FOUS
spécifique.
RICHESSE
centésimale.
Chevallier et Baudrimont, 5' édit.
SOUFRE
La lessive des savonniers n’a pas toujours le degré de concentration voulu. On peut arriver à connaître sa richesse alcaline par un essai alcalimétrique ; mais il est des tables qui indiquent cette richesse, en regard d’une densité toujours facile à prendre. Le tableau ci-dessus (p. 1041) donne la richesse des lessives de soude en alcali caustique, pour la température de -1- 15“ (1).
SOUFRE : S = 16. — Ce métalloïde, dont la présence a été constatée dans les trois règnes de la nature, se trouve particulièrement, à l’état natif, dans les terrains argileux, dans les terrains marneux, salifères, crétacés, avec la chaux sulfatée; dans les terrains volcaniques, en beaux octaèdres allongés à base rhombe, translucides, sur la strontiane sulfatée. On le rencontre le plus souvent à l’état amorphe, en masses opaques plus ou moins volumineuses, pur ou mélangé de matières terreuses, en dépôts considérables qu’on appelle solfatares, qui abondent près des ouvertures des volcans en activité, et à la proximité des cratères des volcans éteints. Le soufre qui, en France, alimente la plupart de nos fabriques, vient de Pozzuolo (Pouzzoles), près de Naples. Les solfatares, ou soufrières naturelles les plus importantes, sont ensuite celles de Sicile (environs de l’Etna), d’Ancône, de Télamone en Toscane, d’Islande, de la Guadeloupe (2).
Le soufre ordinaire a une couleur jaune-citron ; il est fragile, facile à pulvériser ; il acquiert une légère odeur par le frottement, et développe alors de l’électricité négative ; il est très-mauvais conducteur de l’électricité, de la chaleur : aussi celle de la main suffit-elle pour briser un canon de soufre avec bruit. Il cristallise par voie sèche en prismes rhomboïdaux obliques ; par voie de dissolution, il donne des octaèdres symétriques : il est donc dimorphe. Sa densité varie de 1,982 à 2,045. Il fond vers 111“ ; il est alors liquide, transparent, d’un jaune clair, et conserve ces caractères jusqu’à ce qu’il ait acquis une température supérieure à 140“ ; à 160“, il commence à s’épaissir, devient rougeâtre, et, si on continue à le chauffer, de 200“ à 250“ il acquiert une telle consistance qu’on peut retourner le vase dans lequel il est contenu sans que le soufre ainsi fondu puisse couler ; dans cet état, on remarque qu’il a une couleur brune. Au delà de 250“, cette teinte devient moins intense et il reprend sa fluidité. Si, lorsqu’il est chauffé vers 250“, on le jette dans l’eau, il affecte la forme d’une masse brune et pâteuse, molle, élastique, susceptible de s’étirer en fils trèsminces qui reviennent sur eux-mêmes à la manière du caoutchouc ; il ne reprend sa couleur et sa solidité qu’après un certain laps de temps. Le point d’ébullition du soufre a lieu à -j- 442“. Le soufre liquide se contracte considérablement en se solidifiant. Le soufre en ébullition se transforme en une vapeur jaune orangé ou d’un brun rougeâtre, qui se maintient à cette température ; plusieurs métaux peuvent y brûler comme dans l’oxygène. Le soufre est insoluble dans l’eau, soluble dans les huiles fixes et volatiles, et surtout dans le sulfure de carbone : l'alcool et l’éther en dissolvent très-peu.
(1) BoUey, Manuel pratique de recherches chimiques.
(2) On trouve dans le commerce, mais rarement, du soufre provenant de l’exploitation de quelques sulfures. Cette opération n’est économique que dans certaines localités, et ne peut être profitable que dans des cas exceptionnels. Ainsi elle a été perfectionnée et utilement pratiquée par IJartigues, lorsque, durant la révolution de 1793, la France ne pouvait plus tirer de soufre de la Sicile.
SOUFRE
Le soufre chauffé au contact de l’air et, à plus forte raison, au contact du gaz oxygène, prend feu à loO® environ, et brûle avec une flamme bleue, en répandant des vapeurs d’acide sulfureux.
Variétés commerciales. — Dans le commerce, le soufre se trouve sous trois états : 1® brut ou en masses; 2" en canons; 3® en fleurs ou en poudtr obtenue par sublimation.
