‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 287 sur 470 · MODULE · texte numérisé non relu

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OU droit.

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POIDS

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Les pièces de billon d'Allemagne, do Belgique et des États-Unis sont constituées par un alliage de 75 parties de cuivre et 25 parties de nickel.

(1) Depuis quelque temps on remplace une partie du cuivre par du zinc (Cu = 93 ; Zn = 72 ; Ag = 835). L'alliage qui en résulte est plus blanc et plus malléable {Péligot).

(2) En dehors des monnaies d’or et d’argent dont le titre a été donné plus haut, la bijouterie fait usage d’alliages des mêmes métaux, mais à des titres différents Les alliages d'or pour la hijoulerie sont au nombre de trois : 1“ l’alliage à 920 millièmes d’or fin ; 2“ l’alliage à 840 millièmes; 3" l’alliage à 750 millièmes, avec une tolérance de ± 3 millièmes pour chacun d’eux. Il en est de même pour l’alliage destiné Ji être frappé en médailles, qui est à 916 millièmes. On connaît aussi un alliage de 30 p. d’argent contre 70 p. d’or, que l’on nomme Or vert.

Les alliages d’argent xxsXtés en orfèvrerie sont de deux sortes : 1” l’alliage pour vaissell et argenterie ; il est à 950 millièmes, avec une tolérance de ± 5/1000 ; 2“ l’alliage pour bijoux communs; il est à 800 millièmes avec la même tolérance. L’alliage pour médailles est à 950 millièmes.

(3) Le poids et le diamètre des pièces d’argent ayant été établis en nombres ronds, elles peuvent servir de poids et de mesures de longueur usuels. Ainsi 40 pièces de 5 fr. font le kilogramme ; 20 pièces de l fr. et 20 pièces de 2 fr. donnent exactement le mètre, si les lettres de la légende sur tranche sont gravées en creux. Cette mesure est moins exacte avec les pièces de 2 fr. et do 1 fr. frappées depuis 1810, et qui sont cannelées sur tranche.

(4) La proportion entre l’or et l’argent ou le rapport de la valeur de 1 kilogramme de monnaie

MONNAIES

La pesanteur spécifique des monnaies, celle de l’eau étant 1, varie, pour les pièces d’or, de 17,222 à 17,595; et, pour les pièces d’argent, de 10,257 à 10,306.

La vérification] de ces données, jointe aux caractères physiques (couleur, odeur, son, toucher, dureté), doit faire l’ohjet des premières recherches du chimiste chargé d’examiner si des monnaies sont vraies ou fausses.

Fausses monnaies d’or. — Les fausses monnaies d’or peuvent être partagéesen deux groupes : 1“ celles qui contiennent moins d'or et plus d'alliage que la loi ne le permet ; 2° celles qui se composent presque entièrement d'un métal étranger, sur • lequel on a appliqué une feuille d'or (1).

L’examen des fausses monnaies de la première espèce se réduit à la détermination de leur titre, en procédant successivement à \ inquartation , à la coupellation et au départ; ces diverses opérations exigent, de la part de l’opérateur, des connaissances pratiques spéciales qui constituent Y art de l'essayeur (voir plus loin).

Les fausses monnaies de la deuxième espèce sont principalement les pièces d'or fourrées (2) d’argent ou de platine. Il résulte de la différence de prix de ces trois métaux (3), que les faussaires trouvent de l’avantage à fabriquer des pièces d’argent ou de platine dorées. Tantôt, les pièces sont doublées, c’est-à-dire que les deux faces (effigie et revers) et le cordon d’une bonne pièce d’or sont sciés et reportés à l’aide de soudures sur un flan (disque de même diamètre et de même épaisseur) de platine (4) ou d’un alliage composé de fer, d’argent et de platine, d’une pesanteur à peu près équivalente au poids légal de la pièce.

d’or à celle de I kilogramme de monnaie d argent, qui est dans notre système monnétaire de 15,5 à 1 , n’a pas permis de donner aux pièces d’or un poids en nombre ronds ; mais 1 55 pièces de 20 fr. équivalent à 1 kilogramme.

