‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 354 sur 470 · TITI/E · texte numérisé non relu

TITI/E

Aï.CALIMÉTRlQLK.

TITRE

rONDÉn.AL, 1

n) Si, par exemple, il a fallu 35 centièmes dacidc normal pour saturer la potasse, et 12 de chlorure de baryum pour précipiter le sulfate de potasse, on on conclura que l'échantillon sou-

POTxVSSE Dr GOMMEUCE.

Procédé de Mohr et Aslley Price. — D’après les conseils de MM. Mohr et Asile;/ Price, il est avantageux de substituer l’acide oxalique C'‘H-0*, 4 aq. à l’acide sulfurique. Eu effet, d’après les recherches deM. Marignac, ce dernier, lorsqu’il marque 66“ à l’aréomètre, n’est pas de l’acide monohydraté pur ; il renferme encore un douzième d’eau en plus, tandis que l’acide oxalique cristallisé, purifié et bien sec, est toujours d’une composition constante. Ou en dissout I équivalent, soit 63 grammes, de manière i\ en faire un litre de liqueur.

Pour faire un essai de potasse du commerce, on en pèse 47*^1 qu’on dissout dans assez d’eau pour avoir 1000““. On en prend 10““, ce qui représente 06‘',47i du sel à essayer. On les additionne de quelques gouttes do teinture de tournesol, puis on y ajoute goutte à goutte, à l’aide d’une burette graduée en 10"’“^ de centimètre cube, la solution titrée d’acide oxalique. On opère la saturation comme on l’a dit pour l’acide sulfurique. Il est évident que le titre de la potasse soumise à l’essai correspondra à la dépense d’acide indiquée par la burette pour arriver à la saturation. lü““ d’acide titré, soit 100 divisions de la burette, représentent 0,63 d’acide oxalique, correspondant à 1 équivalent, soit 0,471 d’oxyde de potassium anhydre. Sidonc on a dépensé 47 divisions d’acide, c’est quele sel renferme 47 centièmes de potasse réelle, c’est-à-dire de potasse libre ou carbonatée. En effet, il ne faut pas oublier que l’acide oxalique n'a aucune action sur celle qui est engagée dans le sulfate de potasse ou dans le chlorure de potassium.

Méthode des restes. — Cette expérience, au lieu de se pratiquer directement, peut se faire par la méthode des 7'estes Pour cela, on doit avoir préparé une solution de soude caustique capable de saturer exactement la solution titré(‘ d’acide oxalique à volume égal. Si alors on fait usage d’un plus grand volume de ce dernier pour sursaturer 10““ de la potasse soumise à l’essai, on peut, à l’aide de la solution titrée de soude placée également dans une burette graduée, déterminer le volume de l’excès d’acide employé ; il suffira pour cela d’ajouter assez de soude pour ramener au bleu la liqueur rougie par l’excès d’acide oxalique. On défalque de ce dernier un volume égal à celui de la soude employée et on a le chiffre exact de la dépense. Supposons qu’on ait ajouté o4 divisions d’acide, de manière à rougir la liqueur, s’il faut alors y verser 7 divisions de soude titrée pour la ramener au bleu, on retranchera ce nombre de 54 ; il restera 47, chiffre correspondant à la dépense réelle d’acide, et, par conséquent, à la richesse en potasse du sel mis en expérience.

Dosage de l’acide carbonique. — MM. Frésétn'vs et Wdl déterminent la quantité de carbonate qui se trouve dans les potasses du commerce en dosant l’acide carbonique qu’elles contiennent par le perte de poids que produit l’expulsion de ce gaz au moyen d’un acide énergique (acide sulfurique ou nitrique). Mais pour que ce procédé soit applicable, il faut que les alcalis du commerce soient à l’état de carbonate neutre, et qu’ils ne contiennent pas d’autres carbonates que ceux de potasse ou de soude. Quand l’alcali à essayer ne répond pas à ces conditions, on doit le préparer convenablement avant de le soumettre aux essais On dose d’abord la quantité d’eau; pour cela on pèse avec exactitude, dans un creuset de porcelaine ou d’argent, une certaine quantité de pfitasse qui est ensuite chauffée doucement: la perte de poids, après l’opération.

mis il l'essai contient il centièmes cio potasse, savoir : -“IS ;i l'état canstifiuc ou carbonate, et 12 à l'état de sulfate.

l’OTASSE DU COMMERCE.

donne le poids de Kean existant dans la potasse. On procède ensuite au dosage de l'acide carbonique à l’aide d’un petit appareil semblable à celui que nous avons indiqué à l’article Oxyde de manganèse (fig. 200). Si l'on prend 6®^283 de potasse sèche, en divisant par 2 le nombre de centigrammes d’acide carbonique qu’on a obtenus, on sait de suite combien la potasse essayée contient de carbonate. Supposons que les 6®',283 de potasse aient éprouvé uae perte de représentant l’acide carbonique dégagé; ce nombre, divisé par 2, donne 0^',73, indiquant que la potasse essayée contient 73 p. 100 de carbonate (I).