On prépare aussi, en pharmacie, du soufre très-divisé, par voie de précipitation, et connu sous le nom de magistère de soufi’e ou soufre précipité. 11 est jaune pâle, légèrement grisâtre, odorant, et retient en combinaison une certaine quantité d’hydrogène sulfuré. Vu au microscope, il se présente sons la forme de globules opaques excessivement petits, qui n’ont aucune apparence cristalline.
Usagées. — Le soufre est très-employé dans les arts (1). On s’en sert poui fabriquer les acides sulfu^'eux, sulfurique ; le sulfure de carbone ; les poudres de guerre, de chasse, de mine ; le cinabre ; le caoutchouc vulcanisé ; pour sceller le fer dans la pierre ; pour faire différents bits et mastics (mastic de fonte); pour prendre des empreintes de médailles, de cachets ; pour la confection des allumettes, des mèches soufrées ; pour le blanchiment de la soie, de la laine, de la paille, des sparteries, des intestins insufflés, des cordes de boyau dites harmoniques, de l’ichthyocolle, etc. Il sert à combattre l’oïdium de la vigne. En pharmacie, on le fait entrer dans la préparation d’un très-grand nombre de médicaments sulfurés, de pommades, opiats, poudres, etc. (2).
Altérations. — Le soufre livré au commerce en masses ou morceaux irréguliers pour la fabrication de l’acide sulfurique, du soufre en canons, ou du soufre sublimé (fleurs de soufre), peut être plus ou moins pur, plus ou moins mélangé de matières terreuses [sulfate Qi carbonate de chaux, silice, alumine, magnésie, oxyde de fer). Des soufres prélevés sur les ports de Paris et de Rouen, contenaient de 2 à 12 p. 100 de matières étrangères fixes, qu’on peut en séparer par la distillation ou parla sublimation.
Le plus ou moins de pureté du soufre est d’une assez grande importance dans les fabriques, puisque plus le soufre que l’on brûle est pur, plus on obtient d’acide sulfurique, et cela sans augmentation de dépense dans la maind’œuvre.
On reconnaît l’impureté du soufre en chauffant, dans un creuset, un poids donné de ce corps : le soi^e se volatilise en laissant pour résidu les substances étrangères fixes qu’il contient. Le poids de ces matières fait connaître le degré d’impureté du soufre examiné (3).
On peut aussi distiller le soufre dans une cornue ; l’opération terminée, on coupe la panse de celle-ci, et on en détache le résidu, dont on détermine le poids.
(1) Le soufre étant la base de la fabrication de l’acide sulfurique, qui est d’un emploi si important dans les arts, on peut dire que la consommation de ce métalloïde donne la mesure de l’état et de l’importance de la chimie industrielle chez les diverses nations.
(2) Le magistère de soufre paraît être beaucoup plus actif que le soufre sublimé.
(3) Nous avons vu des soufres qui laissaient dans le creuset une matière fixe qu’on ne pouvait en détacher ; dans ce cas, nous opérions sur 10 grammes, en nous servant d’un creuset de porcelaine pesé d’avance : le poids du creuset, pris après l’opération, faisait connaître la quantité de matières fixes laissées par le soufre (A. Ch.).
SOUFRE
Un bon moyen d’essai consiste à doser le soufre directement. On prend 2 grammes, par exemple, du soufre à essayer, on le réduit en poudre fine, et on le dissout dans une solution chaude de potasse ou de soude. Dans cette liqueur alcaline portée à la température de 50“ à 60*’ on fait arriver du chlore, jusqu’à ce que, de jaune ou brune qu’elle était, elle soit complètement décolorée ; la liqueur renferme alors tout le soufre à l’état d’acide sulfurique combiné à l’alcali ; on y verse un petit excès d’acide chlorhydrique ; on chauffe jusqu’à la complète décomposition du chlorate de potasse qui s’était produit, et on ajoute du chlorure de baryum, qui précipite l’acide sulfurique àl’étatde sulfate de baryte. On conclut du poids de ce dernier la proportion d’acide sulfurique, et par suite celle du soufre {Rivot, Beudant et Dàguin).
