SULFATE DE QUININE
par Teau de baryte-, à filtrer, et à saturer la solution par Tacide sulfurique ou Facide carbonique, après quoi on filtre et Ton évapore pour obtenir le sirop.
Suivant M. E, Cottereau^ le procédé saccharimétrique de H. Petigùt est de nature à donner des indications assez précises lorsqu*il s'agit d'essayer du sulfate de quinine falsifié par le sucre. Eu efiet, on traite une quantité déterminée du sulfate de quinine suspecté par un lait de chaux qui précipite la quinine et dissout le sucre à Tétat de sucrate. On filtre, on lave le précipité resté sur le filtre, et dans la liqueur filtrée, réunie aux eaux de lavage, on ajoute goutte à goutte une solution titrée d'acide sulfurique renfermant, par litre, 21 gr. 65 d'acide jusqu'à ce que la masse rougisse le papier ou la teinture de tournesol. Comme la quantité de chaux dissoute est proportionnelle à la quantité de sucre qui existait dans le sulfate essayé, il en résulte que la proporti<m d'acide employé pour saturer la chaux peut facilement indiquer la quantité de sucre renfermée dans le produit analysé. Un litre de liqueur titrée ou 21s%6S d'acide sulfurique à 6fi* neutralisent la quantité de chaux qui pourrait être dissoute par 50 grammes de sucre.
On pourrait encore, pour déceler la présence du sucre dans le sulfate de quinine, abandonner à eite-méme à 15 ou W^^ dans un flacon muni d'un tube à gaz, dont l'extrémité recourbée s'engage sous une éprouvette remplie d'eau, une solution aqueuse et concentrée de sulfate, dans laquelle on a préalablement délayé un peu de levure de bière ; la fermentation s'établit s'il y a du sucre dans le sulfate, et bientôt l'éprouvette se remplit de gaz acide carbonique.
En traitant par 2 ou 5 gouttes d'acide sulfurique h M' i à 2 centigrammes de sulfate de quinine renfermant 10 pour 100 de sucre, on obtient une masse fluide, opaline, devenant jaune paille après une heure de réaction, et jaune brun au bout de 24 heures. Si l'on opère sur du sulfate de* quinine renfermant 20 pour 100 de sucre, la masse paratt moins fluide, tout en restant opaline ; elle devient jaune brunâtre après une heure de réaction et brun clair après 24 heures. Si le sulfate essayé renferme 50 pour 100 de sucre, le mélange produit par l'acide sulfurique est devenu fluide,
813LFATE DE QUtlONB.
<qpaliu ; il devient bran clair après une heure de réaction, et bran foncé au bout de 24 heures.
Lorsque le sulfate de quinine contient iO pour 100 de glucose» et qu'on en traite 1 à 3 cenligrammee par 2 ou 3 gouttes d'acide sulfurique à W, le mélange arrive difiBcilement à Tétat demi-fluide : après une heure de réaction, il est jaune brun rougefttre, et enfin au bout de U heures, il s'est formé un précipité très-ténu dans un liquide jaunâtre. Alors, en délayant la masse dans Falcool, il s'y produit un trouble qui disparaît par Taddition d'une suflBsante quantité d^eau. L'on conçoit bien, du reste, que Ton pourrait également reconnaître cette fraude par les moyens que nous avons indiqués pour déceler la présence du sucre.
En traitant par 2 ou 5 gouttes d'acide sulfurique à 66^ i à S centigrammes de sulfate de quinine contenant 40 pour 100 de sucre de lait, on obtient une masse fluide, opaline, jaune clair, devenant jaune après une heure de réaction, et offrant, au bout "de U heures, un faiUe précipité grenu.
Si le sulfate de quinine est allongé de mannite (i), ob peut reconnaître la fraude en ajoutant une quantité suffisante d'eau de baryte ou de carbonate alcalin au sulfate de quinine; <m obtient ainsi la mannite dans la liqueur filtrée. Elle cristallise en aiguilles prismatiques. En traitant le sulfate de quinine suspect par de l'alcool absolu froid, on sépare également la mannite, qui reste insoluble.