Dosage de la potasse libre. — Dans le cas où la potasse à analyser renferme de l’alcali caustique ou du sulfure de potassium, on modifie le procédé de la manière suivante : la potassé, préalablement desséchée, est broyée avec environ le tiers de son poids de carbonate d’ammoniaque pur; on humecte la masse avec de l'ammoniaque caustique (2), puis on chauffe afin que le résidu ne contienne plus trace de carbonate d’ammoniaque [Mohr). Quand la masse est froide, on la soumet au procédé d’essai indiqué plus haut, c’est-à-dire que pour doseï- l'alcali caustique, on fait deux essais : l’iin sur 6'''',283 de résidu pris directement , l’autre sur 6®%283 de résidu préalablement traité par le carbonate d’ammoniaque. La différence entre les résultats obtenus, multipliée par 0,0817, exprime la quantité d’alcali caustique.

Méthode des pesées. — On peut encore doser l’alcali libre mélangé au carbonate de potasse, en prenant un poids déterminé de ce dernier, le dissolvant et le précipitant, à l’abri de l’air, par un léger excès de chlorure de baryum. Il faut pour cela que les solutions soient suffisamment étendues et chaudes Ce réactif fait naître un précipité de carbonate de baryte qui se dépose et de la baryte qui reste en dissolution, tandis que les sels de potasse et la potasse libre passent à l’état de chlorure de potassium. Si l’on filtre la liqueur à l’abri de l’air, et si

Fig. 200. — Appareil pour le dosage de l’acide carbonique dans les potasses du commerce.

(I) En «ffet, 100 do carbonato de potasse renferment 31,8 d'acide carbonique, et 08,2 de potasse ; ce carbonate ne peut donc perdre on acide carbonique au delà do 31,8 de son poids; soit la perte éprouvée par un certain poids de carbonato du commerce, la proportion sui-

vante : 100 : 31,8 :: x : p on x =

donne la quantité on centièmes do carbonate pur.

On peut éviter ce calcul en prenant une quantité telle que lorsqu'elle est transformée on carbonate, il s’on dégage exactement par les acides, 100 p. d'acide carbonique; 314 est cette quantité ; si l'on prend, par exemple, 314 centigrammes de potasse, chaque centigramme d'acid<! cai-bonique dégagé correspond à 1 p. 100 de carbonato pur. Si l'on n'a pas une balance trèssensible, on prend le double de 314 ou (>28 (f>®'.28), et on divise le résultat par 2.

(2) r.etto addition d’alcali n'est nécessaire qu'autant que la potasse renferme du sulfure ; dans le cas contraire, on humecte avec de l'eau.

POTASSE DU COMMERCE

l’on précipite la baryte libre qu’elle contient, par un courant d’acide carbonique, on la transforme en carbonate insoluble, lequel, recueilli sur un filtre, lavé, sécbé et pesé, permettra de calculer, d’après son poids, celui de la potasse caustique libre que renfermait le sel : 100 parties de carbonate de baryte correspondent à 47,81 de potasse anhydre.

Dosage par les volumes. — On mesure ICO" d’une solution de chlorure de baryum au5% qu’on introduit dans un flacon à l’émeri à large ouverture. On y ajoute 100°' de la solution du carbonate de potasse à essayer (IS^^O? en dissolution = 500"). Après agitation du mélange, on l’abandonne au repos; on filtre à l’abri de l’air la liqueur devenue limpide. On en prélève 100", qui correspondent alors à 50" de potasse carbonatée, c’est-à-dire à 4®°, 807 de ce sel, puis on les sature, en présence de quelques gouttes de toui’nesol, par la liqueur alcalimétrique normale, ou acide sulfurique au 10°. Celui-ci versé goutte à goutte rougit à un certain moment et d’une manière instantanée la liqueur alcaline bleuie par le tournesol, ce qui indique le terme de la saturation : le nombre deflivisions d’acide sulfurique employées dans cette opération indique la proportion d’alcali libre contenu dans la potasse du commerce. Ainsi, si on a dépensé 9 divisions d’acide, c’est quele sel essayé renferme9p. lOOde potasse caustique libre {Pharmacie centrale des hôpitaux).

