‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 302 sur 470 · NOIRS · texte numérisé non relu

NOIRS

AZOTE POUR 1000 de l’engrais sec.

CHARBON et matière organ.

SELS

solubles dans l'eau.

SILICE

ALUMINE et oxyde de fer.

PHOSPHATE de chaux.

CARBONATE de chaux.

en

Noir

de Nantes

de Marseille

de Bordeaux

de Hambourg

de Prusse

d’Amsterdam

de Copenhague

de Stockholm

de Cologne

de Stettin

de Guttemberg

de Russie

de Valenciennes

de Dunkerque

de Lille.»

de Paris.

d’Orléans

de Richelieu (Indre-et-L.)

de Trieste

de Venise

d’Espagne

d’Amérique

trace

anglais

Ces divers noirs contiennent des quantités variables d’eau : ainsi les noirs de Marseille en renferment 30 à 35 p. 100; ceux de Nantes, pris à la sortie du filtre, 36 p. 100; ceux de Hambourg, 21 p. 100.

L’azote et le phosphate de chaux sont les éléments qui donnent au noir animal cette puissance fertilisante qui le fait rechercher, comme engrais, par le cultivateur.

(1) La Suède, quelques villes des bords du Rhin, les raffineries du nord de la France, celles de la Russie, expédient dans l’ouest de la France des noirs fins, qui sont connus dans le commerce sous le nom générique de noirs de Russie.

(2) Ad. Bobieri'e, le Noir animal. Paris, 1856.

(3) Cette classification se distingue par quelques points de celle qui avait été donnée primitivement par MM. Mo"ide et Bobierre dans leur Technologie des engrais de l’ouest de la France,

NOIR d’eNGRA.18 OU NOIR DES RAFFINERIES.

En général, on ne donne le nom de 7ioir d'engi^ais proprement dit qu’aux substances renfermant 60 à 80 p. 100 de phosphate de chaux; rarement, certains noirs de Nantes n’en contiennent cependant que 15 à 55 p. 100 ; cette diminution de phosphate tient à la grande quantité de sang employé à la clarification (Bobierre).

Falsiflcations. — La fraude s’est introduite aussi dans le commerce des noirs de raffinerie. On a cherché à augmenter d’une manière illicite leur poids et leur volume au moyen du charbon de bois, de la tourbe, du charbon de tourbe, de la houille, du carbonate de chaux noirci, des schistes, des schistes argileux on phyllades, des scoi'ies de forge, du teri'eau, de lâ terre glaise cai'bonisée, de la terre des Landes, du sable, de la brique pilée (1), du noir végétal provenant des fabriques de prussiate.

Le procédé employé par MM. Moride et Bobiei're pour constater ces sophistications consiste à observer les phénomènes que présente la combustion du noir résidu par le chlorate de potasse, phénomènes qui varient suivant la nature de la matière brûlée. Une ceriaine quantité du noir à essayer est desséchée à une faible chaleur, puis triturée et mélangée avec du chlorate de potasse pulvérisé (1 gramme de noir pour 5 grammes de chlorate). On chaufi’e le tout dans un creuset de platine ou de fer, incliné fortement, de manière que les parties supérieures entrent les premières en fusion. D’après MM. Moride et Bobierre, le noir a été falsifié avec :

Le charbon de bois, si la combustion s’effectue violemment en donnant lieu à beaucoup de fumée, et à une projection de la matière en dehors du creuset. La cendre est noire, incomplètement soluble dans l’eau acidulée, et laisse apparaître le carbone, qu’elle retient et qui va bientôt nager à la surface de la solution ;

Le chai'bon de tow'be, si la combustion, présentant les caractères précédents, laisse un culot salin, granulé, rougeâtre, donnant un résidu sablonneux après son lavage avec l’acide chlorhydrique (2) ;

La houille, si, la fumée étant abondante, il y a production, à la surface de la matière en fusion, de petits sphéroïdes rouges provenant de la matière incandescente ; il y a toujours flamme et projection de matière; les cendres sont très-noires, et donnent, après le lavage acide, un résidu de scories noires ;

Le schiste, si la fumée est très-lente et sans scintillement; on a un culot salin, rouge noirâtre, difficile à détacher du creuset (3) ;

Les scories de forge, si la combustion est très-difficile et sans scintillement ; le culot obtenu est gris, quelquefois rougeâtre, parsemé de points noirs; traité

(1) Les noirs de Marseille sont très-souvent falsifiés avec- des lignites et des cendres de fourneaux.