(1) Il est des monnaies d’or, au titre légal, mais qui ont perdu de leur poids par fraude plutôt que par usure. En ls46, à Berlin, un avis émané de la direction de la monnaie annonça qu’en faisant procéder à la fonte de vingt mille pièces d’or étrangères (principalement françaises et anglaises), on avait trouvé un déficit notable dans leur poids. On constata que ces monnaies avaient été plongées dans une dissolution qui les rongeait très-lentement, de manière à détacher de toutes les parties de leur surface une égale quantité de matière. Les individus qui avaient pratiqué cette opération ne retiraient les pièces de la dissolution que lorsqu’il s’en était détaché de 10 à 15 p. 100 d’or environ ; après quoi ils remettaient en circulation ces monnaies, qui ne présentaient à l’œil aucune altération.

En 1857, on a constaté à Laon, à la recette générale, que des pièces d’or de 20 fr. avaient été diminuées de poids à l’aide d’un agent chimique qui leur avait enlevé à chacune 0®'’,50, soit une valeur de 1 fr. 50. On peut reconnaître ces fausses pièces à leur aspect un peu rugueux au toucher.

(2) C’est-à-dire, qu’à l’aide d’instruments spéciaux on retire une portion intérieure du métal précieux que l’on remplace par un métal étranger (quelquefois \e plomb).

A Lyon, à Lons-le-Saulnier, en I85G, on a signalé l’apparition de pièces d’or évidées. Pour les reconnaître, il faut examiner attentivement tout le pourtour de la pièce où est gravé l’exergue ; on remarque alors que l’une des faces qui a d’abord été enlevée en une feuille très-mince, afin d’extraire l’or à l’intérieur, et qui a été ensuite rajustée avec beaucoup d’adresse, n’est cependant pas parfaitement adhérente à la pièce dans toutes ses parties, de telle façon qu’avec la lame -d’un couteau que l’on introduit dans ces intervalles, il est facile de soulever la feuille d’or et de reconpaître la fraude.

La même année, une pièce d’or de 40 fr. présentée chez un des principaux changeurs de Marseille n’avait en or que les deux faces, excessivement minces, et le cordon, qui avaient été adroitement sciés sur une autre pièce de bon aloi et soudés sur un métal de nulle valeur.

(3) Le gramme d’or fin vaut 3 fr. 44 ; le gramme d’argent fin, 0 fr. 22, et le gramme de platiiK’ pur, 1 fr.; sauf les variations du cours.

(4) Ce procédé fut employé autrefois à Birmingham pour faire de fausses pièces de 40 fr.

MONNAIES. 705

Tantôt c’est un flan de platine préalablement recouvert d’une feuille d’or, puis soumis à l’action du balancier.

L’examen de la coupe de la pièce réputée fausse est le premier moyen à employer pour reconnaître la fraude : on s'aperçoit bientôt que la surface seule est en or, et l’on détermine aisément, par l’acide nitrique ou l’eau régale, si le métal étranger est de l’argent ou du platine. Si, pour diminuer la densité de celui-ci, on l’avait d’abord allié avec un peu d’argent, on reconnaîtrait ce mélange ternaire en traitant, à l’aide d’une douce chaleur, 1/2 gramme de la pièce par 2®',5 d’eau régale (1 p. d’acide nitrique, 3 p. d’acide chlorhydrique et 1 p. d’eau distillée) : l’argent se précipite finalement à l’état de chlorure d’argent. Dans le cas contraire, la dissolution est complète, et, s’il y a du platine, elle est d’un rouge foncé, presque pourpre, au lieu d’être d’un jaune verdâtre. La dissolution, concentrée pour la débarrasser de son excès d’acide, est filtrée pour séparer le chlorure d’argent, puis mélangée avec du sulfate de protoxyde de fer pulvérisé, jusqu’à cessation de trouble ; l’or, très-divisé, se dépose ; on le recueille sur un filtre, on le lave avec de Teau acidulée par l’acide chlorhydrique, puis avec de l’eau chaude, et on le calcine jusqu’au rouge cerise, afin de lui donner la couleur de l’or mat. La dissolution restante est rapprochée par l’évaporation et traitée par une solution concentrée de chlorhydrate d’ammoniaque ; le précipité jaune de chloroplatinate d’ammoniaque est lavé, séché et calciné jusqu’au rouge, pour en retirer l’éponge de platine (.1).

