‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 286 sur 470 · PUCE · texte numérisé non relu

PUCE

combiné.

/ Minium pur

Minium de Clichy, 1 feu

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^ Mine orange de Clichy

.= 1 Mine orange de Tours (Delaunay)

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J j Mine orange claire (Roard de Clichy). .. .

1 Minium de Tours (Delaunay)

' Minium de Clichy (Roard)

Usagées. — Le minium est employé dans la cristallerie, dans la fabrication des émaux, dans la poterie ; il sert (principalement la mine orange) à colorer les papiers de tenture, les cires molles et à cacheter; à fabriquer le strass, le flintglass ; il entre dans la composition des peintures à l’huile et dans la préparation de quelques mastics. Il fait partie de certains apprêts pour les cuirs vernis.

En pharmacie, il est la base de certaines pommades ou emplâtres (emplâtre de Nuremberg).

Altérations. — Le minium renferme très-souvent du cuivre^ dont la présence est nuisible quand on l’emploie dans la fabrication des cristaux ou des émaux auxquels ce métal donne une teinte bleu verdâtre. Son mode d’essai, dans les arts, consiste à placer dans un moufle porté au rouge un mélange de 3 p. de minium et l p. de sable : on forme ainsi un silicate de plomb qui a une teinte verte, si le minium renferme du cuivre.

Dans les laboratoires, on attaque le minium par l’acide nitrique étendu, qui dissout les protoxydes de plomb et de cuivre, s’il y en a dans le minium. La liqueur, filtrée pour séparer l’oxyde puce et traitée par un petit excès d’ammoniaque, donne un précipité de protoxyde de plomb, tandis que le liquide surnageant reste coloré en bleu, dont l’intensité est proportionnelle à la quantité de cuivre. On peut également précipiter la solution nitrique par l’acide sulfurique, ou par un sulfate soluble qui élimine le plomb : le cuivre reste à l’état de set dans la liqueur; on évapore à siccité, et le résidu est repris par l’eau distillée. On filtre et, dans le liquide filtré, on verse de l’ammoniaque en léger excès qui le bleuit, ou du cyanure jaune qui produit un précipité couleur grenat.

Si l’on veut se rendre compte, d’une manière relative, des quantités de cuivre contenues dans plusieurs miniums, mais sans recourir au dosage de ce métal, il suffit de faire macérer 100 grammes de chaque minium dans 200 grammes d’eau ammoniacale (180 grammes d’eau et 20 grammes d’ammoniaque pure) ; on agite quelques instants, puis au bout d’une heure on filtre, on neutralise les liqueurs par l’acide acétique et on y verse du cyanure jaune à très-faible dose : ,

MONNAIES

le volume du précipité permet d’apprécier le degré de pureté de chaque échantillon {Jacquelain).

On juge aussi, par comparaison, de l’absence ou de la présence du cuivre dans le minium, en plaçant dans le moufle d’un fourneau de coupelle une petite plaque de biscuit de porcelaine recouverte d’une certaine quantité (2 ou 3 grammes) de minium; celui-ci, par l’application de la chaleur, forme un vernis sur la plaque, et on en compare la couleur, après le refroidissement, avec celle d’un échantillon type : ce vernis est jaune clair ou jaune verdâtre, ou vert plus ou moins foncé, suivant que le minium ne contient pas de cuivre ou en contient une plus ou moins forte proportion. Cet essai est surtout utile lorsqu’on emploie le minium dans la poterie.

Pour apprécier les proportions du massicot ou protoxyde de plomb non combiné que le minium peut retenir à l’état de mélange, il suffit d’en traiter un certain poids par une solution d’acétate de plomb neutre, qui dissout le massicot et laisse le minium à l’état de pureté.

Falsifications. — Souvent le minium est falsifié avec des matières terreuses rouges [poudre de briques, ocre rouge), avec du colcothar, du sulfate de baryte.

Pour découvrir ces substances étrangères, le moyen consiste à traiter le minium par l’acide chlorhydrique concentré ; celui-ci dissout le plomb, le fer, le cuivre, et laisse indissous la brique et le sulfate de baryte. Mais comme le chlorure de plomb qui prend naissance est très-peu soluble, il faut ajouter aux liqueurs, après la destruction du minium, une grande quantité d’eau bouillante poûr enlever le sel plombique. Ensuite la solution est évaporée à siccité, et on traite le résidu par l’alcool, ou par l’éther additionné de 1/100 d’alcool à 40”, pour dissoudre les chlorures de fer et de cuivre.

Un moyen bien préférable consiste à traiter le minium par l’acide nitrique étendu d’eau, auquel on ajoute un peu d’alcool ou de sucre; l’oxyde puce, d’abord formé, se transforme sous l'influence réductrice de la matière organique en protoxyde qui se dissout; les matières insolubles dans l’acide nitrique [brique, sulfate de baryte) restent alors en dépôt; on en opère facilement la séparation parle filtre.

On décèlerait aussi les falsifications du minium à l’aide de l’essai par voie sèche, indiqué plus haut : les ocres et le colcothar Aonnewi un vernis brun ou brun rougeâtre; le sulfate de baryte empêche totalement la formation de ce vernis, à moins qu’il ne soit dans une proportion inférieure à 2 p. tÜO [Ch. Lamy). On reconnaît d’ailleurs facilement, par voie humide, la présence de ce sel.

MONNAIES. — En France, l’unité monétaire est le franc, composé de 9 p. d’argent pur allié avec t p. de cuivre, le tout pesant 3 grammes. L’alliage est dit au titre de 9 dixièmes de fia ou de 900 millièmes.

11 existe trois espèces de monnaies assujetties au système métrique décimal des poids et mesures : 1° la monnaie d’or comprenant des pièces de 100 francs, de 50 fr., de 20 fr., de 10 fr. et de 5 fr. ; 2° la monnaie d’argent représentée par des pièces de 5 fr., de 2 fr., de 1 fr., de 50 centimes et de 20 centimes ; 3® la monnaie de cuivre figurée par des pièces de 1 décime ou 10 centimes, de 5 centimes, de 2 centimes et de 1 cent. (1).

(1) La monnaie de bülon est formée, pour les pièces françaises, d'un alliage de 95 parties do cuivre, 4 d’étain et 1 de zinc.

MONNAIES. 703

Ces monnaies comprennent toutes les pièces décimales que l’on peut établir dans l’intervalle de 1 centime à 100 francs.

Nous ne nous occuperons ici que des monnaies â^or et d'argent, qui, seules, sont sujettes à des altérations graves, et dont l’imitation plus ou moins exacte a de tout temps exercé l’habileté des faux monnayeurs.

Les monnaies d’or et les pièces d’argent de 5 francs sont au titre mathématique de 900 millièmes, c’est-à-dire qu’elles contiennent 9 dixièmes de métal pur et 1 dixième d’alliage ; avec une tolérance, pour l’or, de 2 millièmes par •gramme, soit en dessus, soit en dessous; et une tolérance, pour l’argent, de 3 millièmes par gramme, en dessus ou en dessous du titre exact.

Le titre des pièces d’argent de 2 fr., de 1 fr., de 50 cent, et de 20 cent, a été abaissé, depuis 1864, à 835 millièmes de fin, pour 165 millièmes de cuivre (1), avec tolérance de 3 millièmes en plus ou en moins (2).

Ces monnaies ont, en outre, un poids, un diamètre ou module déterminés, qui sont indiqués dans le tableau que nous donnons ici (3) :

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