ACÉTATES DE PLOMB
morphine décelée au moyen du chlorure de baryum, et celle du ch loi-hydrate par le nitrate d’argent.
L’acétate de morphine est souvent altéré par des matières colorantes dont il n’a pas été débarrassé suffisamment : il est alors plus ou moins coloré en brun.
On a proposé d’essayer ce sel en appréciant le volume d’alcaloïde qu’il abandonne après 2i heures de repos, lorsqu’il a été préalablement dissous dans l’acide acétique et précipité ensuite par l’ammoniaque : c’est un mode d’essai qui peut induire en erreur.
L’acétate de morphine ne doit laisser aucun résidu fixe à l’incinération.
ACÉTATES DE PLOMB. — Dans le commerce, on rencontre deux acétates de plomb : Vacétate neutre et l'acétate basique.
Acétate neutre de plomb. — Ce sel, appelé aussi sel de Saturne, acétate vlombique, est blanc, d’une saveur sucrée, puis styptique. Il cristallise en aiguilles ou prismes obliques rhomboïdaux terminés par des sommets dièdres 11 est légèrement efflorescent à l’air, très-vénéneux. 100 p. d’eau à 15“ en dissolvent 59 p. 11 est soluble dans 8 p, d’alcool. Sa dissolution aqueuse est à peine troublée par l’acide carbonique ; elle ne l’est pas par une solution concentrée d’azotate dépotasse. L’acide sulfurique la décompose avec dégagement d’acide acétique et dépôt de sulfate de plomb insoluble.
Composition. — L’acétate de plomb neutre renferme : acide acétique, 31, 5G ; protoxyde de plomb, 68,44 ; cristallisé, il contient 14,21 p. 100 d’eau = G‘H^PbO'* ; 3 aq.
Usag;e8. — Il est employé en médecine. On s’en sert dans les fabriques de toiles peintes pour préparer l’acétate d’alumine.
Altérations. — L’acétate de plomb exposé au contact de l’air en absorbe peu à peu l’acide carbonique et se convertit partiellement en carbonate de plomb insoluble. Cette altération se reconnaît facilement à l’aspect du sel qui, de brillant qu’il était, a pris de l’opacité ; en outre, l’eau ne le dissout plus entièrement et laisse, suivant que l’altération a été plus ou moins profonde, un dépôt plus ou moins abondant, soluble dans les acides avec efi'ervescence.
Quelquefois, l’acétate de plomb a pris une coloration noire due à une petite quantité de sulfure de plomb formé par des émanations d’acide sulfhydrique.
Dans le commerce, on rencontre de l’acétate de plomb plus ou moins coloré en jaune et en masses qui ont un aspect fibreux et une odeur d’empyreume. Ce s,e\, nommé pyrolignite de plomb, a été préparé avec de l’acide acétique brut ou acide pyroligneux, contenant une huile pyrogénée très-complexe.
L’acétate de plomb peut aussi contenir de \ arsenic et de Vacétate de soude. Ces impuretés proviennent de l’acide employé à sa préparation.
On y découvrira l'arsenic en traitant le sel par un excès d’acide sulfurique, qui précipitera le plomb à l’état de sulfate en laissant l’arsenic dans la liqueur; on essaie ensuite celle-ci par l’appareil de Marsh.
Pour y trouver Vacétate de soude, on traite le sel de plomb par un excès d’hydrogène sulfuré; on filtre les liqueurs, et, par leur évaporation, on retrouve l’acétate de soude comme résidu.
Quelquefois Tacétate de plpmb retient du cuivre provenant des chaudières où on l’a préparé ; on s’en assure par l'ammoniaque en excès qui colore en beau bleu la soluli(»n aqueuse du sel.
ACETATE DE POTASSE.
Acétate basique de plomb ou Sous-acétate de i>lomb. — Ce sel est employé assez fréquemment en médecine en dissolution dans l’eau, sous les noms à'extrait de Satu7'ne, d'eau de Goulaj'd. Tel qu’il doit se trouver dans les officines, il constitue un liquide incolore, inodore, d’une saveur sucrée, puis astringente, très-pesant, se couvrant, au contact de l’air, d’une pellicule de carbonate de plomb, blanchissant les eaux de source en y formant un précipité plus ou moins abondant, ayant une forte réaction alcaline, et précipitant par une solution concentrée d’azotate de potasse en excès, avec laquelle il produit de Vazolate bibasique de plomb. Il doit marquer 35® à l’aréomètre (D = 1,32).
Composition. — L’extrait de Saturne est un mélange d’acétate neutre et d’ncétate bibasique de plomb.
Usagrcs. — Le sous-acétate de plomb liquide sert à préparer la céruse dite de Clichy, d’après le procédé de Thénard et Roard.