Si des pièces d’argent avaient été dorées, leur apparence pourrait en imposer d’abord; mais leur poids ne laisserait plus aucun doute (2). 11 est d’ailleurs un signe physique qu’il peut être très-utile d’invoquer en pareil cas : l’effigie des pièces d’argent est toujours, pour un même règne, tournée en sens inverse de celle des pièces d’or. Ainsi les pièces d’argent de Napoléon I" et de Louis- Philippe ont la face tournée à droite, celles d’or l’ont à gauche ; les pièces d’argent de Louis XVIII, de Charles X, delà République de 1848 et de Napoléon III, ont la face tournée à gauche, les pièces d’or l’ont à droite.

Fausses monnaies ti’ar^ent. — Les fausses monnaies d’argent peuvent également être distinguées en deux espèces : 1“ celles qui contiennent moins d‘arqent et plus de cuivre; 2® celles qui sont formées de métaux autres que Vargent (3).

Les fausses monnaies de la première espèce sont soumises à des essais par voie sèche (coupellation) ou par voie humide (Voy. plus loin). Celles de la deuxième espèce, qui sont de beaucoup les plus fréquentes et les plus nom-

(1) En opérant de cette manière, Lassaigne, en 1836, a reconnu que de faux doubles louis, au millésime de 1788, qui lui avaient été remis par un changeur du Palais-Roj'al, étaient formés de :

Platine Ils', 200

Or 4 ,050

Argent 0 ,200

Poids de la pièce. . . 15®',450

Le poids de ces faux louis était un peu plus fort que celui du double louis ordinaire, qui est 15*'', 250. Ils paraissaient avoir été fabriqués avec une lame de platine plaquée d’or sur les deux faces, puis frappée. Lassaigne fut porté à croire qtie la petite quantité d'argent contenue dans ces pièces y avait été introduite pour souder l’or au platine.

(2) Voir plus loin les poids spécifiques des métaux nobles.

(3) Comme pour la monnaie d’or, il est aussi des pièces d’argent ne possédant plus le poids voulu, par fraude ou par usure.

CuEVALLiEn ET Baudbi.«ont, 5' édit.

MOxXNAIES.

breuses, sont fabriquées principalement avec les métaux et alliages suivants :

t® Èiain seul ;

K tain et antimoine;

3® Etain et bismuth;

4® Étain et plomb ;

O® Étain et zinc;

6® Étain, antimoine et plomb;

7® Plomb seul ;

8® Plomb et antimoine (1) ;

9® Plomb et zinc ;

10® Étain, plomb, antimoine et zinc.

Dans quelques circonstances, on a fabriqué un alliage de 9 p. de cuivre et 1 p. d’argent sur lequel on a appliqué une feuille d’argent : ces dernières pièces sont très-faciles à reconnaître à leur coupe qui est d’un jaune orangé.

On a aussi altéré des pièces de 3 fr. par les procédés employés pour altérer les pièces d’or :

1® fourrage, opération qui consiste à retirer une portion intérieure de l’argent, pour y substituer du plomb ou de l’étain (2). Cette altération se reconnaît au son, et en examinant avec soin le cordon où se trouve toujours un point noir à l’endroit par lequel la pièce a été remplie ;

2® Les deux surfaces ont été sciées et reportées sur un flan, sur lequel on les fait adhérer. Cette fraude se traduit, à un œil exercé, par la présence de petites boursouflures provenant de l’adhérence, presque toujours imparfaite, des surfaces rapportées, qui sont minces comme des feuilles de papier.

