EAUX MINÉRALES NATURELLES
trate de quinine, qui blanchit immédiatement et fortement l’bydrolat concentré de laurier-cerise, tandis que, dans l’hydrolat concentré d’amandes amères, il se précipite seulement quelques globules blancs, et le liquide recouvre aussitôt sa limpidité première; aucune réaction ne se manifeste dans l’hydrolat non concentré d’amandes amères.
M. le docteur AscAo/T, de Bielfeld, a observé que 30 gouttes d’bydrolat de laurier-cerise forment avec 0®^0D de sulfate de quinine une masse solide, tandis qu’il ne se forme rien avec l’hydrolat d’amandes amères concentré. Le même effet a lieu lorsqu’on opère de la même manière avec les huiles volatiles de ces deux substances.
Mais il paraîtrait, d’après les expériences ultérieures de M. Lepage [àe, Gisors) que l’ammoniaque (1), le sulfotartrate et le sulfate de quinine ne peuvent servir à différencier les eaux distillées de laurier-cerise et d’amandes amères (2). D’après ce savant praticien, le meilleur réactif à employer serait le chlorure d’or, qui communique à ces eaux distillées une légère teinte jaune que l’hydrolat d’amandes amères perd seul, après sept à huit heures de contact, pour redevenir incolore et transparent.
M. Lepage a aussi reconnu que la présence de l’huile essentielle peut être décelée par l’ammoniure de cuivre, par le ferrocyanure de potassium ammoniacal associé au sulfate de cuivre, par le bichlorure de mercure associé à l’iodure de potassium.
EAUX MINÉRALES NATURELLES. — On applique ce nom à toutes les eaux naturelles, froides ou chaudes, qui jouissent de propriétés médicamenteuses. Le plus souvent, elles renferment au milieu de plusieurs composés salins, un composé ‘chimique en proportion assez abondante pour caractériser leur composition. Mais il arrive aussi que les substances diverses qu’elles contiennent y sont en proportion très-faible et dans un tel pêle-mêle, qu’il devient alors difficile de classer de telles eaux. Aussi les moyens de classification varient-ils avec les auteurs et suivant les points de vue auxquels ils se placent : de là des classifications ou géologiques, ou chimiques, ou médicales.
La classification chimique la plus suivie consiste à les partager en sept groupes. Ce sont :
1“ Les Eaux acidulés, caractérisées par leur température peu élevée et par la présence d’une plus ou moins grande abondance d’acide carbonique qui s’y trouve simplement dissous. Elles font effervescence au contact de l’air et s’affaiblissent peu à peu en perdant leur gaz [E . de Seltz, Souliztnatt, Saint-Galmie7\ etc.);
2® Les Eaux alcalines ou acidulés alcalines. Elles sont froides ou thermales, à base de bicarbonates alcalins ou terreux (soude, chaux, magnésie) avec excès d’acide carbonique qu’elles abandonnent en partie sous la pression ordinaire {E. de Maixols, Vais, Vichy, Saint-Nectaù'e, Enis, etc.);
3® Les Eaux chloi'urées, qui tiennent en dissolution des chlorures de sodium, de
(1) En 1842, M. Weber avait reconnu que l’ammoniaque agissait sur l’eau de laurier-cerise, à l'exclusion de celle d’amandes amères.
(2) M. Lepage attribue la différence des résultats obtenus avec ces réactifs à ce qu’on a opéré sur des eaux anciennes et mal conservées, ou' à, ce qu’on s’est servi d’eaux préparées par des procédés différents.