‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales (volume 5)Chapitre 80 sur 109 · SULFURE DE POTASSE · texte numérisé non relu

SULFURE DE POTASSE

Le salfurede potassium expédié anx pharmaciens est qoelquefoîs altéré. Préparé depuis longtemps, il a subi Tinfluenoe du contact de Tair ; disposé dans des pots en terre perméables à Tair, il s'est altéré successivement. Nous avons vu une trèsgrande quantité de sulfure qui avait été livré pour le service d'un hôpital militaire : il avait subi toutes les décompositions que peut subir ce sulfure, il était passé successivement àTétat d*hyposulfate, de sulfite ; et enfin de sulfate mêlé de soufre. Cette préparation, au lieu de se présenter, comme le sulfure de potassium, avec une couleur rouge brunâtre, analogue au foie des animaux (d'où lui vient son nom de fnie de soufré)^ avait une couleur blanchâtre. Nous avons vu de ce sulfure en morceaux qui, lorsqu'il était brisé, présentait dans son centre du sulfure non altéré, tandis que les parties inférieures et supérieures avaient changé de nature et de couleur. ' Pour reconuattre si le foie de soufre a été préparé avec des produits purs ou impurs, on en traite 1 p. par 2 p. d'eau distillée, et on agite : s'il est pur, il se dissout sans laisser de dépôt sensible ; si, au contraire, il est impur, on obtient un dépôt qui est d'autant plus considérable que les substances ajoutées étaient en plus grande quantité. On peut séparer par le filtre la solution du précipité, et déterminer la nature de ce derm'er.

On a vu du sulfure de potassium qui avait été préparé avec des potasses additionnées de carbonate de chaux. Cette fraude peut être reconnue de la manière suivante : On traite 4 gr. de sulfure par l'acide hydrochlorique en quantité sufiisante pour le décomposer ; on fait chauffer, on filtre, et on précipite le liquide par Toxalate d'ammoniaque ; l'oxalate de chaux précipité fait connaître la quantité de carbonate de chaux ajouté. Il ne faut pas dans cette opération employer une trop grande quantité d'acide, la quantité d'oxalate qu'il faudrait alors employer serait trop considérable.

Le sulfure de potassium préparé dans des vases de fer a une couleur particulière verdâtre, due au sulfure de fer qui le salit (!) On peut reconnaître la présence de ce sulfure en traitant

(1 ) Le sulfure de potasse préparé dans des chaudières de fonte ou de fer est bon pour la préparation des bains ; mais celui que Ton destine à rasage interne doit être préparé dans un matras de verre et avec da carbonate de potasse pur.

SULFURE DE SODIUM CftISTALUSÉ.

par Feau, filtrant et traitant la matière insoluble par Tacide hydrocblorique pur, faisant évaporer la dissolution poor chaaser Texcès d'acide, reprenant par Teau distillée, et soumettant celte solution à Taction du ferrocyanure de potassium.

Quelques auteurs disent qu'on prépare le sulfure de potassium avec la potasse du commerce, et que, vu les sels que cette dernière contient, on augmente la quantité d'alcali. Cette ma* nière de produire le sulfure de potassium destiné aux préparations pharmaceutiques est mauvaise en effet : il est des potasses du commerce qui contiennent des quantités si diverses de sels étrangers au carbonate dépotasse, qu'il faudrait d'abord examiner quelle est la quantité d'alcali qu'elles contiennent pour ajouter ensuite la quantité convenable de soufre. Fîm* quelin a fait voir que les diverses potasses du commerce contiennent des quantités très- variables de potasse réelle (V. art. Potasses).

Le sulfure de sodium a quelquefois été substitué au sulfure de potassium. On peut différencier le sulfure de potassium du sulfure de sodium en dissolvant le sulfure dans l'eau distillée, décomposant la solution par les acides, chauffant, filtrant et faisant évaporer à siccité pour obtenir des sels qui sont difiérents selon que le sulfure était à base de soude ou de potasse.

Les acides que l'on emploie sont les acides sulfurique, nitrique, hydrocblorique. Or on sait que les sels fournis avec ces acides et la soude ou la potasse présentent des caractères €|ui permettent de les distinguer avec la plus grande facilité.

