x; d’où æ
Nous avons cru devoir entrer dans des détails circonstanciés relativement à ce procédé quinométrique, parce que la description des manipulations qu’il comporte, ainsi que les calculs qu’il exige, nous ont paru laisser à désirer dans les ouvrages classiques.
Procédé Caries. — Le procédé de Sneider (1868) n’étant qu’une complication de celui de Rabourdin, et celui que Hager (1870) a basé sur l’emploi de l’acide picrique n’étant pas susceptible d’une bien grande exactitude, ne seront pas décrits. Mais il en est un que nous devons à M. Caries (2) et qui mérite, par sa sim-
(1) Au besoin, on peut faire usage de la burette chlorométrique décime ordinaire.
(2) Caries. Étude sur les Quinquinas. Tlièse. École de pharmacie, 1871.
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plicité, d’être rapporté avec soin. Dans son important travail sur les quinquinas, M. Caries a examiné comparativement tous les procédés que nous avons mentionnés plus haut : après les avoir justement critiqués, voici le mode d’essai qu’il propose:
« Un échantillon moyen d’écorces est réduit en poudre demi-fine et passé au « tamis de crin, nous en prélevons 20 grammes et les mêlons intimement dans « un mortier avec 6 à 8 grammes de chaux éteinte préalablement délayée dans « 35 grammes d’eau. Le mélange étendu sur une assiette est rapidement sec « en été; mais on arrive à un aussi bon résultat en hâtant la dessiccation à la « chaleur du bain-marie. Dès que la poudre a perdu toute humidité apparente, « on écrase les grumeaux au pilon, on la tasse assez fortement dans une allonge (1 de verre munie à la base d’une boule de charpie, et on y verse du chloro- « forme par affusions répétées* On bouche. Si l’on a bien opéré, 150 grammes « environ de chloroforme suffisent (1). Pour enlever celui qui adhère au marc, « on le déplace par l’eau, et on reçoit la colature dans une capsule. Lorsque « tout le chloroforme est écoulé (on observe un temps d’arrêt avant l’arrivée de « l’eau), on porte la capsule au bain-marie. Le résidu solide est composé des al- « caloïdes, mêlés environ à leur poids de matières résinoïdes ; on sépare les pre- « miers en reprenant à plusieurs fois ce résidu par l’acide sulfurique au 1/10 « (10 à 12 centimètres cubes suffisent). Cette dissolution jetée sur un très-petit « filtre mouillé passe incolore ; on la porte à l’ébullition (2), et au moyen d’une « pipette on y ajoute à ce moment assez d’ammoniaque, d’abord concentrée, « puis étendue, pour lui conserver une réaction à peine acide. Toute la quinine « cristallise alors â l’état de sulfate (3) et après refroidissement forme un gâteau « solide. Il ne reste plus qu’à l'égoutter sur un petit filtre double, sans plis, à « déplacer les eaux mères par quelques gouttes d’eau, l’exprimer, le sécher « entre deux papiers et le peser (4). Les autres alcaloïdes restent dans les eaux « mères, d’où on les séparera par précipitation : l’éther indiquera leur iden- « tité. — Par suite d’une trop grande acidité laissée aux liqueurs, il peut arriver « qu’une portion de la quinine soit restée en dissolution. Dans ce cas, nous « ajoutons à ces eaux mères de l’ammoniaque en léger excès, et retraitons « comme ci-dessus tes alcaloïdes ainsi précipités (5). »
Procédé de de Vry. — Dosage et séparation des alcaloïdes du quinquina (6). — Tous les moyens d’analyse qui viennent d’être décrits concourent à mesurer la richesse des quinquinas en quinine libre ou sulfatée, ou bien en mélange avec la
(1) « On s’assurera, du reste, que l’écorce est épuisée en recevant quelques gouttes de ce chloroforme dans une capsule et les faisant évaporer. Le résidu dissous dans l’eau acidulée par l'acide sulfurique et additionné successivement d’eau chlorée et d’ammoniaque, renseignera sur ce point. »
(2) « On opérera plus sûrement en maintenant la capsule à 100“ sur un bain-marie. Un des principaux reproches faits à notre procédé se trouve ainsi écarté. »
(3) « La facilité avec laquelle cristallise ce sulfate et son aspect constituent un indice précieux pour établir déjA la valeur du quinquina qui le fournit. »
(4) « Il est préférable de le dessécher complètement à 100“, et, après l’avoir pesé en cet état, d’ajouter les 12 p. 100 d’eau qu’il a perdus dans cette opération. Il renferme alors 75 p. 100 de quinine. »
(5) Caries. Loc. cit., p. 23 et suivantes.
