‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 340 sur 470 · PETIT-LAIT · texte numérisé non relu

PETIT-LAIT

ment, marque, en moyenne, 28® au lacto-densimètre, c’est-à-dire qu’il a une densité de 1,028.

Le petit-lail des pharmacies est obtenu par la coagulation du lait à chaud, soit à l’aide du vinaigre, de l’acide acétique ou de ta présure, soit, d’après le Codex, à l’aide d’une solution étendue d’acide lactique (eau 8, acide 1) ; puis on le clarifie au blanc d’œuf ; il marque alors environ 26® au lacto-densimètre, c’està-dire qu’il a une densité de 1,026.

Le petit-lait des pharmacies a une couleur légèrement ambrée, une saveur butyreuse, une odeur fade ; sa fluidité est moindre que celle de l’eau ; il marque 5® au pèse-sirop. Agité dans un flacon, il perle et reste mousseux pendant longr temps ; abandonné à lui-même, il s’aigrit, se trouble et contracte une odeur de fromage. Évaporé au bain-marie, il laisse un résidu jaune, glutineux, soluble dans l’eau, faisant effervescence avec les acides et qui, projeté sur des charbons ardents, répand l’odeur du lait brûlé, en même temps que beaucoup de fumée.

Le petit-lait clarifié n’éprouve aucun changement au contact des acides sulfurique, chlorhydrique, acétique. L’eau de chaux, la potasse caustique, l’ammoniaque, le nitrate d’argent, lui donnent un aspect laiteux; l’infusion de noix de galle le trouble, puis le précipite. Le nitrate acide de mercure y forme un abondant précipité.

Composition. — Le petit-lait a la composition du lait, moins la matière grasse et les matières albuminoïdes (caséine, albumine, etc.), coagulées par l'acide dont on l’additionne. Il est donc principalement formé de lactose et de sels minéraux (1).

Usages. — Le petit-lait est employé dans l’économie domestique et dans les arts. En médecine il est ordonné comme boisson dans les cas d’irritation, de fièvre bilieuse ou inflammatoire. Dans certaines parties de la Suisse, il est administré en bains généraux dans le traitement nommé cure au petit-laü (2).

Altérations. — Quelques personnes ont reconnu que les vases servant à la préparation du petit-lait pouvaient influer sur sa pureté. Ainsi, on a observé du petit-lait qui contenait des sels de cuivre, provenant de l’action de ce liquide sur des vases de cuivre ou de plaqué défectueux. Le cyanure jaune, une lame de fer décapée, etc., feraient reconnaître cette altération.

Falsifications. — Sous le nom de petit-lait factice ou artificiel, on a quelquefois substitué au petit-lait une solution dans laquelle entraient du sucre de lait, quelques sels [sel marin, alun, nitre), plus ou moins analogues à ceux du lait, du vinaigre pour l’aciduler, et du sirop de nerprun pour le colorer.

Cette solution se reconnaît facilement en ce qu’elle n’est nullement troublée par l’infusion de noix de galle. Les alcalis la verdissent légèrement en agissant sur le sirop de nerprun qu'elle contient. Le résidu de son évaporation dégage, par la chaleur, des vapeurs acides et une odeur de caramel différente de celle que présente le véritable petit-lait dans les mêmes circonstances. Souvent aussi

(1) L’analyse des cendres du petit-lait, faite par M. Garrigou, lui a donné, sur 100 litres de ce liquide, de sels composés principalement de phosphate de chaux et de magnésie, de car-

bonate de soude, de chlorure de potassium, etc.

(,2) Quelques médecins prescrivent le petit-lait préparé avec Vatun. Ce liquide donne avec l’ammoniaque un précipité d’alumine, et avec le chlorure de baryum un précipité blanc, insoluble dans l'acide nitrique.

Chevallieh et Baudbimont, 5' édit.

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ce résidu disparaît en entier par l’incinération, parcequ’on n’a fait entrer en dissolution que du sucre de lait.

Par une économie mal entendue, on a préparé le petit-lait avec Xacide sulfurique. Un pareil sérum donne, avec le chlorure de baryum, un précipité blanc abondant, insoluble dans l’acide nitrique. De plus, évaporé à siccité et repris par l’alcool fort, il lui cède son acide sulfurique à l’exclusion de tout sulfate, acide que l’on reconnaît ensuite à l’aide du sel barytique.

PÉTROLE. — Le pétrole ou huile de pierre {oleum petrœ) est un produit naturel que l’on rencontre à de plus ou moins grandes profondeurs au milieu des couches terrestres et dans des terrains très-variés. 11 est liquide, plus ou moins brunâtre avec des reflets verdâtres. Son odeur vive et caractéristique rappelle celle des produits pyrogénés de la houille. Il est formé par le mélange d’un nombre considérable dihydrogènes carbonés, les uns presque gazeux, les autres liquides, les troisièmes solides. L’origine en est inconnue : ces hydrogènes carbonés dérivent-ils d’anciennes matières organiques ayant subi une distillation sous l’influence de la chaleur propre à notre globe ; ou bien résultent-ils du jeu des éléments simples, ou tout au moins de l’action de l’eau sur le carbone à de hautes températures? C’est ce qu’on ne saurait établir. Quoi qu’il en soit, tous ces produits sont éminemment combustibles, ils brûlent avec une flamme plus ou moins fuligineuse, très-éclairante, et leur vapeur, mélangée à l’air, détone violemment à l’approche d’un corps en combustion.