SmUPU&S 1» SOXIIUM OBXSTA&Uli.

Ce sulfure, qui porte aussi les noms de protosulfure de so^ ditimy hydrosul foie ou sulfhydrate de soude^ cristallise en prismes droits, incolores, à quatre pans, terminés par quatre facettes; ils sont incolores lorsque le sel est parfaitement pur; il est déliquescent et extrêmement soluble dans l'eau, peu solubie dans Talcool. Il est composé de : sulfure de sodium^ 52,7 ; eau 67,5 (Boudet).

Usages. — Ce sulfure s'emploie pour la préparation des eaux minérales et des bains bydrosulfurés de Baréges.

426 surbàu.

. Altébathhib et Falsivicatioiis. — Ce soUtare eiposé aa ^x^tttact de Tair s'altère avec rapidité; il passe alors à Fétat .d^hyposolfite ; aussi le conserve-t«oii dans desTases de petite capacité et bouchés avec soin. Les bouchons à Téineri sont préférables aux bouchons de liège.

On a livré dans le conuBerce* sous le nom d'hydrosuUate de solide^ des cristaux de carbonate de toude imprégnés de sulfura de sodium bqaida. Oa reconnaît oette fraude-en mettant en contact la solution aqueuse du sel avec du so«9*4K3étate de flomb. Il se forme du sulfure et du carbonate de plomb ; le {Hrédpité est lavé par l!acide nitrique ou acétâffue, qui dissout le carbonate avec effervescence, et laisse le sulfure înuict.

Le sulfure de soude^ qui s*obtient de la même manière que le sulfure de potasse, se prépare avec 55 parties de carbonate de soude, sec, et 40 parties de soufre, en opérant comme nous TavoDs dit plus haut.

Usages. — Ce sulfure entre dans le Uniment hydrosulfuré de Jadelot; il peut servir à la préparation des bains hydrosulfurés.

Ce que nous avons dit relativement au sulfure de potasse peut s'appliquer au sulfure de soude.

Le sinreau (eambueus ni^^caprifoliaoées) fournit à la médecine une seconde écorce, des fleurs, des baies et le suc de sa racine.

Les fleurs de sureau ont une réputation populaire comme sudorifique.

On substitue quelquefois : i*^ aux fleurs de sureau, les fleurs de rhi^le (sambucus ebulus) et du sureau à grappes (sambucus racemosa); ^ aux baies de sureau, les baies îïkièble.

Les fleurs de sureau ont une odeur balsamique , forte et désagréable, une saveur mucilagineuse, sèche ; elles deviennent jaunâtres de blanches qu'elles étaient ; elles perdent leur saveur et leur odeur.

Les fleurs de Thièble ont des ombelles divisées en trois

.lABAC. 437

parties,, tandis que lea ombdlea des fleurs de sureau sont di- Ttsées -en einq ; leur' cettieur est roegeàtre.

Les fleurs du sureau à grappes sont aansoinbelles ; leur eoideur est verdàire ; elles ont laforme de jappes ovaleè.

Les baies de soieau qui serTent à la préparation du rob de mirsau^ ^suo épaissi)» emploiyé ûomiXÈe «udorifique^ peuvent se distinguer des baies d'hièble en ce que ceUes^i,' ée^uliées entre les doigts^ les rougissent^.taodisciiie les baies* de sureau les ttaelieDlr«B couleur Csvfll» morte.. • ■

> Le tok dcf suitoau (eilrait aicr^ est quelquefois felsiflé avec •de la pulpede poiwe^ de prune^ ou de tmtt autre fruit ana* logue. On reounnalt ceteb additionnd à sa eovleur touge hrun, ^pji est bien diflFéreate de la. couleur: értin neirdfrtf du rob de aureau.pur.Il est Iléoessai^e■d^ juger par comparaison;*

Par suite d'une laauvatse préparation» c&rob est quelquefois brûlé ; il est alors d'une couleur noire et d'une ooosistance, poisseuse ; sa saveur indique ëon altération.

Le rob de sureau peut couteûr du cuwre pvovenant des vases dans lesquels il a été préparé. Ce métal se reconnaît par les procédés que^nous avoos d^ indiqués (Y. t. P% p; 30i).

