TARTRÀTB DE POTASSE ET D8 SOUDE
UsAGU. — Il est employé en médeoioe, à faible doee,
comme diurétique et fondant; à plus haute dose, comme
purgatif.
^ AltCiations. — Le tartrate de potasse peut contenir da
cuiwrej du /er, provenant des bassines dans lesquelles il a été
/ préparé ; il peut contenir aussi des chlorures^ des ntlfête$^
\ notamment du nUfate de soude.
Sa dissolution sera colorée en bleu par le cyanure jaune s'il contient du fer , et en beau bleu par Tammoniaque s'il y a du cuivre ; la présence de ce dernier métal pourra être également déoelée à Taide d'une lame de fer décapée.
Les chlorures seront reconnus par le précipité blanc, caillebotté, que produira le nitrate d'argent dans une dissoluticm du sel , et les sulfates par celui que donnera le chlorure de i baryum.
, (Quelquefois le tartrate de potasse n'est qu'un mélange de crème de tartre et de potasse. Sa solution aqueuse laisse alors un dépôt blanc, pulvérulent, qui donne avec une nouvelle quantité d'eau une liqueur acide au papier de tournesol. ' Si ce dépôt se dissout dans l'acide acétique étendu, et donne, par le refroidissement, de petits cristaux aiguillés, insipides, [ on peut conclure à la présence du tartrate de chaux.
Si ce résidu , insoluble dans Teau bouillante , donne, avec l'acide sulfurique concentré, une masse saline, soluble dans l'eau chdude, et précipitable en flocons volumineux par l'ammoniaque , on peut être assuré de la présence de Xalumine. Enfin un résidu insoluble dans l'eau ou dans les acides et rude au toucher dénotera la silice.
TAaTAATX DX POTAIBX XT B'AHTXMOIMS. —
TAavaATX BX POTASaS BT BS 80UBX.
Le tartrate de potasse et de soude, appelé aussi sel de seignette^ sel de la Rochelle^ est incolore, inodore, d'uue saveur légèrement amère. H cristallise en gros prismes à 8 ou 10 faces inégales, translucides; mais le plus ordinairement les prismes semblen: avoir été coupés dans la direction de leur axe , ce qui a fait dire aux anciens chimistes que ce sel cristallisait en
TÉRÉBENTflINBS, 441
tombeaux. Ces cristaux s'effleurissent légèrement à Tair. Il est soluble dans Teau chaude plus que dans Teau froide, et ittso* luMedaos Faloool. Sa densité est de 1,757.
UsACBs. *^ Le set de seîgnette est employé en médecine comme pnrgatif ; i) pent remplacer avec avantage le sulfate de soude.
AltAratiors et PALsincATioiis. — I^ tartrate (fe potasse et de soude peut contenir accidentellement du cuivre; on lui substitue quelquefois leè sulfates de soude on de jxdmse^ les chlorures de sodium ou de potassium. Sa dissolution aqueuse prendra, par Fammoniaque en excès, une coloratioo Mené plus ou moîQS sensible s'il y a du cuivre.
Dans le cas de la présence d'un sulfate alcalin, il donnera avec Tacétate de plomb un précipité blanc^ insoluble dans Tacide nitrique ; le tartrate de plomb, au contraire, s'y dis* sout. Les chlorures seront décelés par le nitrate d'argent.
TAamOBOBAV^ os FOTA8SX. ^ ▼. OaiBili DB VAUTWM
On donne le nom de térébenthines aux sucs résineux liquides ou concrets tirés pour la plupart des pins et des sapins, arbres de la famille des conifères. Ces composés naturels d'huile essentielle et de résine sont usités dans les arts et en médecine.
On trouve, dans le commerce, trois espèces de térébenthines : lo térébenthine de Bordeaux; 2<> celle de Strasbourg f 3^ celle de Venise*
H. Guibourt, a donné les caractères distinctifs de ces sucs résineux purs et de ceux qui pourraient être sophistiqués.
La térébenthine commune ou de Bordeaux est épaisse, grenue, opaque, d'un jaune clair, d'une odeur particulière, pénétrante j sa saveur est ftcre et amère ; elle est fournie par les pinus maritima et sylvestris.
La térébenthine qui coule pendant l'hiver est solide et moins riche en huile : c'est le produit appelé galipot.