L’épreuve des caractères physiques offre un premier moyen de reconnaissance, qui ne donne, il est vrai, que des présomptions sur l’existence de la fraude : s’il s’agit de déterminer la nature de l’alliage, on a recours à Tanalyse chimique.

Les fausses pièces ont ordinairement le diamètre des bonnes.

Le poids peut servir à faire reconnaître une pièce fausse : lorsqu’elle a été fabriquée avec des métaux moins denses que l’argent, la diminution de poids devient une preuve évidente de fausseté. Mais, de ce qu’une pièce possède le poids légal, il ne faut pourtant pas en conclure qu’elle est bonne ; car on pourrait arriver à obtenir le poids des bonnes pièces, en combinant des métaux de densités différentes dans des proportions convenables (3).

(1) On trouve aussi, dans ces alliages, des proportions minimes de cuivre et de fer, qui proviennent plutôt accidentellement des autres métaux alliés que d’une introduction volontaire.

(2) En 18.S&, il a circulé à Bruxelles de fausses pièces de 5 fr. au millésime de 1811, dont l'intérieur avait été habilement évidé et rempli d’étain.

(3) Les densités des métaux employés dans les arts sont les suivantes :

Platine laminé 22, OG

Platine 21,53

Or forgé 19,36

Or fondu 19,20

Mercure 13,55

Plomb fondu 11,35

Argent laminé 10,55

Argent fondu 10,47

Bismuth 9,82

Cuivre laminé ou forgé 8,95

Cuivre fondu 8,85

Nickel forgé 8,G7

Nickel fondu 8,28

Fer 7,79

Étain 7,i9

Fer fondu . 7,20

Zinc 7,19

Antimoine G, 72

MONNAIES

La densité des pièces est aussi un caractère à invoquer (1).

La couleur grise, l’aspect terne de la pièce, le son mat qu’on obtient lorsqu’on la jette sur le carreau, ou quand, après l’avoir placée en équilibre sur l’extrémité de l’index, on la frappe avec un autre corps métallique ; V odeur métallique qu’elle exhale quand on la frotte entre les doigts, la teinte qu’elle imprime à ceux-ci ; enfin son toucher gras, peuvent servir d’indices quand elle ne renferme que de l’étain, du plomb, du zinc, ou quelque alliage de ces métaux.

Les pièces odorantes, privées de son ou sourdes, grasses au toucher, sont généralement beaucoup plus ductiles que les bonnes pièces : elles peuvent se laisser légèrement entamer par les dents. Mais si la pièce contient du bismuth, du cuivre ou du zinc, et surtout de l’antimoine, elle acquiert une certaine dureté, et par suite un peu de sonorité. Ajoutons que si une pièce sonore peut être fausse, une bonne pièce peut être sourde; il suffit d’une petite gerçure,' d’une couche mince de métal isolée, d’une légère oxydation de l’alliage.

Il résulte de ce qui précède que les caractères physiques servent par leur manifestation plutôt de contrôle à Tanalyse chimique que de moyen direct pour conclure à la fausseté d’une pièce de monnaie (2).

Les procédés d'analyse employés pour reconnaître les différents métaux ou alliages ci-dessus mentionnés sont les suivants :

Étain. — Une pièce en étain pur est d'un blanc légèrement bleu ; frottée entre les doigts, elle exhale l’odeur particulière à ce métal; par la coupellation, elle fournit un oxyde très-blanc. Traitée par l’acide nitrique pur à 22” Baumé et bouillant, elle donne de l’acide métastannique. La liqueur nitrique n’est troublée par le sulfate de soude, ou colorée en bleu par l’ammoniaque, qu’autant que

{1) En 1844, nous avons eu à examiner avec Lassaigne des pièces fausses de 5 fr., 2 fr. et 1 fr., à l’effigie de Louis-Philippe, et aux millésimes de 1841 et de 1843 : elles contenaient de V étain, de V antimoine, ào. plomb, du cuivre et des traces de fer. La densité moyenne des fausses pièces de 5 fr. était 7,293. La pièce de 5 fr. pesait IQ^^ô; celle de 2 fr., 7*'',5; celle de 1 fr., 4 grammes {A. Ch.).