(6) Le procédé d’analyse des quinquinas publié par M. Bernelot- Moens (Monit. scient. 1877, p. 101) n’est qu’une complication de celui de M. de Vry.
QUINQUINA
cinchonine; mais ils ne suffisent aucunement au dosage des autres alcaloïdes des quinquinas, la quinidine, la quinoïdine et la cmchonidine, bien plus communément répandus dans les écorces du commerce qu’on ne l’a supposé jusqu’à ce jour. C’est pourquoi M. de Vry s’est attaché à trouver une méthode exacte de séparation et de dosage des divers alcaloïdes des quinquinas (1). Elle consiste d’abord à isoler du quinquina soumis à l’essai les alcaloïdes mixtes qu’il contient. Pour cela on mélange 100 grammes d’écorce pulvérisée à 25 grammes de chaux éteinte, puis on en fait une pâte qu’on dessèche au bain-marie. On place le produit desséché dans un matras ; on lui ajoute 1 kilogramme d’alcool à 91“ ; on porte à l’ébullition au moyen du bain-marie; puis on laisse refroidir et déposer. Alors on décante le liquide clair, et on traite le marc, à deux reprises différentes, par 500 grammes chaque fois de nouvel alcool bouillant. Toutes ces liqueurs sont ensuite additionnées d’un léger excès d’acide sulfurique; puis on les filtre et on les distille jusqu’à ce qu’elles laissent un résidu de 300 grammes environ. Alors on les verse dans une capsule en porcelaine qu’on chauffe au bain-marie pour achever d’évaporer l’alcool; on laisse refroidir, on filtre et on lave tant que la liqueur qui passe reste capable de blanchir par addition de soude caustique. Lorsqu’elle cesse de le faire, on lui ajoute un excès de soude caustique à 36“Baumé, jusqu’à réaction bien alcaline au tournesol. 11 en résulte un abondant dépôt blanchâtre, floconneux, résinoïde, qu’on recueille sur un filtre et qu’on lave jusqu’à ce que les eaux de lavage commencent à acquérir une légère amertume (2).
Il suffit de sécher ensuite ce précipité et de le peser ; il constitue les alcaloïdes mixtes de M. de Vry. En y supposant 1 existence simultanée des cinq alcaloïdes des quinquinas, qui se classent en : quinine et cinchonidine, toutes deux lévogyres, puis en quinidine, quinoïdine et cinchonine, qui sont dextrogyres, voici comment M. de Vry opère leur séparation et leur dosage (3) :
Les alcaloïdes mixtes ou amorphes sont traités à froid par 10 fois leur poids d’éther pur, dans un flacon à l’émeri. Après avoir agité fortement le mélange, on l’abandonne à lui-même pendant vingt-quatre heures. On filtre alors le liquide qui entraîne en dissolution la quinine et la quinoïdine, tandis que les trois autres bases restent indissoutes à la surface du filtre. On les lave à l’éther pur et on sèche le produit.
A. Partie soluble. — On évapore à siccité et au bain-marie toutes les liqueurs éthérées. On reprend le résidu solide par 10 fois son poids d’alcool à 85“, acidulé par 1/20 d’acide sulfurique monohydraté. Puis on ajoute avec mesure aux liqueurs claires qu"on agite vivement, une solution alcoolique d’iode qui transforme en sulfate d’iodoquinine ou hérapatite la quinine déjà salifiée. 11 en
(1) Moniteur scientifique, ISIS.