La térébenthine de Strasbourg^ ou de Suisse^ est la seule ' qui soit employée en pharmacie : on la tire surtout de
442 TÉRÉBENTHIMBS.
/ Suisse. Elle est fournie par Yiéies pectinata : elle est odorante, Tisqueuse, jaune, presque couleor de miel, trantparrente ou laiteuse, d'une saveur très-amèro ; on la filtre, car elle ne dépose pas par le repos. Elle devient avec le temps comme vitreuse, sans se durcir complètement; on la distingue alors du baume ou térébenthine dite de la Mecque^ dont elle a un pea Taspect, en ce qu'une goutte de ce baume, jetée à la surhce de Teau, s'y étend, tandis qu'une goutte de térébenthine, jetée sur le même liquide, tombeau fond. Conservé dans un bocal, le baume forme une croûte à la surface; ce que ne fait pas la I térébenthine.
La térébenthine de Venise^ qui est la plus belle e.t la plus esli-
/mée,estfoumieparle/)fntis/ariâ: (larixeuropiBa);€i\e estasses
/ liquide, d'un jaune verdfttre, d'une odeur plus supportable
/ que les autres scurtes ; sa saveur est amère et chaude. Elle est
connue aussi sous les noms de térébenthine au citron^ d'A/soee,
des VosgeSy de Briançon. Elle vient de la Styrie, de la Bon-
. gsie, du Tyrol et de la Suisse. Elle est liquide presque comme
l de l'eau ; son prix est plus -élevé.
Pour obtenir ce suc résineux, on crève les cicatricules de l'écorce où elle est contenue, et l'on n'incise pas l'arbre jusqu'au cœur comme pour retirer la térébenthine de Vadtes pectinata.
On connaît, outre ces trois espèces : i^ la térébenthine de
Chypre ou de Chio^ qui provient du pistaeea terebinthus (té-
rébinthacées). Cette térébenthine, qu'on ne trouve plus guère
/ dans le commerce, est presque solide, inodore, d'une couleur
/ jaune verdfttre, non transparente, nébuleuse, parfois opaque;
sa saveur est peu marquée.
/ La térébenthine de Boston, qui est usitée en Angleterre, pa- / raît provenir du pinus australis,
I II y a aussi la térébenthine d* Amérique, tirée du pinm strobus ; I celle de Hongrie, du pinus mughos; celle des monts Carpatiies, ' du pinus cimbra,
I EnOn, quelques auteurs considèrent comme des térében- / thines le baume du Canada, fourni par Yabies balsamea, les baumes de copahu et de ta Mecque ( F. 1. 1, p. 98 et i02).
L'analyse des térébenthines a été faite parHM. Unverdorben et CatY/tof. Voici les résultats obtenus par ce dernier chimiste :
TBÉ.
TJBAÉBBaTBWJS
de
de.
▼6Mit.
Huilé volatile
Acide succinique et matière extractive.
Acide pinique , . . ,
— syLviqaê %
Résine insoluble dans l'alcool
Abiétine
Perte ponant pariiouttèren^t sur l'huile volaille
Usages. — La térébenthine entre dans la composition de& vernis, des mastics, etc. En pharmacie, on la fait entrer dans Y eau térébenthinée y dans Y alcoolat de térébenthine composé (baume de Fioraventi), dans diverses pilules^ dans les digestifs, etc., etc.
TOUÉM MiWtHiàXM. <— ▼. ▲oétatb db soviMi.
Le thé est la feuille desséchée d'un arbrisseau (thea «tnensis) de la famille des caméliées, qui crott en Chine, au Japon, en Cochînchine et dans quelques contrées de F Asie orientale et méridionale. Cet arbrisseau est rameux, toujours yert, communément de l^.OOà i^^^^ d'élévation^ à feuilles alternes, elliptiques, aiguës, dentées et assez fermes, glabres, luisantes d*un vert assez intense, longues communément de 0",05 ou 0",08 et larges de 0"03. Les fleurs sont blanches, assez grandes, courtement pédonculées, solitaires ou réunies en petit nombre à Taisselle des feuilles supérieures.