(2) Vers la fin de 1853, un assez grand nombre de pièces fausses de 5 fr. furent mises en circulation à Valenciennes et aux environs. Ces pièces, parfaitement imitées, avaient la couleur et le son de l’argent, et portaient différents millésimes ; elles étaient composées d’un alliage àe. plomb et de zinc, argenté par les procédés électro-chimiques. Une petite tache noire sur le côté où était posée la pièce au moment de l’argenture, et décelant le métal dont elle était composée, fut le seul indice qui pût, sans une inspection minutieuse, faire reconnaître la fraude.

En 1856, il a circulé à Paris des pièces fausses de 50 centimes à l’effigie de Napoléon III et au millésime de 1854. Ces pièces ne présentaient pas de différence notable dans le poids; leur son était seulement moins argentin. Elles se composaient de plomb revêtu, à l’aide de la galvanoplastie, d’une couche mince d’argent, qui se boursouflait et s’enlevait en écailles par la torsion.

En 1870, on a fait circuler en grand nombre de fausses pièces de 5 fr. ayant les caractères suivants :

Pièce de 5 fr., dite enveloppée. — Elle se compose de deux rondelles d’argent, soudées sur une plaque de cuivre jaune, ce qui donne à cette pièce un son clair. Elle ne pèse que 16 grammes.

Pièce creusée. — Elle se compose de deux pièces creusées et soudées ensemble pour n’en former qu'une seule ; elle a été remplie d’étain par une ouverture carrée sur l’épaisseur de la pièce ; le son en est mat, et la pièce ne pèse pas 25 grammes.

Pièce en maillechort. — Couleur grisâtre, son clair. Est à l’effigie de Louis-Philippe, sans exergue. Poids ; 21"', 80.

Pièce en cuivre jaune argenté. — Elle est plus épaisse que les vraies ; les parties saillantes de l’effigie sont jaunes. Elle a presque le poids voulu, 25 grammes.

Pièce en métal fusible ou étain. — Son mat. Couleur gris de fer; ne pesant que 17®'', 5. A l’effigie de Charles X. Très-mal frappée.

MONNAIES

l’étain renfermerait un peu de plomb ou de cuivre. L’acide métastannique donne avec l’acide chlorhydrique, ou l’étain avec l'eau régale, une dissolution présentant tous les caractères des persels d’étain : précipité blanc avec les alcalis, précipité jaune avec l’acide sulfhydrique.

Étain et antimoine. — Cet alliage est blanc, brillant et un peu sonore ; il donne, par la coupellation, un oxyde plus ou moins gris, parsemé de blanc. L’acide nitrique transforme les deux métaux qui le composent en acides stannique et antimonieux insolubles, sous forme de poudre blanchâtre. La présence de l'antimoine peut y être décelée lorsqu’on en introduit une partie dans an 11acon, avec du zinc, de l’eau et de l’acide sulfurique : il se dégage un gaz qui, en brûlant, dépose sur la porcelaine de larges taches noirâtres d’antimoine métallique.

Le plomh et le cuivre qui se rencontrent parfois unis à l’étain et à l’antimoine restent en dissolution dans l’acide nitrique.

On sépare l’étain de l'antimoine au moyen du procédé de Gay-Lussac: l’alliage d’étain et d’antimoine, chauffé avec l’acide chlorhydrique concentré et bouillant, additionné d’un peu d’acide nitrique, finit par se dissoudre complètement ; si dans la dissolution étendue d’eau on plonge une lame d’étain, l'antimoine se précipite en flocons noirs qui sont recueillis, lavés à l’acide chlorhydrique très-faible, puis à l’eau bouillante, desséchés à 120® et pesés.

