‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 432 sur 470 · TISSUS COLORÉS · texte numérisé non relu

TISSUS COLORÉS

aussi pour le bleu d’aniline. Dans ce dernier cas, la matière colorante peut être enlevée par l’alcool.

Jaune. — Les principales couleurs jaunes sont : la rouille, l’acide picrique, le curcuma, le bois jaune, la gaude, la graine de Perse et le quercitron.

Il faut commencer par s’assurer de la présence ou de l’absence de la rouille et de l’acide picrique. Pour cela, on plonge l’étoffe, d’une part, dans une solution chaude et légèrement acide de cyanure jaune ; d’autre part, dans une solution de cyanure de potassium. Si, dans le premier cas, il y a coloration bleue, il faut en conclure à la présence de la rouille. S’il y a de Yacide picrique, on obtient dans le second cas une coloration rouge de sang.

Si ces deux essais ont donné des résultats négatifs, on plonge un échantillon de l’étoffe dans une solution bouillante de savon (à 0,5 p. 100 de savon).

Coloration hrun rougeâtre redevenant jaune par les acides : curcuma. Coloration très-foncée : bois jaune. S’il n’y a rien, on traite un échantillon par l’acide sulfurique étendu bouillant. Décoloration : gaude. S’il n’y a pas de changement, on fait un essai au sel d’étain bouillant qui colore la graine de Perse en orange et ne modifie pas le quercitron.

Enfin, si la teinture jaune est due à Yanate, la couleur vire au bleu verdâtre par immersion dans l’acide sulfurique concentré ; en outre le chlore ne décolore pas Yanate.

Rouge. — Les couleurs considérées dans ces recherches sont : la cochenille, le bois de Brésil, la garance, le carmin de carthame et le rouge d’aniline.

Si l’étoffe subit sans modification les passages successifs au bain de savon bouillant, ammoniaque, jus de citron et sel d’étain avec acide chlorhydrique et eau, la teinture est due à la garance.

Décoloration complète par le savon : carthame; la coloration n’est pas ramenée par le jus de citron.

Si par ce dernier traitement la couleur est rétablie, quoique plus faible : rouge d'aniline. Si elle devient rouge jaunâtre ou jaune clair, on a affaire à la cochenille ou au Brésil .

Pour distinguer ces dernières matières colorantes, on plonge un échantillon dans l’acide sulfurique concentré : le Brésil pi'end une belle couleur rouge-cerise, tandis que la couleur de la cochenille passe au jaune orangé.

Vert. — Les couleurs à considérer sont : I® celles qui sont produites par un mélange de jaune et de bleu ; 2® le vert d’aniline à l’aldéhyde ; 3® le vert d’aniline à l’iode.

Les principaux mélanges de jaune et de bleu sont : I® indigo et acide picrique ; 2® indigo et matières jaunes végétales; 3® bleu de Prusse et acide picrique; 4® bleu de Prusse et matières jaunes végétales ; 5® aniline et acide picrique ; 6® aniline et matières jaunes végétales.

Si l’alcool enlève la matière colorante en donnant une solution verte, cela indique la présence d’un mélange de bleu d’aniline et d’un des jaunes ci-dessus qui sont tous solubles dans l’alcool ; il faut nécessairement s’assurer d’abord de l’absence du vert d’aniline.

La marche générale à suivre consiste à chauffer pendant quelques minutes au bain-marie, un échantillon de l’étoffe avec de l’alcool à 95® : ou bien l’alcool se colore en jaune et l’échantillon devient de plus en plus bleu ; ou bien l’alcool se colore en vert et le ton de l’étoffe reste le même quoiqu’en s’affaiblissant.

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