On divise le thé en deux grandes catégories : les thés noirs et les thés verts (1), qui, eux-mêmes, sont subdivisés en un cer-
(1) L*opinion la plas généralement admise maintenant est qu'il n*y a plus à douter de Tidentité de farbuste à thé vert et à thé noir. Il résulte d'une enquête ftûte à Londres par une commission parle^
/ tain nombre d'espèces et môme de variétés , provenant du / climat sous lequel Tarbrisseau a végété, de Page des feuilles» ' de répoque de leur récolte et des préparations diverses qu'on I leur a fait subir.
i^ Thés noias. — Thépekoê^ ou pak-ho^ ou pekao ou pekm. C'est le plus fin, le plus aromatisé et le plus cher des thés noirs. Ses feuilles sont très-allougées, d'un noir argenté, et couvertes d'un léger duvet blanc et soyeux ; ses extrémités j sont tachetées de noir, de gris et de' blanc. Odeur douce, aromatique, que les Chinois augmentent encore en y mêlant i quelques fleurs de \olea fragrans » dont on trouve fréquemi ment des graines dans le pekoê. Son infusion est d'un beau >, jaune doré ; son goût ressemble un peu à celui de la noisette fraîche.
Thé pekoe cTassam. — Feuille plus large et moins allongée. Son infusion a une saveur, un parfum, un goût bien inférieurs à celle que fournit le pekoê chinois, désigné généralement sous le nom de pekoê à pointes blanches.
Thé pekoê orangé. -^ Très-menu, d'un noir foncé, mêlé de jaune orange; odeur agréable, quoiqu'elle ne paraisse pas
msntaire 4|Ui a entendu le président de la société commerciale des Indes orientales pour le commerce du ihé, que les différentes nuances du thé envoyé en Europe sont le résultat d'un procédé de teinture que les ChincNS font subir à cntte feuille pour se conformer au désir des marchands européens; si bien qu'il ne leur eu coûterait pas davantage de nous envoyer du thé jaune, rouge ou bleu, si telle était la mode.
Il paraît que cette manipulation consiste à ajouter, à la dernière cuisson, pour 7 livres de feuilles une demi-cuillerée à café d*un m^^lange pulvérulent, composé de 75 ^q de sulfate de chaiir& et de 95 ^Jq ^indigo passé à travers une mousseline très-flne. Le thé est roulé pendant une heure au moins avec cette million, qui n'été ni n'ijoute rien à son arôme : Tindigo donne la couleur, et le sulfate de chaux la fixe. Les Chinois appellent youngltn la première de ces substances, et la seconde acco.
Cette addition dMndigo et de gypse ne constitue pas une falsiAcation ; c'est un usage du pays qui remonte peut-être à la fabrication première. Le thé reçoit ainsi une belle coloration verte. Dans quelques crs, comme Ta observé M. Ao&ert Warrington^ les Chinois substituent du bleu de Prusse à l'indigo ; c'est alors que la coloration peut ofirir des dangers. Il parait d'ailleurs que les Chinois ne Tignorent pas, et qu'ils ne consomment pas chez eux ces espèces de thés verts, destinés exdusivement à i'exi)ortation.
TBi.
naturelle. Ce thé, mélangé avec du oongo, se yend à Londres sous la dénomination assez connue de howqua mixture.
Thé congo^ ou koong-foo ou camphou. — - Feuilles miuces, courtes, d'un noir grisâtre. Infusion assez claire , d*un goût assez agréable.
Thésouchong ou seaou-chung. — Feuilles un peu plus larges que celles du congo, minces et tant soit peu concassées. C'est le plus fort des thés noirs. Infusion claire» dorée, d'une saveur douce.
Tképouchongy oupaou-cAung ou padrea. — Feuilles larges, longues et bien roulées, mélangées d'une assez grande quantité de pétioles. Odeur très -suave. Infusion verte, un peu ambrée.
Thé Bohea ou Woo-e ou bout, bou (i). — Peut se classer en deux espèces différentes :
Le Bohea de Fokien et le Bohea de Canton. Mélange de feuilles de toutes sortes, larges, plates, inégales, d'une couleur brun clair et verdfttre* toujours mêlées de poussière et. de petits fragnients de pétioles. Infusion rougcAlre, peu sapide, ayant parfois un goût de fumée ; elle laisse déposer une espèce de sédiment noir.
2« Thés verts. — Théhyson ou he-chun, — Feuilles longues, étroites, charnues, bleu tournées en spirale, d'un vert grisâtre, fortement roulées longitudinalement sur elles-mêmes. Cette sorte estordînaîrement très-lourde, quoique très-sèche et facile à briser. Odeur suave et aromatique. Infusion limpide, d'une nuance jaune citron. C'est, de tous les thés verts, le plus généralement estimé.
