‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 339 sur 470 · PETIT-LAIT · texte numérisé non relu

PETIT-LAIT

le mélange. Après 12 heures, la pepsine, si elle est de bonne qualité, a dû dissoudre toute la fibrine, ce qui communique au liquide une consistance semigélatineuse. Étendu d’eau et filtré, il ne se trouble pas par l’ébullition, ni par l’acide azotique à froid, mais il est précipité par Talcool fort et par le tannin, à cause de Y albuminose ou peptone provenant de la conversion de la fibrine sous l’influence de la pepsine.

L’essai des pepsines amylacées repose sur cette donnée que 1 gramme de ces substances doit digérer 6 grammes de fibrine.

Leur titrage indique donc, non pas la proportion du principe pepsinique, supposé pur, qui existe dans une pepsine médicinale, mais la proportion plus ou moins considérable de ce produit qu’il faut employer pour transformer complètement une quantité constante de fibrine prise pour unité et égale à G grammes. Ces pepsines doivent être suffisamment acides, ou par elles-mêmes, ou par l’acide qu’on va leur ajouter, pour pouvoir saturer de carbonate de

soude sec par chaque gramme de pepsine à essayer. Celle-ci étant donnée, voici, selon Guibourt, comment on doit procéder à l’examen de son activité :

« t» On constate son acidité réelle (t) ; 2° on met cette pepsine dans 25 grammes d’eau ; 3" on ajoute une quantité suffisante d’acide chloi’hydrique pour compléter, avec l’acide primitif de cette pepsine, une acidité égale à la saturation de de carbonate de soude sec et fondu ; 4° on agite plusieurs

fois le mélange ; 5“ on ajoute six grammes de fibrine (2) ; 6° on porte à l’étuve maintenue pendant 12 heures à une température fixe de -j- 40® à -j- 43“ ; 7® on agite une fois vivement à chacune des trois premières heures, puis une fois à chacune des trois heures suivantes ; 8® le temps de 12 heures écoulé, on examine si la fibrine est méconnaissable et en très-majeure partie dissoute ; 9® on filtre la liqueur en entier : dix gouttes d’acide azotique à froid n’y doivent produire aucun précipité. »

A ce genre d’essai il faut ajouter les remarques suivantes : les pepsines ne doivent jamais avoir une odeur putride ; examinées au microscope, à cela près de l’amidon auquel elles peuvent être mélangées, elles ne doivent rien laisser voir d’organisé ; celles qui présentent des fibres de coton, de la paille, du bois, sont impures. Traitées par l’eau à la température ordinaire, leur solution ne doit pas se coaguler par la chaleur, ni par l’acide nitrique à froid ; autrement, c’est qu’elles renfermeraient de l’albumine ; elles ne doivent pas non plus noircir par l’hydrogène sulfuré, autrement elles contiendraient du plomb. Elles renferment des traces de sulfates, de chlorures et de sels de chaux ; celles qu’on a acidifiées, contiennent de l’acide tartrique, ou citrique, ou lactique ; mais cette acidité ne doit pas dépasser la proportion indiquée plus haut.

Quelquefois une pepsine est mélangée, non à l’amidon, mais à du sucre de lait. Alors, si elle est mal abritée contre l’humidité, elle devient très-acide, en convertissant ce sucre en acide lactique.

PETIT-LAIT. — Le sérum normal du lait ou petit-lait, obtenu naturelle-

(1) Cet essai se fait, comme tous les essais acidimétriques, en traitant par exemple 1 gramme de substance par l’eau, y ajoutant quelques gouttes de tournesol et saturant à l'aide d'une solution alcaline titrée.

(2) Cette fibrine doit avoir été extraite du sang ; elle doit être bien intacte, non altérée, humide, mais non mouillée, c’est-à-dire ne déposant pas d’eau sur le papier.

Page 1