Le soufre, ÿ,é[o\\ Hahnmann, Westrumb, Bichter, contient quelquefois de l’arsenic. Nous n’én avons pas trouvé dans des soufres tirés de la Sicile ou de l’Afrique ; mais nous avons constaté sa présence dans du soufre acheté à Strasbourg, que l’on disait provenir de l’exploitation des pyrites. On conçoit qu’un soufre arsenifère ne peut être employé par les pharmaciens (1).
Divers procédés ont été indiqués pour reconnaître le soufre arsenical. Ceux Hahnmann et de Westrumb ne méritent guère d’être rapportés.
Richter conseille de brûler 1 partie de soufre avec 4 ou 5 parties de nitrate de potasse; le résidu, dissous dans l’eau distillée, est saturé par l’acide sulfurique et additionné de nitrate d'argent en solution. Si le soufre examiné est arsénifère , il se forme un précipité rouge -brique d’arséniate d’argent.
Le procédé de Richter est encore suivi, mais au lieu d’employer le nitrate d’argent, on se sert de l’appareil de Marsh pour reconnaître la présence de l’arsenic. A cet effet, on sature à chaud, par l’acide sulfurique en excès, la solution du résidu de la déflagration, de façon à en chasser tout l’acide azotique que contenait l’azotate ; on concentre les liquides et on les introduit dans l’appareil de Marsh.
Suivant Geiger et Reimann, on peut reconnaître des traces d’arsenic dans le soufre, par le procédé suivant : faire digérer quelque temps le soufre en poudre dans de l’ammoniaque liquide ; filtrer, traiter par l’acide chlorhydrique en excès ; un précipité jaune indique la présence de l’arsenic.
Ce procédé peut induire en erreur, surtout si on se contente d’évaporer les liqueurs, parce que le soufre n’est pas complètement insoluble dans l’ammoniaque. On devra donc examiner avec soin le précipité jaune obtenu : en le calcinant dans un tube avec du flux noir (mélange de carbonate de potasse et de charbon), l’orpiment devra donner un anneau arsenical.
Le soufre provenant des pyrites, celui de Fahlun, par exemple, contient quelquefois du sélénium. On reconnaît que le soufre est sélénifère en le chauffant avec du peroxyde de manganèse dans une cornue de grès, et en dissolvant dans l’eau le gaz qui s’en dégage ; on agite ensuite cette solution avec du peroxyde de manganèse : l’odeur d’acide sulfureux disparaît, et le liquide répand une forte odeur de radis ou de raifort, si le soufre renferme seulement une trace de sélénium {Ebelmen).
Le soufre extrait des pyrites renferme assez souvent des traces de sulfure de (1) Le soufre non arsénifère est préférable aussi pour la fabrication de l’acide sulfurique.
SOUFRE. 1045
fer auquel il doit alors une teinte verdâtre caractéristique. En en brûlant une certaine quantité, il laisse un peu d’oxyde de fer pour résidu,
La fleur de soufre employée dans les préparations pharmaceutiques doit être débarrassée àeV acide sulfurique et du sulfate d’ammoniaque qu’elle contient. L’acide sulfurique provient de l’action de l’air humide sur l’acide sulfureux resté adhérent aux particules soufrées pendant la sublimation du soufre ; c’est pourquoi la fleur de soufre du commerce rougit fortement la teinture de tournesol. Pour les besoins de la pharmacie, on lui enlève cet acide sulfurique par un lavage à l’eau distillée chaude, continué jusqu’à ce que l’eau de lavage ne rougisse plus le papier bleu de tournesol et ne précipite plus par le chlorure de baryum.
On reconnaît que le soufre contient du sulfate d’ammoniaque en faisant évaporer la première eau de lavage et en traitant le résidu par la potasse, qui met en liberté l’ammoniaque dont on constate la présence soit par l’odeur, soit par les acides.
Le soufre lavé sert à préparer les pastilles de soufre et certains médicaments. S’il n’était pas lavé, le soufre fournirait des pastilles qui attireraient l’humidité de l’air et s’altéreraient ; il pourrait coaguler les émulsions.
Falsiflcaiions. — Soufre en canons. — Le soufre en canons peut être impur, mais il n’est pas falsifié. La fleur de soufre se prête, au contraire, à certains genres de fraudes. Ainsi, les soufres sublimés transportés par eau sont souvent mouillés^onv leur donner du poids. Il est facile de mesurer quantitativement cette addition d’eau au moyen de deux pesées faites successivement avant et après la dessiccation d’un certain poids de soufre placé dans l’étuve à 100” (1).