(2) Heuloi. Étude sur un Cinchona succirubra des Indes anglaises. 'Dièse. École de pharmacie,
(3) M. de Vry attribue une importance capitale au signe du pouvoir rotatoire présenté par les alcaloïdes mixtes extraits d'un quinquina quelconque. Voici, à ce sujet, scs propres paroles :
« Quant à la valeur pratique de l’application du pouvoir rotatoire, j'en suis tellement convaincu que, si j’étais fabricant de sulfate de quinine, je n’achèterais jamais de quinquinas dont les alcaloïdes mixtes posséderaient un pouvoir rotatoire vers la droite ; et je m’efforcerais, en comparant, pendant quelque temps, les résultats de ma /abrication avec les pouvoirs rotatoires observés de mes quinquinas, à construire un tableau qui pourrait me guider dans mes achats d’écorces. »
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résulte un précipité rouge-brunâtre qu'on laisse se déposer pendant vingt-quatre heures. On le recueille alors sur un filtre ; on le lave à l’alcool absolu; puis on le dessèche à l’étuve à 100”, et on le pèse : 1 partie dC hérapatite ainsi séchée contient 0,565 de quinine pure.
Les eaux mères sont ensuite additionnées d’une solution alcoolique d’acide sulfureux jusqu’à leur complète décoloration, puisque cet acide transforme, en présence de l’eau, l’iode en acide iodhydrique. On neutralise ces nouvelles liqueurs par de la soude caustique en léger excès; on en chasse l’alcool par évaporation, et on lave alors à l’eau le résidu qui laisse à l’état insoluble l’alcaloïde amorphe on quinoïdine de M. de Vry.
B. Partie insoluble dans l’éther. — Les alcaloïdes insolubles sont convertis en sulfates solubles, en les délayant dans 40 fois leur poids d’eau chaude, à laquelle on ajoute peu à peu assez d’acide sulfurique pour tout dissoudre, tout en laissant la liqueur légèrement alcaline. On la traite alors par une solution concentrée de sel de Seignette ou de tartrate neutre de soude. Après avoir agité le mélange, on l’abandonne à lui-même pendant vingt-quatre heures ; il dépose ainsi du tartrate de dnchonidine, à peine soluble, que l’on recueille sur un filtre, qu’on lave suffisamment, qu’on sèche et qu’on pèse : 1 partie de ce sel correspond à 0,804 de cinchonidine .
Les eaux mères n’étant pas trop étendues, on les agite fortement avec une solution d’iodure de potassium ; on voit se former par là un précipité blanc, grenu, cristallin à'iodhydrale de quinidine : on le recueille, on le lave ; puis on le sèche et on le pèse : 1 partie de ce sel renferme 0,718 de quinidine anhydre.
11 ne reste plus alors qu’à précipiter les dernières eaux mères par de la soude caustique, ce qui donne enfin la cmchonine.
Tel est le procédé de M. de Vry, procédé qui permet d’isoler les uns des autres les alcaloïdes des quinquinas et de les doser; mais il exige un temps assez considérable et il va peut-être au delà des besoins du commerce auquel suffit le dosage de la quinine, surtout à l’état de sulfate cristallisable. Or, il est à remarquer que lorsqu’on soumet un même quinquina à l’analyse par les diverses méthodes indiquées précédemment, notamment par celles de Soubeiran, de Caries et de Guilliermond, on obtient des chiffres tellement différents les uns des autres qu’il en résulte une incertitude bien embarrassante sur la composition de l’écorce employée : ainsi le procédé de Soubeiran est bon, mais il ne donne pas la quinine à l’état de sulfate cristallisé ; celui de fournit toujours
un chiffre trop élevé, et, quoique très-pratique, il peut conduire à des erreurs formidables. Celui de M. Caries, de l’avis de tous ceux qui l’ont mis en pratique, laisse beaucoup à désirer : d’abord , parce que le quinquina est loin d’être épuisé parle chloroforme, dont la proportion indiquée est insuffisante; ensuite la saturation par l’ammoniaque est très-difficile à conduire, à moins d’une grande habitude des manipulations ; enfin, le sulfate de quinine n’est pas aussi insoluble dans le sulfate d’ammoniaque que le prétend M. Caries.