Lorsque le sulfate de quinine contient de l'acide margarique ou de la stéarine, les corps gras restent à la surface de la dissolution de ce sel faite au moyen de l'eau acidulée par l'acide sulfurique. En chaufiaut la dissolution, les acides gras se divisent en petites gouttes transparentes qui deviennent opaques par le refroidissement ; nous avons trouvé dans un échantillon de sulfate de quinine essayé de cette manière.
(t) La falsification du sulfate de quinine i>ar la manoile a été signalée, en ISSt, par M. VaUêt. En tS40, M. Dubail analysa un échantillon de sulfate de quinine qui lui avait été donné par un droguiste de Paris ; il 7 trouva environ SO <^/o de mannite. Ce sulfote, entièrement semblable par sa légèreté et son aspect soyeux au sulfate de quinine ordinaire, n^offHt cependant qu'une saveur amère peu marquée et mêlée d*un arrière-goût sucré.
414 SULFATE fi£ QUINUIB.
lorsque nous avons découvert cette fraade, jusqu'à 8 V» de stéarine.
En traitant par 2 ou 3 gouttes d'acide sulfurique à 66* i à 2 centigrammes de suifate de quinine renfermant 10 % de stéarine, on obtient un mélange demi-fluide avec matiëiv indissoute, devenant verdAtre après une heure de contact, et offrant au bout de 24 heures un précipité caiUebotlé dms im liquide Uanc laiteux. Par Taddition d'alcool on obtient alors des fragments blancs dans un liquide daîr se troublant par Feau.
f En calcinant i ou 2 centigr. du môme sulfate de quinine contenant 10 7o de stéarine, il se produit une combustion vive accompagnée de flamme, sans résidu. Au commencement de la combustion, il y a formation d'un produit noir violacé qui, dilué, donne sur le papier une coukur d'un rouge carminée
La saUcine, que Ton retire de Téûsace astringente et amène du saule, ressemble beaucoup au . aulbte dé <p]inine« On a méine prétendu qu'dle pouvait pariaiitonioiit bien rem- .pkoer ce dernier comme frébrifuge; mais cette opinion est erronée, et le mélange de la salicine avec le sulble de •quinine constitue une véritable fraude (t) qui, si eUen*est pas dangereuse, empêche souvent Teffet que le médicament pur produirait sur le malade. La salicine est plus soluble que le sulfate de quinine; on peut la reconnaître par l'addition de quelques gouttes d'acide sulfurique au sulfate suspecté. Cette
(I) En 1848, M. S^rweman reçut d*un droguiste du sulfate de quinine qu^on disait provenir d*An^leterre, et qui ne contenait pas moins de 30 à 40 <^/o de salicine» Lorsqu'il renvoya cette marchandise , te négociant lui répondit qu'il avait déjà vendu plus de 90 kilog. de ce sulfate frelaté, et que jusqu'alors personne ne Tavait renvoyé pour cause de falsification.
Nous avons trouvé dans l'Heine du sieur B..., pharmacien, du sulfate de quinine contenant 4f , 4t et nième 45 o/o de salîeiaeL Le sieor R.. alléguait pour sa défense que ce sulfate lui avait été cédé par soa prédécesseur.
La falsification du sulfate de quinine par la salicine a> été pratiquée sur une vaste échelle; des quantités considérables de salicine ont été préparées à cet effet, et expédiées à Paris, dans le asidi de Ut France, en Algérie.
addition sufltt pour produire (hns un mélange à Vim une belle / teinte rouge coquelicot (I). ^
La pMoridïine que Ton ajoute quelquefois au suKate de ^ quinine est dans le même cas, et produit une réaction ana- / logue avec facide sulfnrique.
Si Ton ajoute â à S gouttes d'acide sulforique à 66^ à I ou â centigrammes de sulfate de quinine contenant 40 % de sa* licine, on obtient une masse fluide, trouble, rouge groseille clair, devenant rouge groseille vif après une heure de réaction, et formant au bout de 24 heures un précipité grenu, rouge violacé dans un liquide opalin.
En essayant de la même manière un sulfate de quintine renfermant tO \ de pUoridzine, on obtient une masseflnide, jaune brunâtre, trouble, devenant jaune orangé foncé après une heure de contact, et formant au bout de 24 heures un IMrécipité brun eiair avec cristaux aiguillés, rayonnants, dans un liquide opalin.