TABAO.

On donne particulièrement ce nom aux feuilles préparées, par fermentation, du nicotiana tabacum^ plante de la famille des solanées, découverte en 15i0, par les Espagnols, dans Tune des Antilles, Ftle de Tabago, d'où elle tire son nom. Les habitants du Brésil, du Mexique et de la Floride l'appellent z>e/tin. En 1560, elle fut introduite en France par Jean iVico^ ambassadeur française la cour de Portugal. Ool'appela nicotiane^ du nom de son importateur ; Aerbe de la réine^ parce qu'à sou retour en France, l'ambassadeur présenta la plante à Catherine de Hédicis, qiii y prit goût et raccrédita ; herbe de Vambasiadeur, herbe sainte^ herbe du grand prieur, herbe de Sainte-Croix j etc. (4).

(1) Le tabac est aetuellement cultivé dans presqae tous les pays.

Les fenilles de tabac saai grandes, ovales, sessiles, pnbesoentes ; les fleurs s(Mit roses, grandes et belles ; Fodeor est vireuse, la saveur ftcre.

MM. Poiselt et Reinuxnn ont trouvé dans les feuilles de Ifrbac : nicotine , nicoiianiney extraciif^ gamme , chlorophylle , albumine végétalCj gluten^ amidon^ acide malique^ citrate et malate de chaux, ( La nicotine est le principe actif do tabac ; elle y paraît exister à rétat de combinaison. Le tabac fermenté en contient moins, quoiqu'il soit plus odorant ; c*est qu'une partie de la nicotine •a été détruite par la fermentation ; mais l'ammoniaque qui s'est formée a mis en liberté une partie de la nicotine.

La nicotianine , d'après les observations de MM. Henry et Boutron-Charlard^ est une espèce d'essence solide qui doit les propriétés qu on lut a attribuées à son mélange avec de la nicotine.

Dans la poudre de tabac préparé, l'ammoniaque est à l'état de sel ; la nicotine est en partie libre, en partie à l'état de sel neutre on basique ; c'est à ces deux sels que le tabac en poudre doit la propriété de surexciter la membrane muqueuse du nez.

I Les feuilles de tabac donnent de 19 à 27 % de cendres, qui sont généralement irès-siliceuses ; elles renferment, en outre, ' du carbonate de chaux, de la potasse, de la soude et difiérents sel8(l).

(1) Analyse des cendres de tabac, d'après M. Berlwig :

Tftbae de li Hataiie. Tabu de Haourre.

Carbonate de potasse 6,18 >

— de soude 1,94 1,61

Sulfate de potasse » 11,11

— de soude 7,39 1,09

Chlorure de sodium 8,64 9,%4

Carbonate de chaux 51,88 48,09

— de magnésie 7,09 4,17

PhoHphaie de chaux, de magnésie, de

fer, de manganèse et d'alumine. . . 9,04 17,95

Silice 8,t6 15,89

Les tabacs les plus estimés sont ceax de Ciéa (i) , du Maryiand^ de Virginie»

Analyse des cendres de plosieara espacée de tabace de Hongrie |Mur UU. WUl et Fruênius.

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(i; Parmi les tabacs que produit cettelle, le tabac de laY^ielta deabajo, qui est le vrai tabac de laHaTane» est le plus fin comme le meilleur de tous les tabacs*

430 xIlBJuc.

En France, la culture du tabac est réglementée, on en récolte annuellement environ 10 millions de kHog« dans les départements dlUe-et-Vilaine , du Lot, de Lot-et-Garonne, du Nord, du PasHle-Calais.du Haut et Bas-Rhin (Alsace).

UsÀGBS. — L'usage du tabac est devenu presque général, et sa consommation n'a fait que s'accroître chaque année (I). Coupé en lanières très^-Anesou roulé encigares^ il est employé â fumer ; en poudre^ à prisçr (2) ; roulé en espèce de boudins, à chiquer.

En médecine, on emploie le tabac qui 9^ subi une fermentation. En poudre, on s'en sert comme stecnutatoire ; 6n l'ordonne en fumigations dans le rectum chez . les noyés et asphyxiés; on Tadministreen lavements à là dose de 2 à 4gr.. |ians la paralysie, la léthargie ; à l'extérieur» on en fait usage eontre la vermine ; c'est un remède populàire-poiir g|iérk la gale et les dartres. !