11 résulte de tout ceci que l’essai commercial des quinquinas, suivant qu’il est fait par telle ou telle méthode, produit des écarts de chiffres si considérables que vendeurs et acheteurs ne savent plus à quoi s’en tenir. Nous croyons cependant qu’en combinant les modes d’essai connus , il est possible d’en tirer un moyen de titrage supérieur à tous les autres et présentant une exactitude suffisante. Voici celui que nous pratiquons constamment :
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Nouveau procédé. — I® On prépare un mélange de 30 grammes de quinquina réduit en poudre et de 15 grammes de chaux éteinte, mélange dont on
fait une pâte homogène à l’aide de suffisante quantité d’eau. On dessèche cette pâte dans l’étuve, à 63° ; puis, sans en perdre une parcelle, on la tasse légèrement dans l’allongea d’un digesleur à épuhement continu (fig. 206) (1). Dansle ballon b de celuici, lequel plonge dans un bain-marie m, on ajoutera 100°° de chloroforme pur, non acide. Qn ajustera à ce ballon le reste de l’appareil, en évitant les tubes en caoutchouc qu’on serait tenté d’employer pour joindre le tube t au ballon b et au récipient r. Ce dernier sera surmonté du tube c dont les deux boules devront être à moitié remplies d’eau (2). Le tout étant ainsi disposé et les bouchons ajustés hermétiquement, on portera l’eau du bain-marie à une température de 65 à 70°, de façon à faire entrer le chloroforme en pleine ébullition. Les vapeurs, passant par le tube t, viendront se condenser dans le récipient r, pour traverser ensuite le mélange quino-calcaire et retomber dans le ballon A, où elles se reproduiront incessamment. Mais le chloroforme condensé aura dissous les alcaloïdes qu’il laissera dans le ballon ; de telle façon qu’après quarante à cinquante minutes d’ébullition soutenue, ce dissolvant aura dù épuiser complètement le quinquina ; on pourrait s’en assurer en cessant de chauffer l’appareil, pour recueillir dans un verre de montre une goutte de liquide de l’extrémité de l’allonge : cette goutte évaporée ne devra pas laisser de résidu (3). 2° On agitera alors le chloroforme refroidi, avec Fig. 30 centimètres cubes d’acide sulfurique à 49 mil-
(1) Mettre un tampon d’amiante ou de coton à la base de la douille, pour retenir la poudre.
(2) Il faut quelquefois y ajouter quelques gouttelettes de mercure pour augmenter la pression.
(3) Lorsqu’on n’a pas à sa disposition l’appareil digesteur précédent, on peut épuiser à froid le mélange quino-calcaire par le chloroforme, dans un appareil qu’on peut s’imaginer facilement. On place le mélange pulvérulent dans un entonnoir allongé dont la douille reçoit préalablement un petit tampon de coton cardé, entonnoir qu’on fait reposer sur un flacon qui contient d’avance 30 centimètres cubes d’acide sulfurique à 49/1000. Après avoir tassé régulièrement la matière àlixivier, on verse peu à peu sur elle 100 centimètres cubes de chloroforme pur, dont on empêche ensuite l’évaporation au moyen d’un obturateur en verre placé sur l’entonnoir. En dissolvant les alcaloïdes, le chloroforme tombe dans la liqueur acide à laquelle il les abandonne, surtout après quelques secousses imprimées au vase. Après la séparation exacte des liqueurs, on aspire la plus grande partie du chloroforme avec une pipette qui ne devra pas entraîner de liqueur acide ; alors, on le répand de nouveau sur la matière contenue dans l’entonnoir, en prenant les précautions nécessaires. Le chloroforme se sature d’une nouvelle dose d’alcaloïdes qti’il vient perdre encore en tombant dans la liqueur acide ; de telle sorte qu’en répétant cette opération cinq ou six fois de suite, on épuise le quinquina de tous ses principes solubles dans le chloroforme ; épuisement
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liâmes (1). Après séparation des deux liquides, l’eau acide surnageant le chloroforme, on prendra exactement 1 centimètre cube de celle-ci, à l’aide d’une pipette bien jaugée, et on procédera au titrage de ce liquide acide, à l’aide du tournesol et d’une liqueur alcaline titrée, comme cela a élé dit à propos de l’essai quinométrique de Glénard et GuilUermond (2). On répétera cet essai trois ou quatre fois de suite pour avoir une bonne moyenne. Le calcul, déjà établi pour l’essai quinométrique, indiquera facilement la richesse du quinquina en alcaloïdes (.‘1).
3® Cela fait, on prendra 20 centimètres cubes de la liqueur acide surnageant le chloroforme; on les placera dans une capsule en porcelaine, et on leur ajoutera le volume de liqueur alcaline titrée normale qui devra les saturer exactement, d’après les indications fournies par l’opération précédente, en s’assurant toutefois que le liquide est devenu neutre au tournesol (4). Si l’on évapore ensuite ce liquide jusqu’à ce qu’il commence à se recouvrir d’une légère pellicule cristalline, il abandonnera par refroidissement tout son sulfate de quinine sous forme de houppes soyeuses. En recueillant ces cristaux sur un filtre, les lavant et les séchant comme l’indique le procédé Catdes, on aura ainsi le poids du sulfate de quinine cristallisable.
