POUR 100 PARTIES
Densité à + 15».
Acide réel = Az05.
Eau.
Densité à + 15».
Acide réel = AzO^.
Eau .
Le tableau suivant établit la richesse, en acide anhydre et en eau ou en acide monohydraté, des acides azotiques de concentrations diverses, correspondant à leurs densités et à leurs degrés à l’aréomètre pèse-acides de Baumé :
Degrés
de l’aréoniètre de Baumé.
Densité.
Acide azotique monohydraté p. )00.
Acide anhydre p. 10.
Eau
Point
d'ébullition
ACIDE NITRIQUE. 61
L’acide à 42 degrés Baumé ou acide létrahydraté paraît être la combinaison la plus stable.
Ce qu’on appelle ordinairement eau-forte est de l’acide azotique. marquant 26® à l’aréomètre de Baumé ; celui qui marque 20® est à\i eau-forte seconde.
Caractères. — (Voir page 20.)
Csa^eB. — L’acide azotique a de nombreux usages dans l’industrie. On l’emploie dans la fabrication de l’acide sulfurique ; pour préparer l’eau régale ; pour la mise en couleur et l’essai des bijoux ; pour l’essai des bronzes ; pour préparer les azotates ou nitrates d’argent, de plomb, de mercure, le sous-nitrate de bismuth, l’acide picrique pour la teinture de la soie en jaune citrin, l’acide oxalique, la dextrine, le coton-poudre, l’o.xyde rouge de mercure, le fulminate de mercure ou poudre fulminante pour les amorces. Il sert dans l’art du doreur, pour dérocher le cuivre, les bronzes et les laitons.
En médecine, l’acide azotique étendu d’eau est employé dans des pédiluves, des limonades, des juleps, des mixtures, et, à l’extérieur, on en fait usage comme escarrotique pour toucher les ulcères, etc.
Altérations. — L’acide azotique livré au commerce marque ordinairement 35 à 36® Baumé ; il n’est pas pur et renferme souvent de Y acide sulfurique, de Yacide chlorhydrique ou plutôt du chloi'e, de Yacide hypoazotique, des sulfates de potasse et de soude, du fer, du cuivre, de Yiode, de Y arsenic.
Vacide sulfurique est reconnu par le précipité qu’il produit avec le chlorure de haryum mis dans l’acide à essayer, lequel sera préalablement étendu de 2 à 3 parties .d’eau (1) ; Yacide chlorhydrique, par le précipité qu’il produit avec le nitrate d’argent ou l’argent divisé. — On reconnaît la présence du chlore dans l’acide soumis à l’essai lorsque, à l’aide de la chaleur, une feuille d’or s’y dissout.
La présence de Yacide hypoazotique se manifeste d’abord par la teinte jaune rougeâtre qu’il communique à l’acide nitrique, puis par son action sur l’iodure de potassium qui est alors fortement coloré en brun; sur le bichromate de potasse, qui prend une teinte verte due à la formation d’une petite quantité d’oxyde de chrome; sur l’hydrogène sulfuré dont il précipite le soufre.
Pour s’assurer de la présence des sulfates de qjotasse, de soude, on évapore à siccité une certaine quantité d'acide; ces sels restent en résidu. Ce dernier, dissous dans l’eau, donne d’une part un précipité avec le chlorure de baryum, de l’autre, un précipité jaune-serin avec le chlorure de platine, si le sulfate est à base de potasse.
L’acide azotique étant préparé en grand dans des cylindres en fonte, peut contenir du fer dont on constate la présence en évaporant l’acide à siccité, calcinant et traitant le résidu par l’eau qui laisse l’oxyde de fer insoluble ; ou bien en évaporant seulement à siccité et reprenant par l’eau : le cyanure jaune, l’ammoniaque, décèlent la présence du fer (ou du cuivre) dans la liqueur.
L’acide nitrique renferme aussi quelquefois de Yiode, ainsi que l’a observé M. Lembei't. Ce corps provient du nitrate de soude ou de potasse, employé à la fabrication de l’acide, dans lequel il se trouve à l’état d’iodate et d’iodure. Pour
(1) Cette addition d’eau est nécessaire; autrement le chlorure de baryum, étant insoluble dans les acides concentrés, se précipiterait de lui-même et ferait croire à la présence de l’acide sulfurique ; l’eau s’oppose à cette précipitation.