(i) En France, la consommatton du tabac est Ubre au profit le rÈiat, qui eà retire annaenement un impôt de 90 àl-OOitâlIioria dé francs aur'so à SS miUlons de ktloff. de tabae. ' "

La consoromation indîTiduelle en France. est jde ftiljX'«.flur lesquels

il y a las gr. de tabac à priser et 810'gr. de tabac A fuiser; ce qui

montre que Vbabilude de fumer est à celle de priser comme 15S est à 100. - ..-..---- ..-.

Un Français consomme autant de tabac qv'un Russe, deux tois plus iiu'un Italien, mais trois fois moins. qu'un Allemand ou un Hollandais, et quatre fois moins qu'un Belge.

^ (i) Lest tabacs à priser, ceux de Virginie, du Lot, du Lot<-et-Oaronne, renferment le phie de ntcottne, comme le montrent les expériettces de II. SMoeHug^ <tui a déterminé la nicotine de diflSrenteé espèces de labac, et est arriyé aux rémiltata suivants:

Tabac du Lot, séché à tOO«... . . • t,96 •/• de nicotine. ,

^ du Lot-et-Garonne 7,84 »

— de Virginie S,S7 »

— du Nord S,SS »

— d*Ille-el-Vllaine S,a9 »

— deKentucky 6,09 »

— du Pas-de-Calais 4,94 »

— d*A1sace 8,«1 »

— de Maryland M' »

— de la Havane moins de % %,

Cigares à 1 5 cent. S,07 { Qo«nti.wt om<bdm^ «ojjkbo-

Tabac en poudre a,0^i àevuu.

Falsification. — Quoique le monopole du tabac existe en France, il n'en est pas moins sujet de temps à autre à de» falsifications, provenant quelquefois du fait de débilM:}ts ou d'employés de la régie. Néanmoins cesooapables sopbisCica*tians sont Cuites le pins souvent sur des tabacs que l'on vend ensuite sous le nom de UAaes de contrebande^ que certaina amateurs s'efiforcent de regarder; comme plus fins et plus pura. que les qualités fournies par la régie. ^

La fraude la plus générale et la plus habituelle (1) consiste à maintenir le tabac dans un endroit hunoûde, ou à le mouiller pour en augmenter le poids (2). Le simple examen suffit à oecte appréciatif.

(i) D*après un travail du docteur W* Lindu, de Berlin, )• tabac à ftimer est cekw qui éprouve le moins et traitement chimiqiie; il 48t douleurs difidle, depuis que les cigares sont très^^pandus» d*y môler des substances nuisibles. '

11 n'en est pas de même du tabac à chiquer, auquel on doane ea coiileur sombre et son bnâsnt par une ôbullition dans une eau concentrée où Ton a îkït macérer le tafaac>à fumer additionaé d'un mélange de »ul^ fài^ d« eaiiTrc et de tulfat$4e fer.

Le tabac à priser subit encore des mélanges plus nombreux et dea préparations plus iraisSbleB ^ la santé ; on y ajoute les substances qui entrent dans Ja composition des sauces, comme le eél mhtmi, Xetél am^ monitMi, lapofa<«e, le salpêtre , la crème de farft^, le tue de tamarin^ le fttiel, la mélaeee^ le mwrc de rainn, le «ina<^«, cftc. ; «t des substances très^nnisibles; |H>ur colorer diverses espèces.

(2) En ISUI, un enii^poseur de tabacs fut cité devant les tribunaux comme prévenu de^étournementet de soustraction de tabacs à Taide du mouillage. Voici comment l'opération était faite t On retirait d^un colis que les employésdela régie vendent démettre en vente une certaine qtian^ tité de tabac en poudre; on disposait dans le fond d'un colis fide un» première couche qui ifttait arrosée d'eau, puis une seconde couche, une troisième qui était arrosée de la même façon, et ainsi de suite, jusqu'à ce que le quart, la moitié du colis, tantôt plus, tantôt moins, eussent été ainsi préparés. Celte manipulation se renouvelait plus ou moins selon le débit. Souvent elle aveit lieu plusieurs fois le même Jour, et, à chaque fois, l'entreposeur fiitsait enlever du colis et mettre de côté dans un sao une quantité de tabac égale en poids à la quantité d'eau employée. Celle-ci était ordinairement de S ou tO kilog* par chaque grand oolis, es de 5 à S kilog. par chaque petit colis. La même «manipulation s^est continuée pendant six ans environ ; seulement elle était suspendue pour quelques Jours lora de la visite des inspecteurs. L'entreposeur vendait on Cûsait vendre, peur son compte persooneit sous le nom de tabac

