‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 108 sur 470 · CHLORHYDRATE DE MORPHINE · texte numérisé non relu

CHLORHYDRATE DE MORPHINE

L’altéra! ion du chlorate de potasse par le chlorure de calcium est grave, en ce que la déliquescence de ce sel rend le chlorate impropre à la fabrication des allumettes chimiques. Cette altération provient d’un défaut de préparation du chlorate parle procédé de Liebig (1). La solution aqueuse de ce chlorate altéré donne un précipité hlanc cailleholté avec le nitrate d’argent, et, en outre, un précipité blanc d’oxalate de chaux avec l’oxalate d’ammoniaque.

Falsifications. — Le chlorate de potasse est falsifié quelquefois avec le mica, y acide borique, le nitrate de potasse, le chlorure de potassium.

La première falsification se reconnaît à l’insolubilité du mica dans l’eau, tandis que le chlorate est entièrement soluble.

La deuxième falsification se reconnaîtrait en traitant le sel suspect par deux à trois fois son poids d’alcool fort et bouillant, puis filtrant et enflammant le liquide ; celui-ci brûle alors avec une flamme verte due à la présence de V acide borique.

Pour reconnaître le nitrate de potasse, on mêle au sel suspecté un peu d’eau et de tournure de cuivre, et on y verse quelques gouttes d’acide sulfurique : si le chlorate est mêlé de nitrate, il y a dégagement de vapeurs rutilantes qui bleuissent le papier de gaïac, et formation de nitrate de cuivre bleu verdâtre ; si le chlorate est pur, il n’y a que dégagement d’un gaz jaune verdâtre. Un autre moyen de s’assurer de la présence du nitrate de potasse est de suivre le procédé de M. William Davy, qui repose sur le phénomène caractéristique que les nitroprussiates produisent en présence des sulfures alcalins ; suivant son auteur, ce procédé permet de reconnaître très -facilement 1/4 de milligramme de nitre en dissolution. Le sel suspecté est additionné de quelques gouttes d une solution aqueuse concentrée de cyanure jaune, puis d’un peu d’acide chlorhydrique pur ; on mêle avec soin avant comme après l’addition de l’acide, et on élève la température du mélange à 72® environ ; on laisse refroidir et on neutralise par le carbonate de potasse ou de soude en léger excès. On filtre pour séparer le précipité, s’il est abondant, et on ajoute à la liqueur une ou deux gouttes d’un monosulfure alcalin en dissolution : pour peu qu’elle ait renfermé d’acide nitrique avant le traitement, on voit cette liqueur prendre une belle teinte violette, par suite de l’action du monosulfure alcalin sur le nitroprussiate qui s’y est formé. Cette teinte remarquable, qui est d’autant plus foncée que le nitroprussiate est plus abondant, disparaît au bout de très-peu de temps.

Quant au chlorure de potassium, qu’il ait été ajouté à dessein au chlorate, ou qu’il provienne d’un vice de préparation de ce sel, le moyen de reconnaître sa présence est le même que celui qui a été indiqué ci-dessus.

CHLORHYDRATE D’AMMONIAQUE. — V. Sel ammoniac.

CHLORHYDRATE DE MORPHINE : C^^H'^AzOe.HCl ; 6 aq. — Le chlorhydrate, ou hydrochloraie de morphine, est un sel blanc, cristallisé en aiguilles prismatiques ou en cristaux penniformes, d’un éclat soyeux, d’une saveur très-

(I) Ce procédé consiste à changer Fhypochlorite de chaux en chlorate par l’action de la chaleur, à dissoudre dans l’eau et à ajouter du chlorure de potassium ; il se forme par double décomposition du chlorate de potasse et du chlorure de calcium. Par ce procédé, on a 120 grammes de chlorate de potasse par kilogramme d'hypochlorite de chaux.

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amère ; il est inaltérable à l’air, très-soluble dans l’alcool, soluble dans l’eau, plus à chaud qu’à froid. Il est neutre au- tourilesol.

Usagées. — Le chlorhydrate de morphine est employé en médecine ; on l’administre sous forme de sirop.

Altérations. — Le chlorhydrate de morphine peut contenir un excès d'eau, ce qu’on reconnaît par la différence de poids avant et après la dessiccation à -1- 120" dans l’étuve à huile (fig. 55). Il peut contenir un excès d'acide chlorhydrique [résultat d’une mauvaise préparation. Il a alors une réaction acide qui doit en faire rejeter l’emploi pour les injections hypodermiques. 11 peut contenir de la narcotine, qui reste indissoute lorsqu’on traite le sel par un excès de potasse.