ACIDE NITRIQUE
s’assurer de sa présence, on sature d’abord l’acide à essayer par la potasse, la soude ou par le carbonate de ces bases ; on l’additionne ensuite d’une solution claire d’amidon, puis de quelques gouttes d’acide sulfurique, en ayant soin de n’ajouter une autre goutte de cet acide qu’après s’être assuré que la précédente n’a pas déterminé de coloration : la couleur bleue ou violette que prend le liquide indique la présence de l’iode. On peut aussi ajouter à l’acide azotique une solution concentrée d’acide arsénieux dans l’acide chlorhydrique : en chauffant ce mélange dans un tube à essais au sommet duquel on a placé une bande de papier amidonné ou de pain azyme, l’iode réduit en vapeur vient la teinter en bleu.
Enfin, l’acide azotique renferme quelquefois de X arsenic à l’état d’acide arsénique : pour reconnaître ce dernier, on sature l’acide par la potasse, on évapore à siccité, puis on décompose à chaud l’azotate de potasse formé par l'acide sulfurique pur, de manière à chasser tout l’acide azotique. On lave la masse, et l’eau de lavage est introduite dans un appareil de Marsh ayant d’abord fonctionné à blanc, appareil qui indique, par la formation de l’anneau ou des taches et par leurs caractères chimiques, si l’acide azotique essayé renfermait ou non de l’arsenic.
Falsifications. — On a ajouté à l’acide nitrique du nitrate de potasse ou de sonde, afin d’augmenter sa densité, ou du nitrate de zinc, dans le but de le décolorer. Ces additions se reconnaissent par l’évaporation à siccité ; les sels étrangers restent en résidu. Celui-ci repris par l’eau donne une coloration bleue avec dégagement de vapeurs rutilantes par l’addition d’un peu de tournure de cuivre et d’acide sulfurique ; un précipité jaune, avec le chlorure de platine, si le nitrate ajouté est à base de potasse ; s’il est à base de zinc, on a, par la potasse, un précipité blanc d’oxyde de zinc soluble dans un excès d’alcali ; un précipité jaune orangé avec le cyanure rouge; et un précipité blanc avec l’hydrogène sulfuré, si toutefois la liqueur est neutre.
TUra@;c. — • On peut titrer un acide azotique, c’est-à-dire, déterminer la quantité d’eau qu’il renferme, en faisant usage de l’aréomètre ou en recourant à la méthode acidimétrique. Celle-ci consiste à déterminer le volume de liqueur alcaline titrée qu’exigera un volume déterminé d’acide pour être saturé. (Voyez Acidimétrie.) 11 est encore possible d’établir le titre d’un acide azotique en saturant celui-ci par un carbonate alcalin on terreux : 100 parties d’acide azotique réel (AzO^) exigent pour leur saturation 93,4 de carbonate de chaux, 98,4 de carbonate de soude sec et pur ou 217 parties de ce même carbonate cristallisé. (Voir Oxyde de Manganèse : saturation de l’acide chlorhydrique en excès.)
Lorsque l’acide azotique est privé d’acides et de sels étrangers, on peut encore en faire le titrage à l’aide de l’oxyde de plomb. On le sature par un poids connu de ce dernier mis en excès ; puis on évapore à sec et on chauffe le résidu à 120* pour le peser ensuite : l’augmentation de poids qu’aura subie l’oxyde de plomb correspondra à la quantité d’acide libre que contenait la liqueur.
En saturant l’acide par du carbonate de baryte pur et en excès, on obtient encore de bons résultats. On prend 10** d’acide qu’on étend de 9 fois leur volume d’eau distillée ; on y ajoute environ 16 grammes de carbonate de baryte pur. Quand l’effervescence a cessé et que la liqueur est devenue claire, on en prélève 10** qu’on évapore à siccité à 120*, et dont on pèse ensuite le résidu, qui est de