Fleur de soufre. — La fleur de soufre employée pour le traitement des vignes atteintes de Voïdium est souvent fraudée par l’addition du soufre ordinaire réduit en poudre plus ou moins fine au moyen de la pulvérisation directe. Comme il est alors beaucoup moins actif que le soufre sublimé, il devient nécessaire de savoir le distinguer de ce dernier : on y arrive par l’examen du produit au microscope, car le soufre sublimé est toujours sous forme de vésicules sphériques quelquefois très-grosses et souvent disposées en chapelet, tandis que le soufre pulvérisé est en éclats irréguliers et mats, de grosseur excessivement variable. Mais on peut employer le procédé de M. Chuncel pour reconnaître cette fraude. Pour cela, on introduit 5 grammes de soufre dans un tube fermé par un bout, et divisé en 100 degrés dont la somme représente 25'” ; on le remplit d’éther ordinaire jusqu’à son extrême graduation ; puis, fermant l’orifice du tube avec le doigt, on agite vivement pour bien mélanger le soufre à l’éther, on laisse en repos pendant cinq minutes, et on voit à quelle division du tube correspond le niveau du soufre après son tassement : le minimum de volume qu’occupe alors la poudre est proportionnel à sa légèreté : plus la fleur de soufre est belle, plus elle marque un degré élevé. Les meilleures marquent de 50 à 70 divisions ; il en est qui atteignent jusqu’à 90®. Les soufres sublimés de qualité inférieure et les soufres triturés ordinaires ne donnent que de 36 à 40®. L’inspection au microscope viendra corroborer ces indications.
(1) Ebermayer dit qu'on a falsifié le soufre sublimé avec de la farine. Ce fait nous paraît trèsdouteux. Il serait d’ailleurs très-facile de reconnaître ce genre de fraude.
SOUS-NlTRATE DE BISMUTH.
Soufre précipité. — Le magistère de soufre ou soufre précipité a été additionné de sulfate de chaux (1), de ci'aie [carbonate de chaux), de silice, dialumine, de magnésie, à.' écailles dliuUres porphyrisées, enfin à'amidon.
Le soufre mêlé de sulfate de chaux, de carbonate de chaux, diécailles d'huîtres, le silice, ù' alumine, de magnésie, soumis à l’action de la chaleur dans un creuset, se volatilise en laissant pour résidu les matières fixes qui lui avaient été ajoutées. Si l’on en a pris une certaine quantité et qu’on pèse le résidu, on voit dans quelles proportions le mélange avait été fait; puis on recherche quelle est la nature du résidu.
Le soufre précipité mêlé diamidon, soumis à la calcination dans un creuset, fournit des produits volatils résultant de la décomposition partielle de l’amidon, et un résidu charbonneux : on peut, à l’aide de la chaleur, dissoudre dans l’eau une partie de l’amidon, dont la présence est décelée par l’eau iodée. La matière amylacée est reconnue bien facilement aussi par l’emploi du microscope.
Lorsqu’il a été mal lavé, le soufre précipité a une saveur saline, une odeur très-marquée d’hydrogène sulfuré.
SOUS-NITRATE DE BISMUTH : Bi03,Az0^; 2 aq. — Le sous-nûrale de bismuth ou blanc de fard, appelé aussi magistère de bismuth, sous-azotate de bismuth, nitrate ou azotate de bismuth basique, et très-improprement oxyde de bismuth, est blanc, pulvérulent, insipide, inodoi’e, inaltérable à la lumière, décomposahle par une grande quantité d’eau, soluble sans effervescence dans l’acide azotique; la liqueur donne ensuite tous les caractères des sels de bismuth (Voy. page 3).
Quelquefois, dans le commerce, on confond avec le magistère de bismuth le blanc de perle, qui n’est autre qu’un tartrate de bismuth. On appelle aussi blanc de perle le sous-chlorure de bismuth.
Composition. — Ce produit contient, sur 100 parties : oxyde de bismuth, 76,78; acide azotique anhydre, 17,42; eau, 5,80.
