LYCOPODE
10 grammes du lycopode suspect, de manière à en former un nouet que l’on fait bouillir, pendant dix minutes, avec de l’eau distillée, dans une capsule de porcelaine ; on le malaxe à plusieurs reprises sous l’eau bouillante. Le liquide filtré se colore, par la teinture d’iode, en bleu ou bleu noirâtre, selon la quantité de fécule qui s’y trouve : rien de pareil ne se manifeste avec le lycopode pur {Legrip). L’examen d’nn pareil mélange au microscope, à l’aide d’un peu d’eau iodée, permettrait d’y découvrir facilement la fécule.
La fraude du lycopode par la dextrine ou le léiocome est facilement reconnue à l’aide de l’eau qui dissout ces substances à froid, en donnant une liqueur qui se colore en violet par la teinture d’iode, et qui se trouble par l’addition d’alcopl à 90“.
La poudre ou sciure de bois est décelée par un tamisage au tamis de soie le plus fin ; le lycopode passe en raison de son extrême ténuité, et le bois reste sur le tamis ; tel est le moyen indiqué par M. Mouchon, de Lyon, qui a, le premier, mentionné ce mélange frauduleux.
M. J. Ruspini, de Bergame, a proposé un autre procédé pour découvrir cette falsification : on applique la poudre suspecte sur le côté plat d’un microscope à lentille continue, tel que le microscope de Slanhope (1) ou celui de M. Gaudin (2) ; on voit que chaque molécule de la poudre est opaque et d’une forme parfaitement ronde; on fait tomber ensuite sur cette poudre, avec la pointe d’une épingle, une goutte d’acide sulfurique ; les petits granules de lycopode, qui se
trouvent peu à peu en contact avec l’acide, se rompent en éclatant, il en sort une humeur visqueuse; le tégument qui reste conserve encore sa forme sphérique et devient transparent.
Par contre, aucun des grains de la poudre de bois, vu au microscope, n’a la forme sphérique et n’est rendu transparent par l’action de l’acide sulfurique.
La falsification du lycopode par la fleur de soufre, signalée d’abord par Rappeler, puis par Caventou, est aujourd'hui trèsrare (3) : elle se reconnaî-
Fi;;. 141- — Pollen du Typha latifolia (UO diamèties). trait à 1 Odeur d acidC SUlfureUX
exhalée par le lycopode projeté sur des charbons incandescents. Ce dernier, en outre, traité par une les-
(1) Ce microscope consiste en une seule lentille cylindrique, qui a une amplification de 80 diamètres ou G400 fois en surface.
(2) C’est une petite lentille en cristal de roche fondu ou en crown-glass, ayant un grossissement variable depuis 50 jusqu’à 400 diamètres (2600 jusqu’à ICOOOO fois en surface).
(3) Nous avons examiné un échantillon de lycopode qui contenait 30 p. lOO de fleur de soufre; sa couleur était d’un jaune plus intense que celle du lycopode non falsifié. Cette fraude peut produire des effets irritants, lorsqu’on applique le lycopode sur la peau, à cause de \ acide sulfurique qua retient presque toujours la fleur de soufre du commerce (A. Ch.),