PLOMB
PLOMB : Pb = 103,5. — Le plomb, désigné sous le nom de Saturne par les anciens chimistes, est un métal d’un blanc bleuâtre assez éclatant, insipide, inodore, mais qui acquiert une légère odeur par le frottement. Il est très-malléable, mou, flexible, peu ductile et peu tenace, quoique s’étendant facilement sous le marteau. Il se tire fort mal en fils, mais il peut être laminé facilement et fournir des feuilles très-minces. Par le frottement, il tache les corps en gris bleuâtre. Sa densité est 11,35 ; celle du plomb parfaitement pur est égale à 11,445. Contrairement aux autres métaux, cette densité diminue par l’écrouissage. Il fond entre 325 et 335®, bout à une forte chaleur et se volatilise lentement. 11 est susceptible de cristalliser par fusion en pyramides quadrangulaires et quelquefois en petits octaèdres implantés les uns dans les autres.
Exposé à l’air, le plomb se ternit, sa surface devient d’un gris sale. Ce phénomène se manifeste d’autant plus rapidement que l’atmosphère est plus riche en eau et en acide carbonique. Chauffé au contact de l’air, un peu au-dessus de son point de fusion, il s’oxyde promptement.
Les acides agissent sur le plomb avec plus ou moins d’énergie ; son meilleur dissolvant est l’acide azotique.
Soumis à l’action simultanée de l’air et de l’eau distillée ou des eaux pluviales, le plomb est rapidement attaqué : il se recouvre d’une pellicule blanche d’oxyde et de carbonate de plomb ; l’eau retient en même temps en dissolution une certaine quantité de cet oxyde. Mais les eaux de sources ou de rivières qui contiennent des sels, en dissolution, notamment le sulfate de chaux, sont sans effet sur le plomb [Phillips). Cette différence d’action explique pourquoi l’on peut sans inconvénient distribuer des eaux ordinaires dans les tuyaux de plomb, tandis qu’on ne saurait laisser séjourner des eaux pluviales dans des réservoirs faits avec ce métal (1).
Usagées. — Le plomb métallique n’est guère employé en médecine que sous la forme de feuilles, ou de drains pour pansements ; il est alors d’un usage très dangereux ; mieux vaut lui substituer l'étain métallique qui est tout aussi malléable sans être toxique Er. B.). A l’état de combinaison, il entre dans plusieurs préparations pharmaceutiques ; mais, dans les arts, ses usages sont trèsnomhreux. Il sert à couvrir les édifices, à fabriquer des tuyaux de conduite, pour préparer les balles, le plomb de chasse, la céruse, le massicot, le minium ; il fait partie des caractères d’imprimerie, de la soudure des plombiers et des ferblantiers, etc.
Altérations. — Le plomb du Commerce peut contenir du fei\ du cuivre (2), de \ argent, quelquefois du zinc, de Vétain, du bistnuth, de V antimoine , de Varsenic (3). On y trouve aussi du soufre et du protoxyde de plomb dissous dans le métal lorsqu’il a été fondu au contact de l’air. Enfin M. Baker y a trouvé des traces de nickel. En général, le plomb est d’autant plus pur qu’il est plus mou.
. Pour reconnaître la présence de ces métaux, on fait dissoudre une certaiae quantité de plomb dans l’acide nitrique étendu, et on précipite la liqueur par
(1) Toutes les reclierches faites récemment sur ce sujet confirment ce qui vient d’être dit.
(2) La quantité de ce métal s’élève parfois à 1 ou 2 centièmes.
(3) Le plomb do chasse, par exemple, renferme toujours une certaine quantité à'arsenic (-3 à 8 millièmes) qui lui communique la propriété de se granulcr.