Altérations. — 11 a quelquefois une densité trop fiiible ; lorsqu’il ne marque que 30®, 28®, 27® Baumé, c’est qu’il contient de l’eau en excès. 11 offre parfois une coloration jaune due à l’impureté du vinaigre employé à sa préparation ; ou une teinte bleuâtre due à un peu de cuivt'e que contenait la litharge dont on s’est servi, ou au métal des appareils dans lesquels on l’a préparé : pour s’en assurer, on traite une solution de ce sel par l’acide sulfurique en léger excès, qui précipite le plomb à l’état de sulfate, et laisse dissous l’oxyde de cuivre. On concentre la liqueur après filtration, et on l’essaye ensuite parle cyanure jaune ferrosopotassique qui donne un beau précipité couleur grenat de cyanoferrure de cuivre.
Lorsque l’extrait de Saturne contient du fer., on acidulé la liqueur, et on y fait passer un courant d’acide sulfhydrique pour précipiter le plomb et le cuivre ; puis dans la partie filtrée on verse de l’ammoniaque pour précipiter l’oxyde de fer. Préalablement, on ramène celui-ci au maximum par une addition de chlore. On peut encore traiter la liqueur par le sulfate de soude qui précipite le plomb à l’état de sulfate, puis par l’ammoniaque en excès qui précipite l’oxyde de fer et retient l’oxyde de cuivre en dissolution.
L’extrait de Saturne est quelquefois remplacé par une solution d'acétate neutre de plomb ; alors, au lieu de ramener au bleu le papier de tournesol rougi, il colore plus ou moins en rouge le papier bleu. En faisant barboter dans ce liquide un courant de gaz carbonique, on obtient un précipité à peine sensible de carbonate de plomb. Enfin, une pareille solution n’est pas troublée par l’addition d’une solution concentrée d’azotate de potasse.
ACÉTATE DE POTASSE : C*H303,K0 = GWKO». — Ce sel, autrefois désigné sous le nom de tei're foliée végétale, existe en abondance dans la sève des végétaux.
L’acétate de potasse est blanc, doué d’une saveur fraîche; il est très-soluble dans l’eau et dans l’alcool, très-déliquescent ; il cristallise, mais difficilement, en longues aiguilles minces et confuses; le plus ordinairement, il se présente en masse feuilletée, onctueuse au toucher.
Composition. — L'acétate de potasse est composé de : acide acétique, 32,16 ; potasse, 47,84.
Usages. — 11 est employé en médecine comme diurétique, mais surtout comme fondant et apéritif; dans les laboratoires, il sert à enlever l’eau à certains liquides.
ACÉTATE DE POTASSE
<lltératioB9. — L’acétate de potasse vendu autrefois dans le commerce avait une coloration grise due à la nature du vinaigre employé à sa préparation. Il peut être altéré : par la présence de matières étrangères provenant de son mode de fabrication, telles que le sulfate de potasse, le chlorure de potassium, si l'on a eu recours à des potasses du commerce ; par des sels de plomb, de fer, de cuivre, de zinc, par de Varsenic, provenant soit des ustensiles, soit de l’impureté du vinaigre mis en usage.
La présence du sulfate de potasse se reconnaît au moyen du chlorure de baryum; celle &\\ chlorurre de potassium, au moyen du nitrate d’argent en solution étendue et acidulée.
Les se/s de plomb sont décelés par l’acide sulfhydrique qui donne un précipité noir de sulfure de plomb; l’iodure de potassium, un précipité jaune d’iodure de plomb; le sulfate de soude, un'précipité blanc de sulfate de plomb.
La présence du fer se reconnaît à l’aide du cyanure jaune qui donne lieu à du bleu de Prusse ; l’ammoniaque produit un piécipité d’oxyde de fer; l’infusion de noix de galle, un précipité noir violacé de tannate de fer.
Pour y reconnaître le cuivre, on emploie une lame de fer décapée, le cyanure jaune, l’ammoniaque.
Les sels de zinc sont décelés par le précipité blanc qu’y occasionne le cyanure jaune, par le précipité jaune orangé qu’y forme le cyanure rouge ; la potasse y donne un précipité blanc soluble dans un excès d’alcali.
Quant à Varsenic, pour s’assurer de sa présence, il faudrait introduire dans un appareil de Marsh fonctionnant à blanc une certaine quantité de solution
aqueuse de l’acétate à essayer, et examiner non-seulement si l’on obtient, soit des taches, soit un anneau, mais encore rechercher si ces taches, si cet anneau, présentent les caractères de l’arsenic (fig. 8). On pourrait préalablement chauffer îi sec l’acétate de potasse dans un tube à essai; ce produit dégagerait alors l’odeur infecte de l’oxyde de cacodyle.