Enfin on trouve quelquefois du sulfate de quinine falsifié au . moyen de facide borique. En caldnant fortement à Fair I à 9 centigrammes de sel de quinine renfermant 40 % ^'^ cet aeide, il reiâte une matière vitreuse peu sohible à froid dans Teau, plus soluble à chaud; par le refroidissement, la dlsso^ lution laisse déposer quelques paillettes brillantes. Le résidu de révaporation de ce soluté communique à la flamme de / l'alcool une coloration verte bien sensible. «
Lorsqu'on traite par 2 ou 3 gouttes d*acidesu1fùrique à 00^ 4 à 2 centigrammes du même sulfate de quiniile contenant
(1) D'après Bf . PeUier, de Doué, Pacide sulfurique ne donne un résultat coôcluaat que lorsque le sulfate de quinine ne contient pas moins de 10 % de salicine ; en dessous de cett« quantité , on n*obiiendrait pas une coloration assez nette pour s'assurer de sa présence ; et pour prononcer hardiment , il faudrait isoler la salicine en se fondant sur son insolubilité dans la solution acide de sulfate de quinine.
Ce fait n*a pas été confirmé par les expériences de M. Verhert et de M. Acar, Suivant ces chimistes, on peut faoilsment reccnnaltre dans le sulfate de quloice I/IOO de salicine par la coloration rouge que donne l'acide sulfurique versé sur le sulfate adultéré. Toutefois, pour que l'essai réussisse, il faut placer la matière dans un verre de montre, de manière à ce qu'elle pi ésente dans éon centre une légère concavité ; on lUt tomber Ion 4 gauttes d*ioMe concentré, et- on laisse en repos.
416 SCLFATB W QOBOBm*
10 Ve diacide borique, on obtient une liqueur jannàtie tu sein de laquelle nagent quelques paillettes. Au bout de 34 heures de contact, cette masse n'a pas changé d^aspect, et donne avec l'alcool un liquide opalin, sane précipité.
En résumé, on peut très-rapidement oonatater si un sulfate de quinine est fraudé, et déterminer la nature de la substance qui a servi à la sophistication. Il suffira, comme Ta conseillé M. Legrip, de brûler sur une lame de platine 0>',01 ou 0b%02 de sulfate à examiner, puis de former une bouillie très-claire avec la même quantité de sulfate et 3 ou 3 gouttes d'acide sulfurique concentré, sur une petite capsule de porcelaine ou sur un verre de montre, garni en dessous de papier blanc. Suivant la nature de la substance, la chaleur, l'acide sulfurique, produiront des effets divers tels qu'ils ont été énoncés ci-dessus.
Pour constater la pureté du sulfate de quinine, un chimiste anglais a fait connaître Fessai suivant, basé sur la solubilité de ce sel dans Teau : on met 0b%80 de sulfate pur dans un flacon bouché à Témeri, de la capacité d'environ 7^ de lit^e ; on y verse 327«',80 d'eau distillée, on bouche légèrement, et on marque le flacon épreuve ; dans un autre flacon, marqué échaniilUm^ on met 0,80 de sulfiite à analyser et la même quantité d'eau que ci*dessus; les flacons étant ainsi préparés, on les place, pendant quelques minutes, dans un bain d'eau chaude jusqu'à ce que les sels soient dissous; on les retire du bain et on laisae refroidir. Si au bout de U heures, on observe des cristaux dans les deux flacons, ce ser^t un signe que la substance mise dans le flacon marqué échantillon sera aussi pure que celle du flacon marqué épreuve. Si, au contraire, la solution de l'échantillon ne donne pas de cristaux, et qu'on désire connaître le degré d'altération du sel, on ajoute à cet échantillon Os%tO de sulfate de quinine, et on replace les flacons dans les mêmes conditions que ci-dessus ; si, après le refroidissement, il se forme dans les deux flacons la même quantité de cristaux, on peut en conclure que l'adultération est de V9. Si, pour produire dans les deux solutions la même quantité de cristaux, il était nécessaire d'ajouter encore O^MO à l'échantillon, la fraude serait de Vm» etc. Tous les CeûIs que nous venons de rapporter montrent
SULFATE DI ZINC. 4i7
combien il est nécessaire que les pharmaciens apportent une extrême prudence dans l^achat des médicaments qu*ils puisent dans le commerce.
