‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 351 sur 470 · PLATRE · texte numérisé non relu

PLATRE

Le sulfate de chaux hydraté (1) ou gypse, se trouve aussi dans la nature : 1° sous forme de tables biselées, à base de parallélogramme obliquangle ; 2“ de lentilles jaunâtres, isolées, plus ou moins volumineuses, ou groupées en rosaces ; 3“ de lamelles ou feuillets minces superposés en très-grand nombre, formant de larges cristaux épais, diaphanes, bémitropes, rappelant alors la forme d’un fer de lance. 11 prend encore d’autres aspects, ce qui constitue un grand nombre de variétés. Le sulfate de chaux hydraté est soluble dans 4C0 ou oOO fois son poids d’eau ; sa densité est 2,20 à 2,31 ; le plâtre cuit a une densité moyenne de 1,20 à 1,80.

Composition. — La Composition du plâtre, un peu variable d’ailleurs, est la

suivante :

Sulfate de chaux 70,4

Carbonate de chaux 7,6

Argile et traces de matières organiques 3,2

Cette composition est celle du plâtre cru des environs de Paris, qui est en cristaux grenus, plus ou moins serrés, entre lesquels se trouvent les substances étrangères ; celte texture est celle de la meilleure variété de plâtre ordinaire, propre aux constructions.

Usages. — Le plâtre est employé en grande partie dans le bâtiment. On s’en sert aussi pour couler des bustes, des statues, pour faire un grand nombre d’objets moulés ; pour la préparation du stuc, des plâtres alunés {cùnents-marbi'es) ; enfin il est usité dans l’agriculture et pour la préparation de certains engrais. Le sulfate de chaux artificiel est introduit dans la préparation de plusieurs eaux minérales factices.

Sous le nom de sulfate atomique, on en fait entrer une assez grande quantité dans la fabrication des papiers peints.

Alterations. — Le plâtre cuit exposé au contact de l’air absorbe de l’eau, et ne prend plus aussi bien que celui qui n’y a pas été exposé.

Falsifications. — M. J. Ray, pharmacien à Troyes, a reconnu qu’on mêlait au plâtre de la amie en poud7'e,(\\xi, dans ce pays, est à très-vil prix comparativement au plâtre. 11 est très-facile de constater cette falsification. Le sulfate de chaux ne fait pas sensiblement effervescence avec les acides ; le sulfate de chaux additionné de craie donne lieu à une effervescence plus ou moins vive, selon la quantité de craie ajoutée. On emploie, pour faire ces essais, soit du vinaigre, soit de l’acid» chlorhydrique ou nitrique étendus d’eau.

Il ne faudrait pas conclure que du plâtre est falsifié par cela môme qu’il ferait effervescence au contact des acides ; il faudrait s'assurer que la carrière qui a fourni le plâtre ne contient pas de carbonate. En effet, Bucholz, Bergmann, Guyton de Mot'veau, Thomson, Klaproth, Berzelius, n’ont point reconnu la présence du carbonate de chaux dans les plâtres qu’ils ont analysés; mais Bonis en indique près de f /2 p. 100 dans le sulfate de chaux de Pitou (Aude) ; et y?ose dit que le sulfate calcarifère de Paris en contient 7,63 p. 100. Ou voit donc que dans un cas de suspicion, il y a lieu d’être circonspect et de faire des examens comparatifs.

(1) Le sulfate de chaux anhydre naturel est connu sous les noms do karsténite, A'anhydritc.

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