‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 152 sur 470 · EAUX MINÉRALES NATURELLES · texte numérisé non relu

EAUX MINÉRALES NATURELLES

potassium, de calcium, de magnésium en quantités plus ou moins notables. Elles sont froides ou chaudes et rarement effervescentes (^. de Balaruc, Bourbon-V Archambault, Kreuznach, Nauheim , Niederbronn, etc., et VEau de mer, qui en est le type par excellence) ;

4® Les Eaux brômurées, et iodurées renfermant plus ou moins de brômures et d’iodures alcalins, à côté de chlorures qui y existent constamment {E. de C belles ^ Kreuznach , Nauheim, Salins, Saxon, et Veau de la mer Morte) ;

5° Les Eaux sulfatées, plus ou moins saturées de sulfates à base de soude, de chaux, de magnésie, quelquefois d’alumine, de fer, de cuivre, etc. {E. de Ca7'lsbad, Pullna, Sedlitz, Passy, etc.) ;

6“ Les Eaux sulfui'euses dont l’élément minéi'alisateur est le soufre à l’état de sulfure de sodium ou de sulfure de calcium. Elles sont froides ou thermales, à odeur hépatique caractéristique, et susceptibles d’une prompte altération au contact de l’air {E. de Barèges, Cauterets, Eaux-Bonnes, Enghien, etc.) ;

l^'Le.sEaux fey'rugmeuses caractérisées suffisamment par leur saveur atramentaire et par le dépôt ocreux qu’elles abandonnent lorsqu’elles sont à l’air libre. Froides en général, le fer s’y trouve à l’état de protoxyde uni aux acides carbonique, sulfurique, crénique, etc... Elles sont presque toutes manganésiferes et en même temps ai'senicales {E. de Bussang, Cransac, Orezza, Passy, Spa, etc.).

Altérations. — La Composition de toutes ces eaux est presque toujours des plus complexes. Formées au sein de la terre dans des conditions qu’il est souvent très difficile d’apprécier, il en est un grand nombre qui s’altèrent, soit par un abaissement de température ou de pression, soit par le contact de l’oxygène ou del’acide carbonique de l’air, soit par les matières organiques qu’elles rencontrent : les eaux acidulés, les eaux bicarbonatées calcaires, les eaux sulfureuses et ferrugineuses sont celles qui ont le plus à redouter toutes ces influences. Au contraire les eaux purement salines sulfatées, ou chlorurées, sont de bonne conservation. Quelquefois, cependant, les premières prennent l’odeur et la saveur des œufs pourris par la réduction lente que leurs sulfates éprouvent au contact de matières organiques étrangères : les soins apportés à l’embouteillage de ces eaux peuvent s’opposer à de semblables altérations.

Falsifications. — La fraude s’exerce sur les eaux minérales par l’un des quatre moyens suivants :

1“ Par l'imitation de la capsule : c’est ainsi qu’à Paris, un industriel, le sieur Dominique G..., fut condamné par le tribunal correctionnel à un an de prison et 50 francs d’amende pour avoir vendu de l’eau d’Enghien sous le cachet de teau de Bonnes;

2° Par une substitution; on a vendu des eaux, dites de Pullna, dans des bouteilles portant bien l’étiquette et le bouchon plombé et estampillé des véritables bouteilles à.' eau de Pullna; cependant elles ne contenaient pas une seule goutte de cette boisson médicinale (1) ;

(1,) Le sieur B..., traduit pour une semblable venté, en 1847, devant le tribunal de police correctionnelle, fut condamné, par défaut, à un mois de prison et 50 fr. d’amende. Une maison de droguerie vendit de même des eaux dites de Sedlitz dans des cruchons d’eau de Sedlitz qu’elle avait achetés vides et qu’elle avait remplis d’une solution de sulfate de magnésie. On avait eu la précaution de recouvrir le cruchon d’une feuille de papier, et d'y apposer un cachet avec deux initiales, au lieu du nom de Sedlitz et de la croix de Malte que l’on retrouve sur le cachet des eaux de Sedlitz véritables [A. Ch.).

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