TABLETTES DE GOMME ARABIQUE. 43S
Falsifications. — Les tablettes d'acide citrique sont falsl*fiées, suivant Mérat et Delens, avec Pacide tartrique ou avec Vacide oxalique. Cette fraude est facile à reconnaître : on fait dissoudre les tablettes dans Veau distillée, on filtre pour séparer le mucilage, on concentre la liqueur filtrée, puis on y verse une solution saturée de chlorure de potassium; si les tablettes on été préparées avec Tacide citrique, elles ne donnent pas lieu, par l'agitation, à la formation d*un précipité cristallin; si, au contraire, elles ont été préparées avec Tacide tartrique ou avec Tacide oxalique, on obtient des préci-^ pités de tartrate ou d'oxalate acidulé de potasse (crème de tartre ou sel d'oseUle).
L'oxalateaeidole de potasaejoait de la propriété de donner avec l'eau de chaux un précipité d'oxalate de chaux, solubie dans un excès d'acide nitrique ; avec le chlorure de platine, un précipité jaune serin ; le résidu de Tévaporation fournit par la calcination du carbonate de potasse.
On peut reconnaître à l'aide de l'eau de chaux si on a obtenu soit du tartrate de potasse, soit de l'oxalate de potasse. En efiet, le tartrate de potasse donne avec l'eau de chaux un précipité soluble dans un excès d'acide tartrique ; il n'en est pas de même de l'oxalate de chaux, qui est insoluble dans l'acide oxalique.
TABXJBTTXB BB OOIOn ABABZQUX.
Ces tablettes se préparent avec la poudre de gomme arabique ^ SOO gram.; le sucre très-blanc en poudre, i ,500 gram.; Veau de fleurs d'oranger y 64 gram.; on fait un mucilage avec une partie de la gomme, et taver l'eau de fleur d'oranger, divisant ensuite en pastilles du poids de 8 décîgram., qui doivent contenir deux décigram. de gomme.
Usages. — Les tablettes de gomme sont émollientes, calmantes, adoucissantes et restaurantes ; elles conviennent dans les inflammations, les irritations, les épuisements; on les administre dans les maladies de poitrine, de l'estomac, des voies urinaires etc.
Falsipicatious. — Le prix de la gomme blanche étant assez élevé, on a substitué aux tablettes de gomme préparées d'à-
436 TABLETTES DB GUIBftAUVE.
près la formule du codex, des tablettes 4tte8 de gomme, où ce médicament n'eutre que pour former le mucilage nécessaire à lier le sucre et à le convertir en tablettes. On peut recoonaître cette fraude en faisant dissoudre dans Teau une quantité donnée de ces tablettes ; lorsque Jia dissolution est complète, on précipite la gomme par une quantité convenable d'alcool; on la recueille sur un filtre, on la lave à Talcool; puis, lorsqu'elle est bien séparée de la matière sucrée, on la traite à iCO"" par de reau distillée ; on fait ensuite évaporer au bain-marie la solution gommeuse qui fournit la gomme qu'elle tenait^n solution, et on en dclermine le poids.
TABunnrxft s>a aviMAinrs.
Ces tablettes sont préparées en prenant : poudre de racine de guimauve^ 60 gram.; sucre très-blanc, 420 gram.; eau de fleurs d'oranger^ 48 gram. ; mucilage de gomme adragante^ suffisante quantité, et convertissant le tout, suivant les règles de Tart, en pastilles du poids de 1 gram., contenant environ un baitième de poudre.
Usages. — Ces pastilles, comme la guimauve elle-même, sont employées comme calmantes^ émollientes, pectorales , dans les affections avec irritation et inflammation.
ÀLTÊtATioNs. — Ces pastillcs mal préparées et avec du sucre qui ne serait pas très-pur, ou bien conservées dans un lieu humide, s^altèrentet se piquent ; on doit alors les rejeter.
FAUiricATiORS. — La saveur fade, douce et mucilagineuse de la guimauve, saveur qui pour quelques personnes n'a rien d'agréable, a donné l'idée malheureuse de substituer aux tablettes de guimauve des tablettes préparées avec le sucre et de la gomme arabique^ laissant de côté le principe médicamenteux ordonné par le médecin.
On reconnaît que les tablettes sont préparées sans guimauve en les faisant dissqudre dans l'eau, jeiant sur un filtre la solution qui laisse sur le papier et la gomme adragante et la pondre de guimauve ; lorsque le sucre est séparé par un ou deux lavages, on recueille le dépôt^ et on l'essaye par les alcalis ; la poudre de guimauve recueillie à part, mise en contact avec Tammoniaque liquide^ avec la soude ou la po-
TAMÂBIN. 437
tasse, acquiert une coloration jaune, caractérisitquc, que ne prend pas la gomme adraganie.
Le tamarin est le fruit da tamarinier {Taniarindus indica)^ arbre deiafamîNe des légamineuses, qui crott dans les paya intertropicaux, et jusqu'au ZO^ degré de latitude nord.
Le fruit parvenu à maturité renferme une pulpe sucrée, aigrelette, filamenteuse, ayant un goût de raisiné, une cott<» leur brun rougeàtre, et agréable à manger quand elle est fratcbe. Cette pulpe est seule usitée.
La pulpe de tamarin présente des aspects divers selon sa provenance.
Le tamarin A' Egypte est en gàteaui ou en pâte, assez secs^ un peu gras.
Le tamarin de Y Inde est en pâte de couleur noire, mais un peu rougefttre; il est moins estimé que le précédent.
