‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 136 sur 470 · CRÉOSOTE · texte numérisé non relu

CRÉOSOTE

seule usitée maintenant en médecine; on l’emploie soit comme purgative, soit en lotions sur les ulcères saignants, fongueux ou atoniques.

Falsifications. — Dans le commerce, on vend, sous le nom de crème de tartre soluble, un mélange de cette substance avec la crhne de tartre ordinaire, ou un mélange de cette dernière et d’rtcft/e borique non combinés.

La première fraude se découvre en dissolvant le produit suspect dans l’eau, qui laisse le bitartrate pour résidu.

Le second mélange, traité par l’alcool froid, lui abandonne l’acide borique dont on constate ensuite facilement la présence, et laisse un résidu insoluble de crème de tartre. Pour opérer d’une manière plus expéditive, on verse sur la crème de tartre soluble un peu d’alcool concentré, on enflamme ce dernier et on agite le mélange : la flamme de l’alcool présente des reflets verts, lorsqu’on a affaire à un mélange de crème de tartre ordinaire et d’acide borique; dans le cas contraire, cette flamme n’offre rien d’anormal.

CRÉOSOTE. — La créosote ou kréosote, qui s'extrait des produits huileux de la distillation du bois en vases clos, n’est pas un principe unique. Sous ce nom, on trouve dans le commerce différents liquides de nature et de composition variables (phénol, crésylol, etc.). Ils ont pour origine les goudrons de bois ou ceux de houille.

La créosote est un liquide incolore, oléagineux, transparent, d'une saveur âcre et caustique, d’une odeur pénétrante, désagréable et analogue à celle de la viande fumée. Versée sur la peau, elle en détruit l’épiderme. Sa densité est 1,037 à l’état de pureté ; elle marque alors 8 à 9“ au pèse-acides à la température de 12 à lo“. La créosote bout à 203“. Elle est soluble dans l’eau, très-soluble dans l’alcool, l’éther, les huiles volatiles et l’acide acétique. Elle dissout les graisses, les résines, le camphre, certaines matières colorantes, l’iode, le phosphore, le soufre et un grand nombre d’autres substances. La créosote coagule immédiatement l’albumine, et colore en bleu une grande quantité d’eau contenant une trace d’un sel de fer au maximum.

D’après M. Rust, on peut distinguer la créosote du goudron de houille de celle àn goudron de hêtre h YdnAo du perchlorure de fer neutralisé par l’ammoniaque, lequel verdit par cette dernière, tandis qu’il bleuit parla première. De même, 15 parties de créosote vraie et 10 parties de collodion donnent une solution transparente et fluide; dans les mêmes conditions, on obtiendrait une masse gélatineuse avec la créosote chargée de phénol.

Usag:(>s. — La créosote est employée en médecine contre la carie des dents, pour arrêter les hémorrhagies. C’est un principe conservateur des substances animales, des pièces anatomiques, etc. Son nom même lui vient de cette propriété.

Falsificafioiis. — La ci'éosote est souvent mélangée d.' alcool, A'huiles fixes ou volatiles, àe capnomor, ûo picamare, (h'eupione&i àlacide phénique.

L’introduction de Valcool dans cette substance diminue la densité de cette dernière, ce qu’on peut apprécier à l’aide du pèse-alcool. Lorsqu'il y marque 6“, c’est que la créosote contient 7 p. 100 d’alcool; elle en renferme 34 p. 100 lorsque cet aréomètre n’y plonge que jusqu’au zéro de son échelle. La quantité d alcool introduite sera d’ailleurs reconnue par la distillation ; l’alcool passera le premier.

CULN.

M. Lepaye (de Gisors) a mis à profit, pouç découvrir celte sophistication, l’action opposée de la créosote et de l’alcool sur les huiles fixes. On agite 1 gramme de créosote suspectée avec 3 à 6 grammes d’huile d’amandes douces ; si le mélange devient opaque et que cette opacité persiste, c’e^t que la ci’éosote soumise à l’essai renferme au moins 40 p. 100 d’alcool. Malheureusement ce moyen ne peut servir à déceler une moindre proportion de ce produit, car, audessous de 40 p. 100, l’opacité du mélange ne se manifeste plus.

hQ'i huiles fixes ou volatiles, le capnomor, le picamare, Veupmie, con tenus dans la créosote, en diminuent la densité. On les sépare à l’aide de l’acide acétique, qui ne dissout que la créosote. Une goutte de cette substance contenant des huiles fixes ou volatiles, mise sur un papier, y laisse une tache huileuse.

Souvent la créosote est colorée en brun par une substance étrangère qui augmente sa densité ; la simple exposition au soleil suffit pour la décolorer.

Enfin, quand la créosote pure et la glycérine sont mélangées à parties égales, elles ne se dissolvent pas et les deux liquides restent distincts. On obtient, au contraire, une dissolution limpide avec la créosote chargée de phénol ou acide phènique, ce qui démontre la présence de ce dernier {Th. Morson).

Addition. — La créosote se distingue de l’acide phènique par la solution de perchlorure de fer qui produit une coloration bleu-verdâtre foncé avec la première, et une coloration brune avec l’acide phènique. Du reste, l’acide azotique transforme ce dernier en acide picrique, ce qu’il ne fait pas avec la créosote (7. Clark).

CRIN. — Le crin est le poil long et de fort diamètre qui recouvre, dans le cheval, la queue, le bord supérieur de l’encolure et les extrémités inférieures des membres.

On en tire de l’Irlande, de la Hollande et de la Russie. On distingue : les crins noirs, les crins blancs, les crins mélangés qui sont de toutes couleurs et contiennent souvent des poils de bœuf et des soies de porc ; les crins droits et plats, les crins frisés.

On donne le nom de poil ou de soie au crin qui a une moindre longueur et qui recouvre la peau du sanglier et du porc domestique (t).

On partage les poils en deux espèces : les nov's et les blancs.

Les soies de porc tirées de Russie sont beaucoup plus fortes que celles de France.

— Le crin noir est employé à rembourrer des matelas, des meubles, des selles ; à faire des étoffes pour meubles et tentures, à confectionner des boutons et autres objets d’habillement et d’ameublement ; on en fait aussi des cordes à étendre le linge.

Le crin blanc sert à faire des archets, des lignes pour la pêche, des plumets; on l’emploie à fabriquer des étoffes, balais, brosses, tamis, cordes, étendelles pour l’extraction des corps gras et des huiles.

Le crin, teint en différentes couleurs, est appliqué à la confection de divers articles de fantaisie.

Les poils et soies sont employés à la fabrication des balais, des brosses, et de tous les articles de brosserie.

(l) l’n porc de moyenne taille fournit environ 500 grammes de soie.

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