Si l’alliage renferme en même temps du cuivre et du plomb, ces métaux se précipitent sur la lame d’étain avec l’antimoine; on traite alors le tout, après séparation de la lame d’étain, par l’acide nitrique bouillant : le cuivre et le plomb sont dissous, et l’antimoine, transformé en acide antimonieux, se sépare sous forme de poudre blanche insoluble ; son poids fait connaître celui de l’antimoine.

La liqueur nitrique, traitée par l’acide sulfurique ou par un sulfate alcalin, laisse précipiter le plomb à l’état de sulfate insoluble ; du poids de ce précipité, lavé et séché, on déduit celui du plomb. La liqueur surnageante, traitée par l’acide sulfhydrique, donne un précipité de sulfure de cuivre qui, recueilli, lavé et traité par l’acide nitrique, est transformé en sulfate dont on précipite le cuivre à l'i tat d’I.ydrate de bioxyde, à l’aide de la potasse ; du poids de cet oxyde recueilli sur un filtre, séché et lavé, on déduit celui du cuivre.

Étain et bismuth. — Cet alliage fournit sous le moufle un o.xyde gris jaunâtre. Traité par l’acide nitrique, il donne un précipité d’acide stannique et une solution de nitrate de bismuth qui, débarrassée de l’excès d’acidepar l’évaporation, précipite en blanc par l’addition de l’eau; en noir, par l’hydrogène sulfuré; en blanc, par l’ammoniaque, la potasse; en blanc, par le carbonate d’ammoniaque. Go dernier précipité, recueilli, lavé et chauffé au rouge, donne de l’oxyde de bismuth, d’où l’on déduit le poids du métal.

Étain et plomb. — Cet alliage est entièrement soluble dans l’acide chlorhydrique. Traité par l’acide nitrique, il se dissout en partie et donne un précipité blanc d’acide stannique qui, lavé, séché et calciné avec du charbon, fournit un bouton métallique dont la dissolution chlorhydrique présente toutes les réactions des sels d’étain. La liqueur nitrique précipite en blanc par l’acide sulfurique ou un sulfate alcalin ; en jaune, par l’iodure de potassium, le chrômate de potasse ; en noir, par l’hydrogène sulfuré. L’alliage de plomb et d’étain, soumis à la coupellation, donne un o.xyde blanc mêlé de couleur de rouille et d’un peu de jaune.

MONNAIES

Etain et zinc. — Cet alliage est d’un blanc un peu bleuâtre ; passé à la coupelle, il s’enflamme plus ou moins sous le moufle, donne un oxyde verdâtre au sortir du fourneau, mais qui devient blanc par le refroidissement. Traité par l’acide nitrique bouillant, il fournit un précipité d’acide stannique qu’on peut doser, comme on Ta déjà dit plus haut, et une solution de nitrate de '-cinc, donnant par l’ammoniaque ou la potasse un précipité blanc soluble dans un excès de réactif; avec l’hydrogène sulfuré, un précipité blanc; avec le cyanure jaune, un précipité blanc; avec le cyanure rouge, un précipité jaune orangé ; avec les carbonates alcalins, un précipité de carbonate de zinc qui, lavé, recueilli et calciné, est transformé en oxyde, du poids duquel on déduit facilement celui du zinc métallique.

Etain, antimoine et plomb. - Soumis à la coupelle, cet alliage donne un oxyde mêlé de gris noirâtre, de blanc et de jaune. Traité par l’acide nitrique, il donne une solution plombique, dans laquelle on distingue facilement la présence de ce métal, à l’aide des réactifs appropriés. On a pour résidu insoluble un précipité d’acides stannique et antimonieux, dont on opère la séparation par le procédé de Gay-Lussac, indiqué plus haut.

Plomb. — Une pièce en plomb est grise, sans sonorité; elle tache les doigts ; sa tranche, d’un gris bleuâtre, se ternit facilement à l’air. Soumise à la coupellation, elle produit un oxyde jaunâtre entièrement absorbé parla coupelle. Elle se dissout entièrement dans l’acide nitrique ; la solution donne toutes les réactions caractéristiques du plomb.