Usagées. — Le sous-nitrate de bismuth sert en médecine comme antispasmodique, sédatif; il a été conseillé spécialement contre les névroses de l’estomac. On l’a beaucoup employé en parfumerie comme cosmétique pour blanchir la peau. Dans les arts, on s’en sert pour la fabrication des cires à cacheter.
Altérations. — Le SOUS- nitrate de bismuth est communément altéré par la présence d’une certaine proportion de sous-sulfate, à.' oxychlorure, de carbonate ai û-'oxyde de bismuth provenant d’une mauvaise préparation. 11 s’y trouve souvent de Y azotate d'ammoniaque [De Meyer, i 875), comme l’avait déjà reconnu M. Boulley en 1865. Si, la solution ayant été précipitée par l’ammoniaque, on néglige de bien laver le dépôt qui en résulte, on y rencontre des traces d'argent et surtout de Varsenic dont les proportions sont quelquefois redoutables (2). Enfin, M. Carnot vient de constater la présence d’un composé à base de plomb dans tous les sous-azotates de bismuth du commerce.
On s’assure de la présence du composé arsenical en faisant bouillir le produit
(1) Aux États-Unis, on a vendu, en 1847, du soufre précipité contenant de 80 à 95 p. 100 de sulfate de chaux. En 18C9, M. Attfield a constaté la présence de 66 p. 100 de ce môme produit dans certains soufres précipites vendus par le commerce anglais.
{;}) Lassaigne a eu à examiner un sous-nitrate de bismuth qui contenait 1/600 d’arsenic ou 0®%005 pour 3 grammes. Un pareil produit doit être rejeté de l'usage pharmaceutique.
SbUS-NITRATE DE BISMUTH.
soupçonné dans une solution de potasse caustique, laissant refroidir, filtrant, saturant par l’acide sulfurique et introduisant le liquide dans l’appareil de Marsh fonctionnant à blanc depuis quelque temps; ou mieux, on traite une portion (2 à 3 gr.) du sous-nitrate suspect par Tacide sulfurique pur, on évapore à siccité pour chasser l’excès d’acide employé, on reprend par l’eau distillée chaude, et la liqueur filtrée est introduite dans un appareil de Marsh fonctionnant à blanc (fig. 221) : si le produit est arsenical, on ne tarde pas à voir
Fig. 221. — Appareil de Marsh, de l’Académie, a, flacon producleur d'hydrogène; b, tube' pour l’introduction des liqueurs; c, tube contenant de l’amiante ou du coton cardé; d, flamme pour porter le tube au rouge. 11 est garni, en ce point, d’une feuille de cuivre formant manchon; e, soucoupe en porcelaine pour recevoir les taches.
apparaître un anneau et des taches, que l’on essaye ensuite par les réactifs appropriés.
M. Glénard a proposé le procédé suivant pour constater facilement la présence d’un composé arsenical dans le sous-nitrate de bismuth; on chauffe 4 gramme de celui-ci dans un tube pour en chasser l’acide azotique ; on lui ajoute ensuite 05‘',10 à 0®'',20 d’acétate de potasse; en chauffant de nouveau le tube, il y a dégagement d’un produit d’odeur fortement alliacée {oxyde de cacodyle) lorsque l’acétate rencontre de l’arsenic.
D’après le même praticien, on peut doser cet arsenic en chauffant d’abord le sous-azotate sans le fondre, pour le réduire en oxyde. La chaleur transformant Y acide arsénique en acide a?'sénieux, il suffit de prendre alors le sel calciné, de lui ajouter la moitié de son poids de sel marin fondu, et de traiter le tout par l’acide sulfurique pur dans une petite cornue jointe à un tube en U servant de récipient, et dans lequel se condense le chlorure d’arsenic formé. Celui-ci, étendu d’eau, fournira, par l’hydrogène sulfuré, un précipité d’orpiment qu’on devra recueillir, laver, sécher et peser.
Le sous-nitrate de bismuth peut avoir une couleur grisâtre si ayant été recueilli sur un filtre en papier, on n’a pas eu la précaution de le laisser sécher tranquillement sans retourner le filtre. M. Wittslem a reconnu que la partie qui a eu le contact du papier devient d’un gris violet â la lumière, par l’action réductrice de cette substance organique.