HUILE DE COLZA
macie, se prépare avec l’huile d’olive elles feuilles fraîches de belladone. On lui substitue quelquefois Yhuile d'olive ou d'œillette simplement colorée avec de la poudre de curcuma.
L’ammoniaque donne à l’huile de belladone véritable un aspect blanc verdâtre opaque, tandis qu’elle communique à l’huile fraudée une teinte brune, qui décèle la présence du curcuma. Agitée avec une solution étendue d’acide tartrique, le liquide aqueux qu’on en sépare ensuite doit se troubler au contact du réactif de Valser (iodure double de mercure et de potassium) en raison de Tatropine que la solution tartrique enlève à l’huile [Lepage, de Gisors).
HUILE DE CHÈNEVIS. — Cette huile s’extrait du chènevis, ou graine du chanvre ordinaire [Cannabis sativa). Récente, elle est jaune verdâtre, mais avec le temps, elle devient jaune ; son odeur est désagréable, sa saveur fade ; elle s’épaissit à 15“ et se congèle à — 27®, 5 ; elle est siccative, et presque insoluble dans l’alcool.
Usagées. — L’huile de chènevis s’emploie dans la peinture, et surtout pour la fabrication du savon vert, des vernis ; on s’en sert peu dans l’éclairage, parce qu’elle forme vernis sur le bord des lampes.
Falsifications. — L'huile de chènevis est fraudée avec Yhuile de lin, qui) est presque toujours à un prix moins élevé. On a vendu des huiles de chènevis contenant 80 p. 100 d’huile de lin ; la couleur verte du chènevis était donnée par le mélange des tourteaux, ou par Y indigo.
Cette sophistication se décèle par l’acide sulfurique, l’ammoniaque, l’oléomètre de Lefebvre. (Voy. art. Huiles.)
HUILE DE CIGUË". — L’huile de ciguë se prépare avec l’huile d’olive et la ciguë contusée. On la fraude quelquefois par Yhuile d’olive ou d'œillette, colorée avec une poudre composée de curcuma et d'indigo.
Cette fausse huile de ciguë, agitée vivement avec l’ammoniaque, affecte une teinte brunâtre, par suite de l’action exercée sur le curcuma, tandis que l’huile véritable prend un aspect blanc opaque. On doit l’essayer également par l’acide tartrique et le réactif de Valser, comme pour l’huile de belladone.
HUILE DE COLZA. — L’huile de colza s’extrait du Brassica campestris ; elle est d’une couleur jaune pâle et se congèle à — 6®.
L’huile de colza se reconnaît à son odeur, à sa saveur, à sa figure de cohésion, à sa densité; par les divers procédés chimiques de Doudet, Heydenreich, Fauré, Calvert, Chateau, Massie, par les procédés Cailletet (Voy. chacun des tableaux précédents), et comme huile de Crucifères par les procédés Mailho et Schneider. Elle s’obtient principalement dans le nord delà France.
Usagées. — L’huile de colza, la plus estimée des huiles à brûler, sert à Téclairage, à la fabrication des savons verts, dans le foulage des étoffes de laine et la préparation des cuirs.
Falsifications. — On introduit Souvent dans l’huile de colza des huiles d'œillette, de cameline, de lin, de ravison, de suif ou acide oléique, de poisson, et particulièrement de Yhuile de baleine (1).
(I) L’huile de colza falsifiée charbonne la mèche des lampes et produit une quantité moindre de Chevallier et Baudrimont, 5* édit. 36