Les médecins ou les pharmaciens doivent vérifier ou faire vérifier la pureté des sulfatesde quinine qui leur sont livrés, et faire justice d*une fraude nuisible au rétablissementdu malade.
Nous sommes convaincu que c'est au mélange du sulfate de quinine avec des substances étrangères que Ton doit rapporter les insuccès éprouvés quelquefois dans le traitement de certaines fièvres par ce sel.
Le cachet le plus respectable n'est pas même une garantie de la pureté du sulfate de quinine, puisqu'il peut éire usurpé par la fraude, et qu'on peut enlever et remettre le cachet d*un flacon sans l'altérer. Le pharmacien doit donc se mettre ea garde, et s'assurer, quand il achète du sulfate revêtu du cachet, si le flacon n'a pas été débouché (1).
Le sulfate de zinc, connu dans le commerce sous les dénominations de couperose blanche^ vitriol de zinCj vitriol de Goss* lar, vitriol bianc^ protosulfate de zinCy sulfate zincique^ est incolore, transparent, d'une saveur ftcre et fortement styptique, rougissant le papier bleu de tournesol, et cristallisable en prismes à quatre pans terminés par des pyramides à quatre faces. Les cristaux renferment 56,45 % d'eau ; ils s'effleurissent à l'air ; par la chaleur ils éprouvent la fusion aqueuse, perdent leur eau de cristallisation sans exhaler d*odeur, et se dessèchent en une masse blanche ; ils se décomposent k une haute température. L'eau en dissout les 0,4 de son poids. La solution précipite en blanc le nitrate de baryte. Elle produit avec le cyanure jaune un précipité blanc; avec le cyanure rouge, un précipité jaune orange ; avec la potasse et l'ammoniaque, des précipités blancs floconneux, solubles dans un excès de ces alcalis ; avec l'hydrosulfate d'ammoniaque, un précipité blanc. Enfin Tinfusion de noix de Galle ne déter«
(1) Les fabricants de sulfate de quiniDe devraient chercher k eacheter leurs flacoDS de manière à éviter la fraude.
418 SDLPATB DB ZDIC.
mine aucune coloration ni changement dans cette solution sî le sel est pur (i).
Csâgbs. — Le sulfate de zinc est quelquefois employé en médecine comme Tomîtif. On en fait usage à Texcérleur comme astringent en disaolution, comme collyre, on en injections dans la gonorrhée, etc. On s*en sert aussi dans fa pratique de Tart des embaumements.
ALTÊnÀTiom;. — Le sulfate de zinc du commerce renferme presque tau}ours du ndfaie de fer. La présence de ce dernier métal se reconnattm au précipité bleuâtre que ta éolutiovi aqueuse du sulfate donnera avec le cyanure jaune de fer et de potassium. L*infusioo de noix de galle' fera naftre'tlans lia Éiême solution une teinte noirttre plus ou moins foncée. En^ fto h mteie solution de sulfate de zinc ferrugiiteui {tortéè Îl l^ulUcion , additionnée diacide nitrique ; puis traitée yà( Fammoniaque jusqu^à dissolution du précipité d'oxyde dé zSnc; donne un dépôt jaunâtre de peroxyde de fer. Dans le cas où le sulfate examiné renfonvemit du eoivre^ la liqueur deviendrait bleue.
' Pour purifier le sulfate de zinc, on le chauffe au rouge dans un creuset ; on le dissout, et on le laissé cristalliser. Pendant lé traitement par Teau-, tout le fer se précipite \ Tétat d*oxyde ; on décante ou on filtre la liqueur avant de la faire cristailliserl "On peut aussi faire dissoudre le sulfate de zinc dans une petite quantité d'eau, porter è rébullit^bn, ajouter un peu d'acide nitrique, et continuer à Mre bduillir pendant dix min\ites, pour s*a^urer que le fer soit tout entier peroxyde. On étend la lK|(ùeiir avec de Peau distillée, on la laisse refroidir, et on là t^ahè% froid par un excès de carbonate de chaux en poudre. Après 24 heures de contact, on filtre, on évapore, et Ton retire le' éulfate de zinc par des cristallisations successives. Le peu dé nitrate de chaux qui s*est formé reste dans les eaux mères.