Thé hyson junior ou yu-tseen. — Feuilles très-petites, «lélicates, bien crispées, d'un vert jaunâtre , d'un parfum très-doux ressemblant un peu à la violette.
Thé hysort'schoulcmg ou téhulan. — Présente les mêmes caractères que le thé hyson ; sou odeur suave est due, suivant quelques auteurs, à ce qu^on y mêle des fleurs de Yolea fra^ï grans.
(1) Autrefois tous les thés noirs étaient désignés sous ce nom, qui dérive dt* celui d'un canton de la province de Fokien d'où on le tire principalement. Aujourd'hui cette sorte seule a conservé cette désignation.
f Thé hy$on skin, -*- Feailles d*un jaune brunâtre , à peine
f' roulées, mêlées souvent de graines de thé. Odeur presque nulle, goût un peu ferrugineux. Infiision jaune foncé un peu trouble.
Thé poudre à canon , ou gim powder ou ckou-cha. — Cette sorte n'est autre que le byson soigneusement trié et formé / des feuilles les mieux roulées en petites boules très-serrées. Elle est très-lourde, d'un vert un peu noirâtre. Infusion limpide, d*un vert doré.
( Thé impérial. — Formé, comme le précédent, du triage
•'de lliyson; seulement il est en grains beaucoup plus gros.
j Feuilles roulées en boules serrées et dures, de manière à présenter l'apparence de perles. Elles sont d'un vert argent et d'une saveur agréable.
I Thé tonkay ou iun- ke ou songlo. — Feuilles larges, jaunâtres, mal roulées; c'est le bobea des thés verts; odeur assez forte ; infusion jaune foncé, claire, d'une saveur âpre. D'après M. Muldery iOO p. de thé de Chine renferment :
Tbé Tcrt. Ilié noir.
Hoite essentielle 0,79 0,60
Chlorophylle 2,32 J,84 t
Cire 0,2S »
Résine 2,22 3,64
Gomme 8,5G 7 ,ÎS
Tannin 17,80 12,8S
Théine {ou caféine) 0,43 (1] 0,46
(1) II. /. SUnhous9 a trouvé une proportion double de théine ; ainsi il a obtenu pour 100 p. de thé*
Hyson 1,05
Tonkay 0,98
Congo 1,02
AssitfB 1,97
A Paide d'un proche d'extraction de la théine, qui paraît plus avantageux, M. PeU§ot a obtenu des nombres doubles de ceux de U.StenhouM savoir, pour 100 p. de ihé:
Poudre à canon 2,34
Id. ' 3,00
Hyson 2,79
Mêl. à parties égales de !^ouchong, poudre à canon, hyson, impérial, pekoê « 2,93
lf,S8 1,48
Matière extraclÎYe 22,80
— foDcée »
Matière colorante da ihé séparée par
l*acide cblorbydriqoe 23,60
Albumine (l) 3,00
Fibre 17,08
Gendres 6,56
Suivant M. Peltgot, auquel on doit d'intéressantes recherches sur la composition chimique du thé, les thés noirs contiennent, en moyenne, iO,et les thés verts 8 7o d'eau. H a trouvé que 100 parties des thés dont les noms suivent, contiennent en parties solubles dans Teau bouillante :
Thé pris à l'état lee. Thé pris à Tétat ordin.
Soucbong fin 45,7 40,3
Id. 40,0 40,7
Soucboog ordinaire ... 4 1 ,8 37 ,3
^ Id. 40,3 36,0
Pekoé 34,6 31,3
p I Id- 38, t 34,5
Pekoé orange. 48,7 44,5
co
•M I Id. 46,8 42,8
H I PoQcbong 4S,8 39,0
Congo 40.9 36,8 j
Bobea 44,4 39,8
Assam 45,4 41,7
Poudre à canon 51 ,9 48,5
Id. 50,2 46,9 I
Impérial 43,1 39,0
H I Id. 47,9 44,0
M I Hyson 47,7 43,8 i
Hyson fin 46,9 43,1
^ I Schoulang 45,9 42,3
H f Hyson jonior 61,5 47,4
Hyson skia 43,5 39,8
Tonkay 43,2 38,4
En incinérant iOO p. de thé, le même chimiste a obtenu 1 les quantités suivantes de cendres :
(i) L'albumine, suivant M. Peligot, serait de la caséine^ et la proportion de cette matière, jointe à celle de la caféine, serait telle que le thé renfermerait jusqu'à &^i^b d*axote. ^
TBt.
SoQcbong 5,5 I
Poudre à canon 6.d . Moyenne 5 7o.
Pckoô
Ces cendres ont une couleur un peu rougeàtre, due à une petite quantité d'oxyde de fer qui provient sans doute, en partie, des vases de fer employés à la torréfaction de la feuille. Elles renferment, en outre, des sulfates, phosphates et chlorures alcalins, et un peu de silice. Elles ne contiennent pas la moindre quantité de cuivre ; ce qui infirme ropinlon énûse par quelques auteurs sur la présence d'un sel de cuivre auquel le thé vert devrait sa couleur.
L'infusion de thé est d'une couleur qui varie entre le jaune clair et le brun foncé, selon qu'elle a été faite avec du thé vert ou avec du thé noir. Concentrée et chaude, elle est limpide; mais en se refroidissant, elle se trouble, et elle lient alors en suspension une poudre grise très-divisée qui la rend comme laiteuse, et qui consiste en une combinaison de tannin et de théine, soluble dans Teau chaude et insoluble dans Teau froide ; elle est insipide, quoique formée de deux matières très-sapides, Tune astringente, le tannin ; Tautrc amère, la théine.
L'infusion séparée par la filtration de ce composé inso-
/' lubie donne, avec le sous-acétate de plomb, un précipité
jaune brun abondaht qui renferme, en combinaison avec
l'oxyde de plomb, toute la matière colorante, tout le tannin
et un acide particulier.
L'infusion de thé vert contient moins de matière colorante
/ que le thé noir, mais fournit plus de substances précipitables
' par le sous-acétate de plomb; le thé vert, quoique provenant du même arbuste, est préparé, avec une feuille plus jeune et par conséquent moins ligneuse ; il est plus compacte,
V plus dense et en môme temps plus sec que le thé noir.
En résumé, les principes que contiennent les infusioiisde ces ^ deux sortes de thés sont les mêmes ; mais ils s'y trouvent dans des proportions un peu différentes, et comme ces proportions sont moins fortes dans le thé noir que dans le thé vert, celui-ci est plus actif.
Tous les thés fins destinés à Texportation sont mis dans des caisses vernissées, doublées de lames d'étain, de plomb, de
THË. 449
feuilles sèches ou de papier peint, afin d*en clore tous les interstices et de les rendre imperméables à Tair extérieur ; ces caisses sont, en outre, revêtues de nattes de bambou, très-serrées^ ou recouvertes en peau; mais ce dernier emballage ne se pratique que pour les thés fins envoyés en Russie et qu*on désigne sous le nom de thés de caravane.
Usages. — L*emploi du thé comme boisson alimentaire est tellement grand, surtout en Angleterre (1), qu'il donne lieu à un mouvement d'affaires considérable. Il n'y a pas d^exagération à porter à 200 millions le revenu annuel que ce seul article procure au céleste empire.
Administré à Tétat de poudre, le thé est un excitant trè9énergique.
Falsifications. — Le thé est l'objet de nombreuses falsifications, qui consistent principalement dans des colorations artificielles ou dans des substitutions de feuilles étrangères à celles du thé (2).
(I) Voici un aperçu approiimatif de la consommation annuelle des diflérents £iat8« en adoptant pour terme moyen l'année ISdS.
Thé consommé.
Russie 7,505.664.937 kil.
Angleterre. 1 4 ,67 1 ,447
Ëials-Unis 7,207,023
Hambourg, pour l'intérieur de l'Allemagne. . . 800,000
Hollande 450,000
Brème, Frise et Haut-Wesel 215,500
Pranoe 113,674
Brésil 100,000
Belgique 69,224
Danemark, Suède et Norwége 65,000
Prosse (par Dantzick) 15,000
Naples 4,650
Autriche, par Trieste et Venise 3,500
Ëtals sardes 2,800
ËiaUiromains 2,t00
Toscane 2,000
Sicile 850
On ne fait pas entrer ici la consommation extrêmement minime de PEspagne, du Portugal, de la Suisse et de ritalie, tributaires, pour ca produit, de la France et de TAngleterre.
(9) En 1847, les agents de Texcise ou des contributions indirectes ont saisi à Guildhall chez le sieur James St..., It livres de thé sopbis- U. 28
I D'après Aceum^ on a fait à Londres, il y a une trentaine d*années, un commerce considérable de thés falsifiés. Les marchands y mélangent les feuilles du prunier sauvage {prunus spinosa)j du frêrie, du sureau^ de V aubépine^ du mahaleb^ de \ églantier, du laurier, de divers arbres du genre ormeÇî)^ et les colorent soit en vert avec les sels de cuivre, soit en noir avec le bois de campêche.
La coloration en vert par les sels de cuivre se reconnaît au moyen de Tammoniaque liquide, étendue de son poids d*eau, qui se colore en bleu, ou par Peau chargée d'acide sulfhydrique qui noircit les feuilles ; ou bien on calcine i p. de thé avec 3 p. de nitrate de potasse : on obtient un résidu, que Ton dissout dans l'eau acidulée ; la solution filtrée est éprouvée par les réactifs des sels de cuivre (cyanure jaune, ammoniaque, potasse, acide sulfhydrique).
Les thés colorés par le bois de campêche, étant rendus humides et frottés sur du papier blanc, y laissent des taches d'un noir bleuâtre, qui rougissent au contact d*un acide.
tiqué, préparé avec un mélange de difll^renles herbes oa d'arbnstes et de thé qui avait déjà servi ; le tout, gommé et manipulé artistement, offrait l'aspect du thé hyson^ très-recherché des amateurs.
L*aldennan compta pour 8 livres au lieu de 18 le thé falsifié, et infligea à St.. .40 livres aterling (iOOO fr.) d'amende. Les larmes et les supplications de St... déterminèrent ensuite Talderman à réduire l'amende à fO livres sterling (250 fr.) ; mais ce fraudeur, se trouvant hors d'état de payer la somme, fut envoyé en prison.
(1) M. Mafar9ît0 fit connaître, il y a quelques années, à r Académie des sciences, que les feuilles de Vorm$ de Chine {pUmera crmeta) étaient très-propres à remplacer le thé et qu'on avait livré au commerce plusieurs kilog. de ce Ikux thé, qui avait été trouvé de bonne qualité.
Il parait que pour donner de la force et de la saveur au thé on y ijoute les feuilles du veno'beno, plante indigène de Tarchipel indien. lùidley dit qu'elle produit une espèce d'enivrement, stimule puissamment les glandes salivaires et les organes digestifs, et diminue la transpiration. Dans rinde, on remploie comme tonique et stomachique. Les feuilles ont une odeur piquante et une saveur stimulante.
Au Chili et dans le Paraguay, on vend, sous le nom de thé Parttffuof herbe de Para, une poudre préparée avec les feuilles et les petites branches torréfiées d*une espèce de houx, Yileœ paragneneie^ qui ren« ferme, d'après M. Stenhouie, 0, 70 «/o de théine.
Aux Antilles, on se sert, dans le même but, d'une plante connue sous le nom â^aya pana, qui crott & Ttle Bourbon et à l'Ile de France.
L'infusion de feuilles de thé colorées par le même bois est d'un noir bleuâtre» rougissant par Taddition de Pacide snlfurique.
Suivant M. Stanislas Martin^ le thé forme, avec une dissolution de sulfate de quinine, une combinaison insoluble, cpi permet de distinguer le thé mêlé de feuilles étrangères, d*im autre sans mélange. L'infusion de thé de bonne qualité, contenant beaucoup de tannin, dépose abondamment lorsqu'on y verse quelques gouttes d'une solution aqueuse de sulfate de quinine, tandis que ce dépôt est presque nul pour le thé falsifié.
H. Clarke a examiné plusieurs échantillons de thé soachong, qi^i contenaient 25 Vo de plombagine.
H. Sowerby a signalé le mélange des feuilles fraîches du thé et non encore roulées, avec une espace de sable ferrugineux^ contenant des cristaux de fer magnétique^ en telle abondance qu'un aimant fut capable de soulever et d'ouvrir les feuiHes de thé.
Dans les grandes villes, il n*est pas rare que l'on mélange au thé de bonne qualité , du thé ayant déjà servi (i), et soumis à une dessiccation préalable. Cette fraude se décèle par l'odorat, la saveur, la couleur, le défaut d'arôme.
Suivant H. Biegei^ on falsifie quelquefois le thé avec les feuilles de Yepilobium angustifolium^ plante qui ne renferme pas de théine. H. Biegel a proposé d'appliquer dans ce cas
(i) En lS4S,le8 préposés de Texcise saisirent à Londres une fabrique où Ton sophistiquait leUié. 1000 kil. de Uié déjà épuisé étaient en travail.
A Londres, Edouard S... et sa femme ont été dernièrement sorpns par les agents de l'excise. Ils avaient établi une fabrique en grand de thé sophistiqué dans une salle basse d'une maison située dans le fanboarg de Clerkcnwell. Us achetaient à vil prii, aui garçons de eafé de la capitale, des feuilles de dié qui avaient déjà servi, les disaient sécher et les mélangeaient avec des feuilles de lauriéTf de prunelle et d'autres plantes. Un peu de ootifMrose bleue servait à donner au mélange la couleur convenable, et avec une inhision de gomme arabique on le granulait de manière à lui donner Tapparence du thé véritable. Il n*y manquait que les propriétés de la feuille eiotique et surtout le payement des droits*
Les magistrats du tribunal de police ont écarté Tinculpation d'escroquerie, et déclaré S... et sa femme seulement passibles de ramende pour fraude envers rezolse ou régie des Uses indirectes.
TBé.
le réactif que M. Stenhome recommande comme caractérislîqae de la théine, et qui consiste à Taire bouillir, pendant quelques minutes, la substance à essayer avec 2 à 5 fois son poids d'acide nitrique, à évaporer à sec, et à chauffer le résida avec de Tammoniaque : s'il y a de la théine, il se produit une matière rouge analogue à la murexide (1).
Si la coloration du thé vert pratiquée, comme nous Tavons dit plus haut, an moyen du gypse et de Findigo, ne doit pas être considérée comme une falsification, il n*en est pas de même des colorations superficielles à Faide desquelles on convertit le thé noir en thé vert. On a employé à cet effet le bleu de Prusse, le chromate de plomb, le curcuma, et une espèce de talci^).
En 1843, Tadministration fut informée que du thé avarié, provenant d'un navire anglais, the Rdianee, qui avait fait naufrage sur les côtes de France, avait été repéché, lavé à Teau pour le priver du sel marin, puis coloré en vert par un mélange d'tWt^o, de talc et de chromate de plomb, et livré au commerce (5).
(I) La murexide (ancien porpurate (fammoDiaque de Pr<mt) est ane substance qui se forme toutes les fois qu'on traite un des produits dérivés de i*acide urique, par Tammoniaque, à l'abri ou au contact deTair. EIJ« ciistallise eo prismes à quatre pans d'un rouge grenat par transmissioo, dont deux faces présentent le reflet verl métallique des élytres du scarabée doré .
(t) U résulte d'expériences foites par un chimiste anglais sur un grand nombre d'échantillons de thé vert, que ceux-ci changèrent du Tert au jaune, en en plaçant quelques cuillerées sur un tamis et les tenant sous un petit filet d'eau firoide pendant 4 ou 6 minutes ; le résidu, séché à une légère chaleur, prit la couleur du thé noir ordinaire. La matière colorante enlevée des rouilles parle lavage sf étant précipitée, elle fut examinée au microscope; on y observa trois matières de couleur différente : bleu, jaune, blanc. C'était du bleu de Prusse, du curcuma et do talc. Le jaune et le bleu colorent le thé noir en vert ; ensuite les feuilles sont roulées dans le blanc, pour leur donner Taspect perlé que Ton recherche dans le commerce.
Souvent, dans les visites faites annuellement ches les épiciers, nous avons trouvé des thés verts sensiblement colorés. En les mouillant avec la saliye, et en les mastiquant légèrement, on les décolorait avec ftuâlité et on acquérait ainsi la preuve de la liraude.
(3) Voici comment le fait fut connu :
M. le docteur Lsroux, ayant été appelé à donner des soins au sieur R...
DaDS le mcmeot où l'on s'occupait à Paris des thés colorés au chromate de plomb, M. Eug. Marchand^ pbarmaciei) à | Fécainp • examina 64 échantillons de thé qu'on s'était pro* curés chez les épiciers de cette ville et qui étaient colorés par le même procédé. Cet examen fut amené par Tindisposition grave que deux personnes de Fécamp éprouvèrent, et dont elles attribuèrent la cause à Fusage prolongé d'un thé qui leur avait été fourni par un épicier de la ville.
Yoid comment on peut reconnaître cette fraude criminelle : on place dans un verre à expérience une certaine quantité des feuilles soupçonnées et on les recouvre par de Tacide nitrique. Après 5 ou 4 heures de contact, on décante (
ouvrier tisserand, reconnut que la situation de cet homme était alarmante et qu'il présentait des caractères extraordinaires. Le plus singulier était une coloration de la peau en yert ; ce qui lui fit penser que le malade ne s'occupait pas uniquement de son métier de tisserand. Après avoir été pressé de questions, R... finit- par avouer qu'il travaillait à la manipulation des thés, et que ce travail avait pour but de convertir des thés verts en thés noirs. « Je ne sais, igouta-t-il, quelles sont lea « substances employées ; mais je crois que la poussière qui s'exhale des « thés ainsi préparés en les tamisant, en même temps qu'elle me colore « la peau comme vous voyez, me cause Tindispositiondont Je souffre. »
Le médecin sut de R... que le travail des thés lui était commandé par un sieur H... P... qu'il croyait un homme de paille et travaillant luimême pour le compte d'un négociant qui lui était inconnu. Le docteur crut de son devoir d'instruire l'autorité de ce qui se passait ; en conséquence, il se rendit chez le commissaire de police et fit sa déclaration.
L'enquête apprit que H... P... n'était que le préposé du sieur A..., négociant à Paris. Aussitôt une perquisition faite chez ce dernier amena la saisie d'une assez grande quantité de thés manipulés ou en manipulation.
Les sieurs A... et H... P... furent renvoyés devant le tribunal correctionnel, qui, faisant application des articles 423, 59 et 60 du Code pénai^ les condamna chacun à 8 jours de prison et &0 fr. d'amende.
Le négociant A.. . inteijeta appel de ce jugement et fut acquitté; la cour royale rendit un arrêt par lequel : ConsidérafU que ii A„. a fait subir aux thés avariés une préparation pour les rendre marchands, il n'est pas établi quHl ait trompé sur la qualité de la marchandise vendue.
Par suite de ce jugement, les thés falsifiés furent rendus au négociant; il est très-probable qu'ils auront été livrés à la consommation. On s demande pourquoi l'autorité n'a pas exigé qu'ils fussent lavés avant d'être vendus, pour être débarrassés du chromate de plomb, du talc et de rindigo qui les salissaicmt.
454 THRIDACE.
, le liquide, on presse les feuilles pour en faire expuder Tacide,
' que Ton évapore à siccité. Le résidu est repris par Teau, el
Ton essaye la solution par Tiodure de potaasium, qui devra
donner un précipité jaune, soluble dans un excès de réactif;
par le chromate de potasse, qui donnera également un pré-
\ cipité jaune , soluble dans la potasse ; par le sulfate de soude
\ ou Facidesulfurique, qui fournira un précipité blanc, devenant
{noir au contact de Tacide sulfhydrique ou des sulfures alca-
\Iins ; par la potasse, qui donnera un précipité blanc, soluble
)jans un excès de réactif. En calcinant ou même eu faisant
kouillir d'autres feuilles avec une solution de potasse caus-
fîque, on décompose le chromate de plomb, et Ton obtient da
èhromate de potasse soluble, que Ton essaye par les réactifs
ou chrome.
Le docteur François a donné le nom de tkridace au suc laiteux blanc qui découle des incisions faites aux tiges de la laitue montée -, ce suc brunit et s'épaissit à Tair. Cet extrait de laitue, qui est lelactucarium des Anglais, a été obtenu en trèagrande quantité parM. Au6er^t^, qui a fait bien connaître ses propriétés.
La thridace décrite au Codex n'est pas le prodmt désigné sous ce nom par le docteur François, n'est pas non plus le lactucarium des Anglais ; mais bien un extrait que Ton prépare en prenant la laitue montée prête à fleurir, rejetant les feuilles, pilant les tiges, exprimant le suc, le passant à travers un linge , et le faisant évaporer à Tétuve, en couches minces, dans des assiettes.
Usàqbs. — La thridace est calmante et anodine ; elle réassit dans les cas où Topium échoue ; elle n'accélère pas la circulation, ne cause pas d'engorgement capillaire , n'irrite pas l'estomac^ elle ne convient pas cependant dans les affections fébriles ni pendant la digestion ; elle jouit de la double propriété de calmer les douleurs en provoquant le sommefl par l'acte de la sédation qu'elle opère sur les systèmes nerveux et vasculaire.
On en fait un sirop.