‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 343 sur 470 · EMPLOI · texte numérisé non relu

EMPLOI

BT CAHACTBRES DBS PRODUITS.

Cymogène

IIO»

Produit condensé à l’aide de la pompe, avec la machine à faire la glace. — Bout à 0°.

Rhigolène

Condensé par la glace et le sel. — Employé comme anesthésique. — Bout à 18“,3:i.

Gazolène

Condensé dans un serpentin par l’eau froide ; employé dans les appareils pour gaz à air et pour carburer les

Naphte

gaz .

Employé pour l’imperméabilisation des tissus, le dégraissage. — Sert à dénaturer le kérosène, etc.

Benzine

Employé pour les peintures et les vernis.

Kérosène ou pétrole raffiné.

Huile ordinaire pour lampes.

Huile à paraffine.

Coke, gaz, pertes.

Semi-solide à froid. — On en extrait de la paraffine par refroidissement et pression, — L’huile sert pour 'ubrifier les machines.

{Chandler : Mon. scient.).

Mais la plupart des établissements, même les plus considérables, n’extraient que trois produits du pétrole brut : 1“ le naphte brut ou essence, pesant 750 grammes le litre ; 2“ le kérosène ou huile d‘ éclairage, huile lampante, pesant 800 grammes ; 3“ les huiles lourdes ou résidu, pesant 830 grammes.

Le naphte est incolore ou légèrement jaunâtre, d’une odeur pénétrante particulière. Sa densité varie de 0,715 à 0,758. Il bout vers 60®, et s’enflamme avec la plus grande facilité. lise mélange complètement à l’alcool absolu, et donne à la distillation fractionnée 48,6 p. 100 à'éther de naphte. Ce dernier peut remplacer l’essence de térébenthine et le sulfure de carbone comme dissolvant, ainsi que la benzine pour le dégraissage.

Le pétrole 7-affiné ou kérosène est presque incolore, à odeur moins vive que celle du précédent ; sa densité est de 0,80. Il bout vers 150“ et ne s’enflamme qu’au delà de 40“. Il ne s’évapore pas sensiblement à la température ordinaire et ne se mélange pas à l’alcool absolu. Il est très-propre à alimenter les lampes.

Usagées. — Tous ces liquides sont employés aujourd’hui à un grand nombre d’usages, mais notamment à l’éclairage, pour lequel il s’en consomme des quantités énormes. Les huiles légères ou essences servent à dénaturer ou plutôt à infecter l’alcool destiné aux vernis, etc. Les pétroles bruts sont employés directement comme combustible dans des appareils spéciaux (1).

(t) La quantité de chaleur que développe leur combustion augmente en général avec les proportions d’hydrogène, et diminue avec les proportions d’oxygène qu’ils renferment (H. Sainte- Claire Deville).

PÉTROLE

Falsifications. — Le pétrole nommé ké?‘osène, principalement destiné à l’éclairage, est un liquide dont l’usage n’offre aucun danger lorsqu’il a été convenablement rectifié, c’est-à-dire, lorsqu’il a été dépouillé des hydrocarbures très-volatils qu’il contient naturellement. Mais lorsque le pétrole a été mal ou incomplètement raffiné, ou bien lorsqu’on lui a ajouté frauduleusement une certaine quantité de naphte, il devient alors très-dangereux, parce que ce dernier, produisant des vapeurs inflammables à la température ordinaire, ces vapeurs, en se mélangeant à l'air, forment une atmosphère explosible; de là des détonations redoutables et des incendies contre lesquels il est difficile de lutter.

Non-seulement ces falsifications se pratiquent sur une grande échelle, mais certains industriels ont eu la prétention d’avoir trouvé des procédés, qu’ils font breveter, ayant pour but de rendre inexplosibles les pétroles dans lesquels ils font entrer le gazolène, le naphte, la benzine, etc. Ces procédés, qui consistent presque toujours à ajouter à ces mélanges des écorces, des racines, des sels, etc., sont d’une inefficacité absolue; et les huiles dangereuses qui sont vendues sous les noms commerciaux de gaz liquide, huile aurore, gaz de sûreté, pétroline, puroline, septoline, etc., sont tout aussi explosibles après qu’avant le traitement.

Il a donc été nécessaire de réglementer le commerce des huiles de pétrole destinées à l’éclairage : de là les Décrets et instructions concernant les huiles minérales publiés par le Comité d’hygiène.