On a Tendu» en France, des tabacs frauduleusement mélangés avec la poudre de divenes feuilles » ou avec ces mêmes feuilles hachées (1) \ des tabacs mêlés avec de la potasse^ do sel marin^ du sel ammoniac, du noir de fumée, du noir d* ivoire, de l'ocre roti^e, de la sciure de bois d'acajou^ de la couperoêe verte el bleue « de Xalun (2), de la rapure de tan (3), de la poudre de mottes à brider (4), du marc de café (5).

é^excédani, les labacs retirés du coUr, soit aux débitants à raison de 6 fr., 6 IV. 25 cent. , 6 Tr. 50 cent, le kilog., soit aux consommateurs à raison de 7 fr.

(1) D'après Ebermayett on a remplacé quelquefois le» feuilles de tabac par celles d^auires espèces, telles que les nxeoiiana fruttcosa, nw- Uca, panieulala, glutinota, etc. Les feuilles de ces Tartétés sont toutes péliolées.

A Londres, en 1844, on a condamné à 1,%00 fr. d'amende un homme qui fabriquait des cigares prétendus de la Ha?ane avec des feuilUs de rhubarbe roulées dans du papier.

Noos avons eu à examiner des tabacs de contrebande qui étaient fiibriqués a?ec des feuilles ramassées dans les jardins publics, et qui contenaient des immondices de toute nature. Pour les faire fermenter, on se servait des liquides les plus sales, qui devaienr, au dire de certaines personnes, donner du montant à la préparation.

En 1843, nous fûmes chargé d'examiner une poudre vendue comme tabac ; elle n'était composée que de p<mdrBS végétales très-ténues, de MOtr d*os et de table de grès,

(2) En 1844, à la suite d'une saisie opérée par les employés de la régie» le sieur C... et la veuve L... furent cités devant le tribunal de police correctionnelle (huitième chambre) pour avoir fabriqué et vendu un Daux tabac, composé de sciure de bols d'ac^ijou, de noir d*ivoire, de sel ammoniac, de couperose, de potasse et d*alun. Ils furent condamnés à 1,000 fr. d'amende pour la vente de cette poudre, à 8,000 fr. pour la fabri* cation, ei à deux ans de contrainte par corps.

(8) Plusieurs débitants ont été suspendus pour avoir môle au tabac de régie de la r Apure de tan.

Récemment, un entreposeur de tabacs a échappé par le suicide A une poursuite dirigée contre lui pour avoir falsifié avec le tan et le noir animal le tabac qu^il était chargé de livrer aux débitants. Dans une perquisition faite à son domicile par les commissaires de Tadministration, on troura une quantité considérable de ces substances étrangères et les instrumenU qui servaient à la falsification.

(4) En 1846, le sieur L... fut cité devant le tribunal de police correctionnelle pour avoir fabriqué une poudre composée de sel ammoniac, de noir d'ivoire, de poudre de mottes à brûler, et destinée à èire mêlée au tabac de la régie dans la proporUon de 50 «/o. Le tribunal condamna le

Il n est pas jusqa*aux insalatres des Maldives qui n*aient vendu des carottes de tabac fourrées de fiente très-sèche et fort bien préparée.

M. le professeur Otto^ de Copenhague, a signalé un tabac ditMacouba, fraudé avec 16 à âOW.demtntttm. Cette dangereuse falsification ne fut connue qu'après la mort d'un bota* niste danois très-distingué, qui, ayant usé d'un pareil tabac, succomba victime d'une intoxication saturnine.