4“ Ên reprenant ce sulfate de quinine, l’ajoutant aux eaux mères d’où on l’a tiré, et dissolvant le tout à l'aide de quelques gouttes d’eau acidulée, on pourra précipiter cette nouvelle solution par un léger excès d’ammoniaque de façon à en obtenir tous les alcaloïdes, afin de les soumettre enfin au procédé analytique de M. de \’ry.
On voit par là que ce nouveau mode d’essai des quinquinas, en condensant les procédés de GuilUermond, Caries et de Vry, offre toutes les conditions de sûreté et de rapidité désirables. Il a sur celui de GuilUermond l’avantage d'opérer dans une liqueur aqueuse et non éthérée; il modifie heureusement celui de Caries, en permettant l’épuisement complet du quinquina et en évitant les tâtonnements qu’exigeait la saturation de la liqueur acide par l’alcali. Enfin, il permet encore d’employer la méthode analytique si exacte de de Vry, si l’on jugeait utile d’y recourir [Er. Baudrimont).
Pour en terminer avec l’essai des quinquinas, il faut rappeler qu’il est tou-
<lu'on reconnaîtra par le moyen recommandé précédemment. La liqueur acide servira ensuite aux opérations indiquées plus haut.
On peut aussi appliquer très-avantageusement le percolateur à l’épuisement du mélange quinocalcaire. Cet appareil, proposé pour cet usage par M. Cleaver, a été employé par M. Waldmami, dans son travail déjà cité.
(1) Ce liquide est obtenu par l'addition de 49 grammes d’acide sulfurique pur, monohydraté, à une quantité d'eau suffisante pour produire en tout un litre de liqueur.
(2) Il sera bon d’avoir pour cela une solution de soude caustique saturant, à volume égal, l’acide à 49/iOOG. Maisune solution alcaline décime, c’est-à-dire dix fois plus faible que celle-ci, donnerait des résultats plus précis : elle doit donc être préférée.
(à) Un centimètre cube de la liqueur essayée, correspondant à un gramme de quinquina, il suffira de multiplier le résultat par lOüO ])our avoir, par kilogramme, la richesse de l’écorce en quinine.
(4) S’il a fallu G7 divisions = 6", 7 de liqueur alcaline décime pour saturer 1 centimètre cube de la liqueur quinométrique, il en faudra ÎO fois plus, c’est-à-dire -134 centimètres cubes pour faire cette saturation. Mais il est alors préférable de recourir à la liqueur alcaline anormale, c’est-àdire dix fois plus forte que la liqueur décime, dont, par conséquent, on devra prendre dix fois moins; soit ; 13"',4, afin d’éviter la trop longue concentration du liquide par la chaleur.
QUINQL'INA.
jours nécessaire de déterminer les caractères chimiques des alcaloïdes libres ou sulfatés qu’on en isole, et qu’on devrait surtout en étudier les pouvoirs rotatoires.
Addition. — Quelques méthodes nouvelles ont été proposées pour le titrage des quinquinas. Nous les résumerons ici brièvement :
Procédé Pascal pour l’essai rapide des riuinquinas. — Prendre 20 grammes de poudre de quinquina (échantillon moyen), qu’on fait bouillir pendant vingtcinq ou trente minutes dans 250“ d’eau aiguisée de 3 à 4 grammes d’acide chlorhydrique. On a soin de remplacer l’eau au fur et àmesure qu’elle s’évapore.
Dans cette décoction, on délaye 20 grammes de chaux délitée en poudre fine, de façon à obtenir une pâte claire qu’on place au bain-marie jusqu’à dessiccation complète. On reprend le résidu qu’on triture et qu’on met dans une allonge pour le lixivier avec 200 grammes d’éther pur à 65“ (1).
Le produit de la lixiviation est recueilli dans une capsule tarée qu’on place au bain-marie. Lorsque tout l’éther est chassé et que le résidu est bien sec, on le pèse ; déduction faite du poids de la capsule, on a celui de la quinine pure que l’éther a abandonnée.
