PHOSPHORE
Cette altération se reconnaît au moyen d’un sel soluble de baryte (chlorure ou nitrate) : en versant ce réactif, jusqu’à cessation de précipité, dans une solution de phosphate de soude, et traitant par l’acide nitrique, le précipité est entièrement dissous, s’il n’est composé que de phosphate de baryte; dans le cas contraire, la partie insoluble est composée de sulfate de baryte.
La présence du carbonate de soude est décelée par l’effervescence produite au contact de l’acide nitrique. A l’aide d’un sel soluble de baryte, on précipite le carbonate de baryte, en même temps que le phosphate ; le précipité est entièrement soluble dans l’acide nitrique ; la dissolution saturée par l’ammoniaque ne laisse précipiter que le phosphate de baryte, et, à l’aide du carbonate d’ammoniaque versé dans la liqueur restante, on a le carbonate de baryte. Ce précipité, lavé, séché et pesé, fait connaître le poids de carbonate de soude mêlé au phosphate, dont on a eu soin de prendre préalablement une quantité déterminée, sachant que 100 p. de carbonate de baryte représentent S4 p. de carbonate de soude sec et 145 p. de carbonate de soude cristallisé.
On opère de même pour le précipité de sulfate de baryte dont le poids fait connaître celui du sulfate de soude mélangé : 100 p. de sulfate de baryte représentent 61 p. de sulfate de soude sec et 138 p. de sulfate de soudecristallisé.
D’ailleurs, les cristaux de sulfate de soude peuvent être facilement distingués de ceux du phosphate : ce sont des prismes à quatre pans striés, sans action sensible sur la teinture de tournesol et verdissant légèrement le sirop de violettes.
lien est de même du carbonate de soude, qui cristallise en rhomboïdes, dont le mélange avec le phosphate pourrait se manifester par une altération dans la forme cristalline de ce sel.
PHOSPHORE: P = 31. — Le phosphore est un corps dimorphe offrant deux variétés : 1 “ le Phosphore incolore et transparent, à\inormal; 2°le Phosphore rouge et opaque, dit amorphe.
Phosphore normal. — Lorsqu’il est pur, il est incolore et transparent ; il est ductile et mou comme de la cire, se laisse ployer plusieurs fois sur luimême, rayer par l’ongle et couper avec des ciseaux. Il est insipide; son odeur faible a de l’analogie avec celle de l’ail ou de la vapeur d’arsenic. Quelquefois le phosphore est seulement translucide, d’une couleur qui varie du blanc au jaunâtre ; une simple modification moléculaire le rend rouge et opaque. Au contact de l’air humide, il brûle lentement et exhale des vapeurs d’acide phosphoreux et d’acide phosphorique ; il est faiblement lumineux dans l’obscurité : de là son nom (de lumière ; cpépw, je porte).
La densité du phosphore est de 1,77; suivant M. Schrætter, elle varie entre 1,82 et 1,83. Il fond à 44®, 2 {Desains), et entre en ébullition à 290®. Chauffé au contact de l’air, il s’enflamme très-facilement à une température voisine de son point de fusion, et brûle avec une vive lumière en répandant une fumée blanche épaisse d’acide phosphorique anhydre.
Le phosphore est insoluble dans l’eau, peu soluble dans l’alcool, plus soluble dans l’éther, dans le naphte, dans les huiles fixes et essentielles, et dans les corps gras ; il est plus soluble à chaud qu’à froid, et il se dépose en partie pendant le refroidissement. Son meilleur dissolvant est le sulfure de carbone.
Quelquefois on le trouve recouvert d’une croûte blanche opaque. Le phosphore blanc n’est ni un hydrate, comme Pelouze le croyait, ni un état allotropi-