Un essai bien simple permet le plus souvent d’apprécier la valeur d’un pétrole du commerce : il suffit d’en répandre une petite quantité dans une soucoupe et d’y porter une allumette enflammée ; celle-ci doit s’éteindre en entrant dans le liquide, sans lui communiquer sa flamme.

Un autre moyen plus scientifique consiste à déterminer le poids de 1 litre du liquide à essayer ; il ne doit pas être au-dessous de 800 grammes, car, ainsi qu’il a été dit plus haut, la densité du pétrole raffiné est de 0,8Ü0, tandis que celle desnaphtes ou essences n’est que de 0,750. Mais certains marchands mélangent aux huiles lampantes à 800, une partie d’essence à 750 et une partie d’huiles lourdes à 850, de manière à ramener le mélange à une densité moyenne de 800; de telle façon que ce mode d’essai devient illusoire. On peut alors avoir recours au moyen suivant :

On agite le liquide avec de l’eau tiède dans un vase étroit, puis, après un instant de repos et quand la couche superficielle qui se forme bientôt est de l’épaisseur de 1 à 2 millimètres, on en approche une allumette en feu qui détermine l’inflammation du liquide, s’il contient du naphte.

A ces moyens peu rigoureux, on a cherché à substituer des méthodes plus certaines reposant sur des propriétés physiques constantes : la densité, le point d'ébullition, la tension de vapeur, \q point d'inflammabilité de la vapeur et le point d'ignition de l'huile minérale, tout a été mis en usage pour préciser davantage la valeur commerciale des pétroles et pour écarter de la vente ceux dont l’usage peut offrir le moindre danger.

La densité et \& point d' ébullition sont facilement obtenus par les procédés ordinaires. Quant à ce dernier caractère, il faut remarquer qu’il présente quelque incertitude pour un même pétrole, puisque cette matière est un mélange de divers hydrocarbures bouillant à des degrés différents. 11 devient alors nécessaire

PÉTROLE

de soumettre ce genre de produits à une distillation fractionnée, afin d’en recueillir séparément les divers liquides dont les points d’ébullition sont trèS' différents, ainsi qu’on peuten juger à l’inspection des tableaux précédents. Cette distillation fractionnée peut se pratiquer à l’aide d’un appareil distillatoire ordinaire muni d’un thermomètre indicateur : on reçoit les vapeurs condensées dans des flacons tarés ou gradués qu’on change de 50" en 50" par exemple, et qui donnent ainsi, avec la plus grande facilité, le poids ou le volume du liquide condensé (fig. 179). Dans la cornue, on introduit 100"' du liquide à dis-

Fig. 179. — Appareil à distillation fractionniîe. Ihcrmomètre; o, vase plein d'eau pour alimenlcr le réfrigérant r;

Cf éprouvettes graduées pour recevoir les produits distillés.

tiller, et les produits condensés à l’aide du réfrigérant r sont reçus successivement dans les différents vases e placés au-dessous de ce réfrigérant. A partir du commencement de la distillation, les températures étant indiquées par le thermomètre t fixé à la cornue, on recueille les produits condensés de 50" en 50“ jusqu’à 400" par exemple. Les diverses éprouvettes ayant été pesées et calibrées, on a ainsi le volume et le poids des liquides qu’elles reçoivent, ce qui permet d'en établir facilement la densité.

La distillation ayant cessé, on prend aussi le poids et le volume du résidu contenu dans la cornue, ce qui complète l’analyse.

Dans l’Amérique du Nord, on se sert d’instruments qui font connaître à quel degré une huile de pétrole devient explosible (1) 11 est évident qu’un simple tube à essai muni d’un thermomètre, et régulièrement chauffé, pourrait suffire à cette détermination [Attfield) \ en y introduisant le pétrole à essayer, et en plongeant le tube dans de l’eau chaude, puis en promenant de temps en temps au-dessus du liquide combustible une allumette enflammée, on pourrait constater, en suivant la marche du thermomètre, la température à laquelle a lieu

(1) Dès lfC4, M. Parrish avait imaginé un nuphtomctre ayant une grande analogie avec 1 appareil de Tagliabiie décrit plus bas.

PÉTROLE

l’inflammation, et, par conséquent, l’émission des vapeurs corhbustibles. Mais d’après les recherches de C. Calvert^ les résultats qu’on obtient alors varient avec la durée de réchauffement, ainsi qu’avec la distance de la boule du thermomètre au fond du tube, de telle sorte qu’il devient nécessaire, ou d’opérer dans des conditions toujours égales et précises, ou de recourir à des instruments spéciaux.

