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2UOI
EAU DE FLEURS d’oRANGER.
Le dosage de ce métal peut se faire par la méthode des gammes de couleurs à cause de la minime proportion de plomb qù’on y rencontre. Avec une dissolution titrée d’acétate de plomb, et avec de l’eau de fleurs d’oranger tout à fait pure, M. Personne a préparé douze échantillons contenant depuis 0,01 jusqu’à 0,12 d’acétate de plomb.
Un volume égal de chacun de ces échantillons étant introduit dans des tubes en verre blanc de même diamètre et fermés par un bout, puis traité par un égal volume d’une solution saturée d’acide sulfhydrique, on obtient des colorations brunes dont la teinte est d’autant plus foncée qu’il y a plus de sel de plomb.
En traitant une même quantité de chacun des échantillons suspects par le même réactif et en comparant leur coloration avec celle de chacun des étalons préparés, il est facile d’apprécier la proportion de plomb qui y est contenue : celle-ci n’a jamais dépassé 0®%050 par litre. La quantité minimum qu’on y peut reconnaître ainsi directement est de 0’%0012 de plomb métallique. Les autres réactifs, iodure de potassium, cbrômate dépotasse, sulfate de soude, etc., sont moins sensibles que l’hydrogène sulfuré.
Les eaux de fleurs d’oranger peuvent, à l’aide du charbon animal lavé avec soin, être privées facilement des sels métalliques qu’elles renferment ; l’expérience nous a montré qu’il suffît de \ gramme de ce charbon animal, mis en contact et agité à plusieurs reprises avec 25 litres d’eau de fleurs d’oranger; celle-ci n’a pas sensiblement perdu de son odeur. (Voir Estagnons.)
MM. Naveteur et G. Maunier avaient aussi observé que le carbonate de magnésie et la magnésie calcinée remplissent le même but ; mais l’emploi de ces substances présente l’inconvénient de donner des eaux où l’on retrouve de la magnésie, et que l’on pourrait considérer comme préparées avec cet oxyde terreux et des huiles essentielles.
FaisiflcatioiiB. — Dans le commerce, on vend des eaux de fleurs d’oranger de qualités très-diverses. Les unes sont additionnées d’une plus ou moins grande quantité à' eau; les autres proviennent de la distillation non-seulement des fleurs, mais encore des feuilles et des fruits de l’oranger; d’autres sont faites, soit avec du néroli ou essence de fleurs d'oranger, soit avec des essences diverses et de la magnésie employée pour faciliter leur dissolution.
Les premières, c’est-à-dire celles qui sont très-étendues d’eau, se reconnaissent à l’odeur et à la saveur beaucoup moins fortes que celles de l’eau de bonne qualité. Elles absorbent moins d’iode que l’eau non étendue.
Les secondes, préparées à l’aide des feuilles d’oranger, sont moins aromatiques que l’eau de fleurs d’oranger. Elles possèdent une saveur amère peu agréable. D’après Gobley, elles ne prennent aucune coloration par l’addition d’un mélange de : acide sulfurique, \ partie; acide azotique, 2 parties; eau distillée, 3 parties; réactif qui colore en rose l’eau de fleurs d’oranger, au moins quand elle n’est pas trop anciennement préparée, car alors il n’y produit plus rien. En employant une solution de sulfate ferreux au vingtième, Parisel a reconnu que cette solution troublait à peine l’eau de fleurs d’oranger, tandis qu’elle déterminait peu à peu dans l’eau distillée de feuilles d’oranger, un précipité blanc-jaunâtre assez abondant.
Celles qui sont préparées avec de la magnésie et du néroli peuvent se reconnaître, soit par des réactifs (phosphate de soude ammoniacal, potasse, ammo-
Chev ALLIER ET Baudrimont, 5' édit. 2i
EAU DE LAURii-H-CEUISE.
niaqne), qui précipitent la magnésie; soit par l’évaporation. Dans ce dernier cas, on obtient comme résidu la magnésie à l’état d’acétate ou d’hydrocarbonate.
Souvent aussi les eaux de fleurs d’oranger factices sont préparées avec de l’eau ordinaire, au lieu d'eau pure ; elles précipitent alors par le nitrate d’argent, le chlorure de baryum, l’oxalate d’ammoniaque. (Voir Eau distillée.)
Quelquefois on ajoute à cet hydrolat une certaine quantité (['alcool, soit pour lui donner plus de force, soit pour assurer sa conservation; cette addition le rend aigre et le dénature.
EAU DE JA'VELLE. — V. Hypochlorite de potasse.
EAU DE LAURIER-CERISE. — L’ eau ou hydrolat de laurier-cerise qu'’on fait entrer dans quelques préparations pharmaceutiques, est un mélange en proportions variables d’huile essentielle et d’acide cyanhydrique (1). Elle a l’odeur caractéristique de ces deux substances. L’azotate d’argent dissous y fait naître un précipité de cyanure d’argent soluble dans l’ammoniaque et dans l’acide azotique bouillant. Le sulfate ferroso -ferrique y forme, après addition de quelques gouttes d’alcali, une coloration bleue ou un précipité de bleu de Prusse. L’eau de laurier-cerise a encore pour caractère de devenir lactescente par la production d’une certaine quantité d’hydrobenzamide, quand on lui ajoute un cinquième de son volume d’ammoniaque caustique.
Comme les proportions d’acide cyanhydrique qui s’y trouvent peuvent varier de 50 à 100 milligrammes par 100 grammes d’eau, d’après l’état des feuilles employées à cette préparation, le Codex de 1806 a fixé à 0«’',50 par litre la proportion d’acide cyanhydrique réel qu’elle doit contenir pour avoir un médicainent de force constante. 11 est donc nécessaire de la titrer d’après le procédé Buignet pour l’amener à cet itat de dilution (2).
On a dit que son titre s’abaissait avec le temps; mais d’après les nouvelles recherches de divers expérimentateurs, il n’en serait rien.
Altération». — L’eau de laurier-cerise préparée dans des vases dislillatoires altérés et rhabillés de soudures peut renfermer, ainsi que l’a reconnu M. Stanislas Martin, àn plomb à l’état de cyanure. On reconnaît la présence de ce sel par le sulfate de soude et l’iodure de potassium.
Dans le commerce, on livre assez souvent de Veau d'amandes amères comme eau de laurier-cerise. Cette substitution se reconnaîtrait, d’après M. Wetteman, au moyen de l’ammoniaque instillée par gouttes : il se formerait, en peu de temps, dans l’eau d’amandes amères, un précipité blanchâtre ; dans l’eau de laurier-cerise, le précipité ne se produit qu’après un temps assez long. Ce procédé n’est pas e.xact; il réussit dans quelques cas, mais avec la plupart des eaux de laurier-cerise, on obtient des réactions qui ne peuvent servir à les distinguer des eaux d’amandes amères.
M. Giovanni Righini, d’Oleggio, préfère, comme réactif, la solution de sulfotar-
(0 Suivant M. FraUse, la richesse de l'eau eu huile essentielle est corrélative à son abondance en acide cyanhydrique.
(2) Voir pour la description de ce procédé à \' Acide cyanhydrique. Pour éviter l’opalescence que l’ammoniaque produit dans ce liquide, on lui ajoute préalablement 5 p. 100 d’alcool à 90°. On opère ensuite sur 50" en y ajoutant 5'° d’ammoniaque, puis on continue l’opération à l’aide de sulfate de cuivre titré, comme cela a été dit l'article Acide cyanhydrique.