Les noirs dits de Hambourg sont presque toujours falsifiés avec du sable fin, avec des 7'ésidus de distilleries, de colza, de graine de lin; avec du tan, des tourbes. On mélange à chaud et on soumet ensuite à l’action de la presse.

Les noirs de Russie sont généralement fraudés au moyen du charbon de bois.

Les noirs de Paris et d’Orléans sont souvent falsifiés avec du calcaire, du sable, de la brique pilée, de la houille; il en est qui contiennent des os broyés, des matières fécales, du sang et du charbon; d’autres renferment des résidus de la fabrication du bleu de Prusse,

(2) La présence du charbon de tourbe diminue notablement la densité dii noir.

(S) Le noir mélangé avec des schistes est d’une densité considérable, d’un aspect mat, d’une texture compacte. Il tache fortement les doigts.

NOIR d’engrais ou NOIR DES RAFFINERIES.

par un acide, il donne lieu à un dépôt où l’on peut apercevoir la scorie à la loupe et même à Toeil nu ;

La tourbe, si la combustion est très-violente, avec projection hors du creuset et dégagement manifeste d’odeur de tourbe. Le culot salin est mamelonné, rougeâtre, d’un aspect terreux, soluble dans l’eau acidulée, en laissant un dépôt sablonneux considérable ;

Le carbonate de chaux noirci, si la combustion est lente, avec un faible scintillement; si la fusion est difficile, le résidu est mamelonné, noirâtre, soluble presque en entier dans l'acide chlorhydrique étendu. Les cendres sont blanches; projetées dans l’eau lorsqu’elles ont été chauffées au rouge, elles font entendre un bruit semblable à celui que produit l’immersion d’un fer rouge dans l'eau froide (1) ;

Le terreau, la <m‘e de marais, la terre arable, la terre des Landes, si la combustion est faible. On obtient un»culot d’un rouge noirâtre, laissant, après le traitement acide, un abondant précipité terreux (^).

Les falsifications du noir de raffinerie par le sable et la bric^ue pilée sont trop grossières pour échapper â l’œil d’un observateur attentif. Il n’en est pas de même de l’addition au noir, de teires argileuses mêlées de substances organiques, puis calcinées ; elle ne pourrait se reconnaîti’e que par une analyse quantitative.

De tout ce que nous venons de dire, il résulte que le noir de raffinerie non adultéré brûle par le chlorate avec un léger scintillement, en donnant une fumée plus ou moins épaisse ; il fournit une cendre blanche, presque entièrement soluble dans les acides.

Le phosphate de chaux et l’azote étant en quelque sorte la base de tous les engrais, plus ceux-ci en renferment, plus ils sont propres à produire une belle végétation.

Dans le noir résidu de raffinerie, le principal agent nutritif de la végétation est le sang (matière azotée) qu’il contient et qui, mélangé au charbon, se décompose assez lentement pour permettre d’absorber et de s’assimiler les produits de sa fermentation. Le charbon, en effet, a la propriété de retarder la putréfaction et d’absorber les gaz qu’elle développe. Il faut aussi tenir compte des composants minéraux qui peuvent, suivant les sols et les cultures, augmenter la valeur de l’engrais.

Ainsi, dans le noir de raffinerie, les principes fertilisants les plus précieux sont l’azote et le phosphate de chaux. Sa valeur commerciale est donc fixée quand on a évalué sa richesse en azote, et dosé les sels calcaires (phosphate et carbonate de chaux) qu’il renferme.

Analyse quantilatiTe rt’un noir. — On forme d’abord un échantillon commun, c’est-à-dire qu’on prend du noir dans plusieurs points de la masse, près de la surface, à la partie inférieure, au milieu; on mélange le tout intimement, et on en extraij, 10 à 15 grammes dont on détermine la quantité d’eau. On en incinère 1 ou 2 grammes pour apprécier la proportion de matière minérale qui y est contenue.

