LYCOPODE
LYCOPODE. — Le lycopode est une poudre jaunâtre, impalpable, fournie par le Lycopodium clavatum, plante cryptogame de la famille des Lycopodiacées. Il est insipide, inodore, très-léger, inaltérable à l’air sec ou humide ; il prend feu avec la rapidité de la poudre, lorsqu’on le projette à travers une flamme. Jeté dans l’eau froide, il n’est pas mouillé par elle, et remonte immédiatement à la surface de ce liquide ; dans l’eau bouillante, au contraire, les granules du lycopode se laissent pénétrer et tombent bientôt au fond du liquide, tandis que l’eau acquiert une légère teinte jaunâtre et une saveur fade.
Le lycopode est formé d’une matière organisée particulière azotée {lycopodîne ou pollénme), qui est comme imprégnée d’une petite quantité de substance oléo-réstneuse (Ducom), d’où on a pu extraire de la cire et du sua'e.
Au microscope, il présente des granules isolés ou réunis trois par trois, hérissés de nombreuses papilles (fig. HO). Cette forme le caractérise essentiellement.
Il nous vient principalement de la Suisse et de l’Allemagne.
Usagées. — Le lycopode est employé en pharmacie pour rouler les pilules; on s’en sert pour prévenir les excoriations qui se forment sur les diverses parties du corps des enfants ou des personnes chargées d’embonpoint. On l'emploie aussi dans la pyrotechnie.
Falsifications. — Le lycopode est souvent altéré par le talc, le sable fin, la craie, \& sulfate de chaux, le sulfate de baryte; par la fécide et par la dextrine; par la sciure de bois; la fleur de soufre; le chrômate de plomb ;\es, poudres de bryone et de buis; les pollens des conifères, du noyer, du typha lati folia, etc. (1).
La falsification parle<a/c(2) se reconnaît en triturant une partiedelapoudresuspecteavec de l’eau froide ; le lycopode surnage et le talc gagne le fond ; il peut être recueilli par décantation, lavé, séché et pesé. Le même moyen est employé pour déceler la présence du sable, de la craie, des sulfates de chaux et de baryte, qui forment quelquefois le cinquième en poids de certains lycopodes d’Allemagne [Janssen, de Tongres). 11 en sera de même de \& poudi'e de bryone et du chrômate de plomb. On a recours aussi à la calcination pour reconnaître les substances minérales qui restent seules en résidu, après la destruction de la matière organique.
La présence de la fécule, signalée par M. Lebourdais, qui en trouva jusqu’à 30 et 40 p. 100, est rendue sensible en mettant dans un linge blanc (3) 8 ou
(1) On a aussi falsifié le lycopode avec la chaux; mais les fraudeurs ont renoncé à l’emploi de cette substance, qui en altère la couleu''.
(2) Ce mélange se fait ordinairement dans la proportion de G à 10 p. 100; on a trouvé des lycopodes qui renfermaient jusqu’à 25 p. 100 de talc.
(3) Il faut s’assurer, par une épreuve préalable, que ce linge est exempt d’amidon.
Fig. 140. — Pollen de lycopode vu au microscope. (Grossisse, meut de 140 diamètres.)