‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 289 sur 470 · MORPHINE · texte numérisé non relu

MORPHINE

obtenu, on le pèsera avant et après son traitement par l’acide azotique : de celte façon on pourra connaître le poids de l’argent qu’il renfermait, en retranchant du premier poids obtenu celui de l’or que laisse l’opération du départ. Mais il faut alors prendre la précaution de passer au fourneau de coupelle un témoin placé à côté de l’alliage, pour juger de la surcharge qu’éprouve toujours le résidu d’or. Il faut aussi éviter avec soin le rockage chez les alliages trop riches en argent (1).

MORPHINE : C^^H'^AzO®; 2 aq. — La morphine, découverte en 1816 par Sei'tuerner, est l’un des nombreux alcaloïdes de l’opium. Elle cristallise, soit en prismes rectangulaires terminés par un biseau, soit en octaèdres. Ces cristaux sont blancs, brillants, inodores, inaltérables à l’air ; leur saveur est amère et persistante; ils contiennent 2 équivalents ou 5,73 p. 100 d’eau, qu’ils perdent à 120“ ; ils deviennent opaques et fondent à une température plus élevée en un liquide jaune.

La morphine est insoluble dans l'eau froide et très-peu soluble dans l’éther ou dans le chloroforme. L’eau bouillante en dissout 1/92 de son poids. Elle est soluble dans 40 p. d’alcool anhydre froid et dans 30 p. d’alcool ordinaire bouillant; elle se dissout dans les huiles grasses et volatiles. Les dissolutions de morphine ramènent au bleu le papier de tournesol rougi, verdissent le sirop de violettes et rougissent le papier de curcuma.

La morphine est soluble dans la soude, dans la potasse caustique, dans la chaux, un peu dans l’ammoniaque; elle se dissout dans l’acide nitrique, qui la colore en rouge de sang.

Projetée dans une dissolution concentrée et peu acide d’un sel de peroxyde de fer, elle se colore en bleu foncé. Elle réduit l’acide indique ; la liqueur brune qui en résulte devient plus foncée par l’addition de l’ammoniaque ; d’autre part, l’iode, mis à nu, colore l’empois en bleu.

La morphine renferme : carbone, 72,2 ; hydrogène, 6,2 ; azote, 4,9 ; oxygène, 16,7.

Us.a^es. — Les sels de morphine font la base de quelques préparations pharmaceutiques (sirops d’acétate, de chlorhydrate, de sulfate de morphine).

Falsincatioiis. — La morphine contient quelquefois du phosphate de chaux (2), de la matière colorante de l’opium, de la narcotine, soit que cette dernière substance qui l’accompagnait dans l’opium en ait été incomplètement séparée, soit qu’on l’y ait frauduleusement mélangée (3).

La matière colorante se reconnaît à la couleur moins blanche de la morphine.

La narcotine est décelée et séparée de la morphine par plusieurs moyens ; soit par l’éther, le chloroforme, qui dissolvent à froid la narcotine et ne dissolvent pas la morphine; soit par l’acide acétique faible, qui dissout à froid la morphine, sans attaquer sensiblement la narcotine {Pelletier) ; soit par une

(1) Voy. Chimie de Pelouze et Fremtj, t. III, p. 1226.

(2) On a livré au commerce de la morphine qui renfermait 30 p. 100 de phosphate de chaux {ülex).

(3) Il y a quelques années, on a trouvé 17 p. 100 de narcotine dans de la morphine provenant d’Allemagne, et jusqu’à 50 p. 100 de ce môme alcaloïde dans de la morphine qui arrivait d’Angleterre.

Page 1