Une pareille fraude serait décelée en mettant à la surface de l'eau une certaine quantité du tabac suspect ; on verrait de suite l'oxyde de plomb se précipiter. Il serait préférable d'avoir recours à la calcination , de traiter les cendres par l'acide nitrique étendu ; la solution acide évaporée à siccité et reprise par Peau serait essayée par les réactifs convenables.

On a retrouvé aussi dans le tabac de \ orpiment^ du cinabre^ destinés, sans doute comme le minium, à colorer diverses espèces.

On dit même avoir parfois constaté dans le tabac la pré^ seace du sulfure éT antimoine.

Pour essayer leç tabacs suspectés de fraude, on les dis* tille dans une cornue, avec de l'eau distillée additionnée d'une petite quantité de potasse à l'alcool ; et on recherche la présence de la nicotine dans le liquide. qui a passé à la dis<tillation.

Nous avons tiré un grand parti, dans l'examen des tabacs fatsiOés, de la manière dont il se comporte avec l'eau, de l'emploi du microscope, de la calcination.

smr L... à 2,000 fr. d'ameDde, à un an de contrainte par corps, et à la

oonû.scaiion de tous les objetA saisis*

En 1851, le sieur H. .,. débitant de tabac, traduit en police pour avoii mêlé au tabac du pouMiff de mottes, fut condamné à trois mots de prison et 50 l'r. d*Hmen«le.

(I) Bu Belgique, où te monopole du tabac n^existe pas, If. Acar a trouvé une qua-tit^ assez forte de marc de café dans un des échantillon <: de tabac eu puudre qui furent soumis à son examen. La débitante, in* terrogée mur cette falsification, avoua que depuis longtemps elle la pra* tiquc.il, sur le conseil d*un débitant de Paris dont le bureau a la réputation de (tosséilpr un tabac de choix.

Du reste, en Belgique, on a encore trouvé dans le tibac en poudre du sel marin, du ehlorurû de eal^mm, de la briqi$e ou du mnepUé. U. 28

434 TABLETTES d'aGIDI CITRIQUE.

TACAMAQUE ou TAOAMAHAOA.

C'est une résine qu'on tire d'un arbre d'Amérique ; on lui donne aussi les noms de baimte de Marie ou baume vert, à cause de sa couleur. Il y en a de deux sortes : la première est dite en coque; l'autre est dite en grain ; c'est celle que l'on trouve le plus communément dans le commerce, mais la première est la meilleure qualité. La résine en coque est un peu grasse, molle» pftie, jaune ou verdàtre, d'une odeur pénétrante, mais trèsagréable, ressemblant assez à celle de la lavande et de l'ambre gris ; sa saveur est aromatique. Elle découle, dit-on, naturellement du fruit de l'arbre, tandis que la seconde qualité, celle qoi se trouve dans le commerce, découle du tronc, par suite d'incisions qui y sont pratiquées; par conséquent, elle est inférieure à la précédente ; elle est eu grains, demi-transparente, blanchâtre, jaunâtre^ brunâtre ou verdâtre; mais l'odeur ou la saveur sont bien inférieures à la saveur et à l'odeur de la bonne qualité.

Le vrai baume de Marie se dissout parfaitement dans l'aicôol, Téther et les alcalis quand il est pur, et par ce moyen on peut facilement reconnaître son mélange avec d'autres matures étrangères, telles que la colophane ou des résines de qualités inférieures. Ces falsifications sont aussi déceléefs par l'odeur particulière qu'exhale le mélange lorsqu'on le projette sur des charbons ardents.

TAB&BTTSS B'AOIHB OXVWLXqUM.

Les tablettes d'acide citrique ou pastilles de citron se préparent avec ii gram. (ïacide citrique^ 500 gram. de sucre très-blanc, 16 gouttes d'essence de citron, et suffisante quantité de mucilage de gomme adragante.

Usages. — Ces tablettes sont données comme rafraîchissantes ; l'acide qui en fait partie jouit de la propriété, d'après Halle, de diminuer la sueur fébrile, tandis que l'acide acétique l'augmente.

Altékàtions. — Préparées avec du sucre impur, elles sont susceptibles d'attirer Thumidité de l'air, de se piquer. On doit les rejeter lorsqu'elles présentent ces caractères.

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