Plomb et antimoine. — Cet alliage donne avec l’acide nitrique une dissolution présentant les caractères du plomb, et un précipité d’acide antimonieux qui, chauffé avec un peu de flux noir, fournit un bouton métallique, sur lequel on constate facilement les caractères de l’antimoine. Soumis à la coupellation, cet alliage fournit un oxyde jaunâtre entièrement absorbé par la coupelle, tandis que l’oxyde d’antimoine est complètement vaporisé.

Plomb et zinc. — Cet alliage produit avec l’acide nitrique une dissolution dont on sépare le plomb par l’acide sulfurique ou par un sulfate soluble ; le précipité de sulfate de plomb est recueilli sur un filtre ; la liqueur filtrée contient le zinc, que l’on précipite par le carbonate de soude ou de potasse ; ou bien on fait passer dans la dissolution nitrique de l’alliage un courant de gaz hydrogène sulfuré qui précipite seulement le plomb. On filtre pour séparer le sulfure de plomb; on chauffe la liqueur afin de chasser l’excès de gaz sulfhydrique, et on précipite le zinc comme à l’ordinaire.

Etain, plomb, antimoine et zinc. — Cet alliage est attaqué par l'acide nitrique. La partie dissoute contient le plomb et le zinc que l’on sépare l’un de l’autre comme nous venons de l'indiquer dans le paragraphe précédent. On a, en outre, un précipité d’acides métastannique et antimonieux, dont on opère la séparation par le procédé de Gay-Lussac.

Cuivre, nickel et zinc. — Enfin, le packfung (ou packfong), connu sous les noms à" argentan, de cuivre blanc d' Allemagne, de maillechort, est un alliage presque aussi blanc que l’argent, et composé de cuivi'e, de nickel, de zinc et souvent A' étain et de fer. Traité par l’acide nitrique, on obtient un précipité d’acide stannique et une solution de cuivi’e, de nickel, de zinc et de fer. Si l’on fait passer un courant d’hydrogène sulfuré dans la liqueur, le cuivre seul est précipité à l’état de sulfure et se dose à l’état de bioxyde, ainsi que nous l’avons dit plus

MONNAIES

haut. Le fer, s’il yen a, est ramené au maximum d’oxydation, puis précipité par l’ammoniaque et dosé à l’état de sesquioxyde. Restent le nickel et le zinc, sur lesquels on fait réagir un excès de potasse caustique qui précipite l’oxyde de nickel et retient en dissolution l’oxyde de zinc. On recueille le premier sur un filtre et on précipite le zinc de sa solution alcaline par l'hydrogène sulfuré.

Essai des monnaies et des diyers alliag^es d’or et d’argent. ■ — \i'avt de

l'Essayeur comprend la mise en œuvre d’une série de procédés chimiques des plus délicats, ayant pour but d’établir le titre d’un alliage d’or ou d’argent. Cet art ne s’acquiert que par une longue pratique. 11 est resté le privilège de certaines personnes auxquelles de sérieux examens ont permis de conférer, avec un diplôme, le titre à' Essayeur du commerce.

Dans l’impossibilité d’entrer dans de grands détails relativement à ce genre d’essai, nous en ferons connaître seulement les points les plus essentiels.

Essais d’argent par voie sèche. Coupellation. — On procède à l’analyse des alliages d'argent et de cuivre ]}ds voie sèche ou par^ofe L’essai par voie

sèche prend le nom de coupellation, du vase où on l’opère.

