HUILE DE COLZA
Ces différents mélanges se reconnaissent à Caide des colorations diverses produites par l’acide sulfurique concentré ; au moyen de l’ammoniaque, du chlore, de l'acide hyponitrique préparé ; au moyen de l'oléomètre de Lefebvre. (Voy. art. Huiles.)
Si, par exemple, l’huile de colza a été additionnée de 1/4 d.'huile de lin, comme il y a 20 millièmes de différence entre la densité de ces deux huiles, l'oléomètre plongé dans ce mélange s’arrête à 9,200 ; s'il n’y a que 1 /lO d'huile de lin, l’oléomètre indique 9,170, et ainsi de suite.
On y reconnaîtra les huiles de poisson, par l'odeur, la saveur, au moyen de l'oléomètre Laurot ; au moyen du chlore {Fauré) qui fera brunir et noircir l’huile.
On y trouvera V huile d'œillette, au moyen de l’acide azotique D = 1,22 [Calvert) et par l’oléomètre Laurot.
Lorsque l’huile de colza a été falsifiée avec de l’huile de baleine, Magonty conseille d'adopter le procédé suivant : On compte ICO gouttes de l’huile à examiner dans un tube à essais, et on y ajoute une goutte d'acide sulfurique concentré en prenant le soin d'agiter aussitôt, pour avoir un mélange intime : le liquide deviendra d'un rouge d’autant plus foncé, qu’il contiendra une quantité d'huile de baleine plus considérable, et l’on pourra juger par la nuance obtenue du degré de fraude qu'on aura à constater.
Lefebvre a remarqué, en outre, que Yhuile de baleine, mélangée aux huiles de colza, même aux colzas épurés, se dépose en huit jours. Ainsi, lorsqu’un épicier met un baril au détail et y place un robinet, en supposant que le baril soit un mois à être débité, il aura vendu dans la première quinzaine toute l'huile de baleine, moins celle placée au-dessus du robinet, et, dans la seconde quinzaine, l’huile de colza à peu près pure.
3 p. d’acide hyponitrique préparé, mêlées par agitation avec tOO p. d’huile de colza pure, la solidifient en 5 heures 43 minutes; la présence de 1/20 dihuile de carneline retarde cette solidification de 39 minutes ; celle de 1/10, de 2 heures 27 minutes; celle de 1/3, de 3 heures 32 minutes; celle de moitié d’huile de carneline, de 3 heures 47 minutes {Fauré).
Oléomètre Laurot. — Dans le but de reconnaître si une huile de colza est pure ou additionnée d’autres huiles, M. LMurot a imaginé un instrument appelé oléomètre, et qui est fondé sur cette observation : que les huiles, à -f 100”, n’ont pas la même densité et présentent entre elles des différences très-appréciables.
L’oléomètre de M. Laurot se compose d’une burette de fer-blanc, faisant fonction de bain-marie. On y place un cylindre creux, en fer-blanc, dans lequel on introduit l’huile à essayer ; on chauffe l’appareil, et quand l’eau du bain-marie est entrée en ébullition et que l’huile a pris la température de-f 100“ (ce qu’indique un thermomètre qu’on a soin d’y plonger), on y immerge un petit aréomètre, à lige extrêmement fine, et permettant d’apprécier les plus légères différences dans le poids spécifique de l’huile. Le zéro sur cette tige est le point auquel il s’enfonce dans l’huile de colza pure, portée à 1Û0“. Il y a 200 p. égales au-dessous de zéro, et 20 à 23 au-dessus :
lumière, que l'on attribue souvent à tort au mauvais état des lampes, tandis qu’elle n’est due qu’à la qualité inférieure de l’huile.
HUILE DE CROTOX.
Dans l’huile de lin, à 100°, l'oléomètre de M. Laurot s'arràtc b. 210"
— d’œillette, — — 124
— de poisson, — — 83
— de chônevis, — — 136
Dès que l’on ajoute dans l’huile de colza une huile étrangère plus dense^ l’ascension de l’instrument signale la fraude.
M. Laurot a dressé une table qui indique les degrés que doit marquer son oléomètre, quand l’huile de colza contient 5, 10, 15, 20 p. 100, etc., d’huile de poisson ou d'une autre huile.