Procédé Herbelin. — Le voici tel que l’auteur l’a décrit : « Je mets dans un verre 10 grammes de quinquina réduit en poudre grossière, je l’humecte avec 30 grammes d’ammoniaque liquide, je facilite la pénétration du liquide dans la matière végétale à l’aide d’une baguette de verre pendant quelques minutes. Je verse sur cette matière pâteuse 30 grammes de benzine, je favorise par l’agitation la dissolution de la quinine dans la benzine, après quelques minutes de contact, je décante la benzine que je reçois dans une fiole de 200", je renouvelle cette opération quatre ou cinq fois et plus s’il y a lieu; je verse dans la benzine 50 grammes d’eau contenant 5 p. 100 d’acide sulfurique, après quelques minutes d’agitation, la quinine a passé dans l’eau à l'état de sulfate, je verse dans le liquide aqueux, séparé par décantation de la benzine, une quantité d’ammoniaque suffisante pour précipiter la quinine que j’isole par filtration et que je pèse après dessiccation (2). »
M. Landry opère comme M. Herbelin, en remplaçant la benzine par l'éther.
Procédés Landr in. — Tout récemment, M. Zonrfi’iVi a exposé, dans sa thèse présentée pour obtenir le titre de pharmacien, de nouvelles méthodes d'analyse pour le dosage des alcaloïdes du quinquina (3).
La première, fondée sur le traitement des quinquinas par l’huile lourde de schiste, comprend l’épuisement de 400 grammes de quinquina par de l’eau aiguisée d’acide sulfurique, le tout à l’ébullition, en répétant l’expérience deux ou trois fois. Les liqueurs, saturées par le carbonate de soude, abandonnent leurs alcaloïdes à l'état de précipité. On les fait bouillir telles quelles, à plusieurs reprises, avec de l’huile lourde de schiste qui dissout ces alcaloïdes. On les reprend à l’huile à l’aide d'eau acidulée avec laquelle on l’agite; puis les liqueurs saturées par l’ammoniaque sont abandonnées à la cristallisation. Les sulfates recueillis et pesés sont ensuite soumis à l’action de l’éther et de l’ammoniaque.
(1) On doit éviter la présence de l'alcool qui dissoudrait de la cinchonine.
(2) Nous nous sommes assuré que le procédé d’épuisement par la benzine reste, dans ces circonstances, tout à fait inefficace [Ev. B.).
(3) Thèse inaugurale. École de pharmacie, 1877.
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de façon à déterminer le poids de la quinine vraie et le poids des autres alcaloïdes du quinquina (1).
Ce procédé, certainement exact, demande un temps assez considérable. 11 exige au début une ébullition prolongée en présence d’un liquide acide, ce qui tend à modifier la quinine et à la transformer en alcaloïde amorphe. 11 est moins avantageux que le moyen employé depuis longtemps dans les fabriques de sulfate de quinine, lequel consiste à épuiser un mélange quino-calcaire (quinquina à essayer mélangé à de la chaux éteinte) par 50 ou 60 lavages à l’huile lourde de schiste, à une température de 100°. L’huile ayant dissous les alcaloïdes est agitée avec de l’acide sulfurique très-étendu, qui transforme ceux-ci en sulfates solubles. On n’a plus qu’à opérer la neutralisation des liqueurs et leur cristallisation pour en avoir le sulfate de quinine, etc.
La deuxième méthode d’analyse de M. Landrin est fondée sur la solubilité des alcaloïdes dans l’alcool. Elle n’est qu’une modification du procédé analytique de M. de Vry et de la première méthode par l’huile de schiste. Enfin, le troisième moyen indiqué par M. Landrin n'est que le procédé de Guilliermond modifié : il repose sur la solubilité de la quinine dans l’éther. (Voir la thèse.)
Usagées. — Les écorces de quinquina, justement célèbres par leurs propriétés fébrifuges, sont très-employées en médecine ; elles servent à préparer des poudres, des extraits, des teintures, des sirops, des vins, des opiats, etc. Celles qui contiennent de la quinine sont surtout destinées à la préparation du sulfate de cette base.
Falsificationa. — Les écorces de quinquina sont souvent mêlées à d’autres écorces ; c’est pour cela que le pharmacien doit éviter de faire l’achat de quinquinas dont l’apparence puisse donner lieu même à un doute.