C’est l’opération qui a pour but de dégager l’argent du cuivre et des divers autres métaux oxydables auxquels il peut être allié. Elle repose sur les faits suivants :

1® En présence de l’air, et à la température du rouge vif, l’argent, même fondu, ne s’oxyde pas (1) ;

2® Dans les mêmes circonstances, le cuivre et le plomb s’oxydent facilement ;

3® Si le cuivre est allié à l’argent, le premier métal seul se combine à l’oxygène de l’air ; mais, l’oxyde produit formant une couche protectrice à la surface de l’alliage, l’oxydation du cuivre reste incomplète;

4® Si, à l’alliage d’argent et de cuivre, on ajoute des proportions déterminées de plomb, en opérant au rouge vif en présence de l’air, le plomb et le cuivre s’oxydent simultanément; mais l’oxyde de plomb formé, entrant immédiatement en fusion, entraînera en dissolution l’oxyde de cuivre qui l’accompagne, laissant l’argent à l’état métallique ;

5® L’opération étant pratiquée dans un petit vase poreux nommé coupelle (fig. 153), celle-ci absorbera dans ses pores le mélange des oxydes de plomb et de cuivre, tandis qu’elle restera impénétrable à l’argent fondu. On retrouvera donc intégralement ce métal dans la cavité de la coupelle, sous forme de bouton métallique ;

6® Pendant la combustion du cuivre et du plomb, la masse métallique en fusion paraît terne et comme recouverte d’un voile formé, et par les oxydes fondus, et par les vapeurs denses qu’émet la litharge fortement chauffée. Mais, à mesure que la coupelle absorbe ces oxydes, l’argent se dégage de plus en plus de son alliage. Il arrive un moment où le voile de vapeurs disparaît complètement; alors la surface de l’argent fondu apparaît brillante en lançant une espèce di éclair qui annonce la fin de l’opération (2) ;

7® L’argent fondu, ayant dissous un certain volume d’oxygène qu’il a pris dans l’air, l’abandonne de tous les points de sa masse au moment de la solidifica-

(1) On sait que, dans ccs conditions, si l'argent fondu absorbe de l’oxygène qu’il prend à l’air, il l’abandonne compléteni''nt en retournant à l’état solide.

(2) Ce phénomène serait-il dû à l’absorption brusque de l’oxygène par l’argent liquéfié?

MONNAIES

tion. Si celle-ci a lieu sur toute la surface du métal par suite d’un refroidissement trop brusque, alors le gaz oxygène emprisonné dans la partie de l’argent encore fluide, faisant effort contre cette paroi résistante pour s’échapper, la rompt en entraînant avec lui un peu de métal qu’il projette au loin. Alors cette partie fluide, se solidifiant pendant son trajet, forme à la surface du bouton métallique, et adhérant à lui, une espèce de gerbe irrégulière comme un rocher : c’ei^t le phénomène du Rochage;

8® Un bouton d’argent, bien purifié par la coupellation, adhère à peine au fond de la coupelle; on l’en détache facilement sans perdre du métal, et sans que celui-ci retienne en proportion sensible les cendres que peut abandonner le petit vase en s’égrenant. Lorsque, au contraire, l’alliage a été imparfaitement oxydé, le bouton d’argent reste adhérent à la coupelle, et présente à sa base un bourrelet métallique déchiqueté, indice d’une opération incomplète;

9® L’argent étant sensiblement volatil à une haute température, il faut éviter de le maintenir en pleine fusion après le phénomène de l’éclair. Quoi qu’il en soit, la coupellation donne toujours un litre trop faible en raison de la vaporisation de l’argent.

Tous ces divers points étant connus, voici comment on procédera au titrage d’un alliage d’argent par voie sèche :

On porte au rouge vif le moufle (fig. 153) d’un fourneau de coupelle {\o\v fig. 99, p. 439) ; on y installe le nombre de coupelles dont on a besoin. D’autre part, on pèse 1 gramme environ de l’alliage qu’on va coupeller, et dont on a déterminé à peu près le litre par une opération préalable, ou par la connaissance de la nature même de l’objet à analyser (monnaie, médaille, vaisselle ou bijou). Ayant à sa disposition à.\x plomb pauvre, c’est-à-dire privé d’argent, on en prend un poids correspondant à la composition approchée de l’alliage. Ce poids est donné par le tableau suivant :

Fig. 153. — B. Moulle avec coupelles.

— A. Coupe du moufle.

Titre de l’alliage Plomb pour 1 gramme

d’argent. ’ d’alliage.

à 950 millièmes 3 grammes.

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