Falsifications. — Ce sel a été adultéré par le sucre. MM. Morson et Marfarton ont analysé des échantillons de ce chlorhydrate falsifié, dont plusieurs livres furent vendues à Londres en 1850.

Quelques-uns contenaient moitié de leur poids de

Voici les résultats comparatifs que ces chimistes ont trouvés en analysant 100 parties de chlorhydrate pur et 100 de sel adultéré:

Sel pur. Sel falsifié.

Pour rechercher le sucre dans le chlorhydrate de morphine, il suffit de toucher le mélange avec de l’acide sulfurique concentré qui charbonne le sucre. On peut encore faire bouillir le sel avec de l’eau aiguisée de 1/10 d’acide chlorhydrique, et après dix minutes d’ébullition, ajouter un peu de liqueur de Frommherz, qui est aussitôt réduite par le sucre et passe à l’état de protoxyde de cuivre rouge {Er. B.).

CHLORHYDRATE DE QUININE : C^<>H2^Az20»,HCl ; 3 aq.— Ce chlorhydrate basique cristallise en longues fibres blanches et soyeuses, amères, solubles dans l’eau et surtout dans l’acide chlorhydrique.

Altérations. Falsifications. — Il peut Contenir du sulfate de quinine ou du chlorure de baryum. On y a rencontré une fois du chlorhydrate de morphine [Hager).

Sa solution ne doit pas précipiter par les sels de baryte qui y dénoteraient un sulfate, ni par l’acide sulfurique qui y indiquerait la présence d’un sel barytique. Mouillé d’acide azotique, il ne doit pas se colorer en rouge, pas plus qu’il ne doit prendre une teinte bleue au contact d’un peu de perchlorure de fer ; autrement il renfermerait un sel de morphine.

CHLOROFORME ; C’^HCF. — Le chloroforme, appelé aussi tri ou perchlo-

Morphine

Eau combinée

Acide dilorhydrique Perte

Fig. 55. — Étuve à huile, pour le dosage de l’eau dans les sels hydratés et pour la dessiccation des précipités.

CHLOROFORME

7-w'e de foi'myle, élher méthylchlor hydrique hichloré, formène trichloré, etc., a été découvert par Souheiran en France, et par Liebiy en Allemagne, en 1831. C’est un liquide incolore, oléagineux, parfaitement transparent, d’une odeur éthérée agréable, rappelant celle de la pomme de reinette, d’une saveur douceâtre, menthée et sucrée à la fois. Il est sans action sur le papier bleu de tournesol. Sa densité est 1,480 à 18“ ; il bout à 60“,8. 11 s’enflamme difficilement et brûle dans la flamme d’une bougie en la colorant en vert. Il est soluble en toutes proportions dans l’alcool et l’éther, très-peu soluble dans l’eau ; il dissout en grande proportion les substances grasses et résineuses. Frotté sur la peau, il produit une simple rubéfaction et non une vésication.

Composition. — Le chloroforme, analysé par M. Dumas, est composé de : carbone, 10,04 ; chlore, 89,12 ; hydrogène, 0,84.

Usantes. — 11 est employé en inhalations pour produire l’insensibilité pendant les opérations chirurgicales. Cette propriété anesthésique du chloroforme a été révélée d’abord par M. Flourens ; mais elle fut appliquée, pour la première fois sur l’homme, en 1847, par M. le docteur Simpson, d’Édimbourg.

Altérations. — Falsifications. — D’après M. Meyer, le chloroforme pur serait inaltérable par la lumière ainsi que par l’oxygène de l’air. MM. Maisch, Schacht, liump et Jaillard prétendent qu’il s’altère à la lumière sous l’influence de l’humidité. Pour M. Personne, le produit ne serait influencé par l’agent lumineux que lorsqu’il renferme de Vélher chloroxy carbonique . Quoi qu’il en soit, certains chloroformes, purs en apparence au début, se chargent peu à peu A' acide chlorhydrique, de chlore et même à' acide hypochloreux, ainsi que A'acide formique. Le chloroforme du commerce peut aussi contenir de Yéther chlorhydrique, des huiles hydrocarbonées, des composés méthyliques et amyliques, de V aldéhyde, de Valcool qu’on lui ajoute même quelquefois en fortes proportions. On l’a falsifié également par \ éther ordinaire et par Véther acéticque, etc. (I).

