EAU OXYGÉNÉE
3“ En vendant, comme eau naturelle, une effu artificielle composée et préparée dans un laboratoire ;
4“ En allongeant ou coupant une eau naturelle de deux à trois fois son volume A' eau ordinaire. L’eau minérale ainsi baptisée est vendue au consommateur comme de l’eau ayant la même valeur et les mêmes vertus. Cette fraude cessera à mesure que les administrations ne laisseront plus puiser à leurs sour- • ces que leurs fontainiers, et donneront un certificat de puisement ou adopteront une capsule spéciale pour recouvrir les bouteilles.
Pour éviter toutes ces sophistications, voici les principaux moyens mis en pratique par quelques administrations :
1® On ne doit jamais laisser emplir que des bouteilles d’un litre ou d’un plus petit volume, et délivrer un certificat de puisement et des capsules au timbre de l’administration, avec le millésime de l’année.
2® Chaque bouteille destinée à l’exportation est recouverte d’une bande de papier collée sur le bouchon et sur chaque côté du col de la bouteille, avec les mêmes indications que l’on retrouve sur la capsule. Il est utile que chaque bouteille porte une étiquette timbrée à sec, avec la manière dont on doit employer l’eau. De plus, les eaux minérales ne sont vendues que par les pharmaciens, qui seuls doivent tenir les dépôts ; alors on est sûr de l’origine de ces liquides.
EAU OXYGÉNÉE I HO^ ou — L’eau oxygénée ou bioxyde d'hydro-
yène est un liquide incolore, sans odeur, à saveur métallique et piquante. La chaleur le décompose en en dégageant du gaz oxygène dont le volume sera d’autant plus considérable que l’eau oxygénée est plus. concentrée. Au contact du bioxyde de manganèse pulvérulent, elle se décompose aussi en eau ordinaire et en oxygène qui devient libre. Un grand nombre de substances déterminent également sa décomposition ; les acides lui donnent au contraire de la stabilité.
Un mélange d’iodure de potassium et d’amidon dissous auquel on ajoute de l’eau oxygénée prend la couleur bleue de l’iodure d’amidon. Une goutte de sulfate de protoxyde de fer rend la réaction sensible à 1/10000000. De l’eau oxygénée, agitée avec une solution d’acide ebrômique au 100® et de l’éther, communique à celui-ci une belle teinte bleue.
Usagées. — Elle est très-employée aujourd’hui à la décoloration des cheveux sur la tête même des personnes qui désirent donner à leur chevelure une teinte fauve et dorée. On s’en sert aussi pour le blanchiment des plumes.
Altérations. — L’eau Oxygénée peut retenir, lorsqu’elle a été préparée avec peu de soins, soit un sel de baryte, soit de l’acide sulfurique, ou chlorhydrique (1), ou fluosilicique. Dans le premier cas, elle se trouble par l’addition d’un sulfate soluble. Dans le second, elle rougit la teinture de tournesol et donne un précipité : avec les sels de baryte pour l’acide sulfurique ; avec l’azotate d’argent pour l’acide chlorhydrique ; avec la potasse pour l’acide hydrofluosilicique. Lorsque ce dernier acide est en petite quantité, il est bon de concentrer la liqueur par évaporation pour rendre la réaction plus sensible. Une eau oxygénée exempte d’impuretés ne doit pas laisser de résidu fixe à l’évaporation.
Titrag'e. — L’eau Oxygénée pure a une densité de 1,432 ; elle dégage alors
(1) L’eau oxygénée du commerce contient toujours un peu d’acide chlorhydrique qu’on lui ajoute ■exprès pour la rendre plus stable. ’