée et sechée.

Pour purifier le sulfate de cuivre, on le fait bouillir avec un peu d'acide nitrique pur, afin de porter le fer au maximum d'oxydation ; la liqueur est ensuite portée à l'ébullition avec un excès d'hydrate de cuivre qui précipite Toxyde de fer ; on filtre et l'on fait cristalliser.

Falsifications. -— On allonge souvent le sulfate de cuivre avec des sulfates d'un prix moins élevé : tels sont les sulfates de fer y de zinc, de magnésie (i). Nous venons de voir comment on pourrait reconnattre la nature et. la quotité du sel

(1) Extrait d*un rapport relatifà la venie d'une quantité considérable de sulfkte de cuiyre dont la nature et la yaleur étaient contestées. Ce rapport fut fait par Mil. Pêlouite, PéHgot et A. Chevallier^ en

390 SULFATE DE CUIVEE.

de fer. Il est facile de déterminer la quantité de cuivre, en précipitant ce métal au moyen du fer, ou du zinc, ou bien en-

"vertu d'où jug^ement rendu par le tribunal de commerce^ le 26 juU* let 1841 .

Conclusions. — 1° Le sel, objet de cette analyse, est composé de quatre sulfates : les sulfates de zinc, de fer, de cuivre et de magnésie, dans les proportions suivantes :

Sulfate de zinc 45

» de cuivre 25

» de fer 9t

» de magnésie G

Eau et perte 2

Total 100

3* Ce Bel ne peut être coDsidéré C9mme étant du sulfate de cuivre , ni porter le nom de sulfate de cuivre.

Z^ Si Ton devait donner un nom à ce sel, il faudrait plutôt lui donner le nom de sulfate de ginc, fusant suivre cette première dénomination d'une autre qui indiquerait que ce sulfate de zinc contient, en outre, des sulfates de cuivre, de fer et de magnésie.

40 La vente du sulfate de zinc contenant des sulfates de cuivre, de fer et de magnésie sous le nom de sulfate de cuivre, et comme étant du sulfate de cuivre, pourrait donner lieu à des pertes considérables dans les manufactures, le sulfate de enivre étant employé dans un grand nombre d'industries, et notamment dans la teinture sur soie et sur laine, dans les réserves, cbez les indienneurs, dans la coloration des plumes, dans la fabrication des verts do Scheele, de Schweinfurth, métis ; des cendres bleues, etc.

(La quantité de sulfate était de 180,000 kilog., au prix de 60 fr. les 100 kilog.)

I>a jujçement rendu dans cette afifaire, il résulte que : « La vente d^uo « produit chimique vendu sous le nom de sulfate de cuivre^ et qui ne « contient que 25 o/q de cette substance, est entachée de nullité pour « cause d'erreur sur la substance même de la chose vendue.

« Cette circonstance , que la vente a eu lieu sur échantillons et que » la marchandise dont la livraison est oiferte est conforme à ces échan- « tillons, ne couvre pas la nullité résultant de Terreur, lorsque la vente n a pour objet des marchandises dont Tappréciation ne peut être faite « par un examen superficiel, comme la plupart des produits chimiques, « et spécialement le sulfate de cuivre. »

Il y a quelques années , le jury médical de la Charente-Inférienre examina du sulfate de cuivre destiné au chaulage du blé, et qui avait perdu toute son efficacité. Ce sel f\it reconnu contenir des matières étrangères et notamment 40, 50 et même 60 % de sulfate de fer*

SULFATE DE GDIVÏE. 391

core en faisant usage du procédé cuprimétrique de M. Per louze^ qui consiste à dissoudre un certain poids de la substance cuprifère, à Tadditionner d*anuxu)niaque de manière à redissoudre Foxyde de cuivre, et à précipiter le cuivre dans la liqueur bouillante au moyen d'une solution titrée de sulfure de sodium. La décoloration de la liqueur bleue indique la fin de Topération.

Rien de plus facile que de doser le zinc dans les sulfates de cuivre qui en renferment, car il suffit de dissoudre un certain poids de ces derniers et d*y ajouter un excès de potasse. Le fer, le cuivre, la magnésie, s'il s'en trouve dans le produit essayé, sont seuls précipités, tandis que l'oxyde de zinc est maintenu en dissolution par Texcès de potasse. On rend alors la liqueur acide, après Tavoir séparée des oxydes précipités, et on y verse un excès de carbonate de soude qui détermine la formation d'un précipité de carbonate de zinc qui est lavé, séché et calciné dans un creuset de platine, après addition d'acide nitrique. Le poids de Toxyde de zinc permet de déterminer celui du sulfate de zinc qui altérait le sulfate de cuivre. On peut précipiter les différents métaux dont il vient d'être question par Fbydrosulfate d'ammoniaque; on fait bouillir la liqueur après la séparation des sidfiires, et Von y verse une dissolution de phosphate de soude et d'ammoniaque. Au bout de U heures, on recueille le précipité cristallin de phosphate ammùniacO'Ynagnésien^ on le lave avec de l'eau légèrement ammoniacale, on le calcine, et le phosphate de magnésie, résidu de lacalcination, contient 40 7ode magnésie. 11 est facile ensuite de calculer la quantité équivalente de sulfate de magnésie.

Du reste, il faut bien se mettre en garde contre les falsifications du sulfate de cuivre et ne pas toujours considérer tous les sulfates de cuivre impurs du commerce comme des pro« duits falsifiés.

En etTet, on trouve dans le commerce trois sortes de vitriol bleu : i* Le sulfate de cuivre pur ou presque pur, 2o Le sulfate connu sous le nom de vitriol de Salzbourg-^ il est bleu verdâtre et cristallisé en prismes quadrangulaires à base oblique, très- volumineux ; c'est un sulfate double de cuivre et de fer; sa composition varie avec son origine, et sa va- \

39f S13LFATE DE CUIVRE.

leur commerciale est d*autant plus grande qu*il contient plus de sulfate de cuivre ; on le divise en vitriol 1 aiglcy 2 ou 3 aigles. Ce dernier renferme le plus de sulfate de cuivre. Il se fabrique en France, depuis une vingtaine d'années environ. Paris, Vienne (Dauphiné) et Bouxwiller sont les principales localités d'où le commerce le tire. 5^ Le sulfate de cuivre mixte ou vitriol mixte Chypre est un sulfate double de cuivre et de zinc, qui se présente en prismes rhomboïdaux obliques trèsvolumineux et d*un beau bleu clair. Le commerce le tire des mines de Chessy, près Lyon.

Tablbau.

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