Pour rendre cette incinération plus prompte, on peut recourir à l’emploi du gaz oxygène, qu’on insufflera lentement à la surface du noir placé dans une

(1) Ce mélange de noir et de chaux carbonatée est doux au toucher, il noircit facilement les doigts ; l’addition d’un acide y détermine une effervescence plus tumultueuse que de coutume.

(V.) Ces dernières falsifications sont faciles à déceler par l'inspection à. la loupe.

NOIR d’engrais ou NOIR DES RAFFINERIES.

capsule eu platine ou dans un tôt à rôtir, qu’on porte au rouge à l’aide d’un bec de Bunsen ou par tout autre moyen (fig. 164). On prend ensuite le poids des cendres obtenues. On procède enfin au dosage de l’azote, dosage pour lequel on pourra employer l’un des procédés déjà décrits à l’article Guano, notam-

ment celui de M. Pêhcjot, qui donne rapidement des résultats exacts et qui est d’une pratique fort simple.

Ainmonimèfrc Bobicrrc. — Pour rendre le dosage de l’azote encore plus rapide et plus simple, M. Bobicrre a imaginé un appareil qu’il a nommé ammonimètre. 11 se compose de trois tubes de fer forgé disposés parallèlement et symétriquement dans un fourneau en tôle, ce qui permet de faire trois analyses à

Fig. 16S. - Ammonimètre de Bohierre.

la fois. Ces tubes ont 15 millimètres de diamètre intérieur et 36 centimètres de longueur. Ils sont chauffés avec du charbon de bois ou au gaz, et mis chacun en communication, par un tube recourbé, avec un flacon. Les trois flacons sont plongés dans une cuvette en zinc, pleine d’eau, pour les réfrigérer. Enfin, la tôte de chaque tube reçoit une éponge annulaire, qu’on entretient humide pendant le temps que dure l’opération, afin d’éviter la carbonisation du bouchon

NOIR d’engrais ou NOIR DES RAFFINERIES.

qui relie le tube de fer forgé à celui du flacon. Quant au reste de l’opération, elle se pratique toujours de la même manière, chaque flacon recevant 10“ de l’acide titré destiné à absorber l’ammoniaque, après que les tubes ont été chargés de chaux sodée au milieu de laquelle est placé l’engrais, etc., etc.

On peut remplacer les trois tubes par un seul, comme l’indique la ligure 163. Celui-ci peut être en verre vert entouré d’un manchon en tôle ou en cuivre gratté. La chaleur est donnée par plusieurs becs adaptés à un réservoir qu’on remplit d’alcool. L’éprouvette à pied reçoit la liqueur acide titrée dans laquelle se rend l’ammoniaque qui se dégage pendant l’opération. De cette façon, celleci peut être menée rapidement (1).

Dans l’analyse d’engrais composés et fortement azotés, tels que les 7ioirs anglais, la dessiccation opérée au moyen de la chaleur peut déterminer la volatilisation d’un peu d’ammoniaque, et par suite donner un résultat inexact. MM, Moi'ide et Bohierre ont remédié à cette cause d’erreur en faisant passer, à l’aide d’un flacon d’appel, un courant d"air qui se dessèche par son passage sur du chlorure de calcium, pour arriver ensuite dans un tube chauffé au bainmarie, et où se trouve la substance à dessécher. Ce courant dessiccateur passe ensuite à travers une solution normale sulfurique (comme dans le procédé Péligot pour le dosage de l’azote) qui retient en totalité l’ammoniaque entraînée. La dessiccation terminée, on titre l’acide au moyen du saccharate de chaux ou

.(1) Voici, d’après MM. Boussingault et Payen, le titre de l’azote et les équivalents de plusieurs engrais dont la valeur se rapproche de celle du noir résidu ; le type est le fumier de ferme qui contient, à l’état normal, 4 p. 100 d’azote, et à l’état sec 19,5 p. 100 ; il en faut 10,000 kilogrammes pour la fumure d’un hectare, ce qui représente 40 kilogrammes d’azote; par conséquent, un engrais quelconque h, à poids égal, une valeur d’autant plus grande qu’il en faut une quantité moindre pour représenter 40 kilogrammes d’azote; cette quantité est dite \' équivalent de l’engrais.

ENGRAIS

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