Les écorces qu’on a mêlées au quinquina, selon Ebermayer, sont celles du quinquina nova, dont la décoction ne précipite pas la noix de galle, les écorces de cratœgus aria, de marronnier d'Inde, de cerisier, de prunier, de chêne; les écorces d’une espèce de saule {Bucholz) (2). On conçoit que le pharmacien qui examine les quinquinas qui lui sont adressés ne peut être trompé par ces mélanges.
Fréquemment on rencontre des quinquinas qui ont été épuisés d’une partie des principes qu’ils contenaient d’abord. ÏS’àermaye?- dit qu’on mêle quelquefois à l’écorce du quinquina une écorce qui est bien celle du quinquina véritable, mais qui a déjà subi une décoction, et qu’on a ensuite fait sécher. On reconnaît cette fraude à ce que la couleur de l’écorce est presque la même sur les deux surfaces, et à sa saveur sensiblement plus faible. On constate mieux cette altération par la quantité d’extrait aqueux que pourra fournir le quinquina comparée à celle obtenue d’un quinquina de bonne qualité, et de l’origine duquel on est certain. La décoction des quinquinas épuisés est toujours moins colorée, et elle ne se trouble pas par le refroidissement; elle est presque transparente.
Depuis la découverte du sulfate de quinine, des fraudeurs ont eu l’idée, à Paris et à l’étranger, d’extraire par les acides une grande partie des alcaloïdes contenus dans les quinquinas : ceux-ci, soumis à une coction dans l’eau acidulée, étaient ensuite lavés à grande eau ou avec une eau ammoniacale, et séchés ; puis on les mettait en caisse, et on les livrait au commerce.
(1) Pour tous les détails, voir la tlièse.
(î) Nous avons extrait tout récemment de plusieurs caisses de quinquina gris, une écorce rougcverdùtre, vendue exprès à Londres pour pratiquer ce genre de fraude. Nous n’en avons pas encore déterminé l’origine botanique ni la composition chimique [Er. B.).
OüLNQUIiNA.
Ges fraudes graves furent presque immédiatement signalées au public, et des indications furent données pour reconnaître les quinquinas ainsi lavés:
1“ Leur couleur est altérée et brunie (1) ;
2“ Leur saveur n’est plus celle du quinquina, elle est salée;
3“ Souvent ils présentent à leur surface une efflorescence. On distingue aussi, à l’aide de la loupe, dans les fissures des écorces, de petits cristaux de sulfate ou de chlorhydrate d’ammoniaque;
•4“ Ils retiennent toujours une partie des acides employés, soit à l’état de liberté, soit saturés par une base.
Toutes les fois qu’on suspecte une écorce d’avoir été traitée par les acides, on la fait macérer dans l’eau, et on essaye le macératumpar le chlorure de baryum ou par le nitrate d’argent, qui donne lieu à du sulfate de baryte si l’on a employé l’acide sulfurique, et à du chlorure d’argent si on s’est servi de l’acide chlorhydrique. Pour avoir un point de comparaison, on agit en même temps avec les mêmes réactifs sur un macératum préparé avec un quinquina de la pureté duquel on est assuré.
En 1864, M. JoUy a signalé la falsification suivante : du guinquina de Maracaïbo, presque dépourvu de quinine, avait été mis en macération dans une eau ammoniacale, qui lui communiqua une belle couleur rouge; séché ensuite il l’air, il pouvait passer pour un beau quinquina rouge ; mais l’analyse a montré sa pauvreté en alcaloïdes (2).
En 1865, Guibourt a constaté, dans du quinquina gi-is de Loxa, la présence d’une écorce étrangère ayant les caractères suivants : Écorce d’un blanc grisâtre à l’extérieur, non fendillée, aromatique et d’une saveur brûlante; à l’intérieur, elle était formée de fibres agglutinées par une matière oléagineuse, orangée, volatile et d’une âcreté insupportable. Guibourt a cru y reconnaître l’écorce du C innamodendron corticosum, de la famille des Cannellacées.
En 1873, M. Lemoine a fait connaître un faux quinquina rouge â écorce compacte, brune, moins foncée à l’intérieur, creusée en gouttière, quelquefois tordue; à cassure nette, à odeur pipéracée et à saveur âcre et poivrée. Sa poudre répandait une vapeur irritante sur les charbons ardents: c’était sans doute une Cascarille.