Enfin, par suite d’une préparation défectueuse, l’acétate de potasse peut renfermer de la potasse libi'e ; dans ce cas, il ramène au bleu le papier de tournesol rougi, verdit le sirop de violettes et décolore l’iodure d’amidon.
FalsiGcations. — Quelquefois l’acétate de potasse est mélangé, soit dV acétate de chaux, soit de tartrate ou de carbonate de potasse. L’oxalate d’ammoniaque indique, suivant qu’il donne ou non un précipité blanc, la présence ou l’absence de la chaux dans l’acétate soumis à l’essai.
Si ce sel contient du tartrate de potasse, le mélange occupe un volume moins considérable que la même quantité d’acétate pur ; projeté sur des charbons ardents, il brûle en répandant l’odeur sin (jeneris des tartrates; traité par l’alcool fort, ce liquide dissout seulement l’acétate, et laisse pour résidu le tartrate ; enfin la solution aqueuse, traitée par les acides minéraux, donne un précipité de crème de tartre.
Fig. 8. — Appareil de Marsh de M. Chevallier. — a, éprouvette à pied ; h, tube pour verser les liqueurs; c, soucoupe pour recueillir les taches.
AC HE. ,‘{j)
Si l’on a substitué le tarlrate de potasse à l’acétate, on n’obtient pas de dégagement d’acide acétique lorsqu’on traite le sel par l’acide sulfurique.
La présence du carbonate de potasse dans l’acétate se reconnaît à l’aide de l’acide acétique qui produit une effervescence due au dégagement d’acide carbonique, ce qui n’a pas lieu avec l’acétate pur. L’eau de chaux y ferait naître un précipité blanc.
Uacétate de potasse liquide ou tei're foliée liquide est une solution d’acétate de potasse concret dans l’eau distillée. Elle doit être limpide, incolore, et marquer 25” au pèse-sel.
L’acétate de potasse liquide peut n’être pas pur et offrir toutes les altérations que nous avons fait connaître en parlant de l’acétate concret ; les moyens à mettre en usage pour les reconnaître sont les mêmes que ceux indiqués plus haut.
ACÉTATE DE SOUDE: C^H^NaO»; 6 aq. — L’acétate de soude, appelé aussi foliée minérale^ cristallise en aiguilles allongées ou en prismes obliques à base rhombe, ordinairement cannelés, incolores, d’une saveur amère et piquante, efflorescents, solubles dans 3 p. d’eau froide, dans leur propre poids d’eau bouillante et dans 5 p. d’alcool à 80”.
Composition. — Ce sel renferme : flcfrfe acétique, 62,2; soude, 37,8; cristallisé, il contient 39,49 p. 100 à' eau.
Usages. — Il est employé dans les arts à l’extraction de l’acide acétique, et, en médecine, comme fondant et diurétique ; à une dose de plus de 8 grammes, il est purgatif.
Altérations. — L’acétate de soude peut contenir, comme l’acétate de potasse des sels de fer, plomb, de cuivre, arsenic, résultant, soit des ustensiles, soit de l’acide acétique employés à sa préparation ; ou du sulfate de soude, du chlorure de sodium, si l’on s’est servi de soudes du commerce.
Les moyens de reconnaître ces différentes impuretés sont les mêmes que ceux dont nous avons parlé au sujet de l’acétate de potasse.
Quelquefois l’acétate de soude contient du tartrate de potasse. Ce produit étranger se reconnaît, soit à l’aide de l’alcool à 60”, qui ne dissout que l’acétate et laisse le tartrate pour résidu, soit à l’aide de la chaleur qui décompose le sel et, s'il est pur, laisse dégager l’acide acétique sans carbonisation : dans le cas contraire, il y a formation d’un charbon volumineux, accompagnée d’une odeur caractéristique de caramel. La potasse du tartrate se retrouve dans les cendres; si on les lessive, et si dans la solution claire on verse quelques gouttes de chlorure de platine acidulé, on obtient un précipité jaune-serin.
Le même réactif peut être employé dans le cas où l’acétate de soude contiendrait de V acétate de potasse.
AGHE. — Il y a deux variétés d’ache : Tache proprement dite ou ache des marais [Apium graveolens), et Tache douce ou céleri [Apiurn dulce. — Ombellifères). Nous ne nous occuperons ici que de la première, dont la racine est employée en pharmacie.
La racine d’ache est une des cinq racines apéritives ; elle entre dans la composition du sirop dit des cinq racines.
Celle qui nous vient principalement d’Allemagne est longue, grosse comme