Le chlore, Yacide chlorhydrique, Vacide hypochloreux dans le chloroforme, proviennent de son altération spontanée ou d’une purification incomplète. On en reconnaît la présence à l’aide du nitrate d’argent, qui ne précipite pas le chloroforme pur et précipite, au contraire, celui qui contient l’un des corps cidessus désignés. En outre, le papier bleu de tournesol est rougi par le chloroforme qui contient de l’acide chlorhydrique, et blanchi par celui qui contient de l'acide hypochloreux.

D’après Stœdeler, on pourrait constater la présence du gaz chloroxy carbonique par l’emploi de la bilirubine qui le colore alors en vert, tandis qu’elle communique une teinte jaune orangé au chloroforme pur.

La présence de X élher chlorhydrique est décelée en distillant au bain-marie un mélange d’eau et du chloroforme suspecté : les premiers produits de la distillation ont une odeur d’éther chlorhydrique très-reconnaissable.

Xi élher sulfimicque dans le chloroforme est reconnu par la moindre densité de ce dernier et par l’inflammabilité du mélange.

M. Raboui'din a observé que le chloroforme pur dissout une petite quantité

(1) La présence de l’alcool, du chlore, de l’acide chlorhydrique rend compte de la causticité produite sur la peau par certains échantillons de chloroforme.

Le chlore et les huiles hydrocarbonées rendent le chloroforme vénéneux; il faut donc en rechercher la présence avec soin.

CHLOROFORME

d’iode, en prenant une couleur violette très-belle et tout à fait comparable à la teinte de la vapeur d’iode; mais lorsqu’il est mêlé d’éther sulfurique, même en très-petite quantité, au lieu d’une couleur violette, on n’a plus qu’une couleur vineuse et même rouge-caramel, si l’éther est en quantité notable.

Ualdéhyde se reconnaît à son action réductrice sur l’oxyde d’argent hydraté et à la coloration brune que prend le liquide parla chaleur, après avoir été additionné d’une petite quantité de potasse en solution.

Vacide fo7'tnique opère également la réduction du sel d’argent, mais n’amène pas la coloration des liqueurs parla potasse à l’ébullition.

La présence des composés du méthyle dans le chloroforme, signalée par M. Letheby, ne peut jusqu’ici se découvrir que par les accidents que le chloroforme qui les renferme peut déterminer sur l’économie ; céphalalgie, prostration générale et rapide. Celle des composés valériques ou amy tiques est indiquée par les résidus que laisse le chloroforme qu’on distille au-dessous de 63® [Hai'dy). L’origine de ces impuretés est attribuée par M. Rump à l’emploi d’alcool de grains.

L'eau contenue dans le chloroforme lui est enlevée par le chlorure de calcium.

Quant aux substances fixes que le chloroforme peut dissoudre, on en décèle la présence en le chauffant au bain-marie; le chloroforme se volatilise et les substances fixes restent comme résidu.

MM. Soubeh'an et Miallie ont signalé la présence d’une substance huileuse qui accompagne quelquefois le chloroforme du commerce. Pour en constater la présence, il suffit d’y verser un peu d’acide sulfurique concentré et d’agiter vivement; l’acide se colore alors en brun, tandis qu’il reste incolore avec le chloroforme pur. Cette réaction demande un peu de temps pour se développer.

D’après les recherches de M. Pemberton, cette substance oléagineuse serait composée de deux huiles à odeur éthérée : l’une limpide, incolore, d’une densité de 0,840, bouillant à 138® ; l’autre moins fluide, moins éthérée, se décomposant par l’ébullition ; une distillation au bain-marie suffit pour en débarrasser le chloroforme. Ces huiles proviennent de l’alcool amylique (Jiuile de pommes de terre) contenu dans l’alcool qui a servi à préparer le chloroforme. En effet, si on les traite par un mélange d’acide sulfurique et de bichrômate de potasse, elles sont converties en acide valérianique et en valérianate d’amylène.

La présence de l'alcool dans le chloroforme est le résultat, soit d’une addition frauduleuse, soit d’une purification incomplète. Dans tous les cas, l’alcool diminue la densité du chloroforme. Pour l’y reconnaître, on a proposé un grand nombre de procédés. Celui de M. Mialhe consiste à verser quelques gouttes de chloroforme dans un verre à moitié plein d’eau ; il gagne le fond du vase et conserve sa limpidité lorsqu’il est pur; s’il contient de l’alcool, il prend, en se précipitant, une teinte blanchâtre opaline.