La pulpe de tamarin a la composition suivante : acide ci^ trique^ 9,40 ; acidetartrique^ 1,55; acidemalique, 0,45; bitartrate de potasse, 3,25; sucre, 12,50; gomme, 4,70; pwrfn^, 6,25 ; parenchyme, 34,35; eau, 27,55.
Usàgbs. — Le tamarin est assez fréquemment employé en médecine, à petite dose, sous forme de boisson acide et rahralchissante; à haute dose, il purge.
ÀLTÊRATioifs. — Souvent la pulpe de tamarin contient du cuivre provenant des bassines dans lesquelles on Ta préparée. La présence de ce métal est importante à constater ; pour y parvenir, on plonge dans la pulpe une lame de fer décapée, sur laquelle le cuivre, s'il y en a, viendra se déposer.
Un autre moyen consiste à incinérer nne partie de tama* rin, à traiter les cendres par Tacide nitrique, étendre et sou^ mettre la liqueur aux réactifs propres à déceler la présence du cuivre.
Falsifications. — Lorsque le tamarin fut à un prix élevé» on en fabriqua une sorte formée de pulpe de pruneaux noirs.
438 TAPTOKA.
de mélasse, d'acide tartrique ou de bitartrate de potasse, et même d'acide sulfurique.
Ed i844, H. Giovanni Ruspini a signalé la falsification du tamarin par le charbon animal , ajouté sans doute dans le bat de colorer davantage. Ce tamarin avait une belle couleur noire, très-brillante ; sa pâte était onctueuse. Il fut délayé dans douze fois environ son volume d'eau, et après l'avoir agité, le liquide fut décanté et le résidu repris par de nouvelle eau-, finalement on put recueillir comme résidu une poudre noire, ayant tous les caractères physiques du diarbon animal, qui noircissait les mains, et qui, traitée par l'acide nitrique étendu, se dissolvait en partie avec effervescence. Cette solution donna un précipité blanc avec Toudlate d'ammoniaque*
TASMnr. ^ ▼. JUBPB TA««u«».
Nous ajouterons ici à Y article Acide tannique (t, I, p. 47), qu'il a été vendu, en i847, à un négociant en vins de Champagne (l)y sous le nom de tannin blanc distillé y un liquide qui ne contenait pas un atome de tannin, et qui consistait en une dissolution aqueuse d'a/un, contenant 90 gr. de ce sel
par litre.
Le nom de tannin distillé aurait dû faire suspecter la nature de ce produit, car on sait que le tannin est fixe et ne passe pas à la distillation ; une liqueur distillée ne pourrait en contenir une petite quantité qu'autant qu'il y en aurait eu d'entraîné mécaniquement par une vive ébullition.
TJlPIOKA.
Espèce de fécule préparée en faisant sécher sur des plaques chaudes la moussache ou fécule exotiquei extraite de la racine du jalropha manihot (euphorbiacées) .
Le tapioka est en grumeaux irréguliors, blancs et quelquefois rougefttres, très-durs et un peu élastiques, composé de grains agglomérés. Gonflé et délayé dans l'eau, il donne une dissolution qui bleuit fortement par l'iode. Il n'est pas entiè-
<l) Le laoïiio sert à prévenir la graisse dei vins île Champagne.
.TÂRTRATE NECTFfiE DE POTASSE. 439
remetit soluble dans Teaa, et foarntt un empois visqueuiL^ demi-traiMparent, inodore et d'une saveur fade.
Le tapioka factice est formé avec la fécule de pomme de t^rre imbibée d'eau, que Ton projette sur des plaques de cuivre rouge chauffées à IO(K>. Ce tapioka est en morceaux arrondis, presque réguliers, d*uoe structure homogène et non gra-> nulée, plus blancs, moins opaques et plus fiiciles à rompre sous la dent que ceux du précédent. Il donne avec Feau bouillante un empois opaque d*une saveur fade; il bleuit avec Tiode.
Le ta|Hoka factice peut contenir du cuivre provenant des plaques de ce métal servant, comme nous yenoils de le dire, à sa pr^ration. Si Ton n'a pas la précaution d'enlever les grains deiécule humide qui adhèrent à la surface de ees plaques, ils s'imprègnent d'hydrate et de sous-carbonate de cuivre, dont une petite quantité suflSt pour reI^dre vénéneuse une grande masse de tapioka; ou bien, si la fécule «nployée est quelque peu fermentée, la plaque de cuivre est légèrement attaquée, et le tapioka s'imprègne d'une petite quantité d'acétate de cuivre. Il n'en faut pas davantage pour rendre cet aliment toxique, et, comme on en a eu l'exemple en I8èd, des symptômes d'empoisonnement ne tar* doraient pas à se manifester après Tingestion d'un potage qui aurait été préparé avec cette fécule ainsi altérée.
Pour déceler le cuivre dans le tapioka , il suffira de faire avec cette substance une bouillie claire, d'y ajouter quelques gouttes de vinaigre, et de plonger dans ce mélange une lame de fer décapée ; s'il y a du cuivre, la lame se recoumra d'une couche de cuivre métallique ; ou bien le liquide filtré prendra par le cyanure jaune une couleur brun marron.
TARTRATZ (Bl) BB POVABftB. — ▼. OBÀm DB TAATBB. TABTBATX BBVTHB BB POTA8SB.
Ce sel, appelé aussi tartre tartariséj sel végétal , est blanc , d'une saveur amère, désagréable-, il cristallise en prismes rectangulaires courts, terminés par un sommet dièdre, et qui ne contienueilt pas d'eau de cristallisation ; ces cristaux sont îùaltérables à l'air. H est très-soluble dans l'eau, plus à chaud 4u'à froid. Sa densité est de 1,557.