Observation. — Certains industriels font cet essai en opérant sur 5 grammes de potasse du commerce comme s’il s’agissait de déterminer le titre alcalimétrique d’une potasse selon la méthode de Descroizilles : le nombre de divisions d’acide employé (soit D), reste alors sans signification. Pour lui faire e.xprimer la proportion de potasse libre sur 100 parties, il faudrait poser la proportion :

Vifç. 201. — Nutromètre de M. Pesier, A, flacon à large col, de la capacité de environ, contenant la solution à essayer; on en détermine la température à Taide du thermomètre qui y est placé. B, éprouvette à pied marquée trun trait mn correspondant à 300*^®. Nj natromètre.

; 4®‘‘,807 :: ï> : x ; d’où x

Natrométrie. — Pour reconnaître les potasses falsifiées ou altérées par la soude, divers procédés ont été proposés successivement par M. E. F. Anthon, par M. Pesier et par O. Henry.

Procédé Anthon. — M. Anthon s'est basé sur la propriété que possède le bitartrate de potasse d’être insoluble, tandis que le bitartrate de soude est soluble.

Nous ne pouvons insister sur ce procédé, qui est d’une manipulation compliquée et entachée d’inexactitude; car on n’y tient aucun compte du chlorure et du sulfate de potasse contenus dans les potasses du commerce.

rOTASSE DU COMMERCE.

Procédé Pe&ier. — Le procédé de M. Pesier, pharmacien à Valenciennes, paraît, au contraire, plus exact, plus simple; aussi est-il adopté par les industriels du Nord (1). La méthode d’essai de ce chimiste repose sur l’accroissement de densité que le sulfate de soude occasionne dans une solution saturée de sulfate de potasse pur, accroissement qui peut être apprécié par un aréomètre particulier, qu’il a nommé natrom'etre (de nalron, ancien nom du carbonate de soude, et de aÉTpov, mesure).

On prend 50 grammes d’un échantillon moyen des potasses à essayer, qu’on place dans un flacon A, de 600'“ de capacité (fig. 201) ; on les dissout dans 200 grammes environ d’eau distillée ; la solution, neutralisée par l’acide sulfurique, est refroidie jusqu’à la température de l’atmosphère, puis filtrée, après agitation, dans une éprouvette à pied B, et le filtre lavé avec une solution saturée de sulfate de potasse pur, qui sert en même temps à compléter le volume de 300 centimètres cubes, indiqué par un trait mn fait sur l’éprouvette. Après avoir mêlé les différentes couches de liquide, on y plonge le Natrom'etre N.

Cet instrument porte deux échelles contiguës, dont les zéros coïncident : l’une, celle-des températures, teintée de rose, indique pour chaque degré du thermomètre centigrade, les points d’affleurement dans une solution saturée de sulfate de potasse pur; l’autre représente des centièmes de soude (oxyde de sodium), c’est l’échelle sodique.

Si la potasse essayée est pure, l'instrument affleure au degré de température auquel on a fait l’expérience; si elle contient de la soude, on trouvera quelques degrés en sus, dont le nombre, mis en regard de l’échelle sodique, qui est contiguë, se transforme de l’autre côté en centièmes de soude. Par exemple, un essai fait à -|- 12“ donne une solution qui marque 23“ au natromètre (1) : il y a un excédant de 13“, en regard desquels on lit sur l’échelle sodique le nombre 4; c’est-à-dire que la potasse essayée contient 4 centièmes de soude.

La table suivante, dressée par M. Pesier, indique combien cette quantité représente de carbonate, de chlorure ou de sulfate. Ainsi 4/100 de soude font 6“,28 à l'alcalimètre, et proviennent de 6,83 de carbonate de soude sec, ou de 7,30 de chlorure de sodium, ou de 9,13 de sulfate de soude; c’est-à-dire que la matière

1^11 Peu de temps après M. Pesier, un chimiste allemand, M. Pagenstacher, a propose un procédé basé sur la propriété que possède une solution saturée de sulfate de potasse de dissoudre une grande quantité de sulfate de soude. On neutralise un poids déterminé de potasse par l’acide sulfurique en excès et l’on calcine ; le résidu pulvérisé est ensuite agité avec six fois son poids d’une dissolution concentrée de sulfate de potasse. Si la potasse à examiner renferme de la soude, le poids du résidu diminue, et celui du sulfate de potasse augmente successivement; les différences se composant sensiblement, on peut en déduire la quantité de carbonate de soude contenue dans la potasse. Si l’on représente par x cette quantité et par p la perte de poids éprouvée par le résidu, on a, d’après les équivalents du sulfate et du carbonate de soude :

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