Appareil de Tagliabue. — L’appareil de Tacjliabue, de New-York (1), se compose d’un cylindre métallique en laiton, servant de support à la partie principale de l’appareil et ouvert latéralement pour y passer une lampe à al- -cool (fig. 180). Au-dessus de celle-ci est une chaudière B, qui reçoit l’eau ser-

rig. 180. — Appareil île 2'agliabue pour l’essai du pouvoir iutlammable du pétrole.

vaut de bain-marie à la deuxième chaudière A, dans laquelle est contenu le pétrole soumis à l’essai. Ce vase A est muni d’un couvercle percé, en c?, de deux ouvertures qu’on peut clore à volonté; ce couvercle est encore traversé par la tige d’un thermomètre T, dont le réservoir plonge dans l’huile minérale ; puis enfin il porte un cylindre F ayant deux ouvertures, l’une supérieure, l’autre latérale. En chauffant l’eau du vase B à l’aide de la lampe à alcool, on force la partie la plus volatile de l’huile à émettre ses vapeurs au milieu de l’air

(1) Ckandler, Monit. sc., 1873, p. 90.

PÉTROLE

du vase F; de telle sorte qu’en approchant des ouvertures de celui-ci une allumette flambante, on y fait naître de petites explosions à la température indiquée par le thermomètre. Cette expérience doit être plusieurs fois répétée pour obtenir une bonne moyenne.

En déplaçant le couvercle de l’appareil d’une certaine façon, le thermomètre conservant sa position, on peut, en chauffant davantage, voir à quel degré de chaleur a lieu l'ignition de l’huile elle-même. Ces deux données, le point d'inflammation des vapeurs et le point A'ignition de l’huile, sont des plus utiles pour apprécier la qualité de celle-ci ; mais la première est surtout indispensable.

On a fixé à 37°, 7 en Amérique, et tout récemment à 3o“ en France, la température minima à laquelle peut avoir lieu le point d’inflammation d’un pétrole, pour qu’il soit réputé sans danger et propre à l’éclairage ; mais il semble que * cette limite ne soit pas suffisamment élevée. Quant à la température minima du point d'ignition, elle est fixée en Amérique à 43“, 33. On doit remarquer à ce sujet qu’il est des pétroles dont le point d’ignition peut dépasser de beaucoup ce degré de chaleur, quoique leur point d’inflammation soit au-dessous de 37®.

Appareil de MM. Salleron et Urbain. — MM. Salleron et Urbain ont imaginé un mode d’essai plus précis pour juger de la qualité des pétroles : il repose sur la détermination de leur tension de vapeur à une température connue .

Leur appareil se compose d’une chaudière è, hermétiquement fermée parmi disque dd, qui s’y ajuste exactement (fig. 181). Ce disque est traversé par un manomètre à eau m de 30 à 33 centimètres de hauteur et dont le pied plonge dans l’eau du vase b ; 2.® par un petit thermomètre t; 3° par un tube à insufflation /, muni d’un robinet ; 4® par une pièce mobile à cavité c, pouvant correspondre à volonté avec l’ouverture

0 du disque, d^e manière à communi-

quer, mais seulement dans ce cas, avec la chaudière b. On introduit dans celle-ci 30 centimètres d’eau ; puis, la pièce g étant disposée de manière à fermer l’orifice O, on remplit la cavité c de quelques centimètres du pétrole soumis a rig.* isi. — Appareil de MM. Salleron et Urbain l’essai. On plonge alors la boîte b dans ‘““^ion de vapeur des

^ AO pétroles.

1 eau pour y rendre partout la température uniforme et stable. Une fois ceci apprécié à l’aide du thermomètre, on insuffle assez d’air par le tube l pour forcer l’eau du vase b à s’élever jusqu’au zéro du manomètre. Arrivé à ce point, on fait glisser la pièce g jusqu’à l’ouverture o pour permettre au pétrole de tomber à la surface de l’eau du vase b. Dès lors, la tension de la vapeur se manifeste par l’élévation du liquide dans le manomètre ; on note celle-ci, ainsi que la température, et l’on compare le résultat obtenu à ceux qui sont consignés dans le tableau placé plus bas : comme il a été construit par l’essai d’une huile minérale pure et ser-

PÉTROLE

vant de type de comparaison, on peut dire que tout essai qui donnera, pour 4- 15“ par exemple, une tension de vapeur dépassant 64 millimètres d’eau, correspondra à un pétrole mélangé de naphte et par conséquent d'un usage dangereux (1).

TEMPÉRITDRI.

TEHiîlOn

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