Enfin, M. Bernatzik a indiqué assez récemment une nouvelle falsification des quinquinas, qu’on produit en arrosant une écorce pauvre en alcaloïdes, avec une solution alcoolique ou acétique de quinoïdine. Ces quinquinas donnent souvent à l’analyse des chiffres énormes d’alcaloïdes, jusqu’à 6 p. 100.
L’examen organoleptique, la saveur surtout peut aider à faire reconnaître cette falsification. En traitant par le chloroforme 3 grammes d’écorce réduite en menus fragments, ce liquide se colore en jaune-bfun, tandis qu’il reste incolore, lorsque le quinquina est pur. En chassant le chloroforme par la chaleur, il laisse un l’ésidu soluble dans l’acide chlorhydrique et qui verdit ensuite parle chlore et l’ammoniaque.
Si le chloroforme ne donne rien, on traite ces écorces par l’eau distillée qui dissout les sels de quinoïdine en se colorant en brun. Si ce traitement n’a fourni aucun résultat, on soumet l’écorce à l’action assez rapide de l’eau acidulée ; puis
(1) Ce que l’on observe sur les quinquinas gris ct'rouges.
(21 Le quinquina de Maracaïbo ne contient guère que de la cinchonidine.
RATAINIIIA. 923
on fait l’essai des liqueurs qui en résultent par un alcali qui précipite l’alcaloïde ; on en détermine ensuite la nature par le procédé de M. de Vry.
Poudre de quinquina. — La poudre de quinquina rouge est quelquefois falsifiée par lApoudi'e de santal 7'ouge {Pelletih', 1843). L’essence de térébenthine ou l’éther sulfurique dénotent cette fraude, à froid et instantanément, si la proportion du santal est assez forte; au bout de quelques minutes, si elle est faihle. En effet, le vrai quinquina rouge ne communique pas de couleur à ces deux véhicules ; le quinquina adultéré leur fait prendre une couleur safranée, qui varie d’intensité suivant la proportion de santal ajoutée.
M. St. Martin a constaté récemment la présence de la poudi'e de coques d'amandes douces dans la poudre de quinquina calisaya : c’est le microscope seul, qui lui a servi à dévoiler cette sophistication.
RAISIN D’OURS. — V. Busserole.
RATANHIA. — Le Batanhia est une racine astringente provenant de quelques espèces du genre Krameria (Polygalées). Dans le commerce on en distingue plusieurs sortes :
1® Le Ratanhia du Pérou ou Payta fourni par le Krameria triandra. Cette espèce type, la seule qu’on avait autrefois, arrive aujourd’hui assez rarement en Europe, en fort mauvais état. Elle est formée d’un corps de racine quelquefois très-gros et de radicelles longues et nombreuses, d’une grosseur variant de celle d'une plume à celle du doigt. Elle est recouverte d’une écorce rouge brunâtre, un peu fibreuse, très-astringente. Le cœur de la racine est ligneux, dur, d'un jaune rougeâtre pâle.
2® Le Ratanhia de la Nouvelle-Grenade ou R. de Savanille que M. St. Cotton rapporte au Krameria tomentosa (l). Il est à racines courtes, tortueuses, grisâtres, à cassure nette, à écorce friable adhérente au bois, à saveur astringente sans amertume.
3® et 4® Le Ratanhia des Antilles ou R. de Para (Brésil), qui tend à remplacer celui du Pérou, quoiqu’il lui soit bien inférieur en qualité. Il y en a de deux sortes : ou il est sous forme de] racines noirâtres marquées de nombreuses fentes transversales et revêtues d’une écorce très-friable ; il proviendrait du Krameria ixina [Cotton) ; ou bien ses racines sont de couleur fauve, à stries longitudinales et à écorce plus résistante. Il appartiendrait au K . spartioïdes [Cotton).
5® Le Ratanhia du Texas., provenant du Kr. lanceolata.
Composition. — Il résulte des expériences àeVogel, Gmelin, Peschier, Tromsdorff ei Cotton que la racine de ratanhia contient : un tannin particulier, qui peut
(1) Voyez St. Cotton. f;iude comparée Ihr le genre Kramnria. Thèse, fxole de ])harniacic, 18G8.
RATANHIA
Tableau résumant les principaux caractères distinctifs des Ratanhias.
(S. Cotton.)