Il faut remarquer seulement que Yhtdle de suif, ou acide oléique du commerce (1), est plus légère que l’huile de colza, et que la tige de l’oléomètre s'y arrête à 25“ au-dessus de zéro; or, cette huile peut permettre l'introduction dans l'huile de colza d’une certaine quantité d’huiles communes plus denses, et la fabrication d’un mélange dans lequel l’oléomètre marquait 0“ ; l’instrument, dans ce cas seul, est en défaut. Mais l’acide oléique dans une huile se reconnaît toujours facilement à l’odeur repoussante qu’il lui communique, et par la propriété exclusive qu’il possède, relativement aux autres huiles, de rougir le papier bleu de tournesol humide. De plus, l'huile mélangée d’acide oléique, mêlée avec de l’alcool à 36“ Baumé, le cède presque entièrement à ce dernier, et, par l’évaporation de l’alcool, l’acide oléique apparaît avec tous ses caractères distinctifs. La seule précaution à prendre, avant de se servir de l’oléomètre à chaud de M. Laurot, est donc de s’assurer que l’huile soumise à l’essai ne renferme pas d’huile de suif.
D’après M. Van Kirckhoff, l’emploi d’une solution de permanganate de potasse (au millième) peut servir à différencier les huiles de colza, de navette, de lin, de cameline, de Lombay, qui peuvent être mélangées entre elles. 15'“ de cette liqueur violette seraient décolorés par :
3", 21 Huile de colza D = 0,9143
1 — de lin D = 0,9.337
1 ,01 — do cameline .... . D = 0,9234
1 ,90 — de bombay D = 0,9162
3 ,21 — do navette D =0,9192
Il faut observer de plus que les huiles de lin et de cameline, qui ne sont pas solidifiables par l’acide hypoazotique, retarderaient le moment de la solidification des huiles de colza, de navette et de bombay, sur lesquelles agit cet acide {Chatin).
HUILE DE CROTON. — Cette huile s’extrait des graines du Croton tiglium (Euphorbiacées). Elle est jaunâtre avec des reflets bleuâtres. Elle possède une odeur désagréable, une saveur âcre et des plus caustiques, qui prend à la gorge. Elle est soluble dans l’éther et dans l’alcool à 40“ Baumé. Placée sur la peau, elle détermine une éruption vésiculeuse qui laisse suinter un liquide jaunâtre. Elle est dangereuse à manier.
Falsifications. — Elle a été falsifiée par des huiles fixes que l’alcool ne saurait dissoudre. On l’a additionnée d'huile de ricin ou huile de pignons d'Inde ■
(I) Résidu de la fabrication des bougies stéariques.
HUILE DE FOIE DE MORUE
mais cette dernière ne se dissout que dans 24 parties d’alcool absolu. Quant à l’buile de ricin, soluble dans l’alcool, sa figure de cohésion en fera reconnaître la présence.
On a contrefait l’huile de croton par un mélange d’huile de ricin et d'euphorbe : en dissolvant le tout dans l’alcool, on obtient un liquide qui blanchit par l’eau.
HUILE DE FOIE DE MORUE. — Cette huile se retire du foie de la morue {Gadus morrhm), ainsi que de ceu.x du Ga6?«s callarias, du Gadusæglefmus, du Merlucius vulgaris, du Merlangus viilgaris, etc., etc.
Dans le commerce, on distingue l’huile de foie de morue en huile d'Islande, de Norwége, de Terre-Neuve, de Dunkerque, d’après la provenance. On prépare également dans les Indes anglaises des huiles de foie de poisson, qu’on destine à 1 usage médical. C’est au même titre qu’on emploie les huiles de foie de raie, de squale, etc. Suivant leur couleur, les huiles de foie de morue sont dites blanche, ambrée, blonde et brune. Ces teintes résultent bien certainement de leur genre de préparation.
Toutes ces huiles ont une faible action sur le tournesol, sont solubles dans l’alcool, solubles en toutes proportions dans l’éther. Leur densité varie de 0,923 à 0,930.
L’huile importée en France par le grand commerce vient principalement des pêcheries françaises établies à l’île de Terre-Neuve.
D’après M. de Jongh, l’analyse chimique de ces diverses espèces d’huiles lui a donné : gaduine, oléin\ margarine, bulyrine, acétine? acides et matières colorantes de la bile ; acides sulfurique, phosyhorique ; chaux, magnésie, soude; iode, brôme, chlore, phosphore. Gobley y a trouvé, en outre, des quantités très-appréciables de soufre.
L’iode, dont la présence fut d’abord constatée par M. Hopfer de l'Orme, puis par un grand nombre de chimistes, peut s'obtenir sous forme d’iodure de potassium, d’après le ijrocédé de MM. Girardin et Preisser, en saponifiant l’huile avec la potasse caustique à 23°, et évaporant à siccité; la masse est calcinée, puis on en retire l’iodure au moyen de l’alcool à 0,96 bouillant.
L’iode n’est pas contenu en mêmes proportions dans tous les échantillons d huile de foie de morue, comme semblent le prouver les résultats obtenus par les différents chimistes qui se sont occupés de cette analyse. Les chiffres suivants représentent la composition chimique des diverses sortes d’huiles de foie de morue :
DB POIB DB MOnCB.
BLAXCIIE.
AMOBÉE.