(1) Le sulfate de cadmium est un sel beaucoup plus rare et beaucoup l^lus cher que le sulfate de sine ; on pourrait le confondre au premier ahorria^ee ee dernier. Quelques gouttes de snlfhydraie d*aminoaiaqne versées dans une solution aqueuse de chacun de ces sels donnent lieu à un précipité jaune orangé, insoluble dans un excès de réactif, lors • qu'on agit sur du sulfate de cadmium, et à un précipité blanc, soloble dans un excès de réactif, si on a alhiire à du sulhite de sine.
SULFURE d'antimoine. 419
Le sulfure d'antimoine, qui porte aussi les noms de /roTosulfure d'antimoine^ de bifide antimonieux^ à^antimoine tul^ furé, desulfureantimoniguey d'antimoine cru^stibine (Be\xdmt)i se trouve dans la nature en de très-grandes quantités et en masses compactes formées de longues aiguilles prismatiques. Ce sulfure est d'un gris bleuâtre métallique, moins britkittC que Tantimoine et plus fusible; sa densité est de 4,1.3 à 4,58. Ghaufié au contact de Tair, il s'y transforme en acide aiilfu-. reux et en ozyc|e d'antimoine. Réduit en poudre et tnaité {Mtr Facide chlorbydrique, il fournit de Tacide snlfhydriqoe.
Le sulfure d'antimoine a d'abord été tiré de Tliide par lee Anglais ; il en existe à Sablerg (en Suède)» à Andreasberg («tt Hart^, à Allemont (Isère), à Pontgibaud (AlUer). Novs avoiu} aussi constaté l'existface de ce sulfure dans diveraes localîtéa du Puy-de-Dôme,
UsAGss.. ~ Le sulfure d'antimoine est employé pour obtenir l'antimoine métallique* On s'en sert en médediie dans iea maladies dte.la peiiu et les maladies scrofuleuaes. Onfe doDM en poudre comme sudcwifique ; on en fiiit des nouHi qu'op fait tremper dans des décoctions sudorifiquea; on le fait £kitrer dans des tablettes {iqMettes aniimonialeê de Kmhel), daae ua collyre ; il fait partie de la poudae de J^mes. Les Mabomé*tans remploient com^^e cosmétique^
ALTftiÂTiONs. -^ Le sulfure d'antimoine qui ne peol être privé de sa gangue retient des impuretés ; om peut s'oi débarrasser par la fvsion ; le sulfure^ qui est beaucoup plus fusible qub) la gangue, s'en sépare avec facilité.
Le sulfure d'antimoine contient le plus souvent du s^lfuth d arsenic, comme l'a démontré SénUlas (I); traité par l'eau, à l'aide de la cbaleur^ il fournit un liquide qoiy.esaayé dansl'appareil de Marzh^ donne des taches arsenicales. Ce même liquide forme avec l'hydrogène sulfuré un précipité jaune de sulfure d'arsenic. Avec l'ammoniaque, il donne une solution alcaline de laquelle on sépare, soit par la saturation de l'al-
(t) La présence de ranenic dans le sulfdre d*antiinolhe n'est pas sans danger, particulfèremeot quand il est employé àTétat naturel, comme daos la tisane de felts, etc.
420 SULFUBB D'AimilOINB.
cali, soit par révaporatioD, du sulfure d^arsenic reconnaissable à ses propriétés caractéristiques.
Le sulfure d'antimoine contient assez souvent du sulfure de fer. On décèle la présence du fer en traitant le sulfure divisé par Facide chlorhydrique, filtrant la solution, la faisant évaporer pour chasser Texcès d'acide, reprenant par l'eau, puis essayant le liquide par le ferrocyanure de potassium, qui donne lieu à du bieu de Prusse si lesulfure d'antimoine contenaitdu fer.
Ebermayer dit qu'on a donné quelquefois du sulfure de plomb au Heu de sulfure d'antimoine. L'examen de la texture du sulfure de plomb, quiestlamellcuse, doit faire reconnaître avec facilité cette substitution. On peut cependant pousser plus loin l'examen en traitant à chaud une partie du sulfure réduit en poudre par parties égales d'acide nitrique et d'acide hydrochlorique concentrés, jusqu'à ce que la matière soit dissoute ou convertie en une masse blanche; on traite alors le résidu par l'eau, et on verse sur le résidu solide du sulfhydrate d'ammoniaque qui donne une coloration eu noir si on a affaire à du sulfure de plomb, et une coloration jaune rougeàtre si on a affaire à du sulfure d'antimoine pur. Le liquide peut aussi être examiné par le même réactif.