Le pétrole porte souvent le nom de naphte, bitume-naphte ou huile de naphte ; maison applique plus particulièrement cette désignation aux huiles minérales, dont le point d’ébullition est relativement peu élevé et qui donnent, à la température ordinaire, des vapeurs très-inflammables. Du naphte au bitume en passant par le pétrole, il y a tous les produits intermédiaires possibles, à commencer par ceux qui affectent la forme de gaz [grisou, form'ene), jusqu’aux produits solides, comme l'asphalte ou bitume de Judée.

Les pétroles et les naphtes se rencontrent aujourd’hui dans un très-grand nombre de localités ; il suffit quelquefois de creuser des puits de 10 mètres de profondeur, pour les voir jaillir en gerbes liquides, qui s’écoulent d’elles-mêmes, ou qui s’accumulent en quantités énormes dans des cavités naturelles d’où on les extrait à l’aide des pompes. On en connaît en Perse et à Bakou, sur les côtes occidentales de la mer Caspienne, ainsi qu’aux environs du lac Asphaltite ou mer Morte, où ces produits inflammables sont utilisés depuis la plus haute antiquité. Il en existe dans la Turquie d’Asie, en Chine et à Rangoon (en Birmanie), ainsi que dans la Malaisie, à Java et à Sumatra. L’Europe en recèle des mines assez étendues, comme à Amiano, dans l’ancien duché de Parme ; dans la Calabre, la Sicile, en Angleterre, en Espagne, en Bavière, en Suède, en France, en Amérique, en Hongrie et en Transylvanie. Mais c’est surtout aux États- Unis d’Amérique, dans la Pensylvanie, et au Canada qu’on en trouve des sources pour ainsi dire inépuisables, et dont l’exploitation toute récente remonte seulement à 1859. Depuis cette époque jusqu’en 1871 inclusivement, les États- Unis, à eux seuls, en ont extrait pour être livrés au commerce, 42,445,033 barils de 160 litres chacun (1).

(1) ChancUer, Rapport sur l’huile de pétrole. Moniteur scientifique, 1872.

PÉTROLE

Composition. — Les pétroles ont une composition excessivement variable suivant leur origine. Ils sont plus ou moins fluides ou plus ou moins épais et bitumineux. En général, leur composition centésimale peut être représentée par : carbone, 85 ; hydrogéné, 15 (il en est qui contiennent de l’oxygène); mais elle ne donne, sous cette forme, aucune idée de l'étonnante variété des hydrocarbures qui les constituent. En effet, ils diffèrent les uns des autres sous plusieurs rapports :

« 1® Leur volatilité peut être très-différente, car il en est depuis le gaz presque permanent jusqu’aux solides qui n’entrent en ébullition qu’à une température très-élevée (370 et 420®) ;

« 2® La volatilité de ces composés hydrocarburés est entièrement liée à leur poids spécifique ou densité, de sorte que les huiles les plus légères sont les plus volatiles, tandis que les plus lourdes ont des points d’ébullition plus élevés;

« 3® V inflammabilité des huiles est aussi en raison de leur volatilité et de leur poids spécifique : les huiles volatiles prennent feu à l’approche d’une allumette enflammée pour si basse que soit leur température ; tandis que les huiles lourdes, moins volatiles, ne peuvent être enflammées qu’après avoir été chauffées préalablement [Chandler). »

Les hydrocarbures des pétroles et des naphtes appartiennent aux trois séries possibles d’hydi’ogènes carbonés ; on y rencontre ceux qui se rattachent à la série forménique, ou série des hydrocarbures saturés (hydrures des radicaux alcooliques) ; puis ceux qu’on nomme oléfines, parce qu’ils sont homologues du gaz olé fiant ; ils forment la série éthylénique et sont à équivalents égaux de carbone et d’hydrogène. Il en est enfin qui sont formés de carbures où le carbone est en excès ; tels sont la benzine et ses homologues les paraffines, etc.

Quelques auteurs ont proposé de classer les pétroles en deux grands groupes : 1® Les naphtes ou naphtes bitumineux proprement dits, formés surtout d’hydrocarbures chez lesquels les équivalents du carbone surpassent ceux de l’hydrogène; leur point d’ébullition est assez élevé. Ils renferment peu de paraffine: tels sont les naphtes de la mer Caspienne;

2® Les huiles minérales para ffineuses, généralement onctueuses au toucher, renfermant une proportion assez notable de paraffine et d’hydrocarbures forméniques (C2'‘R2«+2) et éthyléniques (G2”H2''), dont le point d’ébullition n’est pas très-élevé. Une certaine quantité de benzine et de ses homologues se rencontre fréquemment dans ces huiles : l’huile minérale de Rangoon (Birmanie), le minjink lantoing de Java, le minjink lingi de Sumatra et les pétroles des États- Unis et du Canada en sont des exemples (1).

Voici le tableau des hydrocarbures forméniques qui, d’après Pelouze et Cahours, constituent une partie de ces huiles. Un deuxième tableau représente la série des oléfines ou hydrocarbures de la série éthylénique, qui s’y trouvent également :

fl) Kopp, Moniteur scientifique, 1862.

TABLEAU

PÉTROLE

Tableau résumant quelques caractères physiques des hydrures alcooliques

extraits des pétroles.

DBS

NOMS

HYDRURES.

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