‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales (volume 5)Chapitre 87 sur 109 · VALÉRIANATES DB FER, DE QUININE, DE ZINC · texte numérisé non relu

VALÉRIANATES DB FER, DE QUININE, DE ZINC

Cette fraude se reconnatt en traitant la substance suspectée par Talcool froid, qui dissout Turée sans toucher au nitrate de potasse.

En outre, Turée ainsi falsifiée prend une coloration rose ou violacée au contact de Tacide sulfurique concenlré, tenant en dissolution du protosulfate de fer. L'absence de collation de Turée par les acides est une preuve de sa pureté.

TM1±BIAMATMB BS FSa, BS fUHnOn , BS XIMO.

Le vdérianate de peroxyde de fer est une poudre amorphe d^un rouge-brique, insoluble dans Veau, solubledansFalcool, ayant une faible odeur et saveur d'acide valérianique. Chauffé lentement, il laisse dégager peu à peu tout son acide sans se fondre. Chauffé brusquement, il fond, et Tacide sedécompose partiellement; le résidu final est du peroxyde de fer. L'acide chlorhydrique le décompose et en sépare Facide valérianique, facilement reconnaissable à son odeur.

Le valérianate de quinine^ préparé et décrit, pour la première fois, par le prince Louis-Lucien Bonaparte^ cristallise soit en tables rhomboédriques blanches, d'un éclat nacré, dures et pesantes, soit en aiguilles groupées en étoiles, soyeuses et légères ; il a une légère odeur d'acide valérianique, une saveur amère et franche rappelant celle du quinquina. Il est inaltérable à Pair. Il est soluble dans Teau ; plus soluble dans Talcool, Téther» et l'huile d'olive légèrement chauffée. Sonmis à une chaleur de 90® environ, il fond en un liquide incolore, perd de Feau et se change eu un sel déshydrata, résinofde, amorphe, insoluble dans Feau, trèssoluble dans l'alcool. La même décomposition a lieu par ud séjour prolongé dans Teau bouillante. A une température plus élevée, il dégage des vapeurs blanches, s'enflamme et brûle sans résidu.

Le valérianate de zinc cristallise en paillettes nacrées, légères et d'une blancheur éclatante. Il est soluble dans l'eau et l'alcool, presque insoluble dans l'éther. Sa solution a une réaç*

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tion acide, se (rouble par la chaleor et redevient limpide par le refroidissement. Il est inaltérable à Tair, a une faible odeur d'acide yalérianique et une saveur métallique. Ghaufié sur une lame de platine, il brûle avec une flamme blanchâtre, et donne un résidu d'oiyde de zinc pur, qui est entraîné en partie par la combustion.

UsAGis. — Depuis quelques années, ces trois sels ont été introduits dans la pratique médicale. Le valérianate de zinc fut proposé d'abord par le prince Louis-Lucien Bonaparte, Il «st employé comme antispasmodique, particulièrement dans les cas de névralgies faciales, sous forme de pilules, ou divisé dans une potion. On Fa aussi appliqué avec succès au traitement d^autres affections nerveuses.

Le valérianate de quinine est administré sous les mêmes formes, comme un antipériodique très-efficace contre les affections névralgiques et les fièvres pernicieuses.

Fàlsifigatioiis. — On a vendu comme valérianate de fer, du citrate ou du tartrate de fer imprégné de quelques gouttes d'essence de valériane; comme valérianate de quinine, du 6tsulfate de quinine imprégné d* essence de valériane; comme valérianate de zinc, Vacétate de cette base, imprégné également d'essence de valériane.

Il suffit, pour découvrir ces fraudes, d*essayer chaque sel ^comparativement avec un échantillon type, et d*examiner s*il présente bien tous les caractères chimiques ci-dessus énoncés, appartenant au valérianate pur.

On a vendu à Paris, et à un prii eitrémement bas, du &t<tyrate de zinc imprégné d'essence de valériane^ pour du valérianate. Ces deux sels, en effet, se ressemblent tellement, qu'eu égard aux seules propriétés physiques il est impossible de les distinguer.

Voici le procédé àTaide duquel cette fraude a été reconnue •et signalée par MM. Larocque et Buraut. Il est basé sur la différence d'action que les acides valérianique et butyrique exercent sur une dissolution concentrée d*acétate de cuivre, il résulte, en effet, des expériences de H. Larocque^ que Tacide butyrique forme immédiatement dans cette solution un précipité blanc-bleuâtre qui en trouble la transparence : Tacide valérianique, au contraire, n*y produit aucun change-

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ment visible ; mais, par ragttakion, il se transfonae en gouttelettes verdâtres d'apparence huileuse, qui en partie se précipitent, en partie viennent nager à la surface du liquide, où elles s'attachent aux parois du vase, à la manière des graisses. Ces gouttelettes, qui sont du valérianate de cuivre anhydre, persistent de 5 à 20 minutes, et même quelquefois plus; puis elles se convertissent, en s'hydratant, en poudre cristalline d'un bleu verdfttre.

r Pour extraire Tacide du produit suspecté de fraude, on en distille 3 ou 4 grammes délayés dans un peu d'eau, avec â à 3 fois son poids d'acide sulfurique étendu de partie égale d*eau. On agite et on chauffe légèrement, en ayant soin d'éviter, autant que possible, les soubresauts. L'acide passe dans les premières portions du liquide distillé ^ aussi ne doii-on recueillir de ce dernier qu'un poids égal à celui du sel soumis à l'épreuve. C'est sur ce liquide qu'on répète les expériences que nous venons d'indiquer.

La valériane est la racine du valeriana officinalit ou phu (Yalérianées ), plante herbacée, vivace. Cette racine est chevelue, jaunâtre à l'extérieur, blanchâtre à l'Intérieur ; ses filaments sont gros, longs et coriaces, d'une saveur aromatique, acre, amère, et un peu astringente; son odeur forte et pénétrante, désagréable, se développe par la dessiccation. D'après l'analyse de Trommsdorff^ elle contient: huile volatile^ rérine^ extractif aqueux^ matière particulière^ amidon,

Usàgbs. — La racine de valériane est un médicament des plus puissants comme excitant et antispasmodique; on l'emploie dans quelques cas comme fébrifuge ou vermifuge. On l'administre sous forme de poudre, d'extrait, de sirop, de tisane, d'eau distillée, de teinture alcoolique et élhérée.

Falsifications. — On substitue à la valériane officinale les racines de renoncule dans une proportion quelquefois trèsforte. Ces racines sont formées de filaments bruns, inodores.

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