Le sulfure d'antimoine peut être mêlé de peroxyde de manganèse (i) : pour s'en assurer on examine d'abord les fragments, et s'il s'en présente qui aient l'aspect de Toxyde de manganèse, quelques gouttes d'acide chlorydrique versées sur l'échantillon suspect donnent lieu à un dégagement d'hydrogène sulfuré si on agit sur du sulfure d'antimoine» et à du chlore quand on a affaire à du peroxyde de manganèse. Le dégagement de chlore est rendu manifeste par les vapeurs blanches qu'il forme au contact d'une baguette de verre imprégnée d'ammoniaque. Projeté sur des charbons ardents, l'oxyde de manganèse ne se décompose pas avec production d'acide sulfureux, comme le sulfure d'antimoine. Si on veut s'assurer /
(1) Gei deux substances, réduites en poudre fine, peuvent èlre confondues au premier abord, et par suite causer des accidents; c^est ainsi que, pour préparer de l'oxygène par le chlorate de potasse mêlé de peroxyde de manganèse, un élève en pharmacie remplaça par erreur ce dernier par du sulfure d*antimoine, qui forme, comme on sait, un mélange détonant avec le chlorate*
SULFURES D ABSENIC.
que le sulfure d'autimoine est mêlé de manganèse, on peut prendre une petite quantité du minerai pulvérisé, le mêler avec du nitrate de potasse en poudre : si le sulfure contient du manganèse, il y aura dans ce cas formation de caméléon minéral.
Pour reconnaître la présence de Tarsenic, Schaub indiquait de traiter la poudre minérale par le nitrate de potasse à Taide de la chaleur, de reprendre le résidu par Teau, et de rechercher Tarsenic dans Teau de lavage. Le professeur Grindel conseillait un procédé analogue : il indiquait, pour rechercher la présence de Farsenic , de se servir d'ammoniure de cuivre, et d'obtenir ainsi le vert de Schéele.
H. Thourey^ fait connaître par la voie des journaux qu'on lui Qvait livré, en 1834, du sulfure d'anlimoine contenant des fragments de schiste ardoisé.
En résumé, les pharmaciens doivent acheter le sulfure d'antimoine en morceaux, et non en poudre.
Les sulfures d*arsenic se trouvent, dans le commerce sous deux états, les sulfures natifs et les sulfures artificiels. Nous ne sachons pas que ces sulfures aient été sophistiqués, mais nous attachons une grande importance à iîaire comprendre aux pharmaciens, nos confrères, toute la différence qui existe entre les sulfuf'es naturels et les sulfures artificiels. Les uns ne contiennent que de très-petites quantités d'acide arsénieux ; les autres en renferment de plus grandes quantités, et enfin d'autres peuvent être considérés comme de l'arsenic, plus une petite quantité de sulfure d'arsenic.
Le sulfure jaune natif ou orpin^ orpiment^ se trouve naturellement en Souabe, en Hongrie, en Transylvanie, dans une grande partie de l'Orient, en Chine , en Perse. Il est en concrétions et en lames de grandeur variable. Quelquefois il est mêlé de réalgar. L'orpin est d'un jaune citron, quelquefois très- vif , trèS'éclatant; lorsqu'il est d'une texture lamelleuse, les lames sont fendues, flexibles, translucides, offrant des reflets d'un jaune doré ; elles prennent la couleur orange sous
422 SULFURES d'arsenic.
rinflaence de la chaleur. Sa densité est de 3,6. Ce sulfure est rarséiiic des Grecs et des Arabes. Diaprés Laugierêt Klaproth^ il est formé de : soufre 3^,1 4^ arsenic 6i ,86.
Usages. — Ce sulfure est employé dans Tusage médical ; il entre dans le baume vert de Metz^ dans le collyre de Lanfranc, la poudre fébrifuge de Heôker.'Il a été employé, sous le nom deî fieun ou nAine diaphùrétique d'orpiment^ contre la gale, la syphilis. On en fait usage en peinture.
Le sulfure d'arsenic jaune artificiel^ oxyde d'arsenic sulfuré faune^ arsenic jaune^ faux orpiment^ se prépare en Allemagne par la voie sèche. Il est en masses jaunes, opaques, ayant l^lit vitreux de Tacide arseniem ; il offre des couches superposées et pahiUèles, alternativement d'unjauneorangeetd*un jaune serin, tirant sur le rouge ; on y trouve quelquefois des Mets d*un brun noirâtre, près de la surface des morceaux, suivant la superposition des couches. D*après les expériences de H. Guibourt, ce produit est formé d'acide arsenieux d4 , et de sulfura d'arsenic (i.
L'oxyde d'arsenic sulfuré jamie est, comme on le voit, un composé très-vénéneux, qui ne peut être assimilé au véritable sulfure d'arsenic : on ne doit donc pas le confondre ; et dans une préparation médicale, il faut savoir du praticien s'il a prescrit le sulfure naturel ou le sulfure artificiel.
Usâubs. *- Cette préparation est employée en trâilufe. Mêlée à la chaux, die sert comme dépïatoire.
Le sulfure d^ arsenic rouge natifs sandarach ou réalgar^ est en cristaux transparents, d'un rouge écarlate, ou bien il se présente en stalactites. Il existe en Chine, en Saxe, en Bo* hème, en Transylvanie, aux environs des volcans; sa densité est 5,6. D'après Laugier et Klaproth^ il est formé de : soufre 30,44 ; arsenic 69,59.
UsÂGis. — Ce sulfure a été employé par Hecker contre les fièvres intermittentes;»les Chinois en confeotionnentdes vases où ils laissent séjourner des aeides végétaux : ils prennent en^^ suite ce breuvage comme évacuant ; on a dit que c'était ce produit, nommé rubis arsenical, que Jean de (loms employait comme sudorifique et contre les ulcères.
Le sulfure d'arsenic rouge artificiel^ ou arsenic rouge^ faux réalgar^ se prépare en Allemagne ; il est en morceaux volu*
smmTÊ» DB rùTàSBE. 433.
mioeux, très-brillaots à leur surface comme dans leur inté- \ rieur ; sa cassure est concboïde, d*uB rouge violacé, tirant sur 1^ brun, un peu transparent dans les parties amincies ; il n'offire point de couches superposées.
. M, Guiàourty qui a examiné ce sulfure, a vu qu'il conte- , nfi^ i,50. diacide orsffuieuxy qui lui donnerait des propriétés! ,et . wve action, toxiques. ^
Le^. Éphémérides deê curieux de la nature relatent un .çps d'empoisonnement par ce sulfure, qui, d'après nos esipériences ^ parait contenir dens de..Ge)r(ains cas plus d'acide arseuieux que M. Guibourt n'eq a trouvé.
•^'^. BlHMfV ■DERÉftAX* CfeV,
Ce sulfure, appelé aussi foie de soufre, polysulfwre de potas* siumy doit être préparé d'après la formule insérée au Codex, en prenant 100 parties de soufre sublimé et 200 parties de carbojQfte de potasse, jottélant exactement ces deux substances, et faîjsânt fondre à une douce chaleur dans un pot de terre cuite, oonnu sou^ le nom. de camion^ muni de son couvercle, maintenant la température tout le temps qu'il y a tuméfaction. Lorsque le mélange.cûmineaceàs'aflais$er,on augmente lacbaleur pour obtenir une fusipn complète ; alors on retire du feu et on laisse refroidir; oo brise ^e vase, et on divise le sulfure, qui doit é\x% conservé dans des vases de verre ou d^ grès, imperméables à Tair.'
UsiGss. — Le sulfure de potassium est employé dans Tusage médical ; il entre dans des pommades, des savons; on s'en sert pour prépiirier des bains hydrosuifurés, des lotions, etc.,, etc.
Altérations .et Falsipigations. *- Le sulfure de potassium devrait être préparé par le pharmacien ; mais le plus souvent il n'en est pas absi : il est acheté dans le commerce, et on en abaisse souvent le prix pour se faire une clientèle. Cet abaissement de prix n'a lieu qu'au détriment de la valeur médica}e du produit : aussi, pour préparer les sulfates à bas prix, emploie-t-on, dans quelques cas, des soufres impurs^ des carbonates de potasse contenant une grande quantité de chlorures et de sulfates, etc.