Suivant M. Cattel, un moyen plus sûr consiste à agiter pendant quelques instants 12 grammes environ de chloroforme avec un cristal ou deux d’acide chrômique, ou avec une petite quantité de hichrômate de potasse et d’acide sulfurique : si le chloroforme contient de l’alcool, l’acide chrômique se transforme en oxyde vert de chrôme.

Le procédé de M. Blanquinque est fondé sur la plus grande affinité de l’alcool pour l’eau que pour le chloroforme. 11 prend un tube de 0“,01 à 0“,02 de dia-

CHLORURE d’antimoine.

mètre et long de divisé en vingt parties égales ; il remplit les dix premières

divisions du tube avecle chloroformeà essayer et complète les divisions suivantes avec de l’eau distillée ; il agite fortement pendant quelques minutes : si le chloroforme contient de l’alcool, les divisions d’eau distillée augmentent en raison de la quantité d’alcool absolu mélangé : ainsi 10 p. 100 d’alcool donneront 11 divisions d’eau et 9 divisions de chloroforme.

M. Hardy a proposé l’emploi du sodium qui se conserve intact dans le chloroforme pur, tandis qu’il dégage de l’hydrogène s’il y rencontre de l’alcool ou de l’eau.

On a encore recommandé l’usage d’une pastille de potasse caustique (.ff/ac/icz) ou d’un cristal de fuchsine {Braun), ou de l’huile d’amandes douces (^owèezVan), pour ce genre de recherches ; mais un procédé supérieur à tous les autres par sa sensibilité, est celui qu’a indiqué M. Boussin: il consiste à essayer le chloroforme il l’aide du binitrosulfw'e de fer, découvert par ce chimiste. En ajoutant à ce liquide quelques centigrammes du sel en question, on constate que le chloroforme, s’il est pur ou seulement humide, reste limpide comme de l’eau, tandis que s’il contient de l’alcool ou de l’espritde bois, oubien encore de l’éther, de l’aldéhyde, ainsi que des alcools métbylique ou amylique {Lepage), il prend une teinte brune foncé dont l’intensité varie avec la proportion de ces substances, mais qui demeure parfaitement appréciable pour un millième de celles-ci.

M. Oudemans a cherché à apprécier la proportion d’alcool contenue dans du chloroforme par la quantité de cinchonine que le mélange peut dissoudre, mais ce procédé n’est peut-être pas très-pratique.

On obtient aujourd’hui un chloroforme très-pur, dit chloroforme anglais, par la décomposition de l’hydrate de chloral à l’aide d’un alcali.

CHLORURE D’AMMONIUM. — V. Sel ammoniac.

CHLORURE D’ANTIMOINE I SbCP. — Le chlorure d’antimoine onmuriale d'antimoine, beurre d'antimoine, est blanc, transparent, très-caustique, onctueux, fusible à 72°. Il est légèrement déliquescent, volatil et bouillant à 230“ en exhalant des fumées blanches très-irritantes, qui excitent la toux. Mis en contact avec une très-petite quantité d’eau, il s’y dissout; une] portion un peu plus forte de ce liquide le décompose en oxychlorure d'antimoine ou poudre d’Alga- 7'oth, blanche, insoluble, et en acide chlorhydrique qui retient du chlorure d’antimoine en dissolntion. . '

Uüaecs. — Le chlorure d'antimoine est employé comme caustique ; il sert, à l’extérieur, contre les excroissances fongueuses, les verrues, la carie. On l’emploie, dans les arts, pour bronzer les canons de fusil, pour donner au cuir une couleur particulière. Administré à l’intérieur, il agit comme violent poison.

On doit le conserver dans des flacons bouchés à l’émeri, et non dans des flacons bouchés avec du liège, qu’il attaque et colore en brun.

Aiit>ra«ion8. — Le chlorure d’antimoine peut renfermer une certaine proportion d'eau qu’il a absorbée à l’air atmosphérique ; il est alors plus ou moins liquide et peut peidre de son poids à -f- 100°.

Lorsqu’il a été imparfaitement purifié, il peut contenir de V acide chlot'hydricpie, du chlorure d'arsenic, des chlo7'U7-es de